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PRIVÉE] RAPPORTS DE L’IMMINENCE MORBIDE AVEC LES AGES

l’exagération anatomique ou physiologique de 1 un des systèmes généraux, l’idiosyncrasie peut dépendre de la faiblesse relative d’un viscère, d'un appareil d’organes. Ce qui rend un organe vulnérable aux influences morbifères, c’est tantôt l’excès de son activité, tantôt son inertie ; robuste, capable d’une résistance prolongée, presque toujours il est exercé jusqu’à l’abus qui engendre la maladie; délicat par je ne sais quelles nuances de sa texture, et d’une mobilité plus grande, il se fatigue plus vite, réagit moins énergiquement, et s’altère par l’action de faibles causes ; en un mot, les mêmes différences que nous avons signalées entre la force individuelle des organisations se répètent entre la force relative des organes et des viscères du même individu : de là double pente à l’état morbide par ce que l’on peut appeler les idiosyncrasies actives et les idiosyncrasies passives.

Si le tempérament est un pas vers la maladie, l’idiosyncrasie en est la halte; elle commande, elle détermine en effet le siège de la maladie comme le tempérament lui imprime son allure et sa forme ; c’est vers l’organe prépondérant par sa vitalité ou désarmé par sa faiblesse relative que convergent les mouvements organiques dans l’état de santé comme dans l’état de maladie. Celte proposition a presque la valeur d’une loi que vérifie l’observation quotidienne. Supposons que trois individus appartenant aux trois tempéraments que nous avons admis, mais doués de l’idiosyncrasie pulmonaire, subissent l’action prolongée d’une cause morbifique, telle que le froid humide : le sanguin sera frappé de pleuro-pneumonie, le lymphatique de catarrhe bronchique, le nerveux éprouvera un accès d’asthme. Trois femmes à idiosyncrasie génitale, soumises à la même stimulation, présenteront, chacune suivant son tempérament sanguin, lymphatique ou nerveux, des accidents de métrite, de leucorrhée ou d’hystérie. Diversifiez l’idiosvncrasie sous l’empire du même tempérament, et vous verrez une forte émotion ressentie par trois personnes à la fois produire, chez l’une un ictère, chez l’autre des palpitations, chez la troisième une diarrhée. Le rôle que jouent les idiosyncrasies dans la production des maladies est si constant, si décisif, que Chomel ( loc . cit.), qui a émis une théorie assez vague des prédispositions, a proposé d’appeler celles-ci des idiosyncrasies morbifiques ; ce qui équivaudrait à qualifier le tempérament sanguin de tempérament morbifique , parce qu’il favorise plus particulièrement le développement des affections inflammatoires.

ü *• — ,ïes rapports «le riiiunincncc morbide avec les Ages.

Chaque âge a ses conditions anatomiques et physiologiques : il doit donc avoir ses maladies; ce qui implique une spécialité relative de l’hygiène et de la thérapeutique. Les modifications que subissent les tempéraments aux difféi entes époques de la vie, le déclassement des idiosyncrasies par les vicissitudes de 1 accroissement et du décroissement des organes, expliquent déjà pourquoi

âge est tour à tour cause prédisposante ou cause efficiente de maladie. L’âge

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modifie la marche et la phénoménalité de certaines affections; il en est d’autres ■ qu’il empêche par un véritable antagonisme; enfin, des affections plus ou moins graves se développent exclusivement à certaines époques de la vie, ou ne peuvent se produire alors que sous une forme déterminée : aussi les a-t-on appelées maladies des figes. L’influence de l’âge se résume donc en ceci : préparer, déterminer, modifier ou bien empêcher le développement d’une maladie (1).

