‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 101 sur 158 · CALORIES · texte numérisé non relu

CALORIES

2 à i ans

gr- 93,1

( garçons.

5 à 7 ans <

( filles . . .

A côté de ces aliments riches en albumine, les féculents doivent tenir une large place dans les menus, en particulier sous forme de purée ou de pâtes alimentaires.

Les légumes verts ont leur intérêt parce qu'ils fournissent des aliments plus frais et riches en sels minéraux : les épinards sont surtout recommandables. Il en est de même des compotes de fruits, pendant la belle saison. Les fruits crus ne sont pas sans danger; ils ne seront donnés qu'à la condition d'être très mûrs et après que les parties exclusivement formées de cellulose auront été enlevées, comme les peaux ou les pépins.

Dans la pratique, il est difficile de tenir un compte exact des données théoriques, sur lesquelles nous avons insisté davantage dans

un précédent chapitre ; aussi croyons-nous utile de reproduire quelques menus qui nous paraissent assez bien compris et dont on pourra s'inspirer.

Une des écoles maternelles du XXe arrondissement, à Paris, fournit à ses enfants les aliments suivants, dont les quantités sont calculées pour cent enfants :

Lundi et vendredi. — Riz au lait avec œufs :

Lait 10 litres.

Riz 1*«,750

Œufs 24

Sucre 1 kilo.

Mardi. — Pommes de terre ou macaroni avec mouton :

Pommes de terre 25 kilos.

Mouton (viande désossée) 4k*,500

ou :

Macaroni 7^,500

Mouton (viande désossée] 4kg,500

Mercredi. — Purée de lentilles ou de haricots avec saucisses.

Lentilles ou haricots 11 litres.

Saucisses 3 kilos.

Jeudi. — Macaroni au gratin :

Macaroni 7kg,500

Fromage 1 kilo.

Samedi. — Purée de pois cassés avec mouton :

Pois cassés 8 litres.

Mouton 4ks,500

La viande est servie coupée en petits morceaux, mais non hachée.

Exercices physiques. — A l'école maternelle, ils sont d'autant plus indispensables que les jeunes enfants ont un besoin inné de mouvement : il y a là en quelque sorte une nécessité de leur développement.

Il faut doneque dans les écoles maternelles soient prévus des espaces suffisants pour que les enfants y prennent tous les ébats dont ils ont besoin; la cour doit être assez vaste pour que tous les élèves puissent yjouer, sans y être entassés, et en toute liberté de mouvement. Avec Dufestel, nous aimerions que dans chaque école une large pelouse ombragée soit réservée aux enfants les plus jeunes pour qu'ils y puissent courir, gambader, se bousculer et tomber sans qu'ils ne risquent aucun mal. En différents points de la cour seront placés des tas de sable où les enfants pourront se livrer à leurs jeux favoris ; on leur donnera les quelques outils avec

lesquels ils ont l'habitude de se livrer à leurs travaux de terrassement.

Dans quelques écoles belges, on a disposé dans les cours des grands jouets qui exercent une grande attraction sur les enfants (fig. 294). Quand l'espace disponible sera suffisant, on attribuera aux enfants des jardinets auxquels ils savent fort bien s'intéresser (fig. 295).

Pour les mauvais jours, le préau largement éclairé et ventilé servira de salle de jeux et de récréation.

Les jeunes enfants, jusqu'à quatre ou cinq ans, ne peuvent guère

Fig. 294. — Cour de récréation, avec jeux, dans une école maternelle d'Anvers.

être soumis à la discipline d'exercices réglés ni même de jeux rythmés ; les jeux libres sont les seuls qui leur conviennent; on les laissera courir ou gesticuler à leur gré. Le Dr Dufestel, qui s'est vivement intéressé aux tout petits écoliers, nous avoue tout le plaisir qu'il prend à assister à ces récréations de l'école maternelle : « C'est extrêmement intéressant de voir tous ces petits agir selon leur tempérament. Les uns courent en tous sens en pleine liberté et éprouvent le besoin de faire du bruit; les autres jouent dans un coin, à des jeux calmes et tranquilles; d'autres enfin, assis sur un banc, ne se laissent pas séduire par les propositions de leurs camarades et évitent tout mouvement. »

Souvent ces enfants immobiles sont des malades, ou tout au moins des faibles et des débiles que le moindre effort fatigue et qui préfèrent rester dans leur coin. Les maîtresses doivent s'en occuper et les signaler au médecin, qui, lui, devra les examiner et rechercher les causes de leur apathie.

