DÉFINITION DE L’HYGIÈNE
matériaux immenses que ces dernières cinquante années oui apportés à l’hygiène, notre rôle se bornerait forcément à les énumérer. Hâtons-nous d’arriver à l’époque qui a précédé la publication de la lre édition de ce traité; elle se résume en trois ouvrages qui ont été successivement classiques : ceux de Tourtelle, Rostan et Londe. Le premier, où des chapitres sont consacrés aux forces vitales et au principe vital, est à l’hygiène ce que la Nosographie philosophique de Pinel est à la médecine. Le livre de Rostan représente l’organicisme appliqué à l’hygiène; composé pendant la période guerroyante de l’école physiologique, il se ressent naturellement de l’esprit de lutte et d’agression, sans exclure la foi au magnétisme animal. Londe, le dernier venu en cette carrière y apporte un jugement sobre et droit; mais son livre n’accuse pas moins’ la tendance dogmatique de ses études. Gall et Spurzheim dominent dans le femier volume, sous l’enseigne d’hygiène de l’encéphale; et la dichotomie
e Broussais est le point de vue qui préside à l’appréciation des modificateurs externes.
, 11 n’es,t qu’un m°yen de soustraire l’hygiène à toute influence systématique : c est de la circonscrire dans la limite rigoureuse des faits et de laisser aux faits euis liaisons naturelles. Etablir les conditions qui font varier la puissance réacnnelle de 1 organisme, déterminer la nature et les effets des modificateurs ; une ensuite, de cette double notion, les règles conservatrices de l’individu
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pin sous les seuls auspices de l’expérience et de l’observation.
définition de l’hygiène.
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decine qui fait C0Ztr "" ^ Cette pa“* de la mé-
ver ; aussi l’hygiène est-elle eéné V°11S C ° !‘! Sanle et les m°yens de la conserp°ur que cette définition fût juste* TT"1! * ai t de conserver la santé.
conserver à chacun sa santé • car là Lité^’11 “ en d‘Sa,U : l'm de
prime une manière d’être oui v;, ,• . ° " fC P°!nt U,le généralité : elle exsuivant une foule de circonstance^ SU‘Van.t eS SUJGtS’ et da,1S ,e même suJet> dons fonctionnelles qui en résultent^' f8™™1 ^ ^ ^ qUG lGS 0sci,la~ l’hygiéniste, comme pour le lifr ^ u» état de maladie. Pour
de maintenir la santé comme d " ‘r 1 Uy a que des individualités; dans l’art blême est individuel ’ Les v d “ arl qU‘ 3 P°Ur übJet de Ia rétablir, le pro- Produit d’une opération de genéraUï au*queb s’élève la science sont le met sans doute comme 1» n h ’ T ‘G M de Ia "ature ’ ‘'hygiène per- ’ °mmG ,a Pathôl0«le da™ ««e autre sphère d’observation, de
PROLEGOMENES. ' j
noter les similitudes, et de composer, par le rapprochement des phénomènes communs à plusieurs individus, des catégories de santé ; mais, quoique la nature procède avec une grande simplicité d’éléments, tel est le mystère de ses arrangements et de ses combinaisons, qu’elle donne naissance aux produits les plus variés. La chimie nous montre qu’avec soixante-douze parties de carbone provenant de la réduction de l’acide carbonique, les plantes peuvent former, en s’assimilant diverses portions d’eau, de la cellulose, de l’amidon, de la dextrine, du sucre de canne, du sucre de lait, du sucre de raisin (1). La diversité infinie des tempéraments et des constitutions correspond chez l’homme a cette variété de produits organiques que les plantes élaborent avec un radical, le carbone et de l’eau. Un petit nombre de systèmes généraux, mêlés en proportion différente dans la trame de nos tissus, ou, si l’on aime mieux, les conditions primordiales de l’innervation et du sang engendrent les nuances de 1 organisation humaine, nuances si multiples, parfois si tranchées, souvent si réfractaires à l’analyse du physiologiste ; non-seulement les différences individuelles éclatent dans l’ensemble, mais elles se prononcent encore dans les principaux appareils de l’économie, influencés dans leur jeu par des conditions dynamiques ou matérielles qu’il est rationnel de supposer, quand le scalpel ne réussit point à les démontrer : le pouls ne présente-t-il pas dans la série des individus des caractères particuliers et en harmonie avec la santé de chacun . Les digestions diffèrent autant que les physionomies ; quelque organe que on considère comparativement chez un grand nombre de personnes, on constate une foule de dissonances fonctionnelles. Les causes extérieures ne contribuent nas moins à diversifier le rliythme physiologique des hommes que les conditions originaires de leur structure. Aussi, dans l’impossibilité de produire une formule absolue de la santé, nous aimons mieux dire de l’hygiene qu elle détermine, pour l’homme physique, intellectuel et moral, la mesure et le genre d’activité nécessaires au maintien et au perfectionnement de sa santé ou seu ement compatibles avec un état de santé relative. Comme science, hygiene a pour terme de ses recherches, d’une part l’organisme, de l’autre les modificateurs tant externes qu’internes, tant psychiques que matériels, et pour ic-
sultat la vérification du rapport de ces deux termes entre eux, c’est-à-dire le, lois de la réaction organique. Comme art, elle tend à régulariser cette réaction. D’où il suit que l’hygiène, stable dans scs principes, varie dans les applications; telle est aussi la médecine pratique qui, en présence d’états morbides de filiation identique, doit approprier la médication à chaque cas en particulier. Nous sentons tellement la nécessité cl’adapter à chaque individualité les pi escriptions de l’hygiène, que nous l’appellerions volontiers, à ce point ce uie, a clinique de l’homme sain. La clinique et l’hygiène sont tout entières da l’observation; l’une et l’autre échappent, par la multiplicité de leurs éléments, au cadre d’une exposition didactique. Celui qui a traité un grand nombre de
(1) Dumas, Essai de statique chimique. Paris, 1842, p. 56.