I. Age fœtal et naissance. — Nous avons signalé (page 120) la solidarité qui existe entre la mère et l’enfant ; s’il est des déviations organiques et des maladies congénitales qui, inconnues dans leurs origines, échappent à nos moyens prophylactiques (hydrocéphale, hvdrorachis, hernies, encéphalocèles, ichlhyose), d’autres peuvent être éludées, prévenues. Les violences extérieures ont occasionné chez le fœtus des fractures, des luxations ; les excès de régime, les abus alcooliques, commis pendant la grossesse, ne paraissent pas étrangers à la production de gastrites, de ramollissements gélatineux de la muqueuse stomacale chez quelques nouveau-nés. Vogel, Guersant et Blache ont rencontré la rougeole, la scarlatine, chez des nouveau-nés dont les mères avaient contracté ces affections peu de jours avant l’accouchement. La variole congénitale, niée par Cotugno et par Serres, n’est plus à démontrer. Husson, Clark, Valleix et Fleury ont observé la tuberculose congénitale. La femme enceinte évitera donc et les influences pathogéniques qui peuvent compromettre, troubler ou frapper d’irrégularité le développement du fœtus, et celles qui peuvent l’associer avec sa mère à un état morbide, propre au moins 'a diminuer sa force et sa santé. Le choléra, la variole, la fièvre typhoïde, la syphilis, sont plus à redouter. Les fièvres éruptives peuvent épargner la mère et atteindre le fœtus; au moins, sous l’empire de certaines constitutions médicales, des mères saines ont mis des enfants au monde qui avaient la rougeole, la variole ou la scarlatine.

La viabilité du nouveau-né est d’autant mieux assurée que l’accouchement est plus rapproché du terme naturel, si l’accouchement est long et pénible ; les pressions exercées par les parties osseuses du bassin, ou par les branches du forceps, peuvent occasionner un céphalématome épicranien ou sus-péricrânien (P. Dubois), une hémiplégie faciale (Vernois, P. Dubois, Landouzy), une paralysie du deltoïde (Daguemier), l’asphyxie ou l’apoplexie, une fracture du crâne. Une mère infectée de blennorrhagie ou de chancres vénériens donne au passage une ophthalmie purulente à son enfant. Mentionnons encore l’enroulement du cordon ombilical autour du cou, et par suite de la ligature et de la chute de ce cordon, la phlébite ombilicale, l’inflammation des artères hypogastriques (Hodgson), un érysipèle, un phlegmon des pafois abdominales, des hémorrhagies. N’omettons pas l’ictère normal des premiers jours, bien étudié par Hervicux. C’est de la naissance au cinquième jour

(1) üendrin, De J' influence des âges, thèse de concours, p. 9.

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(Auvity), et jusqu'au douzième jour (Gardien), que se développe le sclérème, quelquefois lié à une lésion des reins, le plus souvent dû à l’impression des agents atmosphériques, car il est deux fois plus fréquent en automne et en hiver qu’en été, et empruntant ses caractères à ces deux conditions simultanées de la peau, hypérémie physiologique et infiltration séreuse.

