‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 33 sur 181 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

DE LA CONSTITUTION

On a confondu souvent le tempérament et la constitution : la distinction de ces deux choses nous paraît capitale; et sans regarder avec Royer- Collard (1) le tempérament comme essentiellement variable, nous admettons ce qu’il dit à l’appui de cette distinction : tout homme est doué, primitivement et originellement, d’une constitution propre, distincte du tempérament proprement dit, et à l’étude de laquelle se rattache essentiellement celle de l’hérédité dans la santé et dans les maladies. La constitution peut être modifiée par le régime, mais non détruite. En un mot, la constitution est le fond de la nature individuelle; le tempérament en est la forme plus ou moins durable. Mais distinguer, ce n’est pas définir. Qu’est-ce donc que la constitution? Elle résume tous les éléments organiques, toutes les différences individuelles que nous venons d’étudier : tempérament, idiosyncrasies, âge, sexe, hérédité, habitude; elle est le produit de ces conditions fondues ensemble dans la même individualité. L’idiosyncrasie exprime la mesure d’activité et le développement d’un organe, d’un viscère, d’un appareil; le tempérament celle d’un des trois systèmes généraux. La constitution est la formule générale de l’organisation particulière de Chaque individu, et dans celte formule entrent le degré de force physique, la régularité plus ou moins parfaite avec laquelle s’accomplissent les fonctions, la somme de résistance aux causes des maladies, la proportion de vitalité, et par conséquent les chances de durée. L idiosyncrasie compare entre eux les organes; le tempérament, les systèmes généraux; la constitution, les individus. Mais la mesure d ensemble que fournit la constitution est variable d’une personne à une autre. : les constitutions ne peuvent donc être spécifiées, groupées d’après leur essence et. leurs propiiétés; elles se jugent comme beaucoup d’autres causes, par leur résultat sommaire, qui est force ou faiblesse.

La force n’est point une abstraction, une entité ontologique; elle est la résultante de toutes les actions qui s’exécutent dans l’économie. Comme la force du pouvoir social réside dans le concours de chacun de ses agents et dans l’observation des lois du pays, la force organique est dans la régularité des actes dont se compose chaque fonction, dans l’harmonie des fonctions entre elles; elle est dans la spontanéité, le concert et la stabilité de tous les mouvements par lesquels la vie se manifeste, quand l’organisation obéit aux

(1) Royer-Collard, Mémoires de l'Académie nationale de médecine. Paris, 18A3, t. X,

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