‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 102 sur 158 · AYANT PAS · texte numérisé non relu

AYANT PAS

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aérés ; dans de vieux collèges, il existe encore des réfectoires placés en sous-sols. Les odeurs de cuisine ne doivent pas y pénétrer.

Une propreté absolue doit régner non seulement sur les murs et les planchers, mais les tables et les bancs ou les chaises doivent pouvoir être lavés fréquemment ; les tables de marbre ou de grès-cérame sont beaucoup plus faciles à entretenir que les tables de bois qui s'encrassent vile, ou que les toiles cirées qui se fendillent ou se déchirent.

Le sol sera de préférence en mosaïque ou en carrelage de couleur 'T les murs seront ornés de motifs de décoration, qui doivent concourir selon l'expression de M. Ferté, à donner au réfectoire « un air engageant et appétissant ».

INTERNATS

Le réfectoire ne comporte habituellement que quelques longues tables; on a essayé dans quelques établissements de servir les repas par petites tables, placées chacune sous la surveillance d'un professeur ou d'un maître (Voir fîg. 134 et 135).

Les couverts et les différentes pièces du service de table doivent être soigneusement lavés après chaque repas : il est inimaginable que l'usage ait persisté dans quelques internats, rares, il faut l'espérer, de ne jamais laver les gobelets, non plus que les fourchettes ou les cuillers; ces ustensiles, après chaque repas, sont roulés dans la ser-

Fig\ 313. -*- Lycée de jeunes filles de Versailles; Infirmerie.

viette coiffée elle-même de la timbale, et le tout reste exposé sur la table ou logé dans un casier poussiéreux.

La cuisine sera disposée de telle façon que les odeurs n'envahissent ni le réfectoire ni aucune autre partie de l'établissement.

Infirmerie. — L'infirmerie doit toujours être logée dans un pavillon isolé, condition nécessaire à la prophylaxie des maladies contagieuses et aussi à la tranquillité des enfants malades (fig. 313 et 314).

Ce pavillon doit comprendre des services communs : salles de consultations, salles de pansements, cabinet de dentiste, pharmacie ; il faut prévoir aussi une salle de réunion ou de jeux pour les convalescents, un réfectoire, une cuisine permettant de préparer les régimes spéciaux, une salle de bains et d'hydrothérapie.

Les chambres devront être en nombre suffisant, les unes à pluplusieurs lits pour les affections banales et peu graves, d'autres à mu seul lit pour les maladies fébriles.

Ml-UY ET GENÉVRIER.

Les chambres réservées aux contagieux seront complètement isolées; le personnel qui y sera affecté ne devra avoir aucun rapport avec les autres infirmiers ou les autres malades.

A proximité des chambres d'isolement, des salles de bains seront utiles; nous n'insisterons pas davantage sur toutes les conditions hygiéniques qui doivent être observées dans l'organisation et le fonctionnement d'une infirmerie. Nous rappellerons seulement la nécessité d'infirmières attentives et habituées aux enfants.

La présence d'un interne est également nécessaire dans des établissements importants.

Dans les internats, encore plus que dans les écoles primaires, la

Fïg. 314.

Infirmerie du lycée Lakanal.

fiche sanitaire est utile aussi bien pour la prophylaxie des maladies contagieuses que pour l'hygiène générale de chaque enfant ; le modèle de ces fiches ne différera pas de ceux que nous reproduisons dans un prochain chapitre. Le médecin de la famille sera avec avantage consulté pour la rédaction de la fiche.

Dans les internats mixtes, les maladies contagieuses sont plus fréquentes que dans les internats simples ; cela s'explique aisément par la difficulté qu'il y a à contrôler la santé des externes qui sont exposés à des causes de contagion plus fréquentes que les internes.

Il est donc nécessaire qu'internes et externes soient également examinés par le médecin du lycée et soient pourvus de fiches sanitaires.

