‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 8 sur 181 · LIAISONS, UTILITÉ ET BUT · texte numérisé non relu

LIAISONS, UTILITÉ ET BUT

mêmes substances pour arriver à des règles louchant leur emploi. Elle s’assimile les matériaux d’emprunt, les spécifie par la mélhode et par la destination; mais elle ne transporte pas dans son domaine les sciences qu’elle met à contribution, elle en accepte les résultats pour les faire converger à son but.

Si l’hygiène emprunte, elle donne aussi : l’étiologie, la prophylaxie, reposent presque exclusivement sur elle ; la thérapeutique puise en elle plus de ressources que dans l’arsenal pharmaceutique. Il est impossible d’étudier les eiïets variés que déterminent chez l’homme les choses dont il use et jouit, sans être conduit aux causes qui troublent sa santé. Rechercher ce qui peut lui ètie nuisible, c est passer en revue tous les foyers de l’étiologie morbide;

1 écarter de sa personne, c’est rendre inutile l’intervention de la médecine. Quand la maladie n’a pu être conjurée, le traitement consiste encore plus dans une juste appropriation des modificateurs hygiéniques que dans l'administration des moyens spéciaux. Régler la température qui convient au malade, son régime, son vêtement, ses sensations morales, n’est-ce point là, avec les autres éléments de son assiette hygiénique, la première obligation du praticien la garantie essentielle du succès de toute médication ? Ici encore l’exemple nous a ele donné par les anciens. Ce qu’ils appelaient la diète (*«,„) les préoccupait aiant tout; 1 expectation hippocratique, motivée en théorie par la doctrine des crises, se fondait en réalité sur l'efficacité des modificateurs hygiéniques : c'était

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naïade le bénéfice de sa force de réaction propre; et comme Hippocrate,

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« Hippocrate, Œ„„, o mplé„a, trad. tiUr6> „r ^ p

PROLÉGOMÈNES

l’atténuer : double fortune que l’hygiène lui octroie. Sans l’observance rigoureuse de ses principes, les vastes établissements que la charité consacre au soulagement de l’humanité deviendraient des lieux de désolation et de mort; c’est par elle que les grandes réunions de travailleurs échappent au double danger de la condensation humaine et des travaux industriels ; elle est le génie tutélaire des armées en mouvement; durant la paix, elle pourrait en faire les vigoureuses pépinières de la nation ; dans une autre sphère, elle inspire le législateur, elle intervient dans les destinées des gouvernements qui se soutiennent moins par l’autorité des formes et des conventions que par la force et le bien-être des peuples. Disons donc que si la médecine guérit les individus, l’hygiène sauve les masses; que l’hygiène privée nous révèle les conditions de notre conservation personnelle, et l’hygiène publique celles du progrès social.

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