Les jeux libres auxquels peuvent se livrer les jeunes enfants sont très nombreux. On peut citer les rondes, le cerceau, le saut à la corde, les quatre coins : certains jeux sont surtout récréa tifs, dans ce sens qu'ils exigent peu de force et constituent surtout une dis-

Fig. 295. — Jardinage (cliché de Mllc Fanta).

traction; d'autres jeux, au contraire, exigent des efforts musculaires assez intenses pour qu'on puisse les appeler des jeux gymnasliques. On aura soin de graduer l'usage de ces différents jeux suivant la force et suivant l'Age des enfants; on tiendra compte aussi de la température, les jeux les plus mouvementés devant être réservés à la saison froide.

Pour les enfants de quatre à six ans des écoles maternelles, dit le dernier Manuel d'exercices physiques de V Instruction publique, « on se contentera des évolutions enfantines, rondes et marches accompagnées souvent de chant; quelques attitudes correctives ; jeux libres; jeux réglés; mouvements d'imitation; exercices sur le mobilier scolaire; exercices respiratoires » (fig. 296 et 297).

Quant à la gymnastique proprement dite, elle est extrêmement difficile à faire exécuter aux enfants âgés de moins de six ans;

morne avec un professeur individuel, on éprouve la plus grande peine à faire exécuter correctement, et de façon utile, les mouvements simples de la gymnastique respiratoire. Mme Pape-Carpenlier lavait fort bien compris, et elle adaptait d'une façon très intéressante les sentiments du jeune enfant à son besoin de mouvements en réglant les uns sur les autres : «La gymnastique régulière, théorique, disait-elle, a peu de charme pour les petits enfants ; malgré les chants dont on a la bonne coutume de raccompagner, ils ne peuvent encore en comprendre le principe et la valeur. Au contraire, s'imaginer qu'on laboure la terre, qu'on fait la cuisine, le

Fig. 296. — Mouvements et marche rythmés (cliché de Mlle Fanla).

ménage, qu'on cueille les fleurs, qu'on joue de petits drames, cela charme tous les enfants, et leurs divers mouvements, stimulés par l'élan de chaque pensée, prennent d'eux-mêmes la franchise et l'attitude indispensables pour produire sur l'appareil musculaire tout entier les bons résultats qu'on doit avoir en vue. »

Mais, quel que soit l'exercice auquel le jeune enfant va se livrer, il est indispensable que la maîtresse joue un véritable rôle d'enseignement : les jeux exigent un apprentissage méthodique sans lequel ils risquent de ne pas présenter d'intérêt et de manquer d'efficacité. « Il faut qu'un maître les enseigne, les dirige et les surveille, au même titre que les autres exercices collectifs ; avec cette différence toutefois que, dans les exercices d'ensemble, tous les mouvements s'exécutent au commandement, tandis que dans

les autres jeux l'écolier conserve une certaine part d'initiative individuelle et de responsabilité dont la sanction sera le gain ou la perte de la partie » {Manuel d 'exercices physiques).

Ces jeux et exercices, si utiles au développement musculaire du jeune enfant, ont aussi chez lui une grande importance éducative : ils développent ses qualités de décision, d'initiative et d'adresse ; les jeux de balle, par exemple, exercent à la fois la sûreté du coup d'œil et la force musculaire. Une véritable émulation s'établit entre les enfants plus ou moins adroits ; la volonté elle-même intervient dans la persévérance que mettent certains enfants à accomplir cor-

Ffc. 297. — Ronde enfantine (cliché de Mlle Fanta).

rectement certains exercices qui les amusent ; la valeur éducative du jeu est aussi bien morale que physique chez les tout petits.