II. Enfance. — L’injection très-prononcée des tissus membraneux chez

Iles enfants facilite les hémorrhagies; celles de l’intestin grêle et même de toute la muqueuse digestive affectent les nouveau-nés; ce n est guère que chez les enfants qu’on observe l’apoplexie méningienne dans laquelle le sang est épanché à la face du cerveau, dans les mailles de la pie-mère ou à l’extrémité inférieure cl; postérieure du rachis; les hémorrhoïdes ne surviennent à cet âge que sous l’influence de l’hérédité. Toutefois les hémorrhagies primitives ou secondaires aiguës sont rares chez les très-jeunes enfants; les premières, plus fréquentes à l’nge de dix à quatorze ans, paraissent se lier aux approches de la puberté et s’observent surtout chez les filles. Les hémorrhagies cachectiques et chroniques sont beaucoup plus fréquentes à l’âge d’un à cinq ans (1). C’est aussi presque exclusivement dans l’enfance qu’on observe la forme d’hémorrhagie appelée constitutionnelle, et qui dépend de l’hérédité. Sur 65 cas de cette maladie, on l’a notée û6 fois dans la première année. Grandidier a compté 88 cas de mort à la suite d’hémorrhagies ombilicales chez des enfants issus de familles où règne l’hémophilie (2). Les lésions de sécrétion se lient encore chez l’enfant à l’activité de la circulation capillaire dans les téguments et à la turgescence des cryptes mucipares du tégument interne et des cryptes sébacés de la peau : de là l’ichlhyose des nouveau-nés, produit d’une sécrétion épidermique anormale qui s’opère en même temps que la desquamation du premier épiderme; de là les concrétions de matière brunâtre et comme adipocireuse sur le front et les tempes du nouveau-né; les diarrhées muqueuses qui accompagnent la première dentition, et qu’il ne faut pas confondre avec les diarrhées lientériques produites avant la dentition, par la disproportion de la nourriture avec l’état des organes digestifs. L’inültration séreuse du tissu cellulaire, notée par Riiliet et Barthez chez plus du huitième de leurs malades, se montre plus souvent entre deux et cinq ans qu’au delà de six ans. L’hydrocéphalie, presque toujours consécutive, est aussi plus rare après l’âge de six ans ; liée souvent à l’anasarque, aux fièvres éruptives, à la néphrite, etc. , elle est plus souvent encore l’une des conséquences de l’infiltration tuberculeuse du tissu sous-arachnoïdien. L’hydropélitonie, primitive et secondaire, atteint plutôt les garçons que les filles, et postérieurement à I âge de six ans; la forme primitive, comme l’ascite secondaire aiguë, affecte de préférence les enfants loris et bien constitués, tandis

(I) Riiliet et liarthcz, Traité des maladies des enfants, etc., t. II, p. 7.

(-) I>. Schnepf, Recherches, historiques sur l'hémophilie (Gazette médicale de Paris, novembre 1855).

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que la forme chronique ou cachectique appartient aux enfants débilités. 1 L’œdème du poumon est une des hvdropisies les plus fréquentes de l’enfance; mais presque toujours terminal et à symptômes obscurs, il se rattache à la pneumonie lobaire ou lobulaire, à la gangrène du poumon, au croup, à l’entéro-colite, surtout à l’albuminurie et aux fièvres éruptives, la scarlatine en tête; à l’état chronique, c’est la tuberculisation qui coïncide le plus souvent avec l’œdème pulmonaire.

L’incontinence des urines, si fréquente dans le premier âge, provient de ce que la vessie se contracte instinctivement par l’impression stimulante du liquide qu’elle contient; plus tard ce viscère subit l’influence cérébrale; mais sitôt que l’action du cerveau sur les organes contractiles est interrompue par le sommeil, l’incontinence se reproduit jusqu’à ce que les rapports du système nerveux cérébro-spinal et du système musculaire soient bien consolidés. La fréquence des mictions ne permet pas à l’urine de s’accumuler dans le réservoir et de former un courant assez fort pour entraîner les concrétions naissantes ou descendues des reins; le petit diamètre de l’urèthre gêne d’ailleurs l’élimination de ces dépôts ; retenus dans la vessie, ils augmentent par l’accumulation des matières salines de l’urine, accumulation qui s’opère d’autant plus facilement que, suivant l’observation de Prout, de un ou deux ans à sept, l’urine a une grande tendance à laisser précipiter les sédiments. La composition des urines influe nécessairement sur la production des calculs aux différents âges ; aussi sont-ils rares pendant la première année, où les urines sont principalement aqueuses. Civiale a reconnu que la moitié des calculeux est impubère, et l’autre moitié âgée de quarante ans et plus.

