‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 19 sur 181 · DES AGES. [HYGIÈNE · texte numérisé non relu

DES AGES. [HYGIÈNE

ti,'«re, il ne se maintient, comme tous les autres êtres, que par la circulation perpétuelle de ces éléments, et il est lié par tous les points de son organisation, par tous les atomes de sa substance, au système d’une merveilleuse et

universelle métempsycose.

Les changements que subit le corps humain clans le cours de la vie se succèdent dans un ordre régulier, s’enchaînent dans un rapport nécessaire ; la complication progressive des fonctions, leur perfection, leur affaiblissement plus on moins rapide, sont en raison directe de transformations anatomiques qui s’accomplissent au sein de l'économie ; et le meilleur argument dont puisse s’étayer la médecine organique, c’es, la liaison constante, r, gourous entre les conditions matérielles des instruments organiques et les nuances de leur activité aux différentes époques de la vie. Considérée a de longs «valles, l’organisation diffère singulièrement d’elle-meme : de la idée des .g , coupes plus ou moins arbitraires de la carrière humaine ; car, nous avons dit les mutations de la matière organisée présentent une série continue. Les âgés sont donc des périodes delà vie auxquelles correspondent un certain nombre de changements survenus dans l’état mater, el et nanisme. La plupart des divisions des âges sont purement ar, limetiques, c esth-dire qu’elles ont pour base la numération des années flallé s est efforce de tenir compte à la fois, et de la succession des jours depuis la naissance des changements accomplis dans l’économie animale. Vomi la suivie • 1° la première enfance ( infantux ), de 1 a ’ “

enfance (nueritia), de 7 à 13-15 ans; 3° la puberté ou adolescence, caracterisée par l’aptitude à la reproduction : elle s’étend pour les femmes de 13 a 21 ans; pour les hommes, de 15 h 25 ans; h° la vmllté’ an-

femmes de la 21e à la 50e année ; pour les hommes, de 1 ,

née • Hallé la subdivise en trois périodes, virilité croissante, virilité confirmée, virilité décroissante ; 5- la vieillesse, qu’il partage encore en première v, 1 1« e de 60 b 70 ans ; en vieillesse avancée, saison des infirmités , enfin, oitude transition extrême de la vie h la mort. Nous renvoyons aux ouvrages de phvslologie pour la controverse des fixations d’âge. La division l»»’

tiimo des âges nous parait être celle de Daubenton(t) -, elle comprenait : 1 I fflfance étendue depuis la naissance jusqu’!, l’âge de puberté i J 1 adolescence,

S prolonge jusqu'il <><= S» » » ™ 1 3” * *»«*"• d« 2 * S“l

35 ans 40 pf!ge viril, qui dure jusqu’à U0 à 1x5 ans ; 5» 1 âge de retour , de J r . rÀ ctr ans . (50 eilfm l’âge de la vieillesse ou la caducité. La division p,;s simple r de Longet : 1- enfance et jeunesse ; 2- adolescence et

maturité : 3° vieillesse et décrépitude (2).

Ma , les âges ne se limitent pas eu réalité d’une façon aussi tranchée qu

ce”, ivisious pourraient le faire supposer ; leurs gradations se confondent .

«, Daubcnton, üf» r*** ““ *

(S) Longet, Traité de fbyM; «M, *• "> P’

DONNÉES GÉNÉRALES

privée]

n’y a que la puberté qui se caractérise avec une sorte d’éclat par la maturité des organes reproducteurs ; les seules époques fixes dans la vie sont celles que signalent leurs vicissitudes fonctionnelles. Sous ce dernier rapport, la vie se partage en trois périodes distinctes, marquées, la première par leur imperfection et leur inertie, la seconde par leur exercice, la troisième par leur atrophie et leur repos; mais cette division encore est démentie par les individualités. Il arrive que les fonctions de la génération s’exécutent encore h un âge avancé, surtout chez l’homme, tandis que la cessation du flux menstruel peut entraîner prématurément chez la femme l’inaptitude à la reproduction.

L’échelle de l’existence humaine ne présente en définitive que deux degrés qui résument dans leur généralité les phénomènes de "organisation. Celle-ci ne passe en effet que par ces deux phases : accroissement et déclin ; dès qu’elle cesse de gagner, elle commence à perdre; le travail de formation terminé, la destruction débute et marche. Ce qu’on a nommé la période d’état comprend les années pendant lesquelles les actes organiques s’accomplissent avec le plus de régularité, où l’économie semble avoir atteint la plus juste proportion de toutes les fonctions, et déploie dans sa vie de relation la plus grande somme de puissance et de spontanéité ; mais si cet âge est remarquable en Sénéral P*1’ Ia Plénitude de l’activité physiologique, rien n’est stationnait e dans le corps; les phénomènes de la vie ne comportent point la fixité qu’on leur attribue à cette époque.

L’évolution de l’organisme ne se fait point dans tous les individus suivant i des vitesses égales ; l’enchaînement des actes par lesquels elle s’opère est invariable, mais la rapidité de leur succession est subordonnée à une foule de circonstances, les unes inhérentes à l’être lui-même, les autres existant au dehors de lui et telles que le climat, l’alimentation, le genre de vie les pas-

“T e,C; 11 y a deS VieiIlards de trenle ans; i! y a des septuagénaires floris- N sants par la vigueur de la constitution et la légitimité de leurs appétits. A part

“ *• ' " 8'»™ * vie e, le poids des antécédents, la nature àp-

pot e c le-meme dans la balance des éléments d'inégalité ; les matériaux pri-

■ ” ficf l'ZlT" '"aUm fa,alOTenl w lcs ‘l^'°PPentents ultérieurs :

■ cest .ci que 1 hérédité intervient avec une efficacité tantôt heureuse tantôt

”;Mv7fadent légnépar ,6S P3rents à «eur progéniture la fait pré- J .e ” tar d,ve’ La détermination des âges n’a donc rien d’absolu

id-efre Salt'tst 7"*** U"C *■» de ““«• ™ manier»

'' est ,CSSOT ,eld e,> colnl)te dans l'indication des règles idiffèrp i , dlg.et,t,Qn de 1 enfant dinère autant de celle de l’adulte nue P eri„tZ tir *“ le ïidl,a'“ * 'a vue en ,wZ

même fonclit ,Zd ZTT"’ WMles à la

mécanisme et dans ses résultats îT,' e” t 8 eSt allér“ dalls s0"

pur l’âge n’est nu mm a Ld COnna,S8ance des changements amenés

Joint reconnaître de 7 J' 8U praticie'1- L’auscultation ne fait-elle

de notables différences entre les phénomènes sonores de la

DES AGES. [hygiène

respiration puérile cl ceux de la respiration sénile ? Le pouls de l’enfant donne plus de cent battements par minute ; celui du vieillard souvent n en fournit que la moitié. Quoi de commun entre les phlegmasies pseudo-membraneuses, dont les voies aériennes de l’enfant sont si fréquemment le siège, et les bronchorrhées des vieillards, si. promptement suivies de congestions étendues du poumon ? Nous aurons occasion de revenir [imminence morbide) sur les prédispositions spéciales que chaque âge suscite 1 l'orgautsme , I hyg.é, tsae doit les connaître pour diriger sur les points menacés sa sollicitude p.ese trice Chaque période de la vie change le rapport de I organisme avec le monde extérieur, parce qu’il change le rapport physiologique des appareils et des viscères entre eux. La prépondérance des organes, celle même des ^système minéraux n’est point stable contre l’atteinte des années; les idiosyncrasies changent les tempéraments s’altèrent, les mouvements vitaux se concentra rS'ou telle cavité splanchnique : c’est ainsi que dans le premier tiers d la vie ils se portent vers la tête, dans le deuxième tiers vers la poitrine , enfi l’activité organique s’établit graduellement vers l’abdomen dans le stade décroissance et de sénilité.

§ *. - »cs changements qui caractérisent les liges.

Nous n’avons pas it tracer ici l'histoire du développement que organe, de chaqueappareild’organes : ce serait transporter ^daus l h«

1 anatomie et la physiologie; notre but est d’esqu.sser a grands traits les cara tèra gWraux que présente l’organisme a travers les périodes de son Solution. Quoique la période d'accroissement ne se termine qu’au du déclin 'inégale manifestation des forces plastiques permet de partager si duré^en deux stades distincts. Eu effet, depuis la naissance jusqu’. il adolescence, la nutrition s’exerce avec une exubérance et une énergie qui tannent déià dans la jeunesse et baissent encore davantage pendant la virilité .

Mt de ” dernier âge la période d’état, erreur que nous avons combattue il se distingue de l’enfance et de l’adolescence par le ralentissement e ÏÏvUé nuile et par une autre direction des mouvements vitaux quelle

d>! DanHa période la plus énergique de l’accroissement, le caractère général de Porganisme, c’est la prépondérance de l'appareil vasculaire a sang .ouge, uréboSnce que démontrent la fréquence des battements du cœm , 1 élan 'eîa tltio: artérielle ; les ventricules du «ur sont artères larges, le système veineux moins apparent; toute la surlace tep taire externe et interne, est injectée chez 1 enfant nouveau-nc.

