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Fig. 56. — Plan photométrique d'une Fig. 57. — Plan photométrique d'une
classe de 33 places (mauvaise qualité classe de 49 places. Nombre insuffi-
de l'éclairage par becs de gaz à flamme sant de sources lumineuses (d'après
libre) (d'après Truc-Chavernacj. Truc-Chavernac).
seulementl'électricité; on pourrait fixer une lampe à chaque table, ou mieux la suspendre par un fil souple en avant et à gauche de l'élève. Une telle installation existe à Paris à l'École polytechnique. On la trouve également dans les salles d'études du lvcée de Tours («g- 58).
L'éclairage indirect ou par lumière diffuse a réuni, ces dernières années, un grand nombre d'adeptes, et il a été installé, avec succès, dans plusieurs établissements d'enseignement secondaire, en particulier le lycée d'Aix et le lycée Montaigne à Paris, et aussi à l'école de Saint-Cyr.
On utilise le plus souvent, pour cet éclairage, les lampes électriques à arc ; le foyer lumineux est complètement masqué, de toutes les places de la classe, par un réflecteur dont le concavité est tournée vers
le plafond; celui-ci, qui doit être d'un blanc pur, réfléchit et diffuse la lumière (fîg. 59).
Le Dr Dargelos (1), au lycée d'Aix, adapte les becs Auer à ce système diffusant ; il remplace également les réflecteurs divergents ordinaires par les réflecteurs paraboliques en cuivre, bronzés sur leur face inférieure et argentés sur leur face supérieure; les becs Auer sont disposés de telle façon qu'ils se trouvent au foyer de la parabole, l'appareil étant à lm,20 du plafond. Cet auteur a ainsi obtenu une
Fi^. 58. — Salle d'études du lycée de Tours, avec éclairage individuel par lampe
à incandescence.
« lumière uniforme, douce, sans ombres, à clarté abondante, donnant à la salle un aspect joyeux ». Un autre avantage est le prix de revient assez faible (30 francs) de cet appareil, dont la consommation en gaz est très minime.
Nous signalerons encore l'appareil de Hrabowski (fig. 60), où la réflexion et la diffusion de la lumière sont produites par un ensemble de deux réflecteurs à concavités opposées, et par un système de prismes, sans que le plafond n'intervienne dans celte diffusion. Les rayons émis au niveau du foyer de la lampe à arc peuvent prendre trois directions diverses pour se réfléchir vers le sol : 1° ils viennent frapper directement le grand réflecteur supérieur (A, B. C, D, E, F), comme entre A et B; 2° ils traversent l'anneau prismatique GH, et
(1) D'après Tm;c et Cijavehnac, loc. cit.
n MÉRY ET GENÉVRIER. - HYGIÈNE SCOLAIRE.
se réfléchissent comme en P, S, T; 3<> ils viennent sur le réflecteur
inférieur (L), comme en M, N, R, pour être renvoyés sur le réflecteur en U, V, W, et de là sur le sol.
L'éclairage demi-direct n'est qu'une modification des précédents systèmes :
au lieu d'employer un réflecteur complètement opaque, on installe des réflecteurs demi-transparents, en verre dépoli ou en opaline: en même temps quils réfléchissent vers le plafond une partie des rayons lumineux, ces réflecteurs en laissent filtrer directement une autre partie. Kermauner et Prausnitz ont adapté ces réflecteurs en verre opale à des becs Auer situés à 90 centimètres du plafond; ils ont obtenu un excellent éclairage, très doux et très régulier, en installant ces lampes dans des classes de 4 mètres de hauteur, à raison d'une lampe par 12 mètres carrés de surface.
L'éclairage indirect, ou semi-direct, dont l'installation, grâce au bec Auer, est pratique et assez économique, nous paraît présenter de réels
Fig. 59. — Lampe à arc avec réflecteur dirigé vers le plafond.
Fig. 60. — Lampe à réflecteurs-diffuseurs de Hrabowski.
avantages sur tous les autres systèmes, et nous pouvons souhaiter de voir son emploi se généraliser.
