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D'après ces barèmes sont établis les mobiliers dits de la « ville de Paris » (fig. 96 et 97) : construits tout en bois, reposant sur le sol par des semelles en bois dur, ou fixés par des équerres métalliques, ces meubles sont solides et économiques. Dufestel leur reproche le peu de largeur de la tablette, d'où gène des enfants pour écrire; la barre
transversale, sur laquelle les enfants ont tendance à appuyer les pieds peut être une cause d'attitude vicieuse par position unifessière; cette barre, en effet, ne doit pas jouer le rôle d'appui-pieds, puisque la hauteur du banc est calculée d'après la hauteur de la jambe au-dessus du sol.
Le même modèle existe avec siègearticulé (fig. 96).
La première des planchettes formant le siège est seule mobile : l'espace ainsi créé entre la table et le banc permet à l'enfant de prendre la position debout sans sortir de la table-banc.
La table Nisius (Delagrave) est montée sur des pieds en fer, fort simples ; il en existe deux modèles, l'un à siège continu (fig. 97), l'autre à siège isolé (fig. 98).
Il existe également un modèle avec siège mobile. Enfin Nisius a fait construire une table familiale; le siège et le pupitre sont portés par des tiges pouvant s'élever dans les glissières, où ils sont maintenus par de simples chevilles métalliques (fig. 99 et 100). C'est un modèle pratique, convenant aux enfants qui travaillent chez eux et qu'il est facile de modifier dans ses proportions au fur et à mesure de la croissance de l'enfant. Remarquons
Fig. 97. — Table Nisius (Delagrave) à siège continu.
LE MOBILIER SCOLAIRE
toutefois que la hauteur du dossier et la largeur du siège restent invariables, ce qui ne permet quune adaptation relative.
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Fig. 98. — Table Nisius à sièges isolés, à deux places et plus de deux places.
C'est d'ailleurs vers rétablissement dune table scolaire adaptable que se sont dirigés les efforts des constructeurs français ces dernières
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Fig-. 100. — Table Nisius disposée pour adulte.
Fig 99. Table Nisius disposée pour enfant!
années. Nous reproduisons quelques-uns de ces modèles récents; à part quelques critiques de détail, ces meubles sont fort bien compris
et répondent aux exigences que nous avons énumérées tout à l'heure.
Fig. 101.
Enfant assis ou debout.
Table scolaire Brudenne.
Tenue normale des élèves et de leurs maîtres.
La table de Brudenne (fig. 101) est bien étudiée, et son établissement résulte de recherches sur la physiologie de l'enfant assis et debout; l'inventeur s'est rendu compte de la difficulté éprouvée par l'enfant à rester longtemps assis dans la même attitude correcte: « l'écolier, dit Brudenne, s'il reste assis trop longtemps, subit du fait même de ses saillies osseuses (les ischions), à peine séparées du banc par la peau, une pression douloureuse »; pour éviter cette Fig. 102. — Table Dedet. douleur, il prend appui tantôt
A, intérieur du pupitre; B, siège (espace sur une fesse, tantôt Sur 1 autre, négatif); C, montant entre-jambes (caisson d'où bascule du bassin et invertical long empêchant le croisement des flexion de ja colonne vertébrale. jambes) ; D, table ; E, repose-pieds ; t , barre
d'accouplement de la table et de la chaise ; C'est pour obvier à cet încon-
cette barre double glisse de façon à faire vénient que les proportions de
varier la distance du siège a du pupitre; , Brudenne Ont été cal- G, appui des épaules, cintre en tous sens ,
H, tampon dorsal réglable, généralement, culées de façon à permettre à
à la hauteur de la cambrure lombaire ; récolier dy travailler alterna-
I, boulon de réglage du siège B. «"
tivement debout ou assis, sans qu'il soit apporté à la table d'autres modifications que le relèvement automatique du siège. Les photographies ci-contre permettent
LE MOBILIER SCOLAIRE
Fij?. 103. — Table Billard.
de comprendre le principe qui a guidé le constructeur : la hauteur de la table est telle que l'enfant, debout ou assis, conserve la même distance visuelle ; pour arriver à ce résultat, le siège occupe une situation assez haute, qui oblige l'enfant à faire usage, dans la position assise, de l'appui-pieds.
Il existe huit tailles de ces tables, convenant aux élèves de 1 mètre à lm,80.
Un dispositif très simple, ajouté aux meubles Brudenne, permet de hausser ou d'abaisser le siège et l'appui-pieds ; on peut, avec le modèle « ajustable », donner à chaque enfant une position adaptée avec précision aux proportions de son corps.
La table Dedet (collège de Normandie) (fig. 102) est également adaptable à la taille des élèves, et elle est d'une simplicité qui en fait un meuble individuel très pratique.