1 , ’ • i isp rpltn de l’hématose, et secondairement, de toutes

de la circulation e I e cdle deJM^ ^ ^ ^ ; ^crdti0„

fonctions <l“| s “el des fomcu|eS mucipares et sébacés, exhalations

ZZ; pulmonaire, séreuse et adipeuse. Le poumon, don, la première -

privée]

DES CHANGEMENTS QU! CARACTÉRISENT LES ACES

spiration a doublé le poids cl le volume, devient rosé, mou, crépitant, vésicules de brun et compacte qu’il était ; pendant toute l’enfance, il conservera une vascularité plus abondante. Celle énergie de l’hématose est nécessaire, car à cette époque de la vie la plasticité est à son maximum ; toutes les parties du corps croissent et se développent, tous les tissus tendent à se perfectionner : aussi sont-ils abreuvés de sucs, infiltrés de matériaux plastiques. Le tissu cellulaire, encore à demi muqueux, acquiert tous les jours plus de densité ; sa disposition en cellules et lamelles se prononce ; le système lymphatique n’est pas moins développé, et s’accroît rapidement jusqu 'après la deuxième dentition; sa portion abdominale, qui forme l’appareil chylifère, est surtout le siège de cette fluxion nutritive, et ses ganglions présentent un grand volume. Cette surabondance de fluides plastiques imprime à la constitution de l’enfant une apparence lymphatique, sans que l’on en puisse conclure, suivant nous, à l’existence du tempérament de ce nom ; la mollesse des tissus, leur imprégnation par les sucs nourriciers, l’ampleur flottante des formes qui en résulte, ce sont là non les signes d’un tempérament, mais les conditions nécessaires d’une phase de l’évolution organique ; chaque jour les corrige, chaque progrès dans

Ila vie en fait disparaître une partie. Beaucoup d’enfants s’animent d’ailleurs d’une nuance sanguine qui n’est point davantage pour eux l’augure infaillible du tempérament sanguin. La chimie vivante ne pouvant s’effectuer, comme celle des corps inorganiques, qu’à la faveur d’une extrême division de la matière ramenée pour ainsi dire à sa forme atomistique, c’est là ce qui explique

Îchez l’enfant l’exubérance des fluides, la disposition de toutes les surfaces à sécréter avec profusion, la turgescence vasculaire de toute la trame organique.

| Les phénomènes les plus saillants de l’accroissement correspondent aux deux dentitions et à la puberté ; ces grandes mutations une fois accomplies, la puissance formatrice perd de son activité, et l’appareil vasculaire à sang rouge en suit pas à pas les dégradations. Exaltée à son plus haut degré dans les commencements de la vie extra-utérine, elle doit s’affaiblir et s’affaiblit, eu effet, à mesure que l’organisme approche du terme de sa croissance. Elle finit,

■ dans la période de virilité, par ne plus s’exercer que dans la mesure nécessaire pour compenser les déperditions, pour assurer aux tissus la permanence de leurs éléments, aux organes leurs conditions de texture et de volume, à l’éco- » nomie entière la plénitude et la stabilité de ses fonctions.

Le système lymphatico-conjonctif, qui est parvenu à un grand développement dans le milieu du premier Ûge, a déjà perdu de sa prépondérance P ysiologique a l’époque de la deuxième dentition et s’affaiblit encore vers celle de la puberté; il en résulte que l’appareil vasculaire à sang rouge, dont

tique 8 e8t mamtenUe’ 1,emP°rte chcz l’adolescent sur l’appareil lympha-

Quant aux instruments de la vie de relation, ils se développent, se fortifient > cegics pendant la première période de la vie ; en même temps leurs

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[hygiène

fonctions tendent à se régler. Le système nerveux, centre de la vie relative, témoigne d’abord de sa sensibilité par des mouvements automatiques qui s’exécutent rapidement sous l’influence des stimulations extérieures; plus tard l’action du système nerveux sur le système musculaire se régularise, se consolide. Les appareils des sens, plus développés, deviennent autant de sources d’impressions nouvelles ; la sphère des réactions cérébrales va s agrandissant; avec la puissance de l’incitation nerveuse augmente celle des instruments (os, muscles, etc.) par lesquels elle se manifeste, et il importe à l’hygiéniste d’observer attentivement ce parallélisme de développement entre le système nerveux et les différentes pièces de l’appareil locomoteur : il y a là plus d une question d’éducation physique; ou plutôt celle-ci se résume presque entièie dans la modération des rapports entre l’axe cérébro-spinal et les oiganes qu il met en jeu. Le caractère de la vie relative dans le piemiei âge, c est la vivacité et la mobilité des impressions qui font naître des actes de locomotion désordonnés, automatiques. Dans la deuxième enfance, les impiesSious ne donnent pas encore lieu à des perceptions exactes et justes; le cerveau les apprécie mal encore, et les déterminations qu elles sollicitent ne sout pas pondérées par la raison. La vie de relation suit les progressions de la vie oiganique ; les actes par lesquels elle se manifeste n ont acquis toute leui régularité, toute leur perfection, qu’au terme de l’accroissement; alors seulement le cerveau commande, coordonne, dirige tous les mouvements suivant les impressions qui lui sont transmises, ou suivant les voûtions dont il est à la fois le foyer et l’instrument. La gradation de son activité implique celle de son développement. C’est donc à tort que l’on a dit et répété que dès la naissance l’encéphale possède à peu près tout le volume qu’il conservera plus tard (Hostau) ; l’accroissement ne paraît même pas cesser pour la tète à l’époque assignée comme terme de la croissance générale, il semble au contraire continuer jusqu’à soixante ans (Parchappe). L’augmentation de volume porte à peu près exclusivement sur le développement circulaire horizontal de la tète et principalement sur le développement de la partie antérieure ; elle est due en grande partie à l’agrandissement des sinus frontaux. Au delà de soixante ans, le volume de la tète diminue; le crâne perd aussi de sa pesanteur sous l’influence de la vieillesse.

Les changements organiques, ainsi que nous l’avons dit, ne s interrompent pas durant la période dite d’état ; mais ils s’accomplissent alors avec une certaine lenteur, et pour les apprécier, il est nécessaire de comparer l'organisme à lui-même, à des intervalles éloignés, par exemple dans le milieu de la v irilité et aux approches de l’âge de retour. Toutefois c’est à cette époque que les fonctions ont le plus de consistance : les deux principes universels de 1 économie, le sang et la matière nerveuse, semblent unis dans leur plus juste proportion; les organes approchent le plus par leur volume, par leur structure et par leur activité, du type physiologique idéal, et c’est à cet âge que les différences individuelles ont le moins de saillie.

PRIVÉE j DES CHANGEMENTS QUI CARACTÉRISENT LES AGES. 79

. Les mutations qu’amène Je déclin de la vie sont inverses de celles qui signalent les années d’accroissement; les fonctions s’exécutent avec une lenteur qui augmente de jour en jour; le système artériel perd de son activité, ses extrémités capillaires se laissent à peine soupçonner dans les tissus, la circulation devient languissante dans des canaux qui n’ont plus leur élasticité, les sécrétions diminuent ; les veines, plus prononcées que dans l’àge moyen, cèdent à l'effort latéral du sang et se laissent distendre jusqu à l’état variqueux ; les muscles se décolorent, leur fibre durcit et se contracte laborieusement. Tous les tissus participent à une sorte de dessiccation qui a pour effet de les racornir; turgescents dans l’enfance, d’une texture plus compacte dans l’âge moyen, ils se réduisent et se dessèchent chez le vieillard; les nerfs qui les pai courent sont grêles et d une densité telle, qu’ils ont paru desséchés comme les autres tissus; des sels calcaires se déposent sur différents points de l’arbre vasculaire artériel, dans les parties articulaires; les cartilages intervertébraux s allassent, s incrustent de phosphate calcaire à leur centre, de telle sorte que plusieurs vertèbres, soudées ensemble par cette ossification, ne forment plus qu’une seule masse. Les os présentent plus de volume, un tissu plus compacte, des cavités intérieures plus étendues; la substance médullaire des os longs est plus liquide et presque huileuse, la taille et le poids du corps diminuent (1). Même décadence de la vie de relation. Le cerveau acquiert une consistance, une dureté qui, de quelque manière que l’on conçoive le mécanisme de son action, doit l’entraver de plus en plus; vibration fibrillaire ou courants analogues à ceux de l’électricité, l’innervation doit s’opérer difficilement par l’intermède d’un centre affaissé et lentement parcouru par un sang moins stimulant. Les appareils des sens se détériorent l’un après l’autre : la vue faiblit, puis 1 ouïe, et les impressions sensitives ébranlent à peine le système nerveux. Le vieillard lutLe contre l’imminence de l’anarchie fonctionnelle, les mouvements ne s’accomplissent plus que par l'effort soutenu de la volonté ; encore

est-elle mal obéie, à cause de l’affaiblissement des instruments dont elle dispose.