Les travaux manuels, qui occupent maintenant une large place dans les programmes des écoles maternelles, doivent aidera réaliser l'éducation des différents sens; il ne faut pas croire qu'il s'agit là d'une simple question d'éducation physique ; le développement psychique de l'enfant est intimement lié à ses acquisitions sensitives et sensorielles (iig. 298 et 299); c'est sur cette donnée que repose la méthode de Frœbel, dont nous nous sommes occupés déjà en étudiant les « programmes et les méthodes d'enseignement ».

Hygiène intellectuelle. — L'hygiène intellectuelle du jeune enfant exige que les exercices physiques ou le jeu tiennent la plus

grande place dans son emploi du temps; «l'enfant qui joue se porte mieux et s'instruit plus que eelui qui s'ennuie, disait Mme Pape- Carpentïer »; nous dirions volontiers que le jeu chez le jeune enfant doit elre le moyen principal d'enseignement.

Le décret de 1848, qui a fait des écoles maternelles des établissements d'instruction publique, a amené la fâcheuse tendance de vouloir faire de ces écoles des lieux d'enseignement ; les notions abstraites devraient être à peu près complètement exclues des programmes ; chercher à faire un enseignement théorique et raisonné nous semble du temps perdu, et cela aux dépens de l'hygiène physique.

Fig. 298. — Dessin d'après nature (cliché de Mlle Fanta).

En effet, la première conséquence fâcheuse de cet enseignement, c'est d'obliger l'enfant à une sédentarité qui va à l'encontre de ses besoins primordiaux.

Il faudrait aussi faire une distinction entre les enfants tout jeunes et ceux qui sont âgés de cinq ou six ans : aux tout petits, âgés de deux à quatre ans, on ne doit imposer aucun exercice de classe ; les jeux, le mouvement et le grand air sont les besoins qu'on doit chez eux satisfaire tout d'abord. Chez les enfants un peu plus grands, l'horaire devra être coupé de temps très nombreux réservés aux récréations: c'est ce qu'on a tâché de réaliser dans les écoles maternelles de la Ville de Paris : toutefois nous verrions sans aucun regret le temps des classes encore raccourci au profit des récréations en plein air. Nous donnons ci-dessous, d'après Dufestel,

l'emploi du temps dans une École maternelle de Paris; il faut remarquer que cet établissement reçoit des enfants de deux à sept ans, et que les tout petits y sont astreints à une même durée de séjour dans les classes que les plus grands, qui forment des classes enfantines : il y a là un fait tout à fait anormal et qui appelle une réforme urgente.

Dans cette école, les enfants sont reçus dès 7 heures du matin en été, et à 8 heures en hiver. Jusqu'à 9 heures, l'élève reste dans la cour ou dans le préau, selon la saison.

« De 9 heures à 9 h. 15, visite de propreté et passage aux water-

Fig. 299. — Modelage (cliché de M»e Fanta).

closels; 9h. 15 à 9 h. 35, classe; 9 h. 35 à 9 h. 45, évolution dans la classe; 9 h. 45 à 10 h. 15, classe; 10 h. 15 à 10 h. 45, récréation dans la cour; 10 h. 45 à 11 heures, classe; 11 heures à 11 h. 5, mouvements dans la classe; 11 h. 5 à 11 h. 25, travail. Sortie de l'école.

« Déjeuner pour les enfants nourris à la cantine de 11 heures et demie à midi 20, puis récréation jusqu'à 1 heure.

« De 1 heure à 1 h. 30, water-closets et lavabo; 1 h. 30à 2 heures, classe; 2 h. à 2 h. 10, évolutions dans la classe; 2 h. 10 à 2 h. 30, classe ; 2 h . 30 à 3 heures, récréation et water-closets : 3 heu res à 3 h . 20, classe; 3 h. 20 à 3 h. 25, mouvements dans la classe; 3 h. 25 à 3 h. 55, travail; 3 h. 55, sortie.

« Les enfants qui restent jusqu'à 6 heures en hiver et à 7 heures

Thaité d'hygiène. VI. — 40

en élé jouent dans le préau ou dans la cour, selon la saison. Cet horaire compte deux classes le matin et deux classes l'après-midi, coupées par une récréation d'une demi-heure.

