Eclairage unilatéral
Fig. 54.
Sol de lœ cfcrsse ...
Schéma (règlement français) indiquant les proportions convenables entre la hauteur des fenêtres et la largeur de la classe.
« 3° Établissement de baies percées sur la face opposée à celle de l'éclairage (1 mètre x 2 mètres) et destinées à servir à l'aération et à l'introduction du soleil pendant l'absence des élèves.
« Lorsque l'éclairage sera unilatéral, le jour viendra forcément de la gauche des élèves. »
V éclairage bilatéral (fig. 55) sera établi lorsque les conditions
qui précèdent ne pourront pas être réalisées. Trélat et Cohn reprochaient à l'éclairage bilatéral de donner naissance à des faux jours et à de gênantes oppositions de lumière et d'ombre, causes possibles de myopie; pour Javal et Gariel, ces inconvénients sont minimes à côté de ceux imputables à un éclairage insuffisant.
Aura1
Fig". 55. — Eclairage bilatéral.
On peut, dans une certaine mesure, atténuer ces jeux d'ombre, ou ces ombres portées, dus à l'éclairage venant de droite, en diminuant l'intensité de ce dernier; c'est d'ailleurs ce que recommandent les « documents administratifs » : en cas d'éclairage bilatéral, « l'éclairage doit être plus intense à la gauche qu'à la droite ». On réalise ainsi ce qu'on appelle Yéclairage bilatéral différentiel.
Plusieurs moyens permettent d'arriver à ce but :
Ferrand proposait de donner 10 mètres carrés de surface vitrée à gauche et 4 mètres carrés à droite ; on peut aussi diminuer l'intensité de la lumière par l'interposition de stores ou de rideaux d'étoffe unie et à peine teintée; dans la plupart de nos écoles, les classes donnent, par leur paroi opposée à la surface d'éclairage, sur le couloir de service ; celui-ci étant garni d'assez larges fenêtres peut servir à éclairer indirectement la salle de classe, qui aurait des fenêtres de dimensions convenables ouvrant sur le couloir.
Par ces différents moyens, on peut réaliser un éclairage bilatéral différentiel, dont les avantages peuvent être résumés en quelques mots : intensité suffisante d'éclairage pour des classes de grandes dimensions, possibilité d'insolation de la classe en dehors de la présence des élèves, facilité de la ventilation par établissement de courants d'air.
Nous devons signaler encore Yéclairage multilatéral, qui consiste dans la combinaison de Yéclairage unilatéral gauche, fournissant la
majeure partie de la lumière et de Y éclairage antérieur ou postérieur ; l'introduction dans la classe des rayons lumineux par-devant les élèves nous paraît toujours condamnable. Quant à l'éclairage gauche, combiné avec l'éclairage postérieur, il a trouvé d'ardents partisans: il est adopté dans les écoles modèles d'Upsal et dans les écoles de Lausanne; Combe (de Lausanne), en fait le plus grand éloge et, d'après cet auteur, cet éclairage fournirait une lumière à la fois intense et très régulière : « Dans ces écoles, nous pouvons constater que, quand les fenêtres placées derrière les élèves seront grandes et élevées, elles sont des plus utiles. La classe tout entière est inondée de lumière, et cela à tel point que l'ombre projetée par les fenêtres postérieures disparaît entièrement. Le seul inconvénient de ce système est la gêne qu'il occasionne au maître, gêne, en somme, négligeable, puisque l'instituteur ne séjourne guère dans sa chaire. »
D'après Courtois et Dinet, l'examen de l'acuité visuelle, pratiqué dans les écoles de Lausanne munies de ce système, a montré qu'elle était meilleure que dans celles éclairées par l'éclairage unilatéral gauche. Les mêmes auteurs font remarquer avec justesse que l'éclairage multilatéral n'est applicable que « dans les classes dont deux des murs perpendiculaires sont libres, c'est-à-dire dans les classes d'angle des grands bâtiments scolaires et dans les classes isolées des écoles rurales ».
Eclairage artificiel. — La lumière artificielle doit présenter certaines qualités indispensables, en particulier une intensité suffisante, dont la valeur a été établie par les recherches photométriques d'un certain nombre d'auteurs : la plupart de ceux-ci réclament que l'éclairage fourni à chaque place d'écolier soit de 10 bougies environ; au Congrès de Nuremberg (1905), Prausnitz demandait 8 à 10 bougies, tandis que Erismann voulait 10 à 15 bougies pour les classes ordinaires, et 20 à 30 bougies pour les classes de dessin: la Commission scolaire de Vienne, plus exigeante, demande 20 bougies pour les classes et 30 bougies pour les salles de dessin.
