‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 178 sur 181 · I. — Matières colorantes · texte numérisé non relu

I. — Matières colorantes

Appliquées à certains aliments pour leur donner un aspect plus agréable et comme pour inviter les yeux, ces substances que l’on pourrait appeler les condiments de la vue, ne sont pas toujours sans danger. Il en est dont l’usage n’offre aucun inconvénient : tels sont les étamines de lis, le safran, le souci et les carottes pour colorer en jaune; les épinards, la poirée et le blé vert pour la couleur verte ; les fleurs de carotte sauvage et les baies du sureau pour obtenir le pourpre; le tournesol pour le violet, etc. Au reste, une ordonnance de police (1) a déterminé les substances qui peuvent servir à colorer les liqueurs, bonbons, dragées, pastillages, etc. : 1° couleur bleue , indigo, *bleu de Prusse ou de Berlin, outremer pur; 2° rouge , cochenille, carmin, laque carminée, laque du Brésil, orseille ; 3° jaune , safran, graine d’Avignon, graine de Perse, quercitron, curcuma, fustet, laques alumineuses de ces substances ; h° vert, la plus belle nuance de vert s’obtient par le mélange de graiue de Perse et de bleu de Prusse, il a plus de brillant que le vert de Schweinfurt, qui est un poison très-énergique; 5 0 violet, bois d’Inde, bleu de Prusse ; 6° couleur 'pensée, mélange de carmin, bleu de Prusse ou de Berlin. La même oïdonnance accorde en outre aux liquoristes les ressources coloi antes du bois de Campêche pour le curaçao, l’indigo dissous dans l’alcool pour les liqueurs bleues, le safran mêlé avec du bleu d’indigo soluble pour 1 absinthe. Naguère une foule de substances toxiques ou médicinales étaient employées par les confiseurs, les pâtissiers, etc., et peut-être le sont encore dans les villes où la surveillance est moins active ou moins éclairée qu’à Pans : ainsi on colorait les amandes, pistaches, fruits, etc. , enveloppés au piéalable d une couche de sucre durci : 1° en jaune, avec la gomme-gutte, le chlorate de plomb, le sulfure jaune d’arsenic, le jaune de Naples, contenant des oxydes de plomb et d’antimoine ; 2- en pourpre ou violet, avec l’orseille que l’on prépare avec de l’urine putréfiée, et quelquefois avec de l’oxyde d arsenic ou du bioxyde de mercure ; 3“ en bleu, avec le carbonate de cuivre; i° en vert, avec de l’arsémte de cuivre, dit vert de Schweinfurt ; 5° en rouge, avec du sulfure rouge de mercure (vermillon), avec l’oxyde rouge de plomb (minium); 6° en blanc , avec le carbonate de plomb (blanc de céruse). Dans un rapport fait au nom du conseil de salubrité de Paris (2), Andral signale I existence de ces mêmes principes dans les petites capsules de papier colorié

(1) Voyez l’ordonnance du 28 février 1853, et l’instruction de Paris, en date du 4 février 1853.

du Conseil de salubrité

(2) Andral, Annales cl' hygiène.

Nouveau Dictionnaire de médecine

M. lévy. Hygiène, 5' édit.

1” série. Paris, 1830, t. IV, p. 48. - Houssin, et de chirurgie pratiques , art, Bonbon.

