DÉFINITION DE L’HYGIÈNE
malades et tenu compte, dans ses appréciations synthétiques, de tous les faits qu’ils ont déroulés à ses yeux, de toutes les nuances différentielles qu’ils ont manifestées, soit dans la succession des phénomènes morbides, soit dans les effets des médications, celui-là peut aborder le lit delà souffrance avec l’espoir de la soulager ou de la guérir. Celui qui a exploré avec sagacité les conditions dans lesquelles un grand nombre de personnes maintiennent et améliorent leur santé, noté la limite des ébranlements qu’elles peuvent subir sans dommage, étudié les antécédents qui pèsent sur l’avenir physiologique des familles, et la manière dont chacun de leurs membres se comporte sous l’atteinte des mêmes modificateurs, celui-là mérite de recevoir la mission de veiller à leur conser-
vation. Il ne faut donc pas qu un livre du genre de celui-ci promette aux lecteuis ce qu ils ne doivent point chercher dans un livre, à savoir, le tact des individualités, aussi précieux pour l’hygiéniste que pour le praticien : l’exercice de l’art, l’examen des types infinis de l’organisation humaine, l’étude prolongée des mêmes individus, peuvent seuls le procurer. On le voit, l’hygiène piivée ollre plus d une analogie, plus d’un rapport avec la médecine pratique, et si elle suppose la notion des qualités physiques et chimiques des modificateurs, elle exige bien plus encore une connaissance approfondie de 1 organisme sain et malade. La maladie est l’épreuve des constitutions; elle fait ressortir des différences individuelles qui sont restées latentes jusqu’alors ; e e exagere les idiosyncrasies; elle classe en quelque sorte les organes et les viscères dans un ordre hiérarchique de dépendance par l’énergie relative des irradiations sympathiques qu’elle provoque en eux. C’est dans la maladie que omme ouinit la mesure de sa virtualité organique. Hippocrate avait compris combien les circonstances de la maladie peuvent éclairer en quelque sorte emecamsmedes santés individuelles, et réciproquement, combien les lumières fourmes pm Iobsomi’on du l'homme saie facilitent la solution du problème p l ologtqoe; les gradations d'un état à l'autre sont d'ailleurs si fugitives
' “n n irrif "”P°SSible de détermincr oil comra™“ la médecine, où l'hyl ® “ni ''- C "e-CI “'*» *>“«. «h* l'enseignement dont elle est l'objet, un pa I le constant entre deux termes opposés, dont l'un est la santé avec ses
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lericurs. Ma, s, en dehors de ces conditions, combien de variétés indivi-
PROLÉGOMÈNES
duelles se produiront à l’œil de nos lecteurs, dans le cours de leur pratique, dont ils ne trouveront pas le signalement en ces pages ! Telle est l’insuffisance prévue de notre ouvrage; telle est aussi l’insuffisance souvent éprouvée des ouvrages de médecine pratique, d’où ne s’échappe que la clarté précaire d une expérience personnelle. Nous avons ici, non à pressentir tous les cas hygiéniques qui peuvent s’offrir à l’observation des lecteurs, mais à leur mettre en main les moyens de les analyser et de les diriger.
L’hygiène publique, qui fait l’objet de la deuxième partie de ce livre, n’est que l’extension de l’hygiène individuelle ; elle n’en diffère que par l’échelle de ses applications : l’une parle à l’individu, l’autre s adresse à la société. Mais cette dernière s’appuie sur la statistique médicale. Science née d hier, comme la statistique médicale elle-même, elle a besoin de faits généraux, de chiffres authentiques, de données positives, qui, rapprochés, groupés, fécondés par l’intelligence, conduisent à la découverte des lois régulatrices de la société. L’hygiène privée s’enferme dans l’organisme, interroge chacune de ses parties placées sous l’atteinte des modificateurs ; 1 hygiène sociale embi asse une classe d’hommes, une population, une nation, l’humanité entière. Elle ne s’accommode point des approximations, dont 1 autre est souvent îéduile à se contenter ; en étudiant toutes les influences matérielles, intellectuelles ou morales qui travaillent le corps social, elle se propose de les diriger, nonseulement dans l’intérêt de la conservation commune , mais encore à cette fin d’améliorer notre espèce dans toutes ses conditions d’existence. Elle est loin, sans doute, de posséder les matériaux nécessaires pour résoudre toutes les questions qui entrent dans son domaine ; mais la statistique a fonctionné entre des mains actives et ingénieuses; des documents nombreux gisent épais dans les collections ou dans les ouvrages peu lus par la majorité des médecins ; des solutions de la plus haute importance ont été données, lesquelles ne seront plus démenties par les recherches ultérieures : le moment est donc opportun pour assembler et coordonner ces résultats, pour esquisser avec concision un plan d’hygiène sociale.