Dans son tout récent rapport, le Pr Gariel demande un éclairage minimum de 15 lux pour les classes : exprimée par une unité un peu différente, c'est à peu près la même valeur d'éclairement que celle réclamée par les précédents auteurs.
Dans la pratique, ces chiffres sont rarement atteints: les recherches du Pr Truc, dans les écoles de Montpellier, dont l'éclairage ne paraît pas inférieur à celui de la plupart des écoles françaises, nous montrent combien l'éclairage fourni à nos écoliers est insuffisant : dans la classe la plus favorisée, la valeur photométrique de l'éclairage est égale à 4,59; le chiffre le plus bas est seulement de 1,39 ; la moyenne de l'éclairage, pour toutes les écoles de Montpellier, oscille entre 2 et 3 bougies par place d'élève : il est
L ÉCLAIRAGE. «— 8y
inutile d'insister sur cette complète et très regrettable insuffisance (1).
L'éclairage artificiel, en dehors de l'intensité, doit fournir une lumière aussi diffuse que possible, fixe et régulière, pauvre en rayons jaunes, dégageant peu de chaleur et fournissant le minimum de produits de combustion, fumée, et surtout acide carbonique
Nous citerons ici le P' Gariel, qui donne des chiffres instructifs sur V élévation de la température et la violation de l'air, provoquées par les diverses sources de lumière : « Considérons une p.ece d une capacité moyenne, 50 mètres cubes par exemple, et supposons qu il n'y ait aucune déperdition de chaleur, condition qui ne peut se réaliser bien entendu; éclairons cette chambre avec des foyers ayant tous le même pouvoir éclairant. Connaissant par de nombreuses expériences la valeur moyenne de la chaleur dégagée par la combustion de la cire, de l'huile, du pétrole et du gaz d éclairage, on a pu calculer l'élévation de température que subirait 1 air après un
temps donné. , .
« On a trouvé que, après une heure, l'élévation de température
serait :
. .. 51°, 5 Pour la bougie 3Q0 3
Pour le gaz (2). 2&0|5
Pour l'huile 220' 5
Pour le pétrole 20'6
Pour une lampe à incandescence ^
Pour une lampe à arc
« Le dernier nombre est sans intérêt au point de vue qui nous occupe, car jamais une lampe à arc n'est employée pour 1 éclairage à petite distance, mais on voit l'avantage considérable de la lampe à incandescence. On peut dire que, à cause des pertes de chaleur qui existent toujours, la lampe à incandescence peut être considérée, au point de vue pratique, comme ne produisant aucune élévation de température même à très petite distance, et c'est bien ce que
l'observation justifie.
« Si nousnous plaçons au point de vue de la composition de 1 air, nous rappellerons que de petites variations dans la proportion de oxygène sont sans importance; qu'il en est de même pour les grandes variations de la vapeur d'eau ; mais que, pour l'acide carbonique, une élévation même faible du tauxdece gazamèneune gênede larcspiralion et peut même produire des désordres graves. Aussi nous sulfira-t-U de nous occuper seulement de ce dernier élément.
(H Au moment où le P' True (1904) publiait le résultat de ses recherches les Joies néTaient pas pourvues de becs Auer ; il est certain que 1 adoption de ce ^rfrct?onnèment réclamé par l'auteur, a amené depuis une notable amélioration Sans leclairaTe de ces écoles ; notons encore que l'unité photométrique employée fcemome'a était la bougie, et que cette unité est environ de 2 dixièmes inférieure
* «X9 1 Garièï n'indique pas si ces chiffres résultent d'expériences faites avec des becs de ga/. ordinaires, ou avec des becs Auer ; nous croyons qu avec ces derniers le dégagement de chaleur et de CO* est de beaucoup supérieur.
« On a évalué la production d'acide carbonique pour obtenir un pouvoir éclairant de 1 carcel pendant une heure :
Par l'emploi de bougies à 105 litres.
— de pétrole à 95 —
— de gaz à 88 —
— d'huile à 60 —
ce qui correspondrait pour une pièce de 50 mètres cubes à ces proportions :
Pour l'emploi de bougies de 0,0021
— de pétrole de 0,0019
— de gaz de 0,0017
— d'huile de 0,0012
alors que la proportion normale est 0,0004 (quatre dix-millièmes).
« Pour la lampe électrique à incandescence, la question ne se pose même pas, car il n'y a pas de combustion; il n'y a pas modification de l'atmosphère. »
La disposition des sources de lumière doit être telle qu'elles ne frappent pas directement les yeux de l'enfant, qui en serait ébloui, qu'elles ne provoquent pas d'ombres portées, et qu'elles ne chauffent pas la tête de l'écolier placé au-dessous d'elles.
Il y a là tout un ensemble de conditions qui seront souvent difficiles à obtenir.