La délicatesse des tissus tégumentaires, la richesse de leurs réseaux capillaires, l’activité de la circulation sanguine, l’irritabilité générale, placent les enfants sous l’imminence des phlegmasies internes et externes : aux enfants les plus jeunes, les plus délicats, aux filles, les phlegmasies à formes cachectiques et chroniques; aux plus âgés, aux robustes, aux garçons, les inflammations aiguës et franches. Inutile de rappeler celles qui se développent à leur peau, soit par l’effet des circonstances extérieures, soit par l’extension des irritations des muqueuses (érythèmes de la face, de l’anus, des fesses, lichen, porrigo, etc.) Jusqu’à la deuxième dentition, les inflammations des organes digestifs sont les maladies les plus ordinaires de l’enfance, qu’elles soient idiopathiques ou le résultat d’une complication ; celle de l’œsophage paraît propre aux enfants (Billiard) comme affection spontanée, et se rattache à la vascularité physiologiquement exagérée de ce conduit. Les stomatites, avec turgescence gingivale, les stomatites aphtheuses simples, les coryzas si fréquents chez les nouveau-nés, sont les préludes ou les accompagnements de la première dentition, et coïncident avec l’évolution des dents, des os maxillaires, des glandes salivaires et des voies nasales : ce sont autant de maladies à surveiller plutôt qu’à traiter, car elles résultent de l’exaltation passagère d’actes physiologiques. — Un groupe spécial de maladies domine dans l’enfance, sans

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lui appartenir exclusivement : ce sont celles qui donnent lieu !i la formation de pseudo-membranes et dont les plus fréquentes sont le croup et l’angine couenneuse; elles sont rares chez les adultes et s’observent exceptionnellement chez les vieillards, -comme si elles trouvaient une des conditions les plus favorables à leur production dans la plasticité des fluides et dans la richesse des systèmes capillaires sanguins des enfants. Rilliet, Barthez et Blache ont noté, chez la plupart des enfants atteints de croup, la fermeté des chairs et la force de la constitution ; c’est à l’âge de deux à sept ans que cette maladie se développe le plus fréquemment; le muguet survient entre cinq et dix ans, comme épiphénomène des fièvres éruptives, de la fièvre typhoïde, des entéro-colites, etc., plus qu’à titre idiopathique; il attaque surtout les 1 enfants mal soignés et affaiblis. Ceux-ci payent un ample tribut aux inflammations de l’appareil respiratoire; ils sont sujets à des trachéo-bronchiles, promptement fatales par l’engouement des bronches que l’expecloralion 11e vide point; les pneumonies les frappent à la mamelle; plus dangereuses encore par la dissémination de la phlogose (pneumonies lobulaires), elles sont fréquentes depuis la première dentition jusqu’à la puberté. Valleix (1) a recueilli luimême quatorze observations de pneumonie présentées par des enfants presque naissants; l’âge de un à cinq ans y prédispose efficacement : sur 245- petits pneumoniques, 172 n’avaient pas dépassé l’âge de cinq ans, et 73 étaient âgés de plus de cinq ans. Chez les enfants de moins de cinq ans, Gerhardt et Rufz avaient nié l’existence de la pneumonie idiopathique; sur les 245 malades précités, Barthez et Rilliet ont constaté vingt-quatre fois cette forme de i la pneumonie, avant l’âge de cinq ans, et dans ces conditions elle se termine presque toujours par la guérison. La bronchite est d’autant plus rare que les enfants sont plus jeunes : sur 115 atteints de cette affection, 37 avaient de un à cinq ans; 78 de six à quinze ans. La coqueluche, si fréquemment associée à la bronchite, se montre surtout de un à sept ans; sur 130 cas observés par Blache, 106 appartenaient à cette période. On a cru que la néphrite n’existait guère chez les enfants que liée à l’état calculeux; les recherches récentes I ont montrée assez fréquente, surtout avec albuminurie, et sous la dépendance de fièvres éruptives, intermittentes, typhoïdes, de l’affection tuberculeuse. Les organes génito-urinaires s’enflamment rarement; nous avons déjà signalé la vaginite qui survient parfois chez les petites lilles entre deux dentitions. 11 arrive quelquefois que l’inflammation oblitératrice de la veine ombilicale outre-passe ses limites et s’étend à la veine porte, connue ferait une phlébite ordinaire : Breschet et Villermé, en faisant des recherches sur les cadavres de nouveau-nés, ont trouvé sur plusieurs, dont l’ombilic n’était point cicatrisé, la 1 veine ombilicale manifestement enflammée, rouge, épaissie dans ses parois et contenant du pus (2). Quant aux méningites et aux encéphalites, qui sont fré-

(1) Valleix, Clinique des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1838, p. h 2.

