‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 61 sur 181 · VI. — Composition chimique · texte numérisé non relu

VI. — Composition chimique

Cavendish a montré le premier que la proportion d’oxygène et d’azote dans I aii oïdinaire est constante. Berthollet trouva que l’air en Égypte était composé de 21 oxygène et 79 azote, en poids = 23,22 oxygène; 76,78 azote. Davy a confirmé ce résultat pour l’air de Bristol et de la côte de Guinée. Des expériences faites simultanément, le même jour et à la même heure, à Paris, à Berne et sur le Faulhorn, ont donné pour moyenne de poids d’oxygène : Pans, 23,04; Berne, 22,95; le Faulhorn, 22,97; ce qui donne pour moyenne générale du poids d’oxygène, 23,01 = 20,81 en volume, l’azote donnant en volume 79,19. Voici d’autres résultats d’analyses : l’air de Genève, analysé par Marignac, a donné en poids d’oxvgène, 22,98; l’air de Copenhague, analysé par B. Levvy, 22,998; l’air pris en mer, par le même,

-2,o7o; l’air de la côte, par le même, 23,016 ; l’air de Bruxelles, analysé nar Mass, 23,04 et 23,08. “ 1

Au demeurant, les expériences de Gay-Lussac, Brunner, Dumas et oussmgault conduisent aux déterminations suivantes, quant à la composition

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En volume : 20, 80 volumes d’oxygène.

70,20 volumes d’azote.

En poids : 23,10 parties d’oxygène.

76,90 parties d’azote.

Il renferme en outre de 6 à 9 millièmes de vapeur d’eau et de 3 à 6 dix millièmes d’acide carbonique en volume, soit qi’on le prenne à Paris, tît

liâmes Denlus'V ordinaiiei»ent il en renferme 4 dix-mil-

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290 DES MODIFICATEURS. — CtllCUMFUSA. [hyôiËMS

de la mer d’Irlande), sur la quantité d’ammoniaque contenue dans l’air, ont

donné des résultats trop élevés. R. Fresenius(l) en opérant sur 12 000 à 15 000 litres d’air au moins, les a rectifiés, et il a trouvé comme moyennes, pour 100 000 parties d’air : ammoniaque, 0,133; oxyde d’ammonium, 0,205; carbonate d’ammoniaque, 0,379 ; l’air nocturne est un peu plus riche d’ammoniaque que l’air diurne, différence due peut-être aux phénomènes de la nutrition des végétaux et à la précipitation de l’ammoniaque accumulée dans l’air par la rosée au lever du soleil.

Par l’effet des décharges électriques et peut-être d’autres causes encore peu connues, l’oxygène de l’air subit des changements qui lui communiquent des propriétés nouvelles : il devient odorant, il irrite la membrane muqueuse des voies aériennes, il oxyde les corps, il sépare l’iode de l’iodure de potassium. Van Marum a le premier établi par ses expériences (1785), que l’oxygène renfermé dans un tube de verre et soumis à l’action d’une série d’étincelles électriques contracte, avec une odeur qui lui a paru celle de la matière elcctrioue la propriété de se combiner avec le mercure à la température ordinaire propriété qu’il n’avait pas avant celte modification (2). Ces expériences restèrent sans suite et dans l’oubli jusqu’en 1840, où Schœnbcin (de Baie), frappé de l’odeur de l’oxygène provenant de la décomposition de l’eau par la nile la compara avec celle qui émane du plateau d’une machine électrique eu mouvement ; de là le nom d 'ozone (8&o, je sens) qu’il donna à l’oxygène amène à un état particulier, soit sous l’influence des décharges électriques, soit en le faisant passer humide (air humide) sur du phosphore à la température de 20 ou ^5 degrés; il constata que l’on ne recueille d’oxygène odorant qu en prenant pour électrodes du platine ou de l’or, tandis qu’avec les métaux oxydables on n’obtient que de l’oxygène ordinaire. L’ozone, comme 1 oxygéné ordinaire, est gazeux, d’un pouvoir oxydant extraordinaire : car il oxyde a la température ordinaire la plupart des matières oxydables simples et composées, *2 et inorganiques, e, e'es. la raison pour laquelle l’ozone détruit avec une si grande énergie l’hydrogène sulfuré, toutes les substances miasn tiques d’origine organique, les couleurs végétales, etc. I ecompose Ses métalliques en éliminant de l’iode, et Schœnbein a mis a profit cette circonstance pour vérifier la présence de minimes quantités d ozone dans au . une bande de papier qu’on a plongée dans un mélange de colle d amidon et d’une petite quantité de solution d’iodure de potassium devient un reac i l’ozone qui surpasse de beaucoup en délicatesse le meilleur galvanomètre ou l’odorat le plus fin. Une quantité d’ozone trop faible, dit de la Rue (3,, po polariser un métal d’une manière sensible, ou pour affecter 1 odorat, suffi encore pour bleuir à un degré prononcé le papier réactif.