Le pupitre qui forme la partie centrale de la table est incliné à 15°, mobile et ajustable à la taille de l'enfant; de même la chaise et le tampon dorsal dont elle est munie. Un dispositif spécial permet de rapprocher le siège de l'aplomb du bord antérieur du pupitre. Les pieds reposent sur deux pédales, et une barre verticale empêche l'enfant de croiser les jambes. Le corps est donc placé dans une parfaite symétrie et parallèlement au bord de la table. Le buste et la tête restent droit, le dos est appuyé et l'enfant a les yeux à 0m,25 environ du papier sur lequel il écrit.
M. Billard, professeur de travail manuel à l'école Turgot, a construit un système de table dont le prix de revient n'est pas très élevé, et qui, après avis favorable du Conseil municipal de Paris, a été mis en essai dans les écoles communales de la ville (fig. 103). Les caractéristiques de cette table sont les suivantes : La table et le siège sont à hauteur variable et peuvent s'adapter facilement et rapidement à toutes les tailles. Le dessus est mobile d'avant en arrière et peut prendre, à volonté, soit la position inclinée habituelle, soit l'horizontalité, préférable pour la coupe, le dessin géométrique, etc. Chaque table comporte deux places séparées, avec tablette et siège indépendants, ce qui permet dy installer des élèves de tailles différentes.
Il existe un seul bâti pour les deux places; un système de doubles crémaillères en acier permet de régler la hauteur des pupitres et des bancs. Ce déplacement vertical, grâce à un mécanisme très simple, peut être effectué très rapidement et expose à un minimum d'usure et d'entretien.
Ce type réalise donc un progrès, puisqu'il a les avantages de la table a une place et ceux de la table à deux places.
Il possède aussi un faux plancher, qui isole les pieds des enfants
Fig. 104 et 105. — Table du D' de Boissière. du sol ; ce plancher peut se relever, ainsi que le siège, pour le travail aeoout et le nettoyage; un dispositif spécial permet un déplacement
facile du meuble.
La table, construite d'après les indications du Dr de Boissière (du Havre), est également simple et ingénieuse (fig. 104 et 105). La tablette, assez large pour donner un appui suffisant aux avant-bras, peut être inclinée sous des angles différents, grâce à une crémaillère fixée de chaque côté de la table.
La distance est nulle entre le banc et le pupitre, mais le tiers postérieur de ces f , derniers peut se relever
en formant volet, et il permet à l'enfant de se tenir debout sans sortir du banc. Le siège et l'appui-pied sont mobiles, d ou adaptation possible du meuble à toutes les tailles d'enfant
Fig. 106. - Table et banc baissés, banc rapproché de la table.
LE MOBILIER SCOLAIRE
Enfin le dossier est muni d'un dosseret mobile à double courbure emboîtant la courbure physiologique de la portion lombaire de la colonne vertébrale.
La table-banc fabriquée par Deyrolle (de Paris) mérite d'être signalée par sa simplicité et sa robustesse. Les deux figures (fig. 106 et 107) la montrent dans ses positions extrêmes :
la table et le banc peuvent s'élever, suivant la taille de l'enfant, et aussi s'écarter ; ces changements se font en desserrant de simples
Fig. 107. — Table et banc élevés, banc écarté de la table.
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Fig. 108. — Table Mauchain (de Genève); enfants assis.
boulons d'assemblage. L'écarlement ne se fait que dans de faibles
proportions, aiin que la distance ne devienne jamais positive.
Les quelques modèles de mobilier scolaire que nous venons de décrire et de figurer montrent suffisamment que la question a été mûrement étudiée en France ; si la plupart de nos écoles, à la campagne surtout, sont encore pourvues de mobiliers anciens et très
Fig. 109. — Table Mauchain (de Genève); enfants debout.
défectueux, les hygiénistes n'ont aujourd'hui que l'embarras du choix pour indiquer, et au besoin imposer, les tables-bancs conformes aux besoins de l'enfant : c'est une des plus importantes modifications à apporter à l'organisation matérielle de nos écoles, et à laquelle nous devons appliquer toute notre persévérance et toute notre force de persuasion.
A l'étranger, de nombreux mobiliers scolaires ont également été
LE MOBILIER SCOLAIRE
construits durant ces dernières années. Nous citerons quelques-uns des plus récents ou des plus pratiques.
Parmi les nombreux modèles établis par Mauchain (de Genève), nous citerons la table à monture entièrement métallique (fig. 108
Fig. 110. — Bancs Rettig en place (Mûller, CharlotLenbourg).
et 109). La moitié antérieure du banc est relevable, d'où possibilité pour l'enfant de se tenir debout à sa place ; d'autre part, la tablette formant pupitre, grâce à un système de crémaillères assez simple, peut être élevé et permet à l'enfant décrire dans la station debout.
Fig. 111. — Bancs Reltig renversés pour le balayage (Mûller, Charlottenbourg).
Toutefois ce changement de position demande la mise en place de clavettes, ce qui n'est pas sansJ entraîner quelques difficultés dans une salle de classe. Nous avons vu que Brudenne avait tourné cette difficulté en calculant sa table Jde telle [façon qu'elle puisse servir à
Traité n'iivr.iÙNE. VI. — 11
MERY ET GENEVRIER.
HYGIENE SCOLAIRE
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