(2) « La première enfance est sujette aux insomnies, aux aphthes, aux vomissements,

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quentes dans l’enfance, elles dépendent des mêmes conditions physiologiques1 ( que les hydrocéphales aiguës et les apoplexies méningiennes. Les inflammations exanthématiques, excepté les contagieuses, se montrent rarement avant la première dentition.

Les affections d’origine miasmatique sont à redouter pour les enfants, en i raison de l’activité de leur absorption et de la perméabilité de leurs tissus ; on sait la remarque faite par Villermé (1), que les enfants au-dessous de dix ans- i meurent en plus grand nombre, dans les contrées marécageuses, à l’époque de i l’année où l’évaporation des eaux stagnantes a son maximum d’intensité. Le grand nombre d’enfants atteints de fièvre typhoïde, que reçoit habituellement j l’hôpital des Enfants malades de Paris, confirme aussi sur ce point l’induction physiologique. Rare dans les premières années de la vie, moins rare entre | cinq et huit ans, la fièvre typhoïde sévit avec le plus de fréquence sur les • ! enfants de neuf à quatorze ans. Abercrombie l’a observée chez des enfants de . six à sept mois; Marc d’Espiue, chez un enfant de sept mois; Charcellay, chez : \ des nouveau-nés.

Nous avons vu combien l’enfant est accessible aux impressions du dehors; l transmises au cerveau, elles déterminent facilement une excitation trop vive ' qui donne lieu aux mouvements convulsifs : c’est à cette susceptibilité extrême i du système nerveux qu’il faut rapporter les accidents convulsifs que font naître par réflectivité la dentition, la présence de vers dans le tube digestif, le prurigo de l’eczéma, etc. « Vers la dentition viennent le prurit et l’irritation des gencives, les fièvres, les convulsions, les diarrhées, surtout à la sortie des dents canines et chez les enfants qui ont beaucoup d’embonpoint et une constipation opiniâtre (2). » La chorée, qui consiste dans la discordance d’action entre le système nerveux et le système musculaire, et qui se caractérise par la rapidité extrême, le manque de précision et de fixité dans les mouvements, la chorée est une maladie plus familière à l’enfance qu’à tout autre âge; mais elle n est ni rare, ni très-commune, car sur 32 976 malades admis à l’hôpital des Enfants pendant dix ans, 189 seulement étaient affectés de chorée, = 1 sur 377 (Rufz).

G. Sée a fait ressortir la liaison de la chorée avec le rhumatisme articulaire (3), et Henri Roger celle qu’elle a, non-seulement avec le vice rhumatismal, mais avec les inflammations de la membrane interne et externe du cœur (chorée cardiaque) (ô). L’épilepsie a été appelée mal des enfants ; on l’a vue se développer dès les premiers jours et dans les premiers mois de la vie : « Vel primo

» aux toux, aux inflammations ombilicales, aux suintements des oreilles. » (Hippocrate; Aphorismes , 24, sect. m.)

(1) Villermé, De l’influence des marais sur la vie (Annales d'hygiène publique el de médecine légale, t. XL, p. 345, lro série. Paris, 1834).

(2) Hippocrate, Aphorismes, 25, sect. ni.

v (3) Germain Sée, De la chorée, rapports du rhumatisme et des maladies du cœur avec les affections nerveuses ( Mémoires de l'Académie de méd., t. XV).

(4) Henri Roger, Archives gèn. de méd., 18G8.

