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PRIVÉE] ATMOSPHÈRE. — COMPOSITION CHIMIQUE

sur divers points de l’Europe, et dans les contrées les plus lointaines, n’ont fourni à Régnault que des variations d’oxygène comprises entre 20,9 et 21,0 pour 100. Il arrive quelquefois que l’air ne contient que 20,3 d’oxygène dans des circonstances qui se produisent plus souvent dans les pays chauds. Les échantillons d’air recueillis par le capitaine Ross, dans les mers polaires, en 1848 et 1849, ont donné à l’analyse des résultats qui ne s’éloignent guère de la composition de l’air normal.

L’uniformité de constitution chimique de l’atmosphère, quant à sa proportion d’oxvgène et d’azote, n’est pas altérée par l’altitude : les analyses d’air pris à de grandes hauteurs (7000 mètres) par Gay-Lussac démontrent ce fait. Dumas n’a point trouvé de différence entre l’air de Paris et l’air pris simultanément sur le Faulhorn par Ch. Marlins et Bravais, et, dans les Alpes, par Brunner. Sur les montagnes très-élevées, on trouve plus d’acide carbonique que dans les plaines, et sa proportion y reste la même jour et nuit.

Nous signalerons les particularités chimiques de l’atmosphère maritime en nous occupant de la mer (voy. Eaux). Au-dessus des grands lacs, la proportion d’acide carbonique est moindre qu’à la surface de la terre ; la différence est de 5 pour 1000 d’air.

Dans l’air libre se répandent certains principes qui émanent de foyers de décomposition organique; ilensëra question plus loin. Chevallier s’est assuré que l’air atmosphérique de Londres contient de l’acide sulfureux, provenant sans doute du soufre contenu dans le charbon de terre; suivant lui, il existe dans l’atmosphère de Paris de l’acétate et du sulfhydrate d’ammoniaque. Boussingault y a trouvé, en mars, en avril et mai, de l’hydrogène, probablement à l’état protocarboné, dont il évalue la proportion à 0,0001. Il existe dans les villes, comme dans les habitations, des sources nombreuses qui peuvent souiller l’atmosphère par leurs émanations (voyez, t. II, Égouts , etc.). Les poussières qui s’y disséminent, se composent de corpuscules fournis par le détritus de l’écorce minérale du globe, de parcelles d’animaux et de plantes, et de débris très-ténus de tout ce que nous consommons pour nos besoins (1). Plus l’almosphêrc est agitée par la violence des vents, plus elle se charge de ces divers corpuscules. Les granules de nature minérale varient peu et représentent le détritus des roches minérales qui sont à nu dans la contrée. Les poussières d’origine animale sont, d’après Pouchet, des animalcules infiniment petits et desséchés, tels que des vibrions, des helminthes du genre oxyure, des squelettes d’infusoires siliceux, des fragments d’antennes de coléoptères, des écailles d’ailes de papillons diurnes et nocturnes, des poils de laine provenant des vêtements, des poils de lapin, de chauve-souris, des bai bules de plumes, des cellules épithéliales, des fragments de peau d’insectes diveis, des filaments de toiles d’araignée. Les poussières végétales, examinées au microscope par Pouchet, lui ont présenté desfragments de tissus dediverses

(1) Comptes rendus de /’ A endémie des sciences, 1859, t. XLVIII, p 457.

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plantes, quelques fibres ligneuses, beaucoup de fragments de cellules et de : vaisseaux, des poils d’ortie et d’autres végétaux, des fragments d’aigrettes de synanthérées, des filaments de coton détachés de nos vêtements, des fragments d’anthère et des grains de pollen de malvacées, d’épilobium et de pin, des spores de cryptogames en petit nombre, mais surtout et partout une forte quantité de fécule de blé, plus rarement de la fécule d’orge, de seigle et de pomme de terre. Il n’est pas de réduit, dit RI. Pouchet, où la fécule ne pénètre avec l’air : les plus obscurs détours de nos monuments gothiques lui en ont offert dans leur poussière séculaire que, de mémoire d’homme, aucun pied n’avait foulée; il l’a trouvée dans les hypogées de la Thébaïde. La quantité de fécule aérienne diminue à mesure que l’on s’élève sur les montagnes ou que l’on s’éloigne des centres de population.

On s’est livré à bien des recherches pour découvrir dans l’atmosphère libre la cause des maladies qui frappent des populations entières, et tantôt on a prétendu y avoir rencontré quelque matière particulière, tantôt on a nié toute altération de l’air. A ces résultats contraires s’appliquent avec justesse les réflexions suivantes de Chevreul (1) : « Premier cas. Si l’on a reconuu un composé de carbone et d’hydrogène dans une atmosphère prétendue viciée, au moyen d’un réactif comburant, ou si l’on a conclu qu’il s’y trouvait un miasme, parce que l’eau qu’on avait précipitée de cette atmosphère par un moyen quelconque avait présenté les phénomènes qui résultent de la décomposition spontanée des matières organiques, on n’a point justifié cette conclusion par une expérience qui aurait consisté à démontrer la propriété délétère dans les deux matières. Cependant cette preuve était absolument indispensable, car il suffit de se rappeler que des huiles, des acides empyreumatiques, se dégagent incessamment dans l’atmosphère, par suite de nos combustions incomplètes; que l’hydrogène carboné se développe dans la vase des marais; que des matières organiques volatiles, telles que des essences, des arômes, etc., se dégagent des végétaux et des animaux, pour être convaincu qu’en soumettant un volume d’air suffisant aux procédés précités, on démontrera dans l’air ordinaire non vicié l’existence d’une matière organique, d’un carbure d’hydrogène. — Deuxième cas. Dans le cas contraire, où l’on a nié la présence d’un miasme, d’une matière délétère d’origine animale dans une atmosphère, parce qu’on n’a pu y démontrer par des procédés eudiométriques aucun corps étranger à la composition normale de l’air, on a été trop loin. Il peut y avoir dans une atmosphère une matière délétère qui échappera au chimiste, parce qu’elle y est en proportion trop faible... »

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