VENTILATION. — Nécessité delà ventilation. — Rien n'est pins nécessaire que de fournir à l'écolier, pendant les classes, un air aussi pur que possible. Plus la classe est nombreuse, plus ce besoin devient urgent, et nous devons ajouter que le problème delà ventilation, s'il a été souvent posé, n'a jamais été résolu de façon satisfaisante, tout au moins en France.
« Si on se bornait à la description pure et simple des appareils et des systèmes employés dans notre pays, le chapitre de la ventilation pourrait tenir en quelques lignes : en France, on ne s'occupe pas de la ventilation ; elle se fait naturellement, comme elle peut, et en réalité nos maisons ne sont pas ventilées.
« Dans nos modernes constructions, on rechercherait en vain les prévisions de renouvellement d'air; l'architecte a tout prévu, sauf la ventilation ; dans les cahiers de charges des entreprises de chauffage pour les édifices publics, écoles, lycées, collèges, hôpitaux, aucun architecte n'oublie d'imposer un renouvellement d'air ; mais quel est celui qui fait son étude assez à temps pour permettre l'application du programme qu'il a fixé lui-même : a-t-il prévu des conduites pour l'évacuation de l'air vicié lorsqu'il a construit ses murs ; permettra-t-il de placer des grilles d'admission d'air frais qui viendraient déranger l'harmonie de ses façades? Et, s'il n'a pas tout sacrifié à l'architecture extérieure, s'il a prévu des conduites d'air frais et des gaines d'évacuation d'air vicié, vérifiera-t-il, etcomment, si la ventilation commandée est bien produite?... Il suffit pour répondre d'aller assister à une classe... la réponse viendra seule : en France, on ne s'occupe pas de la ventilation. Cependant les hygiénistes reconnaissent comme indispensable le renouvellement de l'air. On s'étonnera de la coupable indifférence avec laquelle on traite en France la question si importante de la ventilation (1). »
L'avis d'un spécialiste en la matière était intéressant à rapporter en tête de ce chapitre.
Si la ventilation est nécessaire dans tous les édifices publics dans lesquels sont réunis un certain nombre d'individus, elle n'est nulle part plus indispensable que dans les locaux où les enfants sont obligés de passer une partie de leur journée. Comme le fait remarquer R. Ilofmann (2), ce n'est que justice de fournir un air salubre
(1) G. Debesson, Le chauffage des habitations, Dunod et Pinat, édit., Paris, 1908. (Nous aurons souvent l'occasion de citer cet ouvrage très documenté; nous devons aussi à son auteur d'intéressantes communications verbales dont nous sommes heureux de le remercier ici.)
(2) Richard Hofmann, Gesundheits Ingénieur, 27 janv. 1906.
aux enfants auxquels la loi impose la fréquentation de l'école, bien plutôt qu'aux personnes qui vont pour leur propre plaisir à la brasserie ou au théâtre.
Haller (1) fait précéder d'une remarque analogue sa communication sur la ventilation mécanique : « Je considère, dit-il, cette ventilation comme seule bonne, bien qu'elle entraine beaucoup de frais : en dehors de ces systèmes, surtout pendant l'hiver et dans les classes très peuplées, on n'obtient qu'une mauvaise ventilation; nous devrions suivre, à ce point de vue, l'exemple de l'Amérique, où le renouvellement de l'air, en proportion du nombre des individus, est obligatoire dans les locaux. publics, et où des inspecteurs surveillent ces prescriptions de façon rigoureuse. Il est vrai que le prix du charbon est deux fois plus élevé en Allemagne qu'en Amérique, et le budget de nos écoles serait considérablement chargé par des obligations de cette sorte. Mais nous devons cela à nos enfants, qui sont l'avenir du peuple allemand; nous ne devons pas nous arrêtera une question de frais. »
Nelson Haden (2) émet un avis analogue; les architectes ont une fâcheuse tendance à sacrifier davantage à la décoration extérieure qu'aux exigences de l'hygiène, et il ajoute : « Des progrès s'accompliraient dans la science du chauffage et de la ventilation si les médecins s'attachaient à préciser dans quelles conditions d'hygiène . doivent être établies les constructions. »
En Allemagne comme en Angleterre et en France, la nécessité d'une ventilation efficace dans les écoles est donc affirmée avec énergie par les ingénieurs qui se sont spécialisés dans ces questions ; les médecins et les hygiénistes ne sauraient se désintéresser plus longtemps de cet important problème.