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merise adgreditur... vel circa dentitionis tempus a septimo ad decimum ■mensem (1)...» Cependant c’est surtout vers la puberté qu’elle se développe. Les convulsions primitives et sympathiques se manifestent d’habitude avant l’àge de sept ans; les convulsions symptomatiques, quoique plus fréquentes à la meme période de la vie, ne sont pas rares entre six et quinze ans.

La cachexie scrofuleuse est due à uuc modification inconnue du sang, source commune des dépôts morbides multiples qui s’opèrent sur des organes éloignés les uns des autres, et qui n’ont guère de liaisons sympathiques; elle a pour expressions locales la tuméfaction inflammatoire des ganglions lymphatiques, l’inflammation chronique des muqueuses oculaires, palpébrales, nasales, des arlhropathics, la carie des os courts, etc. Le système lymphaticoconnectif est le siège de prédilection des manifestations scrofuleuses auxquelles il donne lieu, et comme il a une prépondérance marquée dans l’enfance, on comprend la fréquence des scrofules à cet âge : sur 537 scrofuleux, 210 sont compris entre un et dix ans. Scrofules et tubercules présentent sous ce rapport une grande divergence : ceux-ci sont beaucoup plus fréquents entre vingt et quarante-cinq ans qu’avant vingt ans; celles-là augmentent de fréquence jusqu’à l’âge de quinze ans, se montrent encore chez beaucoup d’individus entre quinze et vingt ans, deviennent plus rares entre vingt et trente ans, et disparaissent à peu près à mesure que l’homme avance vers la vieillesse. Nous empruntonsà Lebert (2) le tableau suivant, plein d’intérêt pour l’hygiène :

Age.

Tuberculeux pour 1000.

Scrofuleux pour

50 à GO

On a noté depuis longtemps la fréquence plus grande des tubercules dans les centres nerveux, dans les ganglions bronchiques et dans les glandes mésentériques (carreau), chez 1 enfant que chez l’adulte. Toutefois nous rencontrons souvent ces deux dernières localisations de la maladie tuberculeuse chez nos jeunes soldats, et c est à tort que Gendrin considère comme une exception la tuberculisation des ganglions abdominaux après la puberté {lac. cil. , p. 58). La méningite tuberculeuse appartient encore à l’enfance, en raison de la pré-

(1) Sydenham, op. cit., p. (J20.

(-) Lebert, Tiaité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeuses. Paris, 1849,

DE L’IMMINENCE MORBIDE. [hïgièke

dominance encéphalique, si prononcée à cet âge. Enfin, c’est à cette même

in-

époque de la vie que le rachitisme se développe fréquemment sous fluence d’une alimentation trop forte ou insuffisante, par la direction vicieuse de la plasticité.

III. Puberté, âge adulte. — L’épistaxis est l’hémorrhagie des muqueuses dans l’adolescence et dans l’âge mûr. Chez les femmes, les hémorrhagies utérines s’observent à l’époque où la menstruation s’établit, et pendant la période d’existence de cette fonction; rares avant la puberté et après la ménopause, elles sont de source incertaine dans le premier cas, et presque toujours le symptôme d’une lésion matérielle dans le second, témoignant ainsi de l’influence de l’âge sur la vitalité et le développement des organes. Entre trente et trente-cinq ans s’opèrent des congestions vers le rectum, cause productrice des hémorrhoïdes dont les attaques, comme on dit, se répéteront plus ou moins fréquentes, avec ou sans effusion sanguine, jusque vers cinquante à soixante ans.

Parmi les lésions de sécrétion, il en est qui résultent en partie de causes spéciales, en partie des conditions physiologiques de l’âge : on ne saurait mer qu’une mastication incomplète, une sorte d’état saburral habituel qui se manifeste par les vomissements, les diarrhées, les coliques, favorisent chez 1 enfant la production des vers lombrics que l’on observe surtout vers la deuxième dentition. Les ascarides sont plus communs chez les adolescents et les adultes; le ténia dans l’âge moyen, à moins qu’il ne soit endémique, comme à Batna (province de Constantine).