« La durée du séjour de L'enfant dans la salle d'exercices est de une heure pour la classe qui précède la récréation et de quarante à cinquante minutes pour celle qui suit. Le séjour d'une heure, qui serait beaucoup trop long pour des enfants si jeunes, est atténué par dix minutes d'évolutions. Les classes qui suivent les récréations, et qui sont respectivement de quarante à cinquante-cinq minutes, ne comprennent des évolutions que pendant une durée de cinq minutes.

« Les évolutions consistent en promenades avec chants autour de la classe ou en chants rythmés, l'enfant debout exécutant des gestes et des mouvements appropriés aux paroles (1) » (Dufestel).

Prophylaxie des maladies contagieuses. — Elle doit être à l'école maternelle d'une activité toute spéciale. Les élèves sont en effet pour la plupart vierges de toute fièvre éruptive; ils sont aptes à recevoir toutes les contagions. Quand la rougeole ou la coqueluche éclatent dans une école maternelle, les ravages y sont considérables.

Il en est de même pour la tuberculose : le nombre total des décès par tuberculose à l'école maternelle est supérieur à celui des décès par tuberculose à l'école primaire. Le danger étant plus grand, les précautions doivent être d'autant plus minutieuses.

Les règlements ne diffèrent pas de ceux qui sont en vigueur pour les écoles primaires : nous n'y reviendrons pas ici.

Nous voudrions que le programme d'instruction des personnes chargées de diriger les écoles maternelles comporte une étude assez complète des questions d'hygiène ; la prophylaxie des maladies contagieuses tiendrail une place assezimportantedansceprogramme.

Et ceci nous amèneà parler de nouveau de l'insuffisance des femmes de service actuellement employées dans nos écoles maternelles pour donner aux enfants les premiers soins en cas d'indisposition ou pour leur appliquer les soins hygiéniques dont ils ont besoin. Si ces femmes sont remplies de bonne volonté, force est d'admettre qu'elles manquent de l'éducation spéciale qui donne aux nurses, dans les écoles anglaises, tant d'autorité sur les enfants et même sur leur famille.

Cette question du personnel chargé des soins de propreté et d'hygiène dans les écoles maternelles n'est pas seulement une question d'hygiène : c'est à proprement parler une question d'éducation familiale et sociale.

(1) On* lira avec grand intérêt les ouvrages suivants où sont indiquées les méthodes d'éducation et d'enseignement qui conviennent aux tout petits Mlle BraNdt, Manuel du « Jardin d'enfants » ; Félix inlein, Mon Filleul au « Jardin d'enfants »; M^e J. Girard, L'éducation de la petite enfance.

INTERNATS

///. - INTERNA TS

La plupart des établissements secondaires, lycées ou collèges, reçoivent à la fois des externes et des internes.

Dans les grandes villes, quelques lycées sont uniquement des externats; pour ces derniers, il est indispensable d'être situé dans un endroit central; cette obligation imposera le plus souvent des constructions assez resserrées à cause de l'exiguïté du terrain dont le prix est très élevé.

Mais, pour les internats, il serait à souhaiter que les emplacements soient choisis dans les quartiers périphériques et aérés; il serait

Fig. 300. — Lycée de Caen (ancienne Abbaye-aux-Hommes).

préférable encore que ces établissements soient installés complètement en dehors de la ville, sinon en pleine campagne. C'est ce qui a été réalisé à Paris, par exemple, pour les lycées Michelet etLakanal. C'est aussi dans ce but qu'ont été établies quelques écoles modèles dont l'une des premières, en France, fut l'école des Roches, due à l'initiative de Demolins.

Malheureusement on a dû, dans bien des cas, utiliser des locaux anciens situés au centre des villes; cependant, parmi les plus vieux de ces établissements, on peut en citer quelques-uns dont l'appropriation ne laisse guère à désirer, comme à Caen, par exemple, où les bâtiments du lycée sont en grande partie ceux d'une abbaye reconstruite au xvme siècle (fig. 300), et comme à Toulouse, où Ton a pu utiliser un cloître et une salle datant du xnie siècle (fig. 301 et 316).