Viciation de l'air. — La vicia tion de l'air dans les locaux confinés reconnaît des causes multiples sur lesquelles il n'est pas besoin d'insister ici.
La respiration, la transpiration, les gaz d'origine digestive chargent l'air d'acide carbonique et aussi de diverses substances volatiles qui ne sont pas toutes décelables par l'analyse chimique, mais dont l'existence est suffisamment prouvée par l'odeur souvent persistante qui règne dans les classes trop peu ventilées. Une bonne partde ces odeurs nauséabondes est apportée par les vêtements des enfants tenus peu proprement.
Les sources d'éclairage artificiel, et pendant l'hiver les appareils de chauffage, contribuent dans une mesure variable à charger l'air d'acide carbonique et accidentellement d'oxyde de carbone.
Dosage de l'acide carbonique de l'air. — En pratique, on peut dire que la viciation de l'air est démontrée par l'existence des odeurs
(1) Haller, Kongress fur Herzuny und Lùftung, Francfort, 1909.
(2) Nelson Haden, Congrès d'hygiène scolaire, Londres, 1907, t. I, p. 331;
caractéristiques dont nous venons de parler; il est pourtant des eas où il sera intéressant de démontrer quelle est la teneur de 1 a, en
cide carbonique; c'est en effet sur la présence de co^ — en notable quantité, qu'on se base pour apprécier la qualité de 1 air respirable : divers procédés permettent de doser l'acide carbomque atmosphérique ; nous décrirons seule entl'undes plus simples, que tout médecin pourra utiliser le cas échéant.
Les hygiénistes admettent
qu'une teneur de dix dixmillièmes d'acide carbonique
constitue une limite qui ne
doit pas être dépassée.
L'appareil de Albert-Lévy
et A. Pécoul (fig. 61) permet
de répondre avec exactitude
aux deux questions suivantes :
1° La teneur en acide carbonique de Vair examiné dé-
passe-t-elle, oui ou non, dix
dix-millièmes (1); 2° Quel est le
chiffre exact de cette teneur ?
Un de ses principaux avantages est d'être léger et facilement transportable
Fig. 61. — Appareil de Lévy et Pécoul, pour le dosage de l'acide carbonique.
Il se compose uniquement d'un réservoir métallique A de 5 litres et demi de capacité et d'un barboteur spécial en verre B remp h d un liquide absorbant. Le barboteur est relié par une de ses branches au tube de Mariotte G soudé sur le réservoir. Un niveau D indique constamment la hauteur de l'eau dans l'appareil.
Le tuyau en caoutchouc E sert à l'écoulement de l'eau. L'appareil est complété par un râtelier supportant deux pipettes graduées et deux flacons compte-gouttes pour le dosage. Voici comment fonctionne l'appareil :
1° On remplit le réservoir avec de l'eau ordinaire par l'entonnoir r , et on revisse le bouchon métallique sur lequel on verse quelques gouttes d'eau pour assurer un joint hydraulique ; .
5 2° On verse dans la branche de droite du barboteur (2) 20 centimètres cubes d'une liqueur alcaline (Voy. plus loin).
(1) Toute autre limite peut être indiquée par l'appareil ; il suffit de modifier le volume des doses acides. Cette teneur d'un millième relative a 1 *^*?£*0£*™ d'origine respiratoire, est celle qui a été fixée par la Commission d hygiène industrielle, siégeant au ministère du Commerce (mai 1906). „nfnnrf)|,
(2) Humecter très légèrement le bouchon du barboteur avant de 1 enfoneci pour assurer une bonne fermeture.