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LE MOBILIER SCOLAIRE
l'enfant assis ou debout, sans autre modification que le relèvement automatique du banc.
Le système Mauchain présente un avantage appréciable au point
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Fig. 112. — Mobilier des écoles de la ville de Vienne (Autriche), d'après Burgerstein (les lettres se retrouvent dans les colonnes du tableau ci-contre).
de vue du nettoyage de la salle de classe; un système de coulisseaux permet de déplacer facilement toutes les tables vers l'un ou l'autre des côtés de la salle, si bien que le balayage ou le lavage du plancher peuvent être effectués sans aucun obstacle.
Les bancs Rettig, construits par Mùller, de Gharlottenbourg, d'après des données physiologiques normales, sont simples et solides (fig. 110 et 111); ils possèdent une planche à claire-voie, servant d'appui-pieds, qui permet l'usage des planchers en carreaux ou en grèscérame. Leur principale originalité consiste dans leur articulation, sur l'un des côtés, avec une barre fixée au plancher : basculant autour de cet axe, le meuble peut être renversé latéralement (fig. 111) ; le balayage de la classe est ainsi rendu très aisé.
En Autriche, une commission, nommée par la ville de Vienne, a déterminé les proportionsdu mobilier adopté par les écoles primaires ;
les dimensions de ce mobilier sont résumées dans un tableau que nous reproduisons d'après L. Burgerstein (1): les lettres placées en
Fig\ 113. — Banc scolaire Urania (cliché du Dr Piasecki).
tête de chaque colonne se rapportent aux indications analogues de
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Banc Fischel.
la figure (fig. 112), ce qui nous dispense de donner une autre description de ce mobilier.
(1) L. Burgerstein, loc. cit., p. 60 et 61.
LE MOBILIER SCOLAIRE
En Pologne (1), où, dès 1877, était employé le banc à deux places, à distance nulle et à siège mobile, la plupart des écoles modernes sont pourvues du banc« Urania » (Varsovie) (fig. 113). Il est construit en bois, pour un ou deux élèves, avec un pupitre mobile à échancrure cintrée, un appui-pieds horizontal à claire-voie, un dossier et un siège en légère réclination, le dossier remontant jusqu'aux omoplates et s'adaptant aux courbures normales du rachis. Pour permettre le balayage, le système se renverse par un dispositif imité de Rettig.
Aux écoles de Berndorf (2), c'est le banc Fischel (fig. 114) qui a été adopté; c'est un banc à distance « minima », c'est-à-dire négative ; chaque siège se relève automatiquement, dès que l'enfant se met debout, par simple pression des mollets sur le bord antérieur du banc; ce relèvement automatique se fait sans bruit et n'expose l'enfant à aucune meurtrissure, puisqu'il n'existe aucune charnière
Fig. 115. — Table scolaire avec chaise individuelle.
ou articulation à portée de ses mains ; il n'y a pas d'appui-pieds; le dossier est à claire-voie, et toute la monture est en fonte> ce qui donne libre passage à l'air et à la lumière et permet une surveillance facile de l'élève.
Nous arrêterons là rénumération des tables-bancs établies récemmenten France et à l'étranger, étant dans l'impossibilité de reproduire tous les modèles intéressants proposés dans ces dernières années. Dès maintenant des mobiliers satisfaisants existent dans tous les pays : il nous reste à les faire substituer aux meubles anciens encore trop répandus malgré leurs graves inconvénients ou leurs dangers pour la santé des enfants.
(1) Les écoles polonaises et leurs conditions hygiéniques, publication du Comité des Sociétés polonaises, à l'occasion du IIIe Congrès international d'hygiène scolaire.
{2) Nouvelles constructions scolaires et service médical scolaire de la ville de Berndorf (Basse-Autriche), publication du Conseil scolaire de Berndorf, à l'occasion du IIIe Congrès international d'hygiène scolaire.
MÉRY ET GENEVRIER.
HYGIENE SCOLAIRE
Dans les établissements d'enseignement secondaire, on n'a guère utilisé jusqu'ici d'autres tables que celles en usage dans les écoles primaires ; il arrive trop souvent que de grands élèves n'ont pas de mobilier adapté à leur taille, et aucune faute d'hygiène ne peut être plus préjudiciable à cet âge de croissance rapide.
Les tables-bancs adaptables dont nous avons reproduit plusieurs
modèles sont très recommandables; malheureusement leur prix de revient est assez élevé.
Depuis quelques années on tend, en France tout au moins, à fournir aux élèves des collèges et lycées un mobilier composé d'une table pupitre et d'une chaise ordinaire (fig. 115). A condition que l'élève sache s'asseoir correctement et qu'il place sa chaise à une distance convenable de la table, ce mobilier peut être assez avantageux. Il faudrait néanmoins que, dans les classes composées d'élèves de tailles très différentes, on puisse placer des chaises et des tables de hauteurs diverses, de façon à ne pas s'écarter des principes sur lesquels nous avons insisté au début de ce chapitre.
Fig. 116. — Table-banc avec tablette quadrillée (Nisius).
Fig. 117. — Lit de camp, modèle Matrat.
Le mobilier des amphithéâtres et celui des salles de dessin intéressent moins l'hygiéniste, les enfants passant peu de temps dans ces salles de classe.
Il est souhaitable cependant qu'on utilise de plus en plus, pour les amphithéâtres, des tables munies d'un pupitre, analogues à celles créées par Delagrave, afin d'éviter aux élèves d'écrire sur leurs genoux, dans une attitude fatigante et très défectueuse.
Dans les salles de dessin, on évitera de jucher les enfants sur des
LE MOBILIER SCOLAIRE
tabourets trop élevés, laissant les jambes pendantes et les pieds sans appui. On aura soin de calculer la hauteur des pupitres ou des portecartons, pour que le papier ait une inclinaison suffisante et pour éviter à l'enfant d'avoir trop à se pencher en avant.
Dans les écoles maternelles, on se sert de tables-bancs de proportions réduites, établies d'après les mêmes principes que le mobilier des écoles primaires. Nous reproduisons ici le modèle de Nisius- Delagrave, où la tablette est quadrillée et peut être utilisée pour des exercices élémentaires de calcul (fig. 116).
Cesécoles doivent encore être pourvues de petits fauteuils, de tables basses, où les enfants peuvent jouer ou prendre leur collation, et surtout de lits de repos ou de chaises longues où les petits écoliers peuvent faire la sieste indispensable à leur âge. Mlle Matrat, inspectrice générale des écoles maternelles, a fait établir un petit lit de
Fis-. 118. — Banc du Pr Pezzarossa.
camp, très simple et très facile à nettoyer, ce qui est une condition de première importance (fig. 117).
Le banc du Pr Pezzarossa a été imaginé dans le même but ; l'amusant dessin de ce meuble ingénieux (fig. 118) nous dispense de le décrire; nous croyons toutefois que le simple lit de camp, en permettant aux jeunes enfants de s'allongera leur aise, leur assure un repos plus complet et plus efficace.
Nous terminerons cette description du mobilier scolaire en rappelant que la chaire du maître doit être surélevée de 50 centimètres environ et qu'elle doit occuper une situation telle que la surveillance de tous les points de la classe soit facile à exercer.
Le tableau noir doit être ardoisé, c'est-à-dire enduit d'un noir mat, qui ne donne lieu à aucun reflet, quelle que soit l'incidence des rayons lumineux à sa surface.
Les meubles accessoires qui pourraient trouver place dans la classe, tels que les armoires, vitrines, bibliothèques, devront toujours être très simples, dépourvus de moulures ou d'ornements, pour être d'un entretien et d'un nettoyage faciles.