Telle est la série des phénomènes que déroule l’organisation depuis le berceau jusqu’à la vieillesse confirmée. Mais pour avoir une notion complète des résultats déterminés par les âges, il ne suffit point d’envisager les caractères généraux des périodes de la vie ; la loi de continuité qui régit la nature ne 1 empedie point de manifester par intervalles une plus grande énergie dans ses développements, et quoique les différents âges se confondent à leurs limites, il est dans la vie des transitions moins ménagées; il est des changements orgamques d une allure si brusque, ou d'une iulluence si décisive, qu’on a pu les appeler avec raison les révolutions des âges. Subordonnées aux lois conservâmes te individu ou de l’espèce, amenées par une progression de modilica- ’ elles unprimeut néanmoins, en éclatant, de fortes oscillations à la santé,

(1) Voy. chap. vi, § (J.

DES AGES

SO

| HYGIÈNE

cl viennent grossir la somme des prédispositions morbides. Il esl indispensable d’arrêter noire attention sur ces crises physiologiques; elles se terminent toujours, ou par l’inauguration dans l’économie de certaines fonctions auxquelles elle ne devient apte qu’à une époque plus ou moins éloignée de la naissance, ou par la suppression d’actes physiologiques dont la durée est limitée, ou par l’établissement de conditions organiques qui changent d emblée lerhythme général de la vie. Le passage du sein maternel à 1 existence aérienne, la première et la deuxième dentition, la puberté, 1 époque de retour, enfin la cachexie sénile, voilà les points culminants del’lnstoire de l’évolution humaine; voilà des échelons posés à long intervalle dans la vie, et sur lesquels 1 organisation apparaît successivement sous une forme toute particulière.

La première révolution qui s’opère dans l’organisme à l’instant même de la naissance consiste dans le conflit de l’air atmosphérique avec la peau et la sut face aérienne. La peau n’est plus en contact avec les eaux de l amnios; débairassée de la matière grasse qui la recouvrait, elle devient, dès le premier ou le second jour, le siège d’une exfolialion épidermique par lamelles plus ou moins étendues. Ce phénomène dure eu moyenne dix à douze jours et peut ne se terminer qu’au bout de trente, quarante et même soixante jours. Jusqu à la régénération complète de l’épiderme, la peau est rouge, très-ii rilable, surtout aux plicatures, où ce travail s’opère plus lentement. Dès que la tête de l’enfant arrive à l’air, il éprouve des mouvements convulsifs aux angles des lèvres et aux ailes du nez, sa bouche s’ouvre, sa poitrine se dilate, 1 épiglotte se redresse; la glotte, presque entièrement fermée jusqu’alors, devient et reste béante; la trachée-artère se déplisse, les poumons augmentent de hauteur (1 centimètre), de largeur (A centimètres), de capacité (l pouce 1/2 cube), et de poids; celui-ci est porté de 11 gros 3/A à 21 gros 1/2, plus par l’afflux sanguin que par le volume d’air inspiré (1). Par la distension du poumon et l’abaissement du diaphragme, le cœur est repoussé de droite à gauche et de haut en bas. Le sang de la veine cave inférieure, au lieu de passer pai le trou de Botal dans l’oreillette gauche, se porte, avec celui de la veine cave supérieure, dans le ventricule droit et dans l’artère pulmonaire ; le sang projeté dans i ce vaisseau n’est plus dérivé par le canal artériel dans l’aorte descendante; celle-ci enfin cesse de le verser dans les artères ombilicales. Aussi les organes de transition qui se rattachent à la vie fœtale ne tardent point à se flétrir : vaisseaux omphalo-mésentériques, canal artériel, canal veineux, capsules surrénales. Toutefois ces changements offrent encore une gradation dans leur rapidité; le trou de Botal ne se ferme pas brusquement, le canal artériel n est oblitéré que vers le troisième jour par un caillot, en attendant sa transformation en un cordon fibreux; les artères pulmonaires n'acquièrent que par degrés leur calibre normal à mesure que les mouvements respiratoires activent, en°se répétant, la marche du sang vers les poumons; ceux-ci subissent donc

(1) Longet, op. cit., t. H, P- 285<

PRIVÉE] DES CHANGEMENTS QUI CARACTÉRISENT LES AGES

une ampliation progressive et s’accoutument par degrés au contact du sang et de l'air, ce qui leur épargne les funestes hypérémies dont les eût menacés la soudaine agression de ces deux agents (1). Le thymus s’atrophie plus tardivement ; dans le cours de la deuxième enfance et jusqu’à la fin de la lactation, il augmente avec les autres organes. L’enfant, dès qu’il respire, a cessé de recevoir pour sa nutrition le tribut maternel de matériaux tout sanguifiés; il faut donc (pic son système digestif entre en jeu avec une activité proportionnelle aux besoins de l’assimilation. Tous les actes de sa vie organique sont modifiés en raison du mouvement nutritif; et de même que la première inspiration a donné le signal de ce changement à vue dans l’ensemble des phénomènes de la vie végétative, de même le premier effleurement du sein où la nature lui a préparé le lait éveille ses fonctions de relation : il palpe instinctivement le réceptacle vivant de sa nourriture, il perçoit la température du milieu ambiant, (i est par la peau, c’est par la surface sensitive la plus développée qu’il se met d abord en communication avec le monde extérieur, comme si la nature avait voulu lui en atténuer les premières impressions en les disséminant sur une grande étendue; comme si Je toucher général et confus du tégument externe devait le préparer à des spécialités plus délicates de la même fonction à la vision, a l’ouïe, à l’odorat, etc. , qui ne sont dans leur mécanisme intime qu’un toucher plus subtil et diversifié suivant la nature des excitants fonctionnels Le pouvoir calorifique de l’enfant n’est pas celui de l’adulte; de là un danger e pour 1 hygiene une base d'impérieuses prescriptions. Chez vingt adultes’ Edwards a trouvé que la température variait entre 35°, 5 et 37°, moyenne = 36 ,12 ; chez dix enfants bien portants, âgés de quelques heures à deux jours entre 34° et 5°, 5, moyenne = 34°, 75. H. Roger, dans des recherches ls rLcentes et plus multipliées (2), où la température a été prise constamment clans le cieux axillaire, est arrivé aux résultats suivants :

(1) Des recherches importantes ont été faites dans ces derniers temps sur les diffé ■ 085 da la respiration aux différentes époques de la vie ; nous mentionnerons plus loin

68 !eS:ltatS. °btenus P- “ et Gavarret. Bourgery, dans un mémoire TuÎl’A emie es sciences (23 janvier 1843), énonce, entre autres conclusions les suivant La plénitude de la respiration dans les deux sJxes appartient à Và2 de , =

16 TT” ^ k reSPiniti0n l0I'Cée> à est dans^’homme

,ou a 4“Sjo, et dar*s la lemme de lût. in à eût. 9n ■ m

ans respire 2 litres et le vieilhrrl i .’ ’ " ’ e jeune garçon de quinze

r ueb, et ie vieillard de quatre-vingts ans 1 lit. ^ \n ,, .

« représentés par le, LbresT’tiT»' 7* ”? ^ «• "**-»**

Dourgerv en coiitieni nii • S,JM ' aill0UIeux d exactitude. Le mémoire de

m Henri "T** «e » tes rentier

8o DES AGES. fHYG!ENE

1» Chez clés enfants naissants, dans la première demi-heure de leur existence aérienne :

Température moyenne ,^0 ^

maximum 35»’25

— minimum.

L’enfant qui offrait 37", 75, examiné dans la première minute apres sa naissance, participait sans doute encore à la température de sa mere.

2Ü Chez trente-trois nouveau-nés de un à sept jouis .

Température moyenne . .

maximum.

minimum. .

3o chez treize enfants de quatre mois à six ans inclusivement :

Température moyenne 37°’ 75

maximum 36°575

maximum .

minimum.

Personne ne conteste plus la conclusion de Gavait et, tiui a discuté av minutieuse précision tous les faits acquis sur cette question . « Toutes égales d’ailleurs la température des enfants est d’autant plus influencée par ceÏ du müieu 'ambiant1, et leur puissance de calorification est d’autant plus faible qu’on les observe à une époque plus rapprochée de leur naissance ( ). - La première dentition, pas plus que la seconde, ne doit etre considérée comme une maladie ; elle constitue par elle -même, et par une série coïncidente de phénomènes d’accroissement, une de ces mutations aigues qui concouit ffonder " Dépendance individuelle de l’être nouveau. Les incisives moyenne le n achète inférieure se montrent en premier lieu, elles sont sûmes de

celles de la mâchoire supérieure; viennent ensuite leS/''C1S^^

rieUres et les incisives latérales supérieures ; en troisième ordre apparaissen

les premières molaires inférieures et supérieures (2) ; les canines mit nu. es

MV Civarret De la chaleur produite par les êtres vivants .Pans, i8a5, p. 3-5sortent par stoppes cher tes enfants a la tnantelle. U » “2»^ “«Il

r°, es WW» i 1”“"“ ttaalre eamnes .rér„p.

l’établir à peu près de la manière suivante ( Journal de médecine, pa. ’ouq ,

iteau, février 1843, p. 40) : ...