Tout ce qui concerne l'emplacement, la nature dii sol, le drainage, la construction, la disposition des classes, l'éclairage et le chauffage,

la ventilation, ne prête guère à d'autres considérations que celles exposées dans la première partie de cet ouvrage à propos de la construction et de l'aménagement des écoles en général.

Jusqu'à ces dernières années, les bAtiments des lycées ont été réunis dans un groupe assez dense ; le plan du lycée Buflbn, de Paris (fig. 302), montre comment sont le plus habituellement disposés les locaux; le rez-de-chaussée est occupé par des salles de classe et par les services généraux; parfois les salles de bains et

Fig. 301. — Cour et préaux du lycée de Toulouse (ancien cloître des Jacobins).

même le réfectoire sont relégués au sous-sol; les dortoirs occupent les étages supérieurs; cette sorte de tassement des constructions est à peu près inévitable dans les grandes agglomérations, et les façades de quelques lycées que nous reproduisons (fig 303, 304, 305) indiquent bien la nécessité imposée à l'architecte d'utiliser le terrain de la façon la plus économique.

On peut voir dans les pays où l'hygiène est cependant fort en honneur, en Danemark ou en Suède, par exemple, des lycées disposer d'un terrain très réduit et être obligés de multiplier les étages jusqu'au nombre de cinq ou six.

En dehors des cas où des raisons inévitables et malheureusement trop fréquentes imposent des bâtiments aussi resserrés, il faut au contraire se rapprocher le plus possible de la conception moderneT

INTERNATS

qui lend à disperser les locaux d'internat sur un plus grand espace de terrain ; au lieu d'une sorte de caserne où les enfants sont entassés avec tous les dangers physiques ou moraux que créent la promiscuité, nous souhaiterions voir se généraliser les établissements conçus

sur le type de l'école des Roches; là les enfants sont réunis par groupe de quinze à trente dans une maison où ils retrouvent la vie de famille, où ils restent sous la surveillance d'un maître qui vit complètement avec eux, et où enfin ils jouissent dune liberté capable de développer chez eux l'initiative et le sentiment de la responsabilité.

Tout récemment, au lycéede jeune filles de Versailles, une Société

Fig. 303. — Lycée Ingres, à Montauban

Fig. 304. — Lycée de Herlufsholm (Danemark).

d'Amis de V Université a réalisé une tentative analogue dont le

INTERNATS

succès est des plus encourageant : « On a fait construire (1), dans un parc de 2 hectares des pavillons séparés (fig. 306) pour trente-deux à trente-cinq élèves. Ce nombre pourrait être avantageusement réduit de moitié si Ton voulait faire l'expérience pour des élèves plus fortunées pouvant payer une pension supérieure au chiffre de 1 100 ou 1 200 francs.

« Chaque pavillon est administré par une surintendante. C'est une

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Fig. 305. — Atcneum for flickor (Stockholm).

mère de famille, veuve sans enfant, ou ancienne institutrice déjà expérimentée, qui groupe autour d'elle ses enfants d'adoption, prend ses repas avec elles, partage leur vie dans ses plus petits détails, puisque sa chambre s'ouvre à droite et à gauche sur celles de ses élèves.

« Elle est aidée par une institutrice diplômée, capable de diriger le travail du petit groupe, et par deux auxiliaires plus jeunes, fran-

(1) Rapport de M'ic Allégrbt et du !)»■ Broussin, ///« Congrès d'hygiène scolaire, Paris. 1910.

MER Y ET GENEVRIER.

HYGIENE SCOLAIRE

çaises ou étrangères, qui ont leurs chambres entre deux chambres d'élèves.

« Les "pavillons ont deux étages. Les fenêtres des deux façades ont des balcons garnis de fleurs.

« Au rez-de-chaussée se trouvent le grand salon, le cabinet de la surintendante, la salle d'études, les lavabos et water-closets et quelques chambres pour des élèves étrangères.