Nous devons ajouter que Y inspection médicale n'existe pas officiellement dans les lycées, et que la loi actuellement en préparation prévoit seulement l'inspection pour les écoles primaires. Ce n'est

INTERNATS. G— 643

pas sans difficultés que dans quelques lycées furent tentés des essais d'inspection effective avec établissement de fiches sanitaires; nous pourrions citer tel lycée où l'initiative prise par les médecins fut arrêtée par l'autorité administrative.

Le service médical des lycées est actuellement régi par un vieux règlement datant de 1821, où il est dit que « le médecin et le chirurgien sont tenus de faire tous les jours au moins une visite à l'infirmerie et d'en rendre compte au proviseur »; cette prescription ne vise donc que les enfants malades.

Un règlement récent de 1909 prescrit au médecin et au chirurgien d'examiner tous les trois mois les élèves du lycée ; mais celte prescription, qui ne comporte aucune précision ni aucune sanction, n'est appliquée que d'une façon très approximative. Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement dans des lycées comptant, comme à Paris, un millier d'élèves environ, et à plus forte raison dans les lycées de certaines grandes villes comme Grenoble, Lyon ou Marseille, qui comptent 1 200, 1 400 et 1 600 élèves, et où un seul médecin est chargé du service médical ?

Le médecin du lycée n'a, de plus, aucune autorité pour surveiller l'installation matérielle des locaux scolaires : il n'a à s'occuper ni du mobilier, ni du chauffage, ni de la ventilation, ni de l'alimentation ; il peut officieusement être consulté sur ces divers sujets par le proviseur, mais aucun règlement ne précise ces fonctions.

A l'heure actuelle, en France, l'inspection sanitaire et hygiénique des lycées peut donc être considérée comme inexistante, et le médecin du lycée n'est que le médecin traitant des élèves malades.

L'internat oblige à donner aux enfants une existence se rapprochant le plus possible des exigences de l'hygiène physique et intellectuelle des écoliers; c'est aux internes qu'elles doivent avant tout être appliquées.

Il faut aussi donner aux internes certaines distractions suppléant dans une certaine mesures aux fêtes familiales. Des salles de fêles ou des salles de jeux sont installées dans ce but (fig. 315, 316).

Nous rappelons la nécessité d'une vie physique suffisamment active ; dans les internats situés au centre des grandes villes, où il est matériellement impossible de procurer aux élèves des espaces suffisants pour qu'ils puissent se livrer aux jeux de plein air, on doit multiplier les exercices qui exigent peu de place et ont cependant une certaine valeur hygiénique : exercices de gymnase, escrime, boxe, et aussi travaux manuels de toute sorte.

Dans les lycées situés au voisinage des grandes villes, les élèves disposent de parcs où tous les jeux de plein air peuvent être pratiqués (fig. 317) : il y a là un avantage considérable.

Beaucoup d'internats de grandes villes possèdent aujourd'hui, dans les environs immédiats, des domaines assez vastes où tous les

Fig\ 315. — Lycée Lakanal; salon des jeux et théâtre.

Fig. 316. — Lycée de Toulouse; salle des fêtes.

INTERNATS. 6—645

jeux de plein air peuvent être exécutés (fig-. 318); les élèves sont con-

Fig. 317. — Lycée Lakanal ; le tennis dans le parc.

Fig. 318. — Parc de Belle vue, appartenant au lycée de Toulouse.

duits lesjeudis'ct dimanches dansées propriétés; quelques-unes sont m-l allées de façon à pouvoir recevoir les enfants pendant la journée

646 Mi:ilY ET GENÉVRIER. — HYGIENE SCOLAIRE.

entière, le repas de midi étant pris dans un réfectoire ou même en plein air. Ces deux journées passées au grand air chaque semaine sont des plus favorables aux internes, et cet usage devrait être encouragé.

Ces œuvres, de développement assez récent, ont pris ces dernières années une très grande extension; à Paris en particulier, le nombre des enfants envoyés à la campagne pendant les mois d'été par l'intermédiaire de ces œuvres est de plus en plus considérable. De nombreuses initiatives privées ont pris intérêt à ces colonies de vacances, et Ton peut espérer qu'un jour prochain presque tous les petits Parisiens, à qui un séjour de quelques semaines à la campagne est si utile, pourront en profiter.