où l’on coule quelques préparations de sucre (sucres soufflés); l’un de ces papiers, arraché à la bouche d’un enfant, a fourni une certaine quantité d’arsénite de cuivre. Nous renvoyons aux ouvrages de médecine légale pou.’ les symptômes d’empoisonnement auxquels peuvent donner lieu ces lâcheuses routines de l’industrie, ainsi que pour les moyens qu’il convient de leur opposer. Des accidents graves ont été occasionnés par l’emploi des papiers peints dont usent quelquefois les charcutiers, les fruitiers, les épiciers, etc., poui envelopper les comestibles qu’ils débitent. Les papiers les plus dangereux sont ceux qui sont coloriés en vert et en bleu clair avec des préparations métalliques; viennent ensuite les- papiers lissés blancs (carbonate de plomb, céiuse), ceux colorés avec le minium (oxyde de plomb), etc. Il est prescrit aux hquoristes et aux confiseurs de ne mettre dans leurs liqueurs, de n’ajouter à leurs bonbons en guise d’ornements, que les feuilles d’or ou d argent fins. On bat actuellement du chrysochalque presque au même degré de ténuité que l’or, et cette substance contient du cuivre et du zinc : elle doit donc êlie prohibée.

If. — Vases et ustensiles.

Les vases de cuisine doivent être choisis parmi ceux qui ne peuvent altérer les aliments : de ce nombre sont les vases de fer, de grès, de porcelaine, de verre, de faïence et autres terres vernissées. La porcelaine est fabriquée avec de l’armle blanche revêtue d’un enduit on vernis terreux; elle est exemple de tout inconvénient. Les vernis blancs des autres poteries ont pour base l’oxyde d’étain, et le vernis des poteries communes l’oxyde de plomb : le premier oxyde n’a rien de dangereux; le second 11e se communique jamais aux a 1ments, tant le vernis dont il est l’ingrédient principal acquiert de dureté et résiste par sa combinaison intime avec la masse du vase aux flottements me caniques et même aux agents chimiques. Il faut choisir les poteries bien cuites, d’un vernis parfaitement vitrifié et non rayable avec la pente d un couteau, donnant un son clair à la percussion fane avec un corps dm. . poterie neuve doit tremper quelque temps dans l’eau chaude avant d ell e mise etfus'age. Les poteries mal mutes s'exfolient an feu, le venus adhérant mal là masse argileuse, et contractent un goût détestable que le nettoyage ne peut

“ÏàZ rSàà 'métalliques* (argent, étain, fer-blanc, cuivre, plomb) pcuvenulonner lieu à la production des se.» vénéneux, surtout par le confier , b m,re de phuile, de la graisse, de l’eau salée et des acides.

6 r L'aàgàn, an premier titre n’expose à aucun danger, s, on retnph d'ailleurs deux précautions qui s’appliquent à tous les vases métalliques . Ici “-propres et n’y pas laisser séjourner les me, s; mats la vaisselle d ai-

ADDITION AUX. INGESTA.

gcni est souvent au deuxième titre, et contient alors assez de cuivre pour altérer les aliments.

2° L’étain de bonne qualité peut toujours être employé sans danger pour les usages alimentaires; mais il contient souvent une proportion de plomb qui excède la limite légale, et oblige alors à des soins de surveillance. L’étain fin, lorsqu’il est neuf, rappelle la couleur de l'argent; il en a la blancheur et l’éclat; en le ployant, on produit ce qu’on appelle le criée l’étain; allié avec le plomb, il ne fait plus entendre ce cri, lorsqu’il contient plus de 20 pour 100 de plomb, et sa teinte est alors d’un gris bleuâtre. Les vases d’étain employés pour contenir, préparer ou mesurer les substances alimentaires ou les liquides, ainsi que les lames d’étain qui recouvrent les comptoirs des marchands de vin et de liqueurs, ne doivent renfermer au maximum que 10 pour 100 de plomb ou des autres métaux (cuivre, fer), qui se trouvent ordinairement alliés à l’étain du commerce (Ord. citée.; Cette proportion de plomb est encore trop forte pour que l’alliage ne présente aucun danger lorsqu’il est destiné à renfermer des boissons acidulées. En la réduisant à 5 pour 100, on mettrait ce métal à l’abri de toute action dissolvante par les substances ou les liquides alimentaires.