« Tous les murs sont peints; le mobilier, simple, clair, est en harmonie avec l'ensemble.

« C'est au grand salon que se tiennent les réunions du soir; les

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Fig. 306. — Lycée de jeunes filles de Versailles; pavillons isolés.

élèves y viennent librement, aux heures de repos, lire ou travailler, faire de la musique.

« La salle d'études (12m,25 sur 4n\35) est divisée en deux parties pour que les jeunes filles qui ont besoin de se promener en travaillant ou d'étudier à haute voix puissent le faire sans déranger leurs voisines. Le mobilier adopté est celui du Dr Rolland (de Toulouse). L'aération de cette salle est assurée par la disposition des vitres, qui permet un courant d'air constant et par la règle suivie qui oblige les élèves à suspendre, toutes les heures, leur travail pour ouvrir les fenêtres. D'ailleurs, toutes les fois que le temps le permet, une partie de l'élude se fait en plein air, dans les terrains libres réservés autour des pavillons au jeu et au travail. Nous avons expérimenté que les études au grand air peuvent se généraliser, et l'on autorise les grandes

INTERNATS. 6—633

élèves à emporter leur travail quand elles prennent part aux longues excursions du jeudi. En outre l'étude ne sert pas à toutes les élèves. Celles qui ont quelque bénéfice à se retirer seules dans leur chambre peuvent être autorisées à le faire.

« Au-dessus du salon et de la salle d'études se trouvent les chambres à coucher. Elles ont 6 mètres de long- sur 4m,60 de large et sont disposées deux à deux de chaque côté du couloir central. Chaque chambre contient quatre lits à sommiers métalliques et quatre cabinets de toilette séparés de la chambre elle-même par une cloison à mi-hauteur. Les élèves font donc séparément leur toilette soir et matin, et elles disposent pour cela de tout le matériel nécessaire : cuvette, bidet, broc, carafe pour l'eau bouillie, etc. Elles ont, à côté de leur chambre, une prise d'eau avec deux robinets (eau chaude et eau froide). Dans le cabinet de toilette se trouvent la robe de chambre et le peignoir de bain de l'élève. Dehors, dans le couloir, sont les armoires où elles rangent leurs vêtements et leur linge. A l'intérieur de la chambre sont les lits, les chaises, les petits bahuts pour les menus objets de toilette, la bibliothèque pour celles qui travaillent chez elles, la table de milieu.

« A chaque étage, au bout du couloir, les water-closets, une chambre de douches, une chambre de bains, un cabinet pour les sacs à linge.

« Les chambres sont éclairées par une lampe électrique à poulie disposée au milieu et par quatre petites ampoules placées dans chaque cabinet de toilette. Le chauffage du pavillon se fait à l'eau chaude où à la vapeur à basse pression et l'appareil à douches, qui est alimenté l'hiver par la même chaudière que les radiateurs, est, pour l'été, indépendant du chauffage central. L'aération de la chambre est constante, comme dans les études, grâce à la même disposition des vitres. Mais comme chaque chambre est pourvue de trois fenêtres, avec les expositions les plus variées, on peut habituer les élèves à laisser une de ces fenêtres ouverte pendant la nuit.

« Les chambres s'ouvrent toutes, d'un côté, sur le couloir central, de l'autre sur la chambre de la surintendante ou de ses adjointes, placées toutes les quatre au centre de la maison entre deux chambres d'élèves.

« Les cuisines et les salles à manger sont placées dans un bâtiment spécial, en dehors des pavillons. Deux ou trois pavillons peuvent avoir la même cuisine, mais les salles à manger sont toujours distinctes. Elles sont vastes, éclairées par de larges baies, et des portefenêtres qui s'ouvrent sur un parloir garni de fleurs. »

Tous ceux, architectes ou pédagogues, qui se sont intéressés à l'hygiène des internats sont d'accord pour reconnaître les grands avantages de cette division des bâtiments et de celte répartition des élèves dans les pavillons où ils retrouvent la vie matérielle et morale de la famille.