■ er ntoupe : Deux incisives médianes inférieures vers l’âge de sept a huit mois.

„g aroupe : Quatre incisives supérieures de onze a douze mois, r groupe : Quatre premières molaires, deux incisives latérales Inférieures, vers 1 âge

de dix-sept à dix-huit mois.

aroupe : Quatre canines vers l’age de deux ans. ce pe ■ Quatre dernières molaires vers l’âge de trente mois.

PRIVÉE] DES CHANGEMENTS QUI CARACTÉRISENT LES AGES. 83

supérieures sortent vers deux ans ei demi; enfin les deuxièmes molaires complètent vers la quatrième année cet appareil transitoire de mastication. L’ordre d’éruption n’est pas constant : les canines sortent quelquefois avant les quatre premières molaires ou après toutes les dents de ce nom ; les incisives latérales peuvent se montrer avant les médianes, etc. Les sensations continuelles de chatouillement, de démangeaison ou de douleur, dont s’accompagne l’éruption des premières dents, déterminent parfois une surexcitation cérébrale qui se traduit par un état fébrile, la chaleur à la tête, l’insomnie, des cris d’impaneuce, des convulsions. La suractivité vitale des gencives, des glandes salivaires, de toute la bouche, se traduit par la turgescence sanguine de ces parties par l’accroissement notable des artères qui s’y rendent, par une salivation exagérée. Ces conditions, jointes aux efforts de succion, à une constitution mauvaise et à une mauvaise hygiène, favorisent le développement du muguet des inflammations buccales à tendance gangréneuse, etc. La première odontogénie est plus critique que la seconde; l’une s’achève en deux ans, l’autre en seize a vingt ans. Avec les vingt dents de lait coexistent les germes de trentedénis permanentes qui les remplaceront plus tard ; le.s mâchoires alirnentem donc simultanément cinquante-deux dents formées ou en germes (1) En

“forclnMa' mâ- !'ad‘èïe ]a première dentition, les muscles masticateurs se forcent, la mâchoire inférieure se courbe, ses branches se redressent • les glandes salivaires et le pancréas s'accroissent , l'estomac devient p a i’f

•*» longtemps, la fréquence du besoi^ ££ mmue, les valvules conmventes augmentent de nombre et se prononcent •

T df el°PPe,lt' le mgestif présente plus de h»!

rieurement qu'en bas,

sillon du bord alvéol^des ' de^T 7T\ T", ^ ** qu’on aPer«oit dans Je

roïdale ou papilles dentaires, nui serontT6!! 7 T*? .PeÜtS renflements de forme sphéqueuse leur forme, en se repliant au do ” 7" * ^ ^ ^ le troisième mois, la mu- Avant l’occlusion de la cavité follicul ,SSUS C ^ Un ““ C°"lplet (involution de Goodsir). “vile plus petite, sorte de sac dent ^ Constate dessus de chaque follicule une permanente, et offrant dés le cinauiém ai'C * ^ 'CSe' Ve destl,lé à 1:1 formation de la dent ^Pens des sacs rUdime"t8 d’a" dentaire. Eormés

“es dentaires de réserve se dirigent h ,77 ^ ‘1UUVell° i,1Volution de lil muqueuse, les 61 à mesure que s'opère le dévcln ï VGrS ***** P°St6rieure du »*ord alvéolaire, Pour occuper enfin un point situé »? S°rt'e deS dents Provisoires, ils descendent

g,tut- &hde mr te dévélopp&nent !/ 7^7 * aU'deSS0US de celles-ci‘ (Voy. ^mile Ma- 1857, n" 287.] ' " s^'ucture des dents humaines, thèse de Paris,

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i HYGIÈNE

apophyses épineuses fournissait un moindre espace à 1 insertion des muscles des gouttières vertébrales ; le bassin, par son obliquité sur le rachis, faisait proéminer le ventre et dirigeait en avant le poids du corps; les fémurs ne trouvaient pas dans les cavités cotyloïdes encore cartilagineuses un point d’appui assez solide, etc. En un mot, les conditions nécessaires pour la station et la progression manquaient en totalité ; mais pendant la durée de la période qui nous occupe, la marche rapide de l’accroissement y a pourvu en grande partie : d’essai en essai, l’enfant est parvenu à reproduire les attitudes de ses parents, comme il a fini par répéter leurs sons, leurs syllabes, leurs paroles,

leur langage.

Les germes de la deuxième dentition sont, comme ceux de la première, visibles déjà dans le fœtus, représentés par une série de trente-deux follicules membraneux situés dans un rang d’alvéoles qui existent en arrière des alvéolés à dents infantiles. Leur éruption s’opère quand leur couronne est parfaite et que leurs racines sont à peu près formées ; elle est précédée par la chute des dents de lait dont la racine est résorbée en partie ou en totalité. De sept a c îx ans paraissent les incisives, puis les bicuspidées, ensuite la canine; vers onze a douze ans, la seconde grosse molaire; la première grosse molaire sort dans le cours de la première dentition, c’est vers vingt ans seulement que se produit la cinquième molaire. Ces dents ne sont qu’ébauchées dans leurs racines au moment de leur apparition et ne les perfectionnent que dans un espace de deux à trois ans. Les arcades dentaires continuent de s’agrandir jusqu a vingt ans, et la face en reçoit plus de hauteur et de largeur. La révolution physiologique de la deuxième dentition se termine à la puberté, quoique le nouvel appareil dentaire ne se complète que plus tard : elle a une marche moins rapide, moins turbulente; l’accroissement général se modère dans la meme proportion, c système nerveux ne manifeste point l’orageuse impressionnabilité de 1 âge précédent Déjà ses actes se sont régularisés, perfectionnés ; les facultés intellectuelles et morales se déploient avec une intensité progressive ; les organes du mouvement ont acquis toute leur souplesse et leur agilité ; la surcharge g . seuse du premier âge n’existant plus, les muscles dessinent leurs re^fs te articulations se sont déboutées, etc. Le système osseux appelle follement lui le mouvement nutritif.

Mais voici l'époque d’une transformation dos plus complètes et des plus rapides : les organes génitaux viennent d'acquérir le développement nécessaire .

exercice de leurs fonctions; tout s'est préparé dans I économie pour celte révolution ; quelques mois ont suffi à la nature, si soigneuse dos mtértlsde l’espèce, pou imprimer au corps la puissance et la vitalité que réclamé I office dfla reproduction. Vers la puberté, la croissance du corps se fan en grande partie sur la colonne vertébrale, et en même temps que cette i.ge osseuse.

,,t d'appui des elîorts musculaires, s'est renforcée, ses cartilages mterveité te ux te extensibles, facilitent scs mouvements; les différentes pièces du squeieUe achèvent dé se consolider, la plupart de leurs ep.pl.yscs sc sondent

privée]

DES CHANGEMENTS QUI CARACTÉRISENT LES AGES

leur partie moyenne. Souvent on observe une élongation rapide du corps ; les muscles se contractent avec énergie, la poitrine s’agrandit et s’ombrage cle poils; le tempérament sanguin domine, les sécrétions muqueuses sont moins abondantes ; le duvet de l’adolescence fait place à la barbe, les cheveux se rembrunissent ; le larynx se développe, la glotte s’élargit et s’allonge : de là le timbre plus grave de la voix et par moments des intonations incertaines. En peu de temps, les testicules doublent de volume, le pénis grossit et manifeste une propriété nouvelle, si des pratiques funestes ne l’ont déjà provoquée prématurément, celle d’entrer en érection ; le scrotum se ride et brunit, et par une excitation sympathique que nous verrons éclater plus vivement chez la femme, les seins du jeune homme se gonflent et parfois laissent suinter quelques rares gouttelettes d’un fluide lactescent. Mais le phénomène le plus remarquable qui se produit à cette époque chez l’homme, c’est l’apparition des zoospermes dans la liqueur séminale. Ce phénomène est constant (1) et suffirait à lui seul pour caractériser la puberté. On l’observe aussi chez les animaux à l’époque de leur rut; la présence des zoospermes se lie à chaque retour de leur excitation génitale : « Quand le rut, dit Lallemand, est dans toute son énergie, les zoospermes sont tellement entassés dans les canaux sécréteurs

du testicule, qu’ils y occupent plus de place que le liquide ambiant Ainsi

l’accroissement d’activité du testicule a pour résultat essentiel la production des zoospermes. » Le tempérament de la femme se modifie moins profondément aux approches de la puberté, et il conserve en général sa nuance lymphatique; aussi ses formes s arrondissent au lieu de prononcer leurs saillies musculaires. Le système pileux, qui chez le jeune homme reçoit une impulsion de croissance universelle, ne se développe chez la femme qu’aux aisselles, aux parties génitales et sur le crâne ; mais ses glandes mammaires se prononcent, le bassin prend l’ampleur qu’exigera plus tard l’opération naturelle de l’accouchement, les lèvres du pudendum s’allongent, les ovaires doublent aussi de volume comme les testicules et prennent leur forme bosselée; les follicules de de Graaf deviennent plus nombreux, plus gros, plus superficiels, et le liquide qui les emplit contient une plus forte proportion d’albumine (2); l’utérus s’élargit surtout vers son fond, devient un centre de fluxion mensuelle, et réalise par là un acte organique qui caractérise éminemment la période de l’activité sexuelle. Si la sécrétion du sperme n’a point son analogue chez la femme, les cryptes muqueux qui existent dans ses voies génitales subissent aussi une sorte d’orgasme et versent avec abondance les fluides de leur sécrétion, soit dans l’exercice du cou, sou par le seul effet de la stimulation morale. Un dernier trait de eau de la pubeité, c est cette stimulation morale elle-même, source de tant de souffrance et de poésie, de bonheur et de regrets; c’est ce désir d’auant plus effervescent qu’il est nouveau, et qui, suivant les dispositions céré-

(1) Lallemand, Des pertes séminales involontaires, t. II, 2“ partie, p. üâ'2.