3° Le fer-blanc, ou fer étamé, est excellent : c’est dans des boîtes de ferblanc que l’on a conservé pendant seize ans, suivant le procédé d’Appert, des préparations culinaires qui, envoyées à l’épreuve du soleil de l’équateur, rapportées à Londres, puis expédiées au pôle boréal, où elles ont séjourné plusieurs années parmi les glaces, ont été trouvées, à l’ouverture des boîtes, parfaitement fraîches et du meilleur goût; toutefois le fer-blanc a l’inconvénient de se détériorer rapidement, et la dépréciation presque absolue des vases de fer-blanc hors de service ne laisse point que de peser sur l’économie domestique.

On a dit que le zinc, que l’on a voulu, sous l’Empire, employer à la confection des mesures et à celle des ustensiles des hôpitaux militaires, est attaqué par l’eau la plus pure, par les acides végétaux les plus faibles, parle lait, par le bouillon, etc. , et qu’alors même que l’innocuité de l’oxyde et de l’hydrate de zinc serait démontrée, on aurait à craindre l’action des composés que ces corps formeraient avec des acides des substances alimentaires. Il est cei tain qu exposé au contact de 1 air, le zinc s’oxyde assez rapidement et se couvre d’une espèce de patine qui empêche son altération ultérieure; aussi les substances alimentaires qui ne dissolvent point la mince couche d’oxyde produit s y conservent sans inconvénient : telle est l’eau; et les appréhensions opposées a 1 usage de celle qui a coulé sur des toitures de zinc, ou qui séjourne dans des récipients de ce métal, sont exagérées. Que si l’eau contient des acides, des alcalis, des sels, le zinc s’aUère, et il a donné des résultats défavorables pour la préparation ou la conservation du cidre ; le zinc forme, avec les acides, des sels émétiques dont l’usage est dangereux; les mêmes raisons ont motivé la prohibition du fer galvanisé ou zingué. Toutefois, à la

proscription dont le zinc est aujourd’hui frappé par la police sanitaire,

II. Gaultier de Claubry (1) a opposé les résultats très- étendus d’une longue pratique : dans de nombreuses laiteries et fermes de la Normandie, de la Belgique, etc., les ustensiles et les barattes de zinc, usités depuis un temps immémorial pour le transport du lait, la fabrication du beurre et des fromages, etc., n’ont révélé aucune espèce d’inconvénient. Ges faits, observés pendant de longues années et sur une vaste échelle, semblent a G. de Claubry de nature b- modifier l’opinion qui retuse le zinc à la conservation, au transport et au travail du lait. Nous y ajoutons la condition de la propreté extrême où ces ustensiles sont entretenus dans les fermes et laiteries citées; la même propreté, poussée jusqu’à l’alfectation par une vanité naïve, mais salutaire, s’observe dans les vacheries de la Suisse, de l’Allemagne, etc. Ces habitudes, pour ainsi dire nationales, impliquent maintes garanties hygiéniques; mais le plus sûr est de bannir des usages domestiques les métaux susceptibles de nuire par suite d’altérations et de réactions douteuses au contact des boissons ou des aliments.

5° Le plomb passe à l’état de carbonate par le seul contact de l’air ou de l’eau aérée ; c’est avec raison que l’ordonnance de police du 28 février 1853 défend aux marchands de vin d’avoir des comptoirs recouverts de lames de plomb, et qu’une circulaire ministérielle, en date du 28 septembre de la même année, prohibe les tuyaux de plomb, de cuivre ou de zinc pour le transvasement des boissons; par le seul effet de son contact avec le plomb, la bière s’approprie une quantité appréciable de ce métal et devient toxique ; les tuyaux à pompe qui amènent la bière de la cave au comptoir de beaucoup de cabarets sont d’autant plus dangereux, s’ils sont de plomb, qu’ils fonctionnent d’une manière intermittente et laissent plus longtemps le liquide en contact avec le métal. Les mêmes prohibitions s’adressent aux vinaigriers, aux raffineursde sel, aux épiciers, aux crémiers, aux laitiers, etc. On ne saurait proscrire avec trop de persévérance et de minutie le plomb sous toutes ses formes de tous les ustensiles de ménage, de toutes les applications économiques. Le conseil de salubrité de Paris, par une tradition constante et énergique, aura beaucoup contribué à supprimer cette source d’intoxication pernicieuse qui, sans cesse combattue, reparaît sans cesse dans les innovations de 1 indusii io. La marine doit beaucoup au savant Lefèvre, ancien directeur du service de santé à Brest, qui, en dévoilant l’étiologie saturnine de la colique sèche des pays chauds, a provoqué tant d’améliorations dans le détail des installations a bord des navires (cuisines, appareils distillatoires, réservoirs d’eau a siphons métalliques, vases culinaires et autres mal étamés, mastics, peintures et enduits plombifères prodigués surtout dans la flotte à vapeur, etc.) (2).

