GAUCHE
Ans.
Kilogr.
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Il résulte de ce tableau que c’est vers l’âge de neuf à dix ans que l’homme commence à avoir assez de force manuelle pour pouvoir se tenir suspendu pendant quelque temps; le maximum de la force manuelle correspond à l’àge de trente ans; à soixante ans l’homme ne développe plus avec les deux mains qu’environ la force de sa quinzième année (56,0; 57,1). La femme, h aucun âge, ne paraît capable d’exercer une pression équivalente à celle de son poids, à moins qu’elle n’ait augmenté la force de s.es mains par des exercices gymnastiques. La supériorité de l’homme sur la femme est manifeste, moins dans les premiers âges que pour les individus formés; avant la puberté, le rapport est de 3 à 2; il devient ensuite de 9 à 5. L’action simultanée des deux mains produit un effet plus grand que la somme des efforts que chacune d’elles produit séparément; l’action de la main droite surpasse celle de la main gauche d’un sixième environ.
Les recherches de Régnier et Rançonnet fixeraient la force moyenne de I homme à ft6kll,3, et 50 kilogrammes, ce qui n’équivaut point â son poids;
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si cette mesure était exacte, l’homme serait incapable de se porter par le seul ' J effet de la pression qu’il peut exercer avec les mains ; l’expérience est contraire à ce résultat. La valeur assignée par Pérou à la force manuelle, 69kil,2, paraît se rapprocher davantage de la véritable, car celle qu’a trouvée Ouetelet pour l’homme adulte est de 89 kilogrammes et surpasse de 19 kilogrammes environ le poids d’un homme habillé (1).
2° Énergie respiratoire . — Chez l'homme, la quantité d’acide carbonique exhalé par le poumon va toujours croissant depuis l’âge de huit ans jusqu’à l’âge de trente ans ; de trente à quarante ans, elle reste stationnaire ou tend déjà à diminuer un peu ; de quarante à cinquante ans, cette tendance à la diminution se prononce encore davantage ; enfin, de cinquante ans à l’extrême vieillesse, l’exhalation de l’acide carbonique diminue de plus en plus, de telle sorte que chez les vieillards parvenus à l’extrême limite de la vie, elle revient à peu près à ce qu’elle était chez des enfants de dix ans (Andral et Gavarret), Voici les chiffres représentatifs du carbone contenu dans l’acide carbonique exhalé en une heure par le poumon de l’homme aux différents âges : un enfant mâle de huit ans a brûlé en une heure 5 grammes de carbone ; ce chiffre s’est élevé par degrés intermédiaires à 8gr,7 chez Un jeune garçon de quinze ans. Après l’âge de quinze ans, la quantité de carbone brûlé en une heure croît de la manière suivante : à seize ans, lOgr,8; de dix-huit à vingt ans, llgr)ûj entre vingt et trente ans, 12gr,2, proportion qui se maintient à peu près de trente à quarante ans. De quarante à soixante ans, le carbone brûlé en une heure n’est plus que de 10gr,l; il est de 9gr,2 pour la période de soixante à quatre-vingts ans ; un vieillard de cent deux ans u’a brûlé par une respiration d’une heure que 5gr,9, environ 1 gramme de plus que l’enfant de huit ans.
La respiration féminine présente des différences remarquables; la quantité d’acide carbonique qui s’échappe des poumons augmente, il est vrai, comme chez l'homme, depuis l’âge de huit ans jusqu’à l’apparition de la puberté; mais elle reste toujours moindre que Chez l’homme. La puberté est signalée par Un phénomène inverse : dès que la menstruation s’établit, la quantité d’acide carbonique cesse de s’accroître, tandis qu’elle augmente considérablement chez l’homme, à partir de la virilité. Depuis la première menstruation jusqu’à la suppression définitive de cette fonction (âge de retour), les femmes les plus saines et les mieux constituées ne consomment eii carbone, par l’acide carbonique qu’elles dégagent en une heure, que 6gr,A, absolument comme les enfants du même Sexe : l’homme qui consommait. 7gr,A, avant sa quinzième année, élève cette moyenne à llgr,3 entre quinze et quarante ans. Vienne le moment de la ménopause, et l’excrétion d’acide carbonique va augmenter : chez les femmes de trente-huit à quarante-neuf ans qui avaient cessé d’être réglées, la quantité de carbone brûlé en une heure s’est élevée de 6 gr,â à 8gl ,A. La suppression accidentelle des menstrues donne lieu au même phéuo-
(1) Sur le travail utile de l’homme, voy. t. II, chap. vi, p. 340 et suiv.
privée] RAPPORTS DE LA FORCE AVEC L’AGE ET LE SEXE.
mèhe. ct à quelque époque que l’on considère chez la femme la respiration et h menstruation, on constate le balancement de ces deux résultats fonctionnels : menstrues supprimées ou diminuées, plus de carbone consommé dans l’acte de la respiration ; menstrues en activité ou rétablies) moins d acide caibonique exhalé par les poumons. Avec le progrès de l'Age* celte exhalation rentre dans les limites d’une loi commune aux deux sexes; augmentée par la cessation des règles entre trente-huit et quarante-neuf ans, elle diminue de nouveau, chez la femme, entre cinquante et soixante-neuf ans (7er,3); elle n’est plus que de 68' , 8 de soixante à quatre-vingts ans, chiffre toutefois encore supérieur à celui qu’ont fourni des femmes bien menstruées de vingt-cinq ans; enfin une femme de quatre-vingt-deux ans a donné 61 * * * * 6' , 0 de carbone, chiffre à peu près égal à celui qu’a offert le vieillard de cent deux ans observé par Andral et Gavarret.