On cite le nom du conventionnel Portiez, qui, en 1795, émit, pour la première fois l'idée d'envoyer un certain nombre d'écoliers de la ville se retremper au contact de la nature; il faut voir sans doute dans ce précurseur un disciple de Jean-Jacques.

En réalité, c'est un Pasteur de Zurich, Bion, qui, pendant l'été de 1866, eut le premier l'idée d'envoyer un groupe d'une soixantaine d'enfants à la montagne. Il fut frappé, ainsi que tous ceux qui s'intéressèrent à son entreprise, des heureux résultats obtenus. Plusieurs villes de France suivirent cet exemple; et, depuis, la plupart des grandes villes d'Europe peuvent, pendant l'été, envoyer un grand nombre de leurs écoliers à la campagne; les derniers congrès d'hygiène scolaire ont été l'occasion de nombreux rapports sur ce sujet.

A Paris, en 1881, grâce aux efforts du pasteur et de Mme Lorriaux, fut instituée la première colonie de vacances, sous le nom d'OEuvre des Trois Semaines.

L'année suivante, les colonies de vacances de laChaussée-du-Maine furent créées par Mmesde Pressensé, Louis d'Eichthal, et Mlle Vieux, qui fut la directrice de l'œuvre; les premiers écoliers envoyés en vacances furent reçus par Mme d'Eichhtal, dans une de ses fermes du Loiret.

Les Caisses des écoles des divers arrondissements de Paris s'intéressèrent bientôt à ce mouvement; en 1883, M. Cottinet, administrateur de la caisse des écoles du Xe arrondissement, pouvait envoyer 100 enfants à la campagne. Depuis, non seulement les caisses des écoles, mais divers patronages ou œuvres de charité privée ont suivi cet exemple, et il n'est pas exagéré dédire que chaque été plus de 10 000 petits Parisiens jouissent des bienfaits des colonies de vacances.

En province, l'exemple a été suivi depuis longtemps; les villes de

COLOxNIES DE VACANCES. 6— 647

Saint-Étienne, de Nantes, de Lyon, de Troyes, ont, entre autres, des colonies scolaires très prospères.

Recrutement. — Les enfants amenés dans les colonies scolaires doivent être soumis préalablement à un examen médical. Tous ceuxqui sont suspects de maladies contagieuses doivent d'abord êtreproscrits; on sera particulièrement sévère pour ceux qui pourraientprésenter des lésionsde tuberculose ouverte. On éliminera aussi les malades exigeant des soins spéciaux. Les colonies scolaires devant rester des organisations économiques, il faut que les enfants puissent se soumettre à une règle commune. On éliminera aussi les enfants nerveux ou trop indisciplinés;, qui pourraient compromettre la bonne tenue de la colonie et même devenir un danger pour leurs condisciples.

Ces restrictions faites, nous ne voyons aucun inconvénient à envoyer dans les colonies les enfants convalescents ou débiles, voire même les anémiques et les porteurs de tuberculose latente ou fermée. Nous ne croyons pas que « l'enfant sain doive avoir le pas sur l'enfant malade », si toutefois on entend par enfant malade un enfant simplement chétif ou délicat et non pas un enfant porteur d'une maladie en cours d'évolution; l'expérience, en effet, a appris que ce sont les enfants les plus délicats qui ont tiré des colonies de vacances le bénéfice le plus appréciable; quand on procède à l'examen de retour, on constate que les augmentations de poids et de taille les plus considérables ont été acquises par les enfants qui étaient le plus en retard.

La première raison déterminante dans le choix de l'écolier à envoyer aux colonies de vacances sera donc son état de santé; vers le mois de juin ou juillet, le médecin scolaire passera une sorte d'inspection de toute la population de son école, et c'est lui-même qui présentera les enfants qui lui paraîtront avoir le plus grand besoin du séjour à la campagne. C'est ainsi, d'ailleurs, que les choses se passent à Paris. Malheureusement, dans les quartiers pauvres, les colonies de vacances ne peuvent pas encore, à l'heure actuelle, disposer d'assez de places pour tous les candidats ; force est alors de faire une sélection parmi les enfants qui sont susceptibles de profiter de l'œuvre; on choisira dans ce cas ceux dont les conditions familiales sont les plus déplorables ou les plus miséreuses.