(t) Gaultier de Claubry, De l'emploi (les vases de zinc dans l'usage domestique

Annales d’hygiène. Paris, 18A9, t. XblI, p. ohl).

(2) A. Lefcvre, Recherches sur les causes de la colique sèche observée sur les navires

ADDITION AUX INGESTA.

privée]

6° Le cuivre, le plus usité clés métaux pour la fabrication des vases culinaires, est aussi celui qui donne lieu aux accidents les plus fréquents et les plus graves : l’air, l’eau, la chaleur, les corps gras, les acides forts, le vinaigre môme (Proust), le vin (Ellcr), le sang des animaux, l’eau salée, etc., attaquent le cuivre avec une facilité telle, que le vert-de-gris se forme presque inévitablement. Tous les mets préparés dans des vases de cuivre contiennent ce poison en certaine proportion ; pour l’empêcher de s’y former en quantité notable, il faut que la chaleur des mets soit portée promptement à l’ébullition, que celle-ci dure peu, et que les mets soient transvasés encore bouillants; dès que l’ébullition cesse, le vert-de-gris se produit assez facilement pour qu’il devienne imprudent de laisser les aliments séjourner dans le vase même au delà d’un quart d’heure. Les ordonnances de police prescrivent de fréquentes visites des ustensiles et vases de cuivre dont se servent les marchands de vin, traiteurs, bouchers, charcutiers, etc. ; elles ordonnent la saisie des vases et ustensiles empreints de vert-de-gris, défendent l’emploi des balances de cuivre auxraffineurs de sel, et celui des chaudières de cuivre pour le raffinage, etc. Mais elles ont oublié de défendre la cuisson de la charcuterie dans les marmites et chaudières de cuivre, quoiqu’il soit établi que le cuivre est dissous par le sang chaud (Vauquelin). Les robinets de cuivre doivent être remplacés par des robinets de bois ou de verre; ils sont prescrits de bois pour les barils à vinaigre ; les liquoristes peuvent y substituer des robinets éfamés à l’étain fin ou remplis d’un cylindre d’étain fin dans lequel esL foré le conduit d’écoulement. Les bassins de cuivre dans lesquels on prépare les cornichons ne pourraient être remplacés que par des vases d’argent ou de porcelaine, d’une acquisition fort dispendieuse (le vinaigre attaquant les autres métaux). Que l’on se rappelle donc que tous les cornichons d’un beau vert renferment de l’acétate ou du tartrate double de cuivre et de potasse, tandis que ceux faits à froid dans du vinaigre non bouilli ont à la fois pour eux l’innocuité et la qualité. Les eslagnons ou vases de cuivre jaune, de forme sphéroïdale aplatie, qui servent au transport des eaux de fleur d’oranger, doivent être parfaitement étamés à l’étain fin et sans aucun alliage, et marqués d’une estampille indiquant le nom et la demeure du fabricant, l’année et le mois de l’étamage, et garantissant celui-ci à l’état fin exclusivement (Ordonnance citée). L’étamage remédie aux inconvénients du cuivre; mais quand les vases sont d’un usage habituel, il importe de le renouveler au moins une fois par mois, l’écurage, le frottement et les acides mettant çà et là le cuivre à nu. L’étamage est souvent mal fait, et présente un grand nombre d’interstices où le poison peut se produire. Exécuté à l’étain fin, l’étamage est blanc, brillant, d’un aspect gras; à 75 pour 100 d’étam pour 25 de plomb, il a moins de blancheur; à 50 pour 100 d’étain et

cle (Juerre français, particulièrement clans les cl en prévenir le développement. Vans, 1859. (P hygiène publique et de médecine légale, 1862.