Tous ces résultats ont été obtenus par l’analyse chimique, aidée des moyens et des précautions les plus exactes, dans les circonstances les plus semblables possibles, chez des sujets bien portants, au mèmè moment de la journée* entre une et deux heures, à un même intervalle des repas, et dans des conditions aussi identiques que possible d'alimentation* de dépense musculaire et d’état moral (1).
Quant à l’influence de l’âge sur la capacité respiratoire vitale, elle ressort dans le tableau suivant que Hecht a établi d’après 1775 observations spirométriques du docteur Hutchinson :
CAPACITÉ RESPIRATOIRE VITALE
âge Décilitres.
Dé 16 à 25 ans. i j * . i 3G,0
De 25 à 35 ans. 36,5
De 35 à 45 ans 33,5
De 45 à 55 ans 31,5
De 55 à 65 ans. >. , . 29,5
Hutchinson n’aÿalit pas expérimenté sur des enfants, W Ulrich a suppléé a celle lacune ; voici les résultats qu’il a obtenus :
1° Le maximum de la capacité respiratoire vitale s’observe entre 20 et AO ans.
2" Dans les deux sexes, à partir de l’âge de 6 ans, la capacité respiratoire vitale croît d’tine manière régulièrement proportionnelle; de 6 à lfi ans, elle augmente moins Capidemenl que chez l’adulte.
(1) Us différent de ceux de Scharling* dont le procédé est défectueux; ceux que Dumas a obtenus sur lui-môme se rapprochent des chiffres donnés en 1 790 par Lavoisier
et Séguin. Les expériences failes, soit par la méthode directe de Lavoisier, soit par la
méthode indirecte de Boussingaull, conduisent Longet à cette conclusion que, dans lo
travail ordinaire de l’appareil respiratoire, l’homme adulte, vers l’âge do trente ans, à jeun et au repos, expire dans une heure 15 à 20 litres d’acide carbonique, corres-
pondant à des poids de 29^670 à 39sr,560, représentant une consommation de carbone
de 8t'r,Q50 à 10Br,789.
DE LA CONSTITUTION. [hygiène
3 Entre 50 a 60 ans, elle subit une diminution notable, plus encore chez' les hommes que chez les femmes.
On devait prévoir que celles-ci développeraient au spiromètre moins de pouvoir respirateur que les hommes. Winlrich, après avoir soumis à cette épreuve 500 femmes bien portantes, a trouvé que, toutes circonstances égales, la moyenne de leur capacité respiratoire vitale était d’environ 1 décilitre plus faible que celle de l’homme. Hecht a trouvé une différence plus forte encore entre les deux sexes (ô6?i. observations). C’est à partir de l’àge de \h ans que cette différence commence à se prononcer.
Les données fournies par l’examen de la quantité et du degré d’altération de l’air expiré concordent avec les conséquences déduites des observations dynamométriques, et ne laissent aucun doute sur la relation immédiate qui existe entre la force musculaire et l’énergie de la respiration : l’une et l’autre ont leur maximum à trente ans ; l’une et l’autre présentent à peu près les mêmes proportions dans les deux âges extrêmes de la vie ; l’une et l’autre sont d’une infériorité notable chez la femme; cette infériorité se prononce surtout à partir de la puberté. Ces deux ordres de fails, étroitement enchaînés dans leur production et dans leurs conséquences, doivent intervenir pour la solution du problème de la force constitutionnelle.
§ 4. — Iles rapports «lo la force avec l'hérédité.
Ce rapport est réel et profond. L’influence de l’hérédité sur la constitution est immense, absolue. L’être nouveau, l’homme de génie ou l’idiot, l’athlète ou le rachitique que voilà dans ses premiers langes, qu’est-il? Le produit de deux parties vivantes qui se sont séparées de deux organisations vivantes ; il en répétera les traits, les conditions intimes, les dispositions morbides. La constitution des enfants est donc la honte ou l’honneur de la lignée ascendante ; c’est la révélation des causes qui ont agi sur les familles. Misère ou maladie, excès ou passions, régime ou climat, quelles qu’elles soient, elles pèsent sur les générations ; moins indulgente ou moins juste que la société qui ne punit point dans les fds les méfaits du père, la nature prolonge du père au fils, de l’aïeul au petit-fils, les effets d’une solidarité vengeresse : la race des héros s’altère par la corruption des mœurs ; les races flétries se relèvent par l’observance des lois de la santé et de la vertu : précieuse latitude laissée à notre organisation et qui fait à la liberté humaine son rôle parmi les fatalités de chair et de sang.
Être né de parents sains et forts, c’est avoir bonne chance de longévité ; l’énergie de la constitution est le meilleur bouclier contre l’atteinte des causes destructives : or elle se transmet héréditairement ; c’est donc à la famille qu’il faut rapporter la longévité, comme à sa source primordiale. Rush (1) n’a pas connu d’octogénaire dont la famille n’offrît plusieurs exemples de vieillesse
(1) Rush, in Samm/ung auserlesencr Abhandlungen. Leipzig, t. XVII, p. 110.