Dans aucun cas on ne s'inspirera du classement des écoliers; en effet, ce sont souvent ceux qui ont eu les moins bonnes notes pendant l'année scolaire qui pourront, à la suite de leur séjour à la campagne, éprouver, en même temps qu'une amélioration de leur état physique, une véritable transformation de leurs aptitudes intellectuelles et en particulier de leurs facultés d'attention.

Nous adoptons donc les conclusions présentées par Noir et Gourichon au Congrès de la tuberculose de 1905 :

6'i8 MÉRY ET GENÉVRIER. — HYGIENE SCOLAIRE.

Les colonies scolaires seront de préférence réservées :

1° i\ux enfants faibles, mal développés, peu musclés;

2° Aux enfants au thorax rétréci, à dos voûté, à épaules tombantes, aux omoplates saillantes;

3° Aux enfanls du type Lorain, à hérédité syphilitique, tuberculeuse, alcoolique, etqui, quoique bien conformés, sont petits etfaibles;

1° Aux enfants à poils roux, type vénitien de Landouzy;

5" Aux anémiés et aux convalescents de maladies aiguës.

Nous ajouterons à cette liste, avec Dufestel, les prétuberculeux et les porteurs d'adénopathie trachéobronchique.

L'âge des enfants envoyés dans les colonies scolairesdoit être assez élevé pour que les soins ne soient pas trop compliqués à donner; il faut que les enfants sachent s'habiller, se laver et manger seuls. Pour cette raison, les colonies scolaires des écoles parisiennes n'admettent guère d'enfants au-dessous de dix ans; ce sont donc, en réalité, des enfants de dix, onze et douze ans qui profitent seuls de l'œuvre. Cette marge nous paraît insuffisante, car il serait profitable à la plupart des enfants débiles de pouvoir fréquenter plusieurs années de suite les colonies scolaires ; il y aurait gros avantage à pouvoir les y envoyer dès l'âge de six à sept ans et de continuer tant que leur développement ne serait pas devenu normal, jusque vers l'âge de quatorze ou quinze ans; il va de soi que les enfants des différents âges seront autant que possible groupés dans des colonies distinctes.

Organisation des colonies scolaires. — Il existe deux modes d'organisation, très différents, des colonies scolaires; ou bien les enfants forment un groupe plus ou moins important, variant de vingt à cent enfants, réunis dans un établissement appartenant à l'œuvre ou loué pendant les vacances; ou bien on use du placement familial, quelques enfants, quatre ou cinq au plus, étant confiés à une famille d'honorabilité reconnue.

A Paris, les colonies de vacances organisées par les Caisses des écoles utilisent toutes le placement collectif. Plusieurs de ces œuvres possèdent des propriétés importantes; c'est ainsi que le IIIe arrondissement loge ses colons dans sa villa scolaire de Vert-le-Grand (Seine-et-Oise) ; le VIP possède au Vésinet une très belle propriété; le XIe, un domaine dans les Vosges, à Mandres; le XVIIIe, un château à Luzancy (Seine-et-Marne). La plupart de ces propriétés ont été léguées aux œuvres. Les Caisses des écoles qui ne sont pas aussi favorisées louent des immeubles qu'on arrive assez facilement à approprier à leur nouvelle destination ; des bâtiments de ferme ou des propriétés assez vastes sont le plus souvent utilisés.

Dans ces colonies à placement collectif, la surveillance est confiée à des instituteurs ou institutrices qui, outre le logement et la nourriture, reçoivent une légère subvention.

Dans le placement familial qui est adopté par la plupart des

œuvres privées, les enfants, placés par petits groupes chez des paysans, ont évidemment une vie beaucoup plus agréable ; ils peuvent profiter davantage des agréments et des enseignements de la vie à la campagne ; de plus, il s'établit entre les hôtes et leurs pensionnaires des liens d'amitié qui ont l'influence la plus heureuse sur les jeunes habitants des villes, souvent habitués à toutes les promiscuités.