m'i Fresenius, Annales de chimie et de physique, juin 18A9, p. 208.

2 pZz «Fremj, T»M * chimie, 3- édition. 1860, 1. 1, p. 180.

(3) l)e la Rive (Je Genève), Traité théorique d pratique dV&ctaeiM, de. Pal is, .

U II, p. 411.

privée] ATMOSPHÈRE. — COMPOSITION CHIMIQUE. 291

L’air contient presque toujours de l'ozone, mais en quantité très -variable, selon les saisons, l’état météorologique, la hauteur du lieu d’observation et les circonstances particulières des localités. Pendant l’hiver, il y en a plus dans l’air qu’en été ; le maximum, en hiver, s’observe pendant la chute de la neige. En été, les indications de l’ozonomètre se prononcent plus pendant un orage que par le beau temps. L’altitude a une influence marquée : on trouve d’autant plus d’ozone dans l’atmosphère qu’on s’y élève plus haut. Dans les écuries, dans les latrines, partout où il se fait un dégagement de gaz oxydables ou miasmatiques, on trouve peu ou point d’ozone (1). Bérigny (de Versailles) s’est assuré par une série d’observations : 1° que l’ozone diminue quand la température s’élève ; 2° que, la force élastique delà vapeur et l’humidité augmentant, 1 ozone suit la même progression; 3° que fréquemment, le degré de l’ozone est en raison inverse de la sérénité du ciel ; U° qu’il existe un rapport direct entre I électricité et l’ozone, et que leurs courbes sont parallèles. Bérigny et Silbermann ayant mis simultanément en expérience (août 1855), l’un à Versailles, l’autre à Paris, du papier ozonométrique envoyé par Schœnbein, le premier obtint seul des signes d’ozone dans l’air; le second ne vit sur son papier aucune nuance d’ozone ; et, craignant qu’il ne fût altéré, il le soumit à l’électricité, qui lui communiqua une leinle bleue, indice positif de la validité de son ozonomètre (2). On doit donc admettre que le papier ozonométrique, mis en expérience à l’air libre, subit une décomposition par 1 effet de 1 électricité atmosphérique, et, par conséquent, que l’ozone n’est que de l’oxygène électrisé, ainsi que Marignac et de la Rive l’ont démontré directement en soumettant de l’oxygène pur et sec à l’action d’une série d’étincelles electnques ou d’un courant électrique continu. Aussi Pelouze et Fremy ont-ds propose de substituer cette dénomination à celle d’ozone (3) Dans son dernier travail sur ce sujet (4), Schœnbein qualifie de passif l’oxygène ordinaire par rapport à l’ozone, oxygène actif. Houzeau a établi qu’on l’obtient par a décomposition d’un certain nombre de corps oxydés, et très-facilement par 1 action de l’acide sulfurique sur le bioxyde de baryum, et qu'il a toutes les propnétes de 1 oxygène naissant.

C’est en 1850 que Schœnbein reconnut qu’une bande de papier amidonné et renfermant une faible proportion d’iodure de potassium constitue le réactif 'e P us sensible pour constater la présence de l’ozone dans l’air (5) ; exposée à l’air,

Que M le lit' qUi Pr6Cè<ent SUr rOZOne S°nt 6XtraitS d’Une — ication manuscrite que M. Schœnbein nous a laite le 28 novembre 1855.