Les inflammations cutanées, aiguës et chroniques, ne font point défaut aux jeunes gens et aux adultes; nous les observons en grand nombre dans les hôpitaux militaires qui reçoivent en majeure partie des malades de vingt à trente-cinq ans; quoique leur muqueuse digestive n’offre plus la vascularité exubérante de l’âge précédent, ils sont exposés singulièrement aux inflammations gastro-intestinales et à celles des organes annexes de la digestion. La proportion de ces malades est énorme dans l’armée, et quand on pratique sur le théâtre où Broussais a recueilli les matériaux de ses généralisations, on s étonne moins de la prépondérance pathogénique qu’il a conférée 'a la gastro-entérite. Vers la puberté, le larynx achève de se développer, et c’est à partir de cette époque que s’établit une aptitude particulière aux irritations de cet organe. Presque tous les faits consignés par Trousseau et Belloc (1) portent sur des hommes de trente à quarante-cinq ans. Les phlegmasies des bronches, des poumons et des plèvres occupent une plus grande place dans la pathologie de la jeunesse eL de l’âge mûr; il résulte d’un grand nombre de faits relevés par Barth et Grisolle (2) que la pneumonie, assez commune dans la jeunesse,

(1) Trousseau et Belloc, Traité de la phthisie laryngée. Paris, 1837, in-8 avec planches.

(2) Grisolle, Traité de la pneumonie, 2e édition, Paris, 1864, in-8.

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atteint son maximum de fréquence dans la période de vingt h trente ans ; toutefois, en tenant compte du chiffre de la population aux mêmes époques de la vie, on trouve que la pneumonie, loin d’être rare chez les vieillards, est encore chez eux l’affection aiguë la plus commune et la plus meurtrière (1). L’évolution sexuelle, la gestation, l’accouchement, la lactation, etc., suscitent à la femme l’imminence des affections inflammatoires de l’appareil génital.

Tous les observateurs s’accordent à fixer l’opportunité de la fièvre typhoïde entre vingt et trente ans; Forget confirme ce résultat (2). L’histoire médicale de nos armées montre aussi que l’âge adulte est éminemment apte à l’absorption des miasmes paludiques, cause la plus générale de la production des fièvres intermittentes.

Les névroses appartiennent aux âges d’accroissement et d’état (hystérie, épilepsie, hypochondrie, manie, etc.).

La chlorose est liée, dans son développement, aux conditions physiologiques qui préparent la révolution de la puberté, et se prolonge par l’insuffisance delà réparation organique, non àcausede l’imperfection de la menstruation qui n’est, qu’un reflet de la condition générale de l’organisme. La cachexie scrofuleuse retarde l’apparition des premières règles; la plupart des jeunes filles qui la présentent ne sont réglées que vers leur seizième année. La disposition scrofuleuse est souvent atténuée, corrigée par la puberté, qui a pour effet de condenser les tissus, de réduire l’activité des élaborations blanches ; en général, l’évolution des organes sexuels et leur entrée en exercice sont suivies d’heu reux changements, et déterminent, d’après l’ingénieuse idée de Bordeu, la crise de l’enfance et de ses infirmités (3).

Quant aux tubercules, ils sont très-communs de dix-huit à quarante ans ; des recherches publiées sur ce sujet, il résulte que l’homme après la puberté est surtout exposé aux tubercules depuis l’âge de vingt et un ans jusqu’à celui de vingt-huit; la femme y paraît plus exposée avant l’âge de vingt ans. Passé la puberté, les tubercules se montrent presque exclusivement dans les poumons. Briquet (U) a trouvé que les trois cinquièmes des phlhisies se développent entre trente et trente-cinq ans, et que la plus grande partie des deux autres cinquièmes se manifestent de trente-cinq à cinquante ans : c’est donc durant la période décennale de vingt-cinq à trente-cinq ans que les sujets qui craignent pour leur poitrine doivent prendre le plus de précaution.

