DU SOL, — STRUCTURE ET COMPOSITION DU SOL
privée]
C’est un fait remarquable que l’affinité des végétaux pour les divers terrains; quoique les animaux et l’homme aient des relations moins intimes et moins stables avec le sol, la nature de sa composition ne peut manquer d’agir en quelque chose sur leurs manifestations vitales. Les terrains détritiques et diluviens nourrissent dans leur tourbe fangeuse une végétation particulière, dans laquelle on remarque les Salix , Ledum, Scirpus , Eriophorum, Acra, Tamarix, etc. Un fond crayeux se décèle par les résédas, les giroflées, les campanules, les scabiées, etc. Suivant l’observation de de Candolle, les terres argileuses sont, après les rochers, celles qui se montrent les plus réfractaires à la végétation; leur compacité s’oppose à l’action de l’oxygène atmosphérique; le sable est également contraire aux plantes par sa mobilité et la sécheresse qu’il acquiert sous un ciel ardent : telle est en grande partie la structure du delta d’Afrique, mélange d’argile et de sable que dessèchent un soleil implacable et les vents du désert. Sur les dunes formées par les alluvions sablonneuses, végètent les Carex , les Lymus, le Triglochin, etc. Les terrains pierreux se couvrent de Sedum, d ' Asclepias, de cymbalaires, de clinopodes, etc.
C’est l’humus, constitué par un détritus de matières organiques et minérales, et en partie assimilables, qui sert à la nutrition des végétaux; sous cette couche existent les éléments minéralogiques du sol provenant de la décomposition des roches : certains sols se sont formés aux dépens des roches ignées, du granit, du micaschiste, de la siénite, etc. ; d’autres l’ont été aux dépens des terrains de sédiment. Les roches primitives, en se décomposant sous l’atteinte des actions météoriques, fournissent des galets, du sable, de l’argile, etc. L eau qui s infiltre dans les fissures de ces roches se dilate en se congelant, et finit par rupturer violemment les masses, dont les débris, entraînés par les cours d eau, produisent sur leurs bords et à leurs embouchures, des atterrissements dont s empare la végétation. L’intervention des agents météoriques suffit pour décomposer le feldspath, le mica, l’amphibole, le protoxyde de fer, principes constituants de ces roches ; les deux premières de ces substances, devenues terreuses, friables, se convertissent en une espèce d’argile appelée kaolin; l’amphibole et le pyroxène subissent une altération analogue par la suroxydation du fer; moins dures, les masses calcaires cèdent plus facilement aux actions mécaniques et se dissolvent dans les eaux chargées d’acide carbonique. La ségrégation et la décomposition de ces matières fournissent des dépôts de cailloux, de sable et d’argile où se montrent d’abord des plantes qui vivent plus de l’atmosphère que du sol, cactus, mimosas, lichens, mousses, ou gères, etc. L accumulation de leur détritus annuel crée un terrain chargé acide humique piopre à la culture. Les terrains de cette origine ont pour principes constituants, outre les matières organiques, de la silice, de l’alumine, de la chaux, de la magnésie, de la potasse et de la soude, des oxydes de r et c e manganèse, de 1 eau, etc. (1). Les terres de culture sont assez meubles
( ) ussingault, Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la Physique, la météorologie, t. I.
DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA.
[hygiène
pour que l’eau s’y infiltre sans y séjourner, pour que l’air y circule sans les dessécher, pour que les racines puissent s’y plonger et s’y ramifier : celte qualité dépend des proportions de sable et d’argile. Les phosphates et les sels terreux sont nécessaires pour la production de la fibrine et de la caséine végétales : on a doublé en Angleterre la fertilité des champs destinés à certaines cultures (froment) en y semant des débris d’ossements, ou des engrais phosphatés minéraux.
Les terres arables et susceptibles de produire une végétation peuvent se diviser comme il suit :
iSols d’argile pure.
Argilo-ferrugineux.
Argilo-calcaire.
Argilo-sableux.
(Sable pur.
Sablo-argileux.
Quartzeux, graveleux et granitiques.
2° SOIS saoieux. y Vnlc.nnîmwx<ï-
Volcaniques.
Sablo-argilo-ferrugineux.
Sablo-humifères (terre de bruyère).
Calcaires.
! Crayeux.
Tuffeux.
Marneux.
h° Sols magnésiens .
5° Sols humifères.
Tourbeux Marécageux .
Dans le sol on distingue deux parties, l’une active, contenant du terreau et perméable aux influences atmosphériques; l'autre inerte, sans terreau, non modifiée par l’action de l’atmosphère, et qui échappe a celle du labom. Le sous-sol sur lequel repose la terre végétale agit particulièrement sur la végétation par son degré de perméabilité. Dans les montagnes, le sous-sol présente souvent la même constitution minérale que le sol ; dans les plantes et sur es plateaux étendus, cette analogie de composition n’est plus aussi c0"
C’est à la faveur des différences et ntême des oppositions de propriété enW ta couches superposées et le sons-sol, que celui-ci peut agir ul.leme t ur *11 par l’adjonction de quelques éléments : des labours profonds, exécutes i av prudence (1 ), augmentent à scs dépens l’épaisseur des couches arables, a moins que celles-ci ne recouvrent des roches d’une grande cohésion, comme le gra-
Hl o'n appelle terres "fortes celles qui sont tenaces, peu perméables, lenlesa sécher cttidire les terres où l’argile domine : un sol est dit argileux quand il contient ÙO pour 100 de sable. Les terres légères contiennent beaucoup d 1 1 h véeétation s’y développe rapidement; l'engrais leur profite mon nn'i s' dï»nt et s’y d, sipe facilement par les eaux pluviales; ces terres ' d3tm vUe A 75 L sable sur 100 parties de terre, cclle-c, est encore
se
(1) Boussingault, op. cit., 2L édition, lool, l.