(2) Mémoires de médecine et de chirurgie militaires , 2» série, t. XVI, 1856 3 Pelouze et Fremy, Traité de chimie générale, 1854, t. 1, p. 170

p- i96,°3«r voyez 1>elouze et Premy> u,

SaillesW’ /’ ’ uyez aussi 1 intéressant travail de A. llérigny (de Ver-

^ ^ instruction sur la manière de se

, , t. XXII, p. 433), Houzeau, Nouvelle méthode pour re-

DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. Lhïciène

elle passe du blanc, qui est sa couleur avant l’expérience, à une nuance plus ou moins foncée de bleu, suivant la quantité d ozone qui existe dans 1 atmosphère. Le blanc répond sur l’échelle ozonométrique à l’absence de ce corps, et la coloration bleue la plus intense qu’il produit sur le papier en mettant l’iode à nu, indique son maximum dans l’air; 1 espace chromatique compris entre ces deux termes est divisé en dix. Tel est l’ozonoscope, qui permet d’évaluer les variations journalières de l’ozone atmosphérique. Bérigny, ayant placé du papier ozonométrique dans un abri qui le protégeait contre le soleil et la pluie, a vu qu’il s’y comportait comme en plein air ; pour vérifier s’il n’est pas modifié par un certain degré d’acidité de l’air, il a expérimente simultanément sur du papier tournesol et sur du papier ozonométrique : le premier est resté intact, tandis que le second revêtait la nuance la plus foncée. Plongés une heure dans l’eau distillée et dans l’eau non distillée, deux échantillons de papier ozonométrique sont restés aussi blancs qu avant leur immer sion ; mis à cheval sur un fil de soie, attachés avec une épingle, une cheville de bois, un ivoire d’animal, suspendus à un fil, iis ont toujours donné le même

résultat. ' . . , v , ...

Les physiciens, et surtout les médecins, ont compris immédiatement 1 intérêt que pourraient offrir les observations ozonométriques : Simonin, à Nancy; Bérigny, à Versailles; Boeckel, à Strasbourg; Scoutetten, à Metz; Wolf, à Berne; Billiard, à Corbigny; Gaillard, en Amérique, etc., s y sont appliqués : nous examinerons plus loin leurs résultats et leurs opinions. j Les recherches de Chatin tendent à établir que l’air contient de 1 iode; a Paris, on a trouvé l/500e de milligramme par 400 litres d’air.

La* latitude ne modifie pas sensiblement la composition de l’atmospliere, puisqu’elle a été trouvée identique à Paris, à Genève, à Bruxelles à Saint- Pétersbourg, à Copenhague, entre Liverpool et la Vera-Cruz, a Madtid, etc. Les analyses comparatives d’un très-grand nombre d’échantillons d’air recueillis

connaître et doser l'ozone {Annales de physique et de chimie, 3» série, 1863, t. L\MI, l Schœnbein, iL, 1868, (4- série, t. 1111, P- 57); il y réfute péremptoirement les objections opposées à l’emploi du papier d’iodure d’amidon ; on a argue de sa Ts^üé aul vapeurs de chlore et de brome que l’on ne rencontre pas dans l a m, sohère à celles d’acide hyponitrique qui s’y forme par les violents orages, et don u minime quantité, diluée dans l’eau, suffît pour bleuir l’amidon iodure>; or. Schœn ■ le chimiste ,„i «peut-être a„al„é le pies fréquemment

contré qui eût la propriété de colorer le papier amidonne et loduré, a moins y J une petite proportion d’acide sulfurique pour s’emparer de la base des nitrites ou • ^

t rates et dégager l’acide nitreux qui colore l’iodure d’amidon. Le PaT,erinlbl

? !■ t nmtoxvde de thallium brunit au contact de l’air ozone ; mais il faut dix-huit

“ ™gt-qUa r ‘ ^ relier blanc après une assez longue exposition à l’air et contenir

ÏT* peroxyde * i . — - - ~ - >» «* “ * -

pour le faire brunir.

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