>, , iciboi ski, J i ailé de la menstruation, ses rapports avec l'ovulation, l’hygiène de la puberté et de l'âge critique. Paris, 1808.

8 fi DES AGES. [hygiène

braies, revêt des nuances, des expressions si différentes, depuis la vague rêverie jusqu’aux aspirations brûlantes de l’amour enthousiaste, depuis la pâleur d’une concentration difficile jusqu’aux explosions d’une fougue désordonnée. Nous avons reconnu le rôle de l’encéphale dans la production de ces phénomènes moraux qui dramatisent la vie intime de la jeunesse ; mais ils prouvent aussi l’influence des organes génitaux sur le cerveau et le rapport qui lie à leur développement celui de l’économie entière. Les effets déterminés par la castration en fournissent la contre-preuve : chez les individus destitués des attributs de la virilité, l’ensemble delà constitution porte un cachet féminin ; leur système pileux ne se prononce ni au thorax ni au visage, leur voix sonne d’un timbre enfantin, comme celle des femmes ; comme les animaux châtrés, ils engraissent en peu de temps ; la virilité morale leur fait défaut non moins que celle du corps; ils ont les vices des natures faibles et désarmées, ils sont faux, hypocrites ; leur vengeance est sinueuse, leur esprit fertile en tromperies. Ne disons pas que l’absence ou l’atrophie des testicules détermine cet ensemble d’effets, que leur présence et leur intègre évolution produisent un ensemble de résultats contraires ; mais déclarons qu’il existe entre ces faits une corrélation, une connexion étroite et constante. La puberté influe énergiquement sur la marche des maladies. Grâce à l’acuité des phénomènes d’évolution qu’elle engendre, beaucoup de maladies de l’enfance qui, malgré leur curabilité, ont été vainement combattues jusqu’alors, disparaissent comme par enchantement ; stationnaires longtemps, elles redeviennent actives et tendent?. se résoudre. En revanche, les affections chroniques du premier âge, et qui sont devenues incurables, empruntent de la puberté une force nouvelle, et s’enfoncent pour ainsi dire plus profondément dans l’organisme : <• Si qua généra morborum in infantem inciderunt ac neque pub art aie, neque primis coitibus, neque in femina primis menstruis fmitarent , fere longa sunt : sæpius tamen his morbi puériles qui diutius manserunt terminantur (1 ). » Une fois la crise de la puberté terminée, les maladies ne sont plus gouvernées dans leur développement et dans leur durée que par le genre de lésion et l’état constitutionnel des sujets; que si elles se sont maintenues à travers les mutations organiques de la puberté, elles font partie de la constitution et souvent ajoutent une fonction de plus h celles de l’économie. Ainsi telle sécrétion morbide, qui n’a point disparu dans le tourbillon d’une crise d’âge, subsiste pour le reste de la vie et ne saurait plus même être supprimée sans danger. Les individus scrofuleux, les rachitiques, sont des variétés de l’espèce humaine en possession d’une santé relative, résultat de l’équilibration des fonctions avec les conditions spéciales de leur constitution.

L’âge de déclin, ou la virilité décroissante, est, comme la deuxième dentition, une crise d’âge moins aiguë que les autres ; il prépare la révolution plus rapide de la décadence sénile, comme la deuxième dentition conduit par de-

(1) Celsus, De re medica. Parisiis, 1773 (édit, \alarl), lib. II, cap. i, p. 45.

DES CHANGEMENTS QUI CARACTERISENT LES AGES

privée]

grôs à l'explosion de la puberté. Les systèmes digestif, respiratoire et circulatoire perdent de. leur activité, parce que les besoins de la nutrition sont moindres; la pléthore veineuse s’établit de pins en plus; les phénomènes congestinnnels qu’elle suscite prédominent vers l’abdomen. Les indices de la déchéance organique s’étendent à l’encéphale et à ses dépendances : la peau se plisse et se dessèche; les appareils des sens ont moins de délicatesse dans leur structure, leur portion de matière nerveuse se durcit; l’atrophie commençante du cerveau se révèle par un abaissement de la puissance intellectuelle, la pensée est moins rapide, la mémoire moins fidèle, la parole moins abondante, les veilles plus difficiles ; au courage, à l’esprit d’entreprise et d’indépendance succèdent le calcul et la pusillanimité. Les attitudes sont analogues à l’état de l’axe cérébro-spinal : les muscles cèdent, fléchissent; l’allure altière et droite de l’âge mûr n’existe plus ; déjà le corps tend vers le sol. Toutefois ces changements surviennent dans une gradation si modérée, que l’illusion de la stabilité est longtemps possible ; mais la réduction de la puissance génitale vient enfin la détruire : entre quarante-six et soixante ans, durée de l’âge de retour, l’homme voit diminuer cette faculté, la femme perd la sienne. Avec la fécondité s’en vont les attributs extérieurs du sexe ; les seins se dessèchent, ou si l’embonpoint se conserve, il est flasque et mou ; les ovaires s’atrophient, l’utérus su rapetisse : il semble que le foyer de la vie morale s’épuise en même temps que la puissance génératrice, et peu de femmes gardent encore au delà de celte abdication physique l’animation passionnée qui déverse un charme si doux sur leur commerce.

Autant 1 élan de la plasticité est remarquable dans l’âge inaugural de la vie, autant la décadence s’opère avec promptitude dans la période de sénilité : triste et dernière révolution qui ne laissera après elle que des ruines. Il faudrait énumérer tous les organes pour montrer sur chacun d’eux l’empreinte de la destruction; les dents et les poils tombent, l’état squameux de la peau et la raideur des articulations nuisent à l’exercice du toucher ; les nerfs des sens s’atrophient, l’œil s’aplatit, le cristallin prend de l’opacité, l’iris et la choroïde pâlissent; le crâne, dont les sutures sont effacées, semble formé d’un seul os, comme le bassin ; le système osseux est imprégné de sels calcaires, et ses cavités se sont agrandies, double circonstance qui favorise les fractures; les

Ma décoloration des muscles, l’ossification fréquente de leurs tendons la siccité des coulisses où ceux-ci ne glissent plus, rendent les mouve- “ ,le"ls’ ,chi"f 1 >“<s. impossibles même. Les organes de la générale l. * * ans es ^eux sexes parfois au point de n’clre plus reconnaisse-

C c~ ,alropl"e s<:'llilc friW« tous les organes glanduleux, glandes sali- .res, ganglions mésentériques, follicules inteslinaux ; les plis de la membrane 1 us( c u tu e digestif deviennent plus courts et moins nombreux ; le foie