Quelques colonies sont installées au bord de la mer ou à la monlagne. En dehors des inconvénients qui résultent de l'éloignement de ces colonies, il faut signaler aussi la nécessité d'une surveillance beaucoup plus active, ainsi que l'influence parfois pernicieuse d'un climat trop rude sur les enfants aux systèmes nerveux ou pulmonaire facilement excitable.

La durée du séjour dans les colonies doit être d'au moins un mois; le séjour de trois semaines que beaucoup d'œuvres peuvent seulement offrir à leurs pensionnaires paraît bien insuffisant, et la tendance actuelle parait être d'en prolonger le plus possible la durée. En effet, l'observation a montré que, pendant la première semaine, il se fait une sorte d'adaptation pendant laquelle beaucoup d'enfants ne tirent presque aucun profit physique de leur nouvelle existence; on constate même assez souvent de l'amaigrissement pendant cette période, ce qu'il faut sans doute attribuer à l'excès d'exercice ou d'activité auquel les enfants se livrent dans la joie d'une liberté qu'ils ne connaissaient guère.

Il est utile que les enfants placés dans les familles ne soient pas trop dispersés, pour qu'une surveillance puisse être exercée sur eux d'une façon à peu près régulière.

Une surveillance médicale est même nécessaire dans le cas où se produiraient quelques maladies contagieuses ou même quelques accidents.

Au moment du départ, les enfants doivent recevoir un trousseau simple, mais solide et pratique ; on pourra s'inspirer à ce point de vue de l'œuvre de Mmc Frank-Puaux, qui demande que ses colons soient munis de trois chemises, trois tabliers, plusieurs paires de bas, mouchoirs, un vêtement de rechange un peu chaud et une bonne paire de chaussures: le tout doit être contenu dans un sac de toile sur lequel est inscrit le nom du colon : ce simple bagage est infiniment préférable aux valises ou aux caisses encombrantes et difficiles à transporter.

Emploi du temps. — Nourriture. — Les enfants doivent rester aussi libres que possible; avec le placement famillial, l'emploi du temps des petits colons est tout trouvé; ils prennent part aux occupations de la famille dans laquelle ils sont placés : travaux de fenaison, de moisson, de cueillette de fruits; les fillettes s'intéressent aux soins du ménage ou de la basse-cour; c'est un véritable enseignement que les enfants de la ville reçoivent de cette façon.

Dans le placement collectif, l'occupation à donner aux enfants est plus difficile : il faut pour ainsi dire qu'ils soient en état d'occupation permanente si Ton ne veut pas que la flânerie les amène vite à faire quelque sottise; c'est pour cette raison que Dufestel réclame, pour chaque colonie scolaire, un professeur de gymnastique qui organiserait les jeux des enfants et leur ferait exécuter, chaque jour, quelques courtes séances de gymnastique respiratoire. Les promenades, les jeux en plein air, les visites aux principales curiosités du pays régleront l'emploi du temps des colonies scolaires.

Nous reproduisons, à titre d'exemple, quelques lignes extraites du rapport annuel présenté à la caisse des écoles du VIIe arrondissement de Paris, au sujet de sa villa scolaire de Saint-Germain-en- Laye.

Du 1er mai au 30 septembre, la villa reçoit six séries de chacune trente et un enfants ; soit en tout cent quatre-vingt-six enfants qui séjournent à la campagne pendant vingt et un jours, pour leur grand bien au triple point de vue physique, intellectuel et moral.