En principe, les sources de lumière doivent être placées à un mètre au moins au-dessus des tables, ou à 0m,50 au-dessus de la tête des élèves se tenant debout, ce qui est une distance à peine suffisante, surtout quand il s'agit de foyers dégageant beaucoup de chaleur, comme les lampes à pétrole.
11 est à souhaiter, également, que la lumière vienne de devant les élèves et non de derrière eux : on pourrait, pour éviter les ombres portées, produites par cet éclairage postérieur, munir les lampes d'abat-jour ou d'écrans qui arrêteraient les rayons lumineux nuisibles par leurs directions postéro-antérieures. Courtois et Dinet, pour éviter l'éclairage multilatéral et défectueux, dû aux lampes qui fournissent de la lumière aux enfants situés tout autour d'elles, en avant, en arrière et sur les côtés, proposent de disposer « les sources lumineuses, de telle façon que l'éclairage artificiel soit unilatéral gauche comme l'éclairage naturel. 11 serait facile de placer les appareils en nombre suffisant dans les allées qui séparent les rangées de tables et à gauche de celles-ci; les appareils destinés à éclairer les tables de la rangée la plus à gauche pourraient être fixés au mur ».
« Ces appareils seraient munis non d'un abat-jour, mais de réflecteurs dirigeant la lumière exclusivement à droite. »
Une autre disposition, difficile à régler, est celle du nombre et de
remplacement des foyers lumineux; Trousseau réclame un bec de gaz pour six élèves et une lampe à pétrole pour quatre. Le Pr Truc voudrait un bec de gaz à incandescence pour huit élèves. Dans la plupart de nos écoles, ces proportions sontloin d'être observées.
La lumière artificielle est le plus souvent obtenue par l'emploi du pétrole, du gaz ou de l'électricité. L'huile végétale, peu éclairante, est complètement abandonnée ; le gaz acétylène produit en brûlant une odeur désagréable, et son installation expose à des dangers d'explosion, raisons pour lesquelles il est proscrit des écoles.
Nous ne croyons pas qu'on ait utilisé jusqu'ici pour les écoles Véclairage à incandescence par les vapeurs d'essence minérale : à la campagne, de pareilles installations commencent à se répandre, et il y aurait peut-être lieu d'étudier ce système en vue de l'éclairage des écoles : la lumière ainsi produite égale en qualité et en intensité celle des becs Auer; si les appareils actuellement en usage offrent de vraies garanties contre les risques d'incendie ou d'explosion, leur emploi pourrait être avantageux, et ils pourraient remplacer les lampes à pétrole, dont la valeur éclairante est insuffisante.
Les lampes à pétrole, très généralement employées dans les écoles de campagne, présentent en effet des inconvénients multiples : insuffisance d'éclairage, odeur désagréable, production fréquente de fumée et fort dégagement de chaleur. Toutefois l'intensité lumineuse peut être augmentée par l'emploi de becs spéciaux, voire même de becs à incandescence, dont le fonctionnement est d'ailleurs assez défectueux.
Le gaz, avec les anciens becs à flamme, donnait beaucoup de chaleur, d'acide carbonique et de rayons jaunes; avec les becs à incandescence, dont l'emploi est aujourd'hui universel, son pouvoir éclairant a beaucoup augmenté, en même temps qu'ont diminué, avec la consommation même du gaz, la plupart des inconvénients signalés plus haut; l'éclairage par incandescence fournit une belle lumière blanche et fixe, plutôt trop éclatante, et supportant avec avantage un léger tamisage. Nous verrons plus loin que la lumière ainsi fournie par le gaz est assez intense pour être utilisée dans l'éclairage indirect par lumière diffuse.
Nous reproduisons deux « plans photométriques » du PrTruc, où sontindiquées, dans une classe de trente-trois places et dans une autre de quarante-neuf places, les places qu'occupent les becs de gaz existants, insuffisants en nombre (-)-) etcelles que devraient occuper les becs jugés nécessaires par l'auteur (fig. 56 et 57).
L1 électricité (1) présente de grands avantages, en particulier celui depermcttrela multiplication dessources de lumière, sans production
(1) L'éclairage par les lampes à vapeur de mercure est condamnable, à cause de l'émission relativement considérable de rayons ultra-violets, dont l'action nocive sur la rétine, et même sur l'ensemble de tissus vivants, paraît démontrée
de gaz nocifs, et presque sans dégagement de chaleur : ce mode declairage est évidemment le plus recommandable. Risley (d'après Truc) préconise les lampes à incandescence de 16 bougies, en verre dépoli; leur nombre devrait être calculé de façon à fournir 1 bougie et demie par mètre cube, ce qui, pour une classe de cinquante élèves, cubant 250 mètres cubes, équivaudrait à 23 lampes de
16 bougies.
L'idéal serait de réaliser Y éclairage individuel, ce que permet
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