" Après cet âge (la jeunesse), viennent les asthmes, les pleurésies, les péripneumonies, les léthargies, les phrénésies, les fièvres ardentes, les diarrhées

(1) Chomel, Dictionnaire de médecine , 2e édition, t. XXV, p. 161.

(2) Forget, Traité de l'entérite folliculeuse. Paris, 1841, p. 450.

(3) « Multa morborum généra primo coïtu solvuntur, primoque feminarum mense ; » aut si non id contingat, longinqua fiunt maximeque comitiales. » (Pline, Historia naturalis , lib. XXVil|( cap. iv.)

(4) Briquet, Revue médicale, février 1842.

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chroniques, les choléras, les dysenteries, les lienteries, les hémorrhoïdes (1). « 1

IV. A r/e de retour. — Les accidents pléthoriques marquent la transition de la maturité h la ménopause; les hémorrhagies, phénomène fréquent de cette dernière phase, ont divers caractères : déplétives, elles rappellent celles qui dénoncent chez la jeune fille les premiers efforts du travail ovarien; symptomatiques, elles révèlent l’existence de lésions organiques (polypes, tumeurs fibreuses, dégénérescences, etc.) et ne se lient pas à la décadence i naturelle de la fonction ; d’autres fois la femme, bien que devenue impropre à la reproduction, conserve l’habitude de l’exhalation sanguine de l’utérus, et ces pertes, par leur répétition, la conduisent à ce qu’on a appelé la chlorose i ménorrhagique (Trousseau et Pidoux). Nous avons parlé ailleurs des hémorrhagies supplémentaires ou déviations cataméniales dont Haller a fait une [ longue énumération : épistaxis, hématémèses, (lux hémorrhoïdaux, hémoptysies, hématuries, dermorrhagies ; à ces accidents que nous mentionnons par ( ordre de fréquence, il faut ajouter avec Rocque, Cazalis et Gendrin, les congestions cérébrales ou pulmonaires, d’accord avec Stahl qui admet la déviation menstruelle, même alors qu’il n’v a que fluxion avec congestion vers un organe. En somme, et pour leur gouverne hygiénique, l’âge de retour est I signalé par une tendance aux hémorrhagies qui, suivant les conditions individuelles des femmes, sont sans influence sur leur santé, salutaires ou nuisibles; le plus souvent elles traduisent l’existence d’une maladie qu’il leur survit, et alors même qu’il n’existe point de lésion organique, la congestion hémorrhagique ne s’épuise point par la spoliation sanguine accidentelle. Au reste, ainsi que nous l’avons déjà dit, c’est vers l’abdomen que prédomine la circulaiion à cette époque de la vie.

Les lésions de sécrétion diminuent de fréquence avec le progrès de l’âge, les systèmes vasculaires perdant graduellement de leur activité.

A mesure que l’âge adulte penche vers son déclin, les inflammations se développent avec une allure et une phénoménalité qu i les rapprochent des affections chroniques; elles ont des périodes moins distinctes, guérissent laborieusement, ou, ce qui est plus ordinaire, elles s’impatronisent dans l’économie. Chomel et Blache ont noté la fréquence de l’érysipèle périodique chez les femmes qui touchent à la ménopause.

Les fièvres d’infection miasmatique s’observent plus rarement; l’absorption est moins active : aussi les fièvres des marais sévissent-elles moins sur les individus de cet âge; et quant à la fièvre typhoïde, on en a constaté quelques cas à des époques avancées (Petit, Andral, Montault) ; mais on peut dire qu'au delà de cinquante ans, elle ne se développe qu 'exceptionnellement, et qu’elle est déjà rare de quarante-cinq à cinquante ans.

La susceptibilité anomale du système nerveux s’affaiblit vers l’âge de retour, et finit par s’éteindre : avec elle disparaissent la plupart des névroses et des

(1) Hippocrate, Aphorismes , 30, scct. in.

privée]

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