Leurs excursions dans la foret et dans la région environnante ont donné lieu à de véritables leçons de choses en plein air. « Point de leçonfixée d'avance, écritundesinstituteurschargésdelasurveillance d'une des colonies de 1911. Nous allons tous les jours au bonheur des circonstances, au hasard des trouvailles et des sujets, certains que la matière ne nous fera jamais défaut. Notre livre unique est la nature; notre mobilier scolaire, le sol; notre matériel, la terre avec ses pierres, ses plantes, ses animaux. En observant, en classant, en raisonnant, soit individuellement, soit en commun, les enfants acquièrent de nouvelles connaissances, développent leur instruction. Ce jeu complet des sens et de toutes les facultés intellectuelles leur procure des sensations multiples et variées, donne naissance aux idées et aux sentiments. Et ainsi se fait naturellement l'éducation combinée de l'esprit et du cœur, l'éducation intellectuelle et morale de nos jeunes colons. »

La nourriture saine et abondante sera à peu près celle que nous indiquerons pour les écoles de plein air. La nourriture donnée dans les cantines scolaires, dont nous avons ailleurs donné la ration, ne serait pas suffisante pour des enfants vivant au grand air et dont l'appétit est exalté.

Frais de séjour. — Il nous reste à parler de la question budgétaire. Les différentes œuvres de colonies de vacances ont des budgets assez différents les uns des autres; c'est ainsi que l'Œuvre des Trois Semaines ne demande que 40 francs pour le voyage et pour le séjour des enfants pendant vingt et un jours à la campagne; les colonies de vacances de la Chaussée-du-Maine demandent 35 francs pour les enfants de cinq à douze ans et 40 francs pour ceux de douze à quinze ans pour un mois de séjour à la campagne. Les colo-

nies delà ville de Paris reviennent beaucoup plus cher, de ït à 3 fr. 85 par jour, pour une durée de vingt et un jours. Nous empruntons ces chiffres à Mmc Frank-Puaux, qui les résume ainsi :

« En 1890, pour 10S8 enfants envoyés en colonies scolaires, la ville de Paris a dépensé 10*2 000 francs, tandis qu'en 1904 l'œuvre de la Chaussée-du-Maine a procuré des vacances à 1 995 enfants en leur accordant 2 262 mois de séjour pour une somme presque équivalente de 105 000 francs, réalisant ainsi une économie de plus de moitié sur le prix de revient de chaque petit voyageur. »

Dans la plupart des œuvres privées, on demande une participation des familles, si faible soit-elle; on considère avec juste raison que cette contribution produit un effet moralisateur sur les familles qui ne reçoivent plus une charité.

Résultats. — Les résultats du séjour aux colonies de vacances, pour les enfants de la ville, sont merveilleux. Les Drs Zuber et Armand-Delille (1), qui ont examiné les enfants avant le départ et à leur retour, écrivent :

« Les bons résultats de cette cure de campagne se traduisent à la fois par la belle apparence extérieure des enfants, par leur teint coloré, leur entrain, leur vigueur et par une augmentation de poids qui est de 1450 grammes en moyenne et dont le maximum atteint parfois 3 kilogrammes, en même temps que la taille s'accroît de 12 millimètres en moyenne et le périmètre thoracique de 20 millimètres. En étudiant les poids d'enfants pesés deux ans de suite parmi ces petits colons, il est intéressant de constater, en comparant leur poids avant et après le séjour à la campagne, que ces enfants ont fait en ce seul mois plus de la moitié de leur augmentation annuelle; il est de même à remarquer que l'accroissement de la taille représente pour ce mois le quart de l'accroissement annuel normal pour des enfants de cet âge. »

Voici, d'autre part, les résultats obtenus par l'œuvre de la Chausséedu-Maine; chaque lettre désigne une colonie de vacances différente :

Augmentation. Maximum. Moyenne.

f Poids. 2k&,500 l"e,177

A. 42 Garçons.... ) Taille, îi millim. 6mm,9

(Thorax. 84 — 18 millim.

I Poids. 4 kilos. lk*-r,l i »

34 Filles Taille. 58 millim. 9""n,7

( Thorax. 60 — 19 millim.

I Poids. 4k*,300 lktf,78 i

B. 52 Garçons. ... j Taille. 30 millim. l^m^

( Thorax. 80 — 35 millim.

! Poids. 4k«,500 2»«,390

53 Filles I Taille. 35 millim. 14 millim.

( Thorax (4 fillettes). 85 — 49°"", 7

(1) Zudeh et Armand-Delille, IIIe Congrès (Thyg. scol , Paris, 1910.

, ~ l Poids. 3*«.700 1"*.520

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