régions équatoriales, et sur les moyens

— Gazette médicale, 1861. — Annales

— Archives de médecine navale, 1864.

902 DES MODIFICATEURS. — INGESTA. [hygiène

de plomb, il est bleuâtre. Un bon étainage répartit l’étain d’une manière égale et sans trop d’épaisseur sur toute la surface à élamer; il ne dépense que 5 décigrammes de ce métal par mètre carré; d’où il résulte que l’obligation d’un étamage aussi pur et fin que possible n’est guère plus dispendieuse que celui qui se fait avec un alliage d’étain et de plomb. La prudence exige qu’on ne laisse jamais les aliments se refroidir ou séjourner dans les vases de cuivre étamés ou non.

7° La fonte émaillée est très-usitée en Allemagne pour la fabrication des vases, et elle s’est aussi répandue en France sur une grande échelle : l’inégale dilatabilité de la fonte et de son enduit vitreux entraîne des inconvénients dans la pratique domestique, et, en raison même de son épaisseur, la couche d’émail ne tarde point à se fendiller. On vient de substituer heureusement aux pesants vases de fonte des vases de tôle étamée, faciles à nettoyer, propres à tous les usages, inaltérables au contact de la plupart des agents chimiques. La tôle est revêtue d’un verre ayant pour base un silicate de plomb où l’on fait entrer une petite quantité d’acide borique. Susceptible d’adhérer complètement, en couches très minces, aux parois du métal, cet enduit se comporte au feu comme la tôle, et ne se fendille point, comme l’épais émail des vases de fonte. Toutefois l’enduit vitreux de la tôle est friable; il éclate, comme le verre ou la porcelaine, lorsque, étant chaud, il est mis en contact avec un liquide froid ; comme le cristal, il se ramollit au rouge. Si l’on observe les ménagements qu’exigent ces conditions, le fer vitrifié répond à tous les usages de l’hygiène publique et privée; la facilité de réparer les défauts ou accidents de la vitrification par l’action du four ou du chalumeau augmente encore l’économie de son emploi que l’on étendra avantageusement aux urinoirs et baquets, aux ulensiles de vidange, aux réservoirs et conduits d’eau, aux caisses à eau des navires, etc. (1).

8° Les poteries à vernis plombiques sont depuis longtemps frappées de suspicion. Lind avait déjà noté qu’un médecin, ayant fait évaporer du jus de citron dans un pot de terre vernissé, avait trouvé au fond de ce vase du sucre de Saturne. En 1788, Chaptal avait conseillé de substituer aux vernis plombiques un mélange de terre argileuse et de verre pulvérisé, en deux couches superposées et soumises ensuite à l’action d’une haute température. L’industrie a multiplié les procédés pour remplacer ou fixer le plomb; mais à l’occasion de l’exposition des produits industriels en 1806, Gay-Lussac et Guyton de Morveau ont constaté que très-peu de vases ainsi fabriqués résistent aux épreuves de l’acide acétique bouillant ou du jaune d’œuf cuit à siccité. Nous renvoyons à divers travaux (2) pour les faits d’intoxication sa-

(1) II. Gaultier de Claubry, De l’emploi du fer émaillé, etc. {Annales d’hygiène publique. Paris, 1850, l. XLIII, p. 71).

(2) Archambault, Archives de médecine, août, 1851. — Beaugrand, Annales <Vhygiène publique et de médecine légale, janvier 1802.