DES AGES

[hygiène

se condense et durcit; les poumons sont moins expansibles, emphysémateux, parsemés de dépôts charbonneux et comme infiltrés de matière noire; leur surface aérienne a moins d’étendue, la respiration plus de fréquence et moins d’amplitude; la cage thoracique s’affaisse et se rétrécit. La circulation s’affaiblit et se ralentit; les vaisseaux capillaires se dilatent, les veines sont plus apparentes, les varices se multiplient; les parois des artères, roides et cassantes, sont fréquemment ossifiées. La température, d’après Edwards, varie chez les sexagénaires entre 35° et 36° ; chez les octogénaires, entre 34° et 35°. H. Roger a trouvé chez sept vieillards compris entre soixante-douze et quatre-vingtquinzeans, 36°, 23 en moyenne, 37° pour maximum et 35°, 50 pour minimum. Ces résultats ne s’accordent pas avec ceux de Despretz, qui a fixé la température humaine pour l’àge de dix-huit ans, à 36°, 99; pour celui de tienteans, à 37°, 14; pour l’âge de soixante-huit ans, à 37°, 13. Gavarret ( loc . cit .) s’est servi des recherches de J. Davy pour concilier ces diveigences. Dans le Westmoreland, chez des vieillards bien portants, âgés de quatre-vingt-sept à quatre-vingt-quinze ans, assis au coin de leur feu et dans un air maintenu entre 11°, 1 et 15u5, la température prise neuf fois a oscillé entre 36" et 37°, 5, moyenne = 36°, 7. La température de la chambre s’étant abaissée progressivement de 15°, 5 à 12°, 8 et 6Ü,7, le thermomètre qui, placé sous la langue d’un vieillard de quatre-vingt-huit ans, marquait 37°, 5, est descendu à 36°, 6 et à 35°, 5. A Ceylan, un centenaire observé par J. Davy, hors de son habitation et avec un vêlement très-léger, accusait une sensation de froid par une température atmosphérique de 22°, 8; le thermomètre ne marquait que 35° sous sa langue et 33°, 7 sous son aisselle. Si donc les vieillards, placés dans de bonnes conditions de santé et de température ambiante, maintiennent celle de leur corps presque au même niveau que l’adulte, ils se refroidissent rapidement dès que la température extérieure s’abaisse ou que leurs vêtements sont insuffisants ; tant il est vrai que le cercle de la vie va se rétrécissant de jour en jour autour d’eux; les sources immédiates où le corps puise le sang, et le sang ses propriétés se tarissent graduellement. Telle est la cachexie

sénile. , ,

La mort est le terme de cette série de détériorations qui, préparées dans a

période d’état, commencées pendant l’âge de retour, aggravées par la vieillesse, se précipitent vers la décrépitude et impriment aux dernières années le caractère d’une révolution d’âge, signalée surtout par la prédominance de sels terreux dans le sang et par l’atrophie générale des organes. Tandis que les liens consensuels des organes se relâchent, et que la solitude se fait pour ainsi dire autour de quelques viscères, derniers réceptacles d’une vitalité défaillante, a solitude s’opère au dehors autour du vieillard, et la presque interruption de ses rapports avec le monde ambiant le réduit à l’existence végétative. Celle-c. s’épuise à son tour; nulle excitation ne vient plusl’entsetenir. Plus de besoins, plus d’instincts; les excrétions s’accomplissent à f insu et contre la volonté du vieillard, et si la raison jette encore par intervalles quelques lueurs, elle ne fait

privée]

DES CHANGEMENTS QUI CARACTÉRISENT LES AGES

que lui donner la conscience de sa destruction. Cependant il y a des organisations privilégiées même contre la mort; des centenaires ont conservé l’usage de leurs facultés sensoriales et intellectuelles jusqu’au dernier jour; un court sommeil, une syncope, un léger accès de fièvre erratique a couvert la transition de vie à trépas. Moins heureux, la plupart des hommes qui épuisent la longévité de leur constitution meurent par degrés, envahis de la circonférence au centre; et quand la dernière expiration, simple effet du retour élastique des parois thoraciques sur elles-mêmes, les laisse dans l'éternelle immobilité, depuis longtemps ils ont cessé tout échange avec le monde extérieur: l’action j cérébrale alimentait encore un reste d’hématose, mais elle ne suffisait plus aux actes de relation.

La mort sénile ou naturelle, c’est l’épuisement de la virtualité organique.

; Chaque constitution puise dans son essence primordiale une force de durée ; la longévité varie comme la santé, suivant les organisations individuelles : organisation, santé, longévité, sont les trois termes d’une proposition de la nature, et se traduisent logiquement parle sujet, le moyen et le but. C’est l’homme, c’est la société qui déplace les termes, qui contrarie la divine proposition ; la mort accidentelle, soit qu’elle résulte violemment de l’action des causes extérieures, soit qu’elle termine le cours fatal des maladies, est une violation des lois de la nature. La mission de l’hygiène, d’accord avec la morale et la reli-

gion, est d’assurer à tout homme le bénéfice de son organisation, sa mesure primordiale de longévité; elle lutte contre les influences matérielles qui tendent à la réduire ; la religion et la morale combattent les influences d’un autre genre, mais tout aussi funestes à la conservation de l’individu et de l’espèce.

Combien différentes nous apparaissent maintenant les conditions anatomiques et physiologiques de chaque âge, et combien les prescriptions de l’hygiène doivent varier en proportion! Pour l’hygiène et pour la médecine pratique, quelles ressources à la fois et quels écueils dans ces mutations, tantôt aiguës, tantôt graduées, qui constituent les révolutions d’âge! Chacune d’elles peut fournir la matière d’un code spécial de préservation, chaque âge a défrayé des volumes; circonscrit dans une limite étroite, nous n’avons pu qu’ébaucher les caractères saillants de chaque période de la vie, de chaque phase importante de l’organisme, et nous en déduirons ultérieurement des règles particulières de direction hygiénique, en traitant des divers modificateurs et de leur action nous bornant ici à quelques indications spéciales qui n’auraient nas trouve leur place ailleurs.

L hygiène de l’enfant, commence dans le sein de sa mère. On ne peut nier aujourd hu. qu'à côté des anomalies de développement qui dépendent d’une nence tout a lait inconnue de la génération sur l’embryon, il en est d’autres

conronM rde dCS modlflcateurs sur la mère postérieurement à la

des ra 10n,' e°- l0^ ^a',u~Hda‘re a ^a‘l vo'r (luc> dans le plus grand nombre

... : J*; ce Ie atJHm M G.uluit par des déviations céphaliques. Parmi les causes ssom siu enfant pat I intermédiaire de la mère et qui déterminent les

90 DES AGES. . [iiyoiène

déviations congénitales, il faut mentionner en première ligne les coups, les chutes, les violences extérieures qui portent principalement sur l’abdomen. Les expériences de Depaul ont démontré l’influence du régime débilitant el des saignées sur le développement du fœtus pendant la vie intra-utérine; la diminution des aliments, quand la femme s’y soumet rigoureusement, est très-puissante pour restreindre la nutrition de l’embryon et réduire ses proportions (1).

La pléthore chez les femmes enceintes détermine de fortes contractions de l’utérus qui pressentie fœtus et impriment aux membres ou au tronc des directions vicieuses. On s’accorde aussi à considérer les émotions morales soudaines ou trop énergiques, trop prolongées, comme une cause perturbait ice de l’évolution régulière du fœtus. Quant aux envies des femmes et à leurs t étalions avec les ncevi maierni, l’observation n’a point confirmé, à cet égard, l’opinion populaire, et il n’y a lieu de tenir compte de ces appétences que si elles sont sincères et sans danger. Les plus sûres garanties de ce que l’on peut appeler l’hygiène fœtale résident clans la moralité et l’intelligence de la femme.

Si elle a conscience de sa responsabilité envers 1 être qu elle porte clans son sein, envers la famille et la société, elle exercera sur elle-même, sur ses habitudes, sur ses passions, une surveillance que nulle autre ne peut supplée] , elle évitera tous les ébranlements physiques et moraux ; riche, elle sauia ienoncer au monde, aux plaisirs bruyants, à la gêne des toilettes et des parades; pauvre, elle opposera une calme résignation aux impressions tristes, aux chagrins, aux inquiétudes qui ont une influence particulièrement détériorante sur le produit de la conception. Point d’efforts violents qui puissent amener d’avortement ; point de constrictions ni de pressions sur l’abdomen ; la danse, la natation, l’équitation, la vectation clans des voitures mal suspendues ou suides chemins mal entretenus, sontégalement contre-indiquées. Un exercicemodéré, l’habitation de la campagne, un appartement spacieux, sec et bien exposé, un air fréquemment renouvelé, le libre accès de la lumière dont nous dirons plus loin ( Circumfusa ) les effets plastiques; une nourriture substantielle et mesurée qui prévienne deux états également nuisibles, la pléthore et 1 hçdiémie; des repas peu copieux el plus répétés quand le développement de 1 utérus restreint la capacité des organes digestifs, etc. (Yoy. T section, chap. u,

§ 3; chap. ni, § 2; chap. tv, § 3, etc.)

Les accidents à prévenir pendant l’accouchement sont du ressort de 1 obstétrique. Il faut se tenir en garde contre les hémorrhagies qui succèdent a la chute du cordon ombilical. Celui-ci se flétrit du premier au troisième jour, se dessèche du sommet à la base, et se sépare du quatrième au sixième jour. La plaie se cicatrise du sixième au douzième jour. Les hémorrhagies survienne» Su septième au treizième jour après la naissance. Le cordon coupé et hé, et la respiration bien établie, on lave l’enfant couvert de sang et d un enduit ceru-

(1) Voyez le mémoire (le Depaul. De l'influence de la saignée et d’un régime déldi- S,url dévlloppment de tenfmt fendanl h vie Mra-Mrine. Mt. * peutique, juillet et août 18A9, t. XXXVll.