En plus des avantages hygiéniques, il faut reconnaître que ce système présente une valeur éducative supérieure, en laissant aux jeunes gens et aux jeunes filles une certaine liberté d'action et une large part d'initiative.

Façada principale

Fig. 307. — Internat pour garçons de Béja (Tunisie) (D'après Leray et Labeyrie).

Mais des établissements conçus sur ce type et qui iront sans doute en se multipliant sont malheureusement trop peu nombreux encore.

Nous reproduisons enfin le plan et la façade (fig. 307 et 308) d'un internat construit dans une colonie; il s'agit de l'internat pour garçons de la ville de Béja (Tunisie), dont nous empruntons les plans et la description à MM. Leray et Labeyrie (loc. cit.).

INTERNATS

Cet établissement a été construit en 1909 par M. Guy.

Il se compose d'un corps de bâtiment à rez-de-chaussée surmonté d'un étage. Les classes, au nombre de quatre, sont situées au rez-dechaussée; un vaste préau les protège de la chaleur du côté du sud.

Le réfectoire et la cuisine sont situés à l'extrémité du préau.

Les logements du directeur et des maîtres sont disposés dans l'aile gauche du bâtiment, au rez-de-chaussée et au premier étage.

Le dortoir, auquel sont annexés water-closets, lavabos et lingeries, se trouve au premier étage; on y accède par un grand escalier.

La dépense pour cet établissement à été de 90 000 francs.

Le dessin et le plan montreront quelle heureuse association a été

Wfc:

Fig. 308. — Internat pour garçons de Béja (Tunisie) (D'après Leray et Labeyrie).

établie, par l'architecte, entre les nécessités d'une installation scolaire moderne et le caractère architectural particulier au pays, et imposé par le climat.

Il nous faut étudier maintenant les locaux et les installations dans les internats construits suivant le type habituel.

Parmi ces locaux, nous devons spécialement citer les salles d'études, les dortoirs, les salles de bains, le réfectoire et V infirmerie.

Salles d'études. — Les élèves étant appelés à séjourner longtemps dans ceslocaux, lesconditions de chauffage, d'aération, de ventilation, d'ameublement, étudiées précédemment, doivent y être appliquées avec un soin particulier. L'éclairage artiiiciel, auquel les élèves travaillent de longues heures, demande à être installé d'une façon hygiénique. On peut recommander l'éclairage indirect, réfléchi sur le plafond, dont nous avons donné la description dans un précédent chapitre. L'éclairage par lampes individuelles, pouvant être montées

MERY ET GENEVRIER.

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ou abaissées à volonté, tel qu'il est installé au lycée de Tours (fig. 58), est également très recommandable.

Dortoir. — Le dortoir (fig. 309), situé aux étages supérieurs du bâtiment, doit présenter des conditions d'aération parfaite; la hauteur du plafonddoitêtre de4mètres au moins; de hautes et larges fenêtres doivent être percées des deux côtés des parois principales; elles sont munies à leur partie supérieure de panneaux mobiles ou de l'un des dispositifs dont nous avons parlé en traitant de l'aération; l'idéal serait que les dortoirs puissent être ventilés d'une faron effective par un système de ventilation mécanique; on sait, en effet, que ce moyen

Fig. 309. — Dortoir du lycée Lakanal.

est le seul capable d'assurer un renouvellement d'à ir régulier et complet.

Les dimensions du dortoir doivent être calculées de telle façon que chaque élève dispose de 40 mètres cubes d'air environ. Comme le séjour dans le dortoir est de huit à neuf heures en moyenne, il est absolument nécessaire que pendant cette longue période de temps les moyens d'aération ou de ventilation assurent au moins un ou deux changes d'air par heure. A défaut de système de ventilation, le renouvellement de l'air est assuré par l'ouverture permanente des panneaux des fenêtres.

Les dortoirs ne doivent être que peu ou pas chauffés; l'avantage du chauffage réside surtout dans ce qu'il permet une ventilation effective; s'il s'agitd'un chauffage central, on profitera de l'élévation de la température pour ouvrir plus largement les fenêtres.