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privée]

lurnine due à l’usage d’aliments ou de boissons préparés ou conservés dans des vases à vernis vitrifiés. Si ces accidents ne paraissent pas plus communs, c’est que beaucoup d’entre eux passent inaperçus dans les campagnes, dans les classes pauvres des villes, ou ne révèlent pas clairement leur origine aux regards du médecin, à cause de l’ambiguïté ou du peu d’intensité des symptômes, le plus souvent confondus avec ceux des phlegmagies du tube digestif. Les recherches faites récemment en Allemagne convergent à cette conclusion, que la facilité avec laquelle les vases abandonnent leur plomb tient à l’excès de plomb employé, à l’insuffisance de la cuite, et par conséquent de la vitrification du vernis, les fabricants abrégeant la cuite ou ne l’élevant pas à la température voulue, pour économiser le combustible. Beaugrand rapporte l’épreuve suivante : Un vase qui avait cédé beaucoup de plomb aux acides, ayant été soumis dans un creuset de Hesse à une température trèsélevée, n’en donna plus que des traces, et seulement après une ébullition prolongée avec l’acide acétique; à froid, il ne se détacha rien. Moins il y a de plomb, plus il faut de chaleur pour le vitrifier, et plus on accroît la température dans le four, plus la vitrification est parfaite. C’est d’après ces données sur lesquelles tous les chimistes sont d’accord, que l’autorité semble appelée à intervenir dans l’intérêt de la prophylaxie. Bien des combinaisons ont été proposées en remplacement des vernis plombiques : peuvent-elles être imposées à l’industrie ? Et que de difficultés, si l’autorité s’avise de la régenter dans l’emploi de ses moyens ? Atténuer le mal au moyen de certaines conditions de fabrication, et peut-être de quelques épreuves de vérification qui porteraient sur les produits, ce sera déjà bien mériter de l’hygiène, sans risque de jeter la perturbation dans les intérêts compliqués et solidaires de l’industrie, sans porter atteinte à la liberté de ses modes d’action et de ses transactions.

9° Le verre à bouteilles se compose de silice, de chaux, de potasse et de soude; moins il contient de potasse, moins il est fusible. Trop alcalin ou trop calcaire, le verre est attaqué par la crème de tartre, l’acide tarlrique des vins ; il se forme des tartrates de chaux, de potasse, d’alumine, qui précipitent la matière colorante des vins et donnent lieu à la production d’une laque (1). Une sorte de verre dit hépatique dégage, sous l’influence des acides, de l’hydrogène sulfuré qui infecte le vin dans les bouteilles. Les verres hépatiques sont fabriqués avec la soude brute, avec la soude de varech, fournissent des sulfures alcalins et terreux qui se dissolvent dans le verre et lui donnent de la couleur, en même temps que d’autres matières impures employées à leur confection : tels sont les cendres de foyer, les cendres de lessive ou charréc, le sable et l’argile jaunes, le calcin ou fragments de bouteilles. Les bouteilles fabriquées à la houille peuvent donner un mauvais goût à leur contenu ; on

(1) Chevallier, Dictionnaire (les altérations et falsifications des substances alimentaires, 2e édition.

les reconnaît à des taches noires et grasses, traces de carbone très-divisé et imprégné de goudron de houille ; on les assainit en les plongeant pendant trois ou quatre jours dans une eau alcalinisée par la potasse ou par la soude (200 grammes d'alcali pour 100 litres d’eau); on les rince ensuite à l’eau claire. Chevallier insiste avec raison sur la nécessité d’avoir des bouteilles d’une capacité déterminée, et d’imprimer lisiblement leur contenance en centilitres dans un cachet sur la pâte de verre encore chaude et molle ; il l'appelle une déclaration émanée de l’autorité royale en date du 8 mars 1735, qui fixe la contenance des bouteilles et met un frein aux tentatives des fraudeurs, déclaration malheureusement tombée en désuétude.

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