DES CHANGEMENTS pUI CARACTÉRISENT LES ACES.

milieux dans un bain à 32 degrés environ ; quelquefois cel te ablution esl précédée d’une onction faite avec de l’huile d’olive, du beurre, du cératou préférablement avec un jaune d’œuf; on dispose ensuite l’appareil pour maintenir le cordon, et l’on habille l’enfant (voy. chap. iv, Vêtement suivant l'âge). Pour sa toiletle connue pour son couchage, ni trop ni trop peu de chaleur : il ne résisterait pas au froid; un excès de chaleur l’agiterait jusqu’à la fièvre. Point de maillot; des bandes larges et des couches modérément serrées à l’aide de cordons et non d’épingles; pour la tète, un béguin de toile recouvert d’un ou deux autres de coton ou de flanelle; une chemisette, une brassière d’étoffe de laine, un fichu pour le cou. Pour les parties inférieures, trois pièces : la première de toile, les deux autres de laine épaisse, rattachées par des liens à la brassière; ces langes doivent être assez longs pour flotter librement quand la température est douce, et pour se replier et se fixer aux autres pièces de l’habillement quand la saison est froide; on peut ajouter, en hiver, de petites chaussures de laine tricotée aux pieds. Pour préserver cet appareil vestimentaire de la souillure des excréments, on dispose en plein, sous les fesses de l’enfant, une serviette dont deux angles sont ramenés en ceinture autour du tronc et noués en avant, et dont l’angle inférieur passe entre les jambes pour se fixer aux deux autres sur l’abdomen. L’enfant ne sera jamais couché dans le lit de sa mère ou de la nourrice; autant que possible, on le placera dans une chambre distincte, vaste, bien aérée, d’une température constante jour et nuit, et assez élevée pendant les huit premiers jours (19 à 20 degrés, Cazeaux). Pas d alcôve, pas de rideaux; dans le berceau, la plume et la laine seront remplacées par de petits paillassons remplis de paille d’avoine ou de zostère qu’on remplace facilement ou que l’on fait sécher, lorsqu’ils ont été salis, Pendant le

sommeil, on couvre un peu plus l’enfant sans le surcharger. L’usage de le bercer n’a d’autre inconvénient que d’exposer aux chutes et de créer une habitude tyrannique; mieux vaut y renoncer. Que l’enfant s’endorme dans son berceau, non sur les genoux de la mère ou de la nourrice; sinon il arr'iveia a exiger, par ses cris, à chaque réveil, le même maniement, et bientôt il ne dormira plus que sur les genoux, dans des attitudes vicieuses et pénibles, eis I âge de trois à quatre mois, on fait quelques modifications dans sa loietle, une petite jupe de laine, des bas et des chaussons remplacent les langes ni ricuis. Deux ablutions par jour, rapides, générales, d’une à deux minutes, avec ce eau tiède pendant les quinze premiers jours de la vie (voy. Bains cta™si 2e section, chap. tu), puis avec l’eau froide de 10 à 15 degrés centid 1 LS LI" ',0M’ 011 n act’ive à ces lotions froides que par des transitions gra- CS’ <!S *',it avec rapidité, on essuie avec un linge doux et l’on frictionne n peu la peau pour amener une réaction qui réchauffe. Encore faut-il s’en

tiède f C i°Z *' S,?n^ntS la'^es’ et> P°nr cet âge, la règle est le lavage à l’eau dôme j ]'r\Cl\ e,,k|nl Pas être porté à l’air extérieur avant le quin-

fadou , <1(,llC désirer flue les exigences de la loi civile et de l’Église

' 'eut eu avenu des nouveau-ués soumis à la condition immédiate du

DES ACES.

[hygiène

baptême clans l’église et de la présentation à l’officier de 1 état civil pour la déclaration de naissance. Loir a plus particulièrement insisté sur 1 utilité de constater la naissance à domicile, et d’obtenir 1 ondoiement ou le baptême à domicile au moins dans les cas de naissance avant terme et dans les cas de maladies vérifiées ou évidentes qui mettent par elles-mêmes en danger les jouis du nouveau-né. Plusieurs grandes municipalités, Douai, Lille, Versailles, ont adopté la première de ces réformes^ et Trébuchct, qui fait autoiité en matière d’hygiène administrative, a donné une excellente raison de plus pour la généraliser, savoir: que la vérification du sexe se fera plus régulièrement à domicile qu’à la mairie, où l’on s’en rapporte presque toujours, à cet égard, à la déclaration des parents. Une fois que l’enfant a été soumis heureusement à l’épreuve de l’air extérieur, il convient de le faire sortir tous les jours, et, par les mauvais jours même, on profitera d’un moment favorable poui î empli! cette importante indication. Le bain d’air en été doit durer presque autant que la journée. Dans les autres saisons, trois à quatre heures au moins (voy.

2e section, cliap. 1, art. 6, § 3). L’impressionnabilité du système nerveux est extrême chez le nouveau-né; lui graduer l’impression optique et acoustique, lui épargner d’intempestives excitations, les chatouillements, les piqûies d épingle, les pressions douloureuses, etc., c’est prévenir des accidents convulsifs, dus parfois encore à la chaleur, à l’air confiné, à la rétention du méconium ou de l’urine, et dont on recherche les causes dans des états morbides sans réalité. Sur l’alimentation de cet âge, nous donnons ailleurs les détails et préceptes nécessaires (voy. Ingesta, Allaitement maternel , mixte, artificiel,

vraqe, etc.). ., , ,

L’allaitement est impossible dans les cas d’imperforation, d absence, de

brièveté, ou de longueur et de volume excessifs du mamelon ; les crevasses, gerçures, érosions, excoriations, fissures du mamelon, diverses maladies u sein, entraînent même impossibilité, au moins temporairement; car la plupart! de ces lésions, bien soignées, guérissent assez vite pour permettre ensuite 1 allaitement ; la succion directe et souvent répétée, l’application de bouts de sein, de ventouses, obvient à la brièveté des mamelons, etc. Toute suspicion d hérédité morbide (cancer, tubercule, syphilis), l’existence d’une affection desvoies digestives, une maladie chronique grave, l’altération du ait, des en dances irrésistibles vers le monde et ses plaisirs, un manque de bon voulo.r, sont autant de contre-indications à l’allaitement maternel.

Beaucoup de médecins attendent vingt-quatre à quarante-lnut heures pou.

commencer l’allaitement, donnent provisoirement à l’enfant de 1 eau sucrée

tiède qui le fait vomir, et voire même, pour chasser le méconium, des laxa tifs qui d’après Moreau, peuvent occasionner l’ictère. Ces pratiques son ‘talées et nuisibles. Si l'état de la mère le permet elle essayera d'a la.ter deux à douze 'heures après la délivrance ; les succions de entant aident à la montée du lait, modèrent le gonflement et les douleurs des seins façonnen Hamel et rendent presque nulle la lièvre de lai, (Cazeanx) ; le colostrum

privée] DES CHANGEMENTS QUI CARACTÉRISENT LES AGES.

est le seul laxatif qui convienne pour l’expulsion du méconium. Les seins ' auront été préalablement débarrassés, par une lotion d’eau tiède, des matières

, sébacées amassées dans les sillons où s’ouvrent les conduits lactifères. Au

t début, on épargne à l’enfant des tâtonnements et des efforts en lui mettant le

mamelon dans la bouche, en ayant soin de lui tenir les narines ouvertes et ! de constater si la succion et la déglutition s’effectuent réellement, ces actes

ç pouvant être entravés par un état de faiblesse congénitale, la division du voile

du palais et de la voûte palatine, la brièveté du frein de la langue, etc. Donné conseille, avec raison, de régler, dès les premiers jours, le régime de l’enfant, de lui faire faire, au sein qui l’allaite, des repas à intervalles à peu près égaux, très-rapprochés d’abord et successivement plus éloignés ; toutes les deux heures,

, le jour, trois ou quatre fois la nuit, plus lard toutes les trois heures. « Lepre-

, mier soin, dit Cazeaux, est de s’assurer qu’il a réellement besoin de teter, car

, il ne faut jamais présenter le sein dans le but unique d’apaiser ses cris, comme

le font la plupart des jeunes mères. Il ne faut pas croire, en effet, que le I cri soit toujours l’expression d’une souffrance ou d’un besoin réel, l’enfant crie comme nous parlons... Le cri de la faim s’accompagne, en général, d’une agitation assez vive des membres supérieurs , l’enfant tourne la tête à droite et à gauche, ouvre la bouche comme pour chercher le sein de la nourrice, saisit avidement le bout du doigt ou un corps quelconque souple et arrondi qu’on place entre ses lèvres, et exerce immédiatement sur lui des efforts répétés de succion. » La ration de lait est en rapport avec les besoins de la nutrition et du développement; de récentes expériences de Natalis Guillot tendent à préciser ce rapport ; suivant lui, un enfant robuste exige 1000 grammes de bon lait par jour pendant le premier mois, et plus de 2 kilogrammes ensuite ; son accroissement régulier dans la période diurne est de plus de 50 grammes : «Tous les enfants sains gagnent un poids régulier, en quelque sorte normal, tous les jours; les enfants malades perdent irrégulièrement, mais perdent tou jours jusqu’à la mort, souvent même avant que personne ait pu distinguer un état maladif (1). » La maladie, une indisposition même légère suffit pour déterminer, en quelques jours, des pertes considérables (500 grammes en cinq jours), mais qui sont rapidement compensées après le rétablissement de la santé.

