III. — Configuration du sol
Il faut considérer : 1« la forme des limites entre le sol et les masses liquides, 2° entre le sol et l’atmosphère. Dans le sens horizontal, la terre est diversement configurée par rapport aux fleuves et aux rivières : tantôt ceux-ci roulent leurs eaux dans des lits profondément encaissés et dont les bords sont taillés à pic; tantôt la disposition des terres riveraines livre un vaste domaine aux inondations : c’est ainsi qu’entre Huningue et Lauterbourg, sur une ligne de lieues, plus de 250 000 arpents sont envahis par le cours du Rhin, ou sans cesse exposés à ses incursions. Les formes que les continents affectent dans leurs points de contact avec les mers offrent la même variété, et n’influent pas moins sur le résultat d’ensemble des influences climatériques. L’ouest te l Eutope, 1 Italie, la Grèce et l’Inde en deçà et au delà du Gange se terminent par des côtes sinueuses, pour ainsi dire articulées, offrant de nombreux
DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA.
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étranglements et des prolongements péninsulaires dans leurs contours ; au contraire, toute l’Afrique, le nord de l’Asie, le nord-est de l’Europe et la Nouvelle-Hollande, ont une configuration en masses continues, à contours i très-simples, non interrompus par des sinuosités profondes. L’étendue littorale des continents les ouvre, dans une mesure proportionnelle, à l’influence de l’atmosphère maritime, et leur fait en partie leur régime météorologique. Humboldt a comparé les continents, quant au développement de leurs côtes; voici la proportion qu’il établit entre elles :
Europe 1 : 3,03
Asie 1 : 2,41
Afrique 1 : 1,35
Nouvelle-Hollande... 1 : 1,44 Amérique du Sud. .. . 1 : 1,69
Amérique du Nord. . . 1 : 2,89
Dans le sens vertical, la croûte solide du globe est sillonnée par des ondulations, par des élévations qui dépassent plus ou moins le plan normal, représenté par le niveau de l’Océan. Ces reliefs, sortes de récifs qui s’avancent dans l’océan aérien, présentent aux regards de l’homme un spectacle imposant par l’agglomération bizarre de leurs masses, parla rapidité de leurs pentes, par la hauteur de leurs cimes. Ils ne paraîtront néanmoins que de légères rugosités par rapport au globe, si l’on considère que l’un des plus élevés, le Chimboraço, ne dépasse point de plus de 3350 toises le niveau de la mer. Les continents représentent une série de plateaux qui s’élèvent progressivement audessus du niveau de la mer ; leurs centres sont parcourus dans toutes les directions par des chaînes de montagnes qui diversifient les sites et nuancent singulièrement le caractère climatérique des localités, etc. Parmi ces exhaussements qui forment de vastes plateaux, les plus remarquables sont le plateau des Cordillères, qui partage inégalement l’Amérique méridionale, et le plateau de la haute Tartarie, qui, portant le Thibet au centre de son sommet, sépare, d’orient en occident, toute l’Asie dans son milieu. On estime à 7821 mètres la hauteur de la montagne la plus élancée du globe, leTawahir, et à 10 000 mètres la profondeur extrême de la mer, d’ailleurs peu connue ; ce qui porte à 17 821 mètres la distance entre le point le plus élevé et le point le plus déprimé du globe. Le rayon moyeu du sphéroïde terrestre étant de 6 366 397 mètres, le rapport entre le rayon et l’épaisseur de la plus grande aspérité est de
0,001 environ C’est bien peu, et pourtant ces inégalités du sol que l’on
a comparées aux rugosités d’une orange, ont une influence prépondérante sui la température, l’humidité, les pluies, les vents, les orages des contrées qu’elles circonscrivent.
Les systèmes et les chaînes de montagnes parcourent les continents, les péninsules et les îles en général suivant leur plus grand diamètre, néanmoins ils n’occupent guère que 1/1 00e de la superficie des terres (Humboldt). La plupart des montagnes ont leur versant incliné de 2 degrés à 6 degrés; leur pente est rapide de 7 degrés à 8 degrés, très-rapide de 15 degrés à 16 degrés; à