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La distance entre chaque lit doit être de lm,50 au moins; les lits trop rapprochés ne sont pas sans inconvénient au point de vue de l'hygiène physique et aussi de l'hygiène morale; à côté de chaque lit est placée une table de nuit, à simple planchette, facilement lavable; jamais ces tables ne doivent présenter la forme de meubles fermés; l'usage des vases de nuit est inutile et condamnable.

Les dortoirs, pour la facilité de la surveillance, ne doivent pas loger plus d'une quarantaine d'élèves; un surveillant couche dans chaque dortoir; on lui ménage habituellement une sorte d'alcôve.

Dans quelques établissements, on a installé des boxes (fig. 310),

Fig. 310. — Dortoir avec boxes (lycée de Toulouse).

séparant chacun des lits; une légère cloison monte jusqu'à 2 mètres ou 2m,50 au-dessus du sol; des rideaux mobiles séparent les boxes de l'allée centrale: chacun d'eux doit être éclairé par une fenêtre, ou tout au moins par une demi-fenêtre; l'enfant y dispose d'une table, d'une table de toilette et d'une armoire.

Dans beaucoup de lycées modernes, on a installé des chambres individuelles (fig. 31 1), comportant un ameublement complet : certains lycées de jeunes filles, comme celui de Tours fig. 312), ont dans chacune des chambres d'élèves une installation de toilette complète, avec lavabo et bidet de fonte émaillée, pourvus d'eau chaude et d'eau froide.

On peut aussi, au lieu du vaste dortoir en commun, utiliser des chambres de dimensions plus restreintes, à quatre ou six lils, comme cela existe au nouveau lycée de Versailles; dans cet établissement, chaque jeune fille dispose d'un petit cabinet de toilette individuel.

Quelle que soit la disposition du dortoir, son ameublemenl devra être très simple : lit de fer à sommier métallique, avec un seul matelas, assez dur; table de nuit et chaise en bois verni ou en peinture

Vig. 311. — Lycée Lakanal; chambre particulière d'élèves.

laquée. Les murs peints de couleurs claires seront facilementlavables.

On proscrira tapis et rideaux.

Les fenêtres doivent rester ouvertes toute la journée, sauf pendant l'hiver ou les trop fortes chaleurs ; pendant l'hiver, on les fermera une ou deux heures avant le coucher; pendant Télé, au contraire, elles seront ouvertes à la fin de la journée.

Un éclairage discret doit être maintenu pendant la nuit; il consistera de préférence en deux ou trois lampes électriques à verre bleu.

Les lavabos et les water-closels doivent se trouver à proximité de chaque dortoir : ces installations doivent être faites d'après les principes exposés dans la première partie de cet ouvrage.

A côté de chaque dortoir doivent encore se trouver un local pour placer les chaussures et un vestiaire où chaque élève disposera d'un meuble, placard ou armoire, à plusieurs compartiments, où seront placés ses vêtements, son linge et ses ustensiles de toilette.

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Bains. — Tous les internats doivent être munis d'installations de bains ; les bains-douches sont à la fois pratiques et économiques, et il est inconcevable que tous les internats n'en soient pas dès maintenant munis (Voir Y Eau de lavage, p. 61).

Nous reproduisons un tableau (p. 640) dressé par M. Cazalet et présenté au Congrès d'hygiène scolaire de 1910, où Ton peut constater tous les progrès qui restent à faire à ce point de vue.

Fit;-. 312. — Lycée de jeunes filles de Tours; chambre individuelle, avec toilette.

Le bain en baignoire, plus long et plus dispendieux, est cependant utile dans les internats pour les enfants à qui les bains-douches seraient nuisibles.

Des piscines en plein air existent dans plusieurs établissements, en particulier au lycée Michelet (lig. 37, p. 62); elles servent d'ailleurs plus aux exercices de natation qu'aux soins de propreté.

Signalons aussi l'utilité des bains de pieds installés suivant le type adopté à l'école normale de Saint-Cloud.

Réfectoires. — Les réfectoires doivent avant tout être vastes et

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Tableau indiquant les lycées et collèges pourvus ou non de bains-douches (d'après M. Cazalct).

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