Vers l’àge de sept mois, crise de la première dentition, plus ou moins aiguë et turbulente, suivant que les époques d’éruption sont séparées par des intervalles plus ou moins longs qu’on appelle époques de repos. La durée d’une période d’éruption dépend du nombre de dents qui, par leur sortie simultanée, constituent chaque groupe; elle est de huit jours en moyenne pour le premier groupe, et peut durer plus de six semaines pour le troisième. Quelquefois le travail odontogénique n’offre aucune intermittence. En général, les mauvaises conditions hygiéniques où sont placés les enfants leur préparent des

(1) Natalis Guillot, Arc/t. yéu. de méd ., novembre 1853, p, 520.

o/l DES AGES. [HYGIÈNE'.

dentitions difficiles; un bon lait, des vêtements convenables, des soins de pro-' prêté, écartent ou atténuent les troubles qui les accompagnent : la constitution et l’hérédité interviennent pour une part dans leur production, car il est certain que beaucoup d’enfants, entourés d’un luxe de soins et de précautions, n’échappent point à celte tourmente. La première règle est de combattre la tendance aux [luxions, aux liypérémies vers l’extrémité céphalique : couvrir modérément le corps, moins encore la tête ; éviter toute constriction sur le tronc, au cou ; entretenir la liberté du ventre, empêcher l’éréthisme nerveux par des bains tièdes, etc. Les hochets ont aussi leur utilité; les enfants les portent instinctivement à la bouche, les pressent contre les gencives; à défaut de ces objets plus ou moins durs (or, ivoire, cristal, racine de guimauve), ils mordillent leurs doigts. J. J. Rousseau, Gardien, Billard, prétendent que les hochets durs rendent les gencives calleuses et la sortie des dents plus difficile; Rosen, Antoine Petit, leur prêtent des propriétés contraires. Guersant reconnaît qu’ils servent à aplatir le bord tranchant des mâchoires, à seconder l’écartement des deux tables entre lesquelles se développent les alvéoles.

La seconde dentition exige moins de sollicitude de la part de l’hygiéniste, si ce n’est pour la régularité et la beauté des dents (voy. Excréta, Hygiène de la bouche). On observe rarement le gonflement inflammatoire des gencives, des aphthes, des angines, presque jamais des convulsions; Guersant a vu des accès épileptiformes coïncider avec l’éruption des premières molaires.

On trouvera plus loin ( Imminence morbide ) l’indication des états morbides qui menacent la puberté, comme les autres époques importantes de la vie. Les impulsions et les déviations du sens génésique sont le principal danger de cet âge (voy. Habitudes morbides).

L’âge de retour a, suivant nous, un caractère certain dans la décadence rapide des organes et des fonctions de la reproduction ; de là son hygiène, sans négliger les autres indications qui résultent des habitudes contractées, de l’imminence morbide (voy. chap. vi et vm). Les limites de cette période, variables suivant les individualités, sont généralement comprises entre quarante-six cl soixante ans; elle commence plus tôt pour la femme. Floureus la recule davantage; après avoir signalé, comme un complément du développement eu longueur et en grosseur, un travail intérieur, profond, qui agit dans le tissu le plus intime de nos parties et qui rend toutes ces parties plus achevées, plus fermes, les fonctions plus assurées, l’organisme entier plus complet, il ajoute : « Ce dernier travail, que j’appelle travail d’invigoration, se fait de quarante a quarante-cinq ans; et, une fois fait, il se maintient ensuite plus ou moins jusqu’à soixante-cinq ou soixante et dix ans (1). » Flourens ne peut avoir en \ ue qu’une classe de privilégiés, car il y en a dans l’ordre physiologique. A mesure que le sens génital s’émousse, les jouissances de la table augmentent; la ple-

(i) Flourens, De la longévité humaine, etc., 3“ édit. Paris, 1855, p. 52.

privée]

DES CHANGEMENTS QUI CARACTERISENT LES AGES

ihore des gourmands à cheveux gris, avec les siestes et l’inertie musculaire, amène l’obésité, l’imminence apoplectique, la goutte, la gravelle, les hémorrhoïdes, etc. La sobriété, les exercices du corps, les frictions sèches et quelques pratiques hydrothérapiques (voy. 2° section, chap. lit, art. 2, Ablutions, etc.) destinées h exciter la circulation capillaire générale, contribueront efficacement à entretenir le jeu régulier des grandes fonctions de l’économie. La faculté procréatrice se conserve plus longtemps chez l’homme que chez la femme; son déclin s’annonce par la corrugation moins prononcée du scrotum, par l’atrophie des testicules, et par la diminution de quantité, d’odeur et de consistance du sperme, qui n’offre plus au microscope qu’un petit nombre de spermatozoaires languissants, par la faiblesse et la fugacité des érections. Qu’on évite alors les stimulants artificiels; le libertinage est, pour l’homme sur le retour et pour le vieillard, une cause d’épuisement rapide. Il n’y a pas de règle absolue à leur imposer, si ce n’est celle d’une réserve strictement calculée d’après les besoins réels et l’état général, d'eux conditions dont l’une peut toujours être appréciée par les médecins et l’autre parle sujet lui-même, s’il est exempt de passions tardives et d’illusions ridicules.

Notre plan ne comportant pas une série de monographies hygiéniques, nous avons spécifié, dans chacun des chapitres qui se rapportent, soit h l’individualité, sujet de l’hygiène, soit aux divers modificateurs, le détail des prescriptions qui en découlent pour les vieillards, comme pour lés autres

âges, comme pour ies sexes, les tempéraments, etc. , et nous avons rejeté, dans la deuxième partie de ce livre (Hygiène publique), les données qui les intéressent collectivement (, enfants trouvés , crèches , salles cl’asile, refuges pou? les vieillards, etc.). La vieillesse confirmée, c’est la détérioration progressive des diverses fonctions de l’organisme, c’est l’usure plus ou moins accélérée de la force vitale, se traduisant sommairement par deux phénomènes : la prédominance du mouvement de décomposition sur le mouvement de composition interstitielle, et la vascularité décroissante des tissus par l’oblitération des vaisseaux capillaires, par les dépôts cartilagineux et osseux sous la membrane interne des artères moyennes, des gros vaisseaux et du cœur- U s’agit ici, non de perfectionner, mais de conserver; non de régulariser 1 activité fonctionnelle, mais de la prolonger. La première condition est ecaiter les causes de déchet, de surcroît dans la dépense organique, d’afïaiblisseim nt du système nerveux, toujours voisin de l’adynamie : les grands travaux de l’esprit, les fatigues du corps, les veilles, les émotions, ne sont plus de saison. S’il faut épargner au vieillard les influences excessives qui l’épuisenuent promptement, il n’importe pas moins de lui dispenser une juste mesure de stimulation, de maintenir chez lui l’énergie de l’influx nerveux par une alimentation substantielle et par l’emploi des moyens propres à favoriser la circulation. Éviter le froid, l'humidité, les variations de température, est pour lu. une impérieuse nécessité. Emphysème pulmonaire, congestions sanguines passives, hyposlases pulmonaires, catarrhes chroniques avec surabondance de

DES SEXES

[hygienf.

mucosités, pneumonie, dyspnée, asthme, œdème et gangrène du poumon, tell est le cortège des maladies qui le menacent du côté de la respiration, sans compter les morts subites observées parPrus et rattachées par lui à l'emphysème pulmonaire; presque toujours atteint de catarrhe bronchique, il doit redouter encore toutes les causes propres à faire passer cette affection au type aigu, tout ce qui peut provoquer des quintes de toux, une accélération des mouvements respiratoires, etc. Nous maintenons donc pour lui les conseils que nous avons formulés ailleurs (voy. Vêtements), et qu’un écrivain a taxes d’exagération, parce qu’il y a des vieillards ingambes, actifs, qui ne portent qu’un vêtement. Ajoutons, avec Reveillé-Parise, « qu’un vieillard peut être causeur, mais les efforts de poitrine et de parole qu exigent 1 acteur, le professeur, l’orateur, lui sont interdits; bien plus encore ceux de chanteur ». Ce spirituel et judicieux médecin, en qui nous regrettons un ami, résume en ces règles l’hygiène du vieillard : savoir être vieux, se bien connaître soi-même, disposer convenablement la vie habituelle, combattre toute maladie dès sou origine. Avec ces quatre règles et les conseils pratiques qui en découlent, « on ne vivra pas plus que sa vie, mais on vivra toute sa vie, c’est-à-dire tout ce que permet d’espérer la constitution particulière de chaque individu, combinée avec les lois générales de la constitution de l’espèce » (1).

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