PRIVÉE] RAPPORTS DE L’IMMINENCE MORBIDE AVEC LA CONSTITUTION
î il 2 kilogrammes par quinzaine, et s’arrêter après une perte totale de 10 à 15 kilogrammes. Trousseau prescrit aux obèses 2 grammes de bicarbonate de soude par repas, ou 50 grammes d’eau de chaux si le bicarbonate est mal supporté. Cette médication doit être suspendue après deux mois, puis reprise un mois de suite chaque trimestre, et continuée ainsi pendant doux ou trois ans. Les eaux de Carlsbad, de Hombourg, de Kissingen, s’il n’existe pas de tendance à la diarrhée, celles d’Ems, en ce dernier cas, pourront avoir leur utilité. Le plus efficace des moyens consiste dans la réduction graduée et per>sévérante de la ration alimentaire : on trouvera (1), dans un écrit de William Bnnting, le détail du régime auquel il s’est soumis, et qui lui a valu une diminution de poids de 1 7 kilogrammes en trente-huit semaines.
Maigreur. — Cet état, même à un degré notable, n’exclut point la santé ; comme l’embonpoint, il est inhérent à la constitution, ou le résultat accidentel d’un certain nombre de causes ou le caractère transitoire de quelques phases de l’organisme. Il y a des personnes qui, quoiqu’elles fassent, restent toujours grêles, et présentent, suivant une locution triviale, des formes sèches : telles sont les personnes à prédominance du système nerveux ou de l’appareil hépatique ; leur maigreur est due h une disposition native qu’il est difficile d’expliquer. On remarque que beaucoup d’enfants nés à terme sont beaucoup plus petits que leur âge ne le comporte et se développent ultérieurement dans des proportions mesquines; il faut admettre ici, ou l’influence de l’hérédité, ou celle d’une maladie qui a frappé le fœtus au sein de la mère et enrayé le travail delà nutrition : c’est là ce que les anatomo-pathologistes appellent l’atrophie congénitale. Forme passagère de l’organisme, la maigreur s’observe vers l’époque de la puberté chez les jeunes gens des deux sexes ; la graisse peut diminuer de beaucoup dans 1 habitus extérieur (2). L’atrophie sénile, quoique en rapport normal avec les vicissitudes de la période de décroissement, semble avoir sa raison physiologique dans l’affaiblissement de l’action nerveuse, et par son étiologie révèle celle de l’émaciation qui succède aux chagrins, aux passions contrariées, à la surexcitation longtemps soutenue de l’encéphale, aux craintes habituelles, à un état de concentration habituelle, à l’hvpochondrie, aux excès vénériens, aux fatigues et aux douleurs du corps. Les causes qui paraissent porter leur première atteinte sur la nutrition se renforcent secon-
(1) Milliam Iianling, Le 1 1er on Corpulence , adressed to the public , London, 1864, 6' éilit., et Annales cl'hy. et demèd. légale, 2e série, t. XXII I .
(2) « Ce n’est point la disparition de la graisse seule qui produit l’atrophie du tissu » cellulaire ; souvent c’est le défaut de l’évaporation des gaz, la suppression de ce lui/üus ” vitalis qui a eu lieu dans ses mailles. En effet, l’embonpoint ne dépend pas uniquement » de la présence de la graisse, il tient aussi à celte turgescence vitale que l’on remarque » « l’élat de santé. Pourquoi maigrit-on subitement? Pourquoi le corps se rapetisse-t-il- " dans la syncope, dans le frisson d’une fièvre intermittente,..? C’est parce que tout 1» mouvement expansif est supendu, et avec lui l’exbalalion do la vapeur qui remplit tous » CS interstices des parties. » (Lobstcin, Traité d’anatomie générale, t. 1, p. 01.)
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clairement par l’addition de la débilité nerveuse. L’inanition, l’usage d’ali- , ments de mauvaise qualité, l’usage prolongé des acides, l’abus des alcooliques, la viciation de l’hématose par les émanations qui, dans certaines professions ou dans certaines localités, se mêlent à l’air, les hémorrhagies, l’allaitement luimême, etc., déterminent l’amaigrissement, d’abord par l’altération ou la réduction du fluide nourricier des organes, mais ensuite par l'affaiblissement des centres nerveux qui, privés- de la stimulation d’un sang bien élaboré, ne fonctionnent plus dans la mesure nécessaire au développement des parties; l’atrophie d’un membre par l’effet d’une cause locale qui agit sur ses nerfs et en diminue l’influence est l’image partielle, extérieure, de ce qui se passe dans l’atrophie générale, résultat d’un état morbide ou d’un trouble fonctionnel de l’encéphale.
Une maigreur moyenne, quand elle est primordiale, est plutôt une condition de santé que de maladie; à un degré très-prononcé, elle coïncide presque constamment avec une grande irritabilité du système nerveux, et l’imminence morbide qu’elle engendre se rapporte 'a ce dernier état. Phase organique de deux époques différentes de l’existence, il n’y a lieu d’y remédier; expression d’une lésion ou d’une modification générale de l’économie par suite d’une mauvaise dispensation des moyens hygiéniques, elle est le résultat d’une cause qu’il faut combattre. Excessive, il y faut remédier, qu’elle qu’en soit l’origine. Chez ceux qui en sont atteints, la circulation capillaire périphérique est affaiblie, la peau est aride, parcheminée, les muscles sont amincis, la vigueur manque, les névralgies et les névropathies se répètent ; les fractures, les hernies, surviennent plus facilement, ainsi que les déplacements de la matrice chez la femme. Les sujets très-maigres sont extrêmement sensibles au froid, au vent, 'a l’humidité. Presque tous sont d’une sobriété exagérée qui a réduit la capacité de leur estomac et la mesure de leur appétit : aussi n’est-il pas aisé de les amener à l’usage d’une ration plus forte, 'a une alimentation plus réparatrice. Il conviendra de les soumettre 'a des pesées périodiques, comme les obèses, pour constater, sinon l’augmentation progressive, au moins la stabilité de leur poids total, car on verra plus loin (t. II, Alimentation insuffisante) qu’il existe un rapport à peu près constant entre le moment de la mort et la perle subie par le poids du corps. Il est donc une limite de maigreur qu’il ne faut pas atteindre; mais son correctif n’est pas l’engraissement, c’est-à-dire la substitution d’une forme d’imminence morbide à une autre. Il consisterait à augmenter, dans une juste proportion, la nutrition de tous les tissus, de tous les organes et appareils, à rehausser dans toute l’économie le type de la plasticité et de la force. Les moyens généralement conseillés, repos de corps et d’esprit, sommeil prolongé, alimentation copieuse et composée surtout de substances grasses et féculentes, produiront-ils cet effet, ou ne constituent-ils pas plutôt une méthode d’engraissement analogue à celle qui réussit pour les animaux de basse-cour ? Les procédés modernes de nutrition appliqués aux génisses et aux bœufs maigres les amènent, après quatre mois,
DE LA CONVALESCENCE
privée]
à un degré d’embonpoint que l’élevage dans la ferme n’aurait procuré que dans un délai de quatre ans (1). Tel n’est pas le but de l’hygiène humaine. A ses yeux, l’obésité est une condition morbide qui implique, outre le rôle ou la propriété non connue des vésicules adipeuses, un ralentissement de toutes les fonctions (2).