‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 22 sur 158 · I. — CROISSANCE ANTHROPOMÉTRIQUE · texte numérisé non relu

I. — CROISSANCE ANTHROPOMÉTRIQUE

Depuis les travaux classiques de Quételet et de Broca (1830), les mesures du développement progressif du squelette sont devenues la base de l'anthropométrie et, en particulier, de l'anthropométrie scolaire.

Nous ne pouvons que citer les noms des auteurs, qui, dans ces dernières années, ont apporté une contribution importante à cette étude : Vitale Vitali (1896), Burk, Salomon (1898), Christopher(1900), Schmidt, Monnard, Truper (1901), Simon, et surtout Ley (1904), ont tous poursuivi les mêmes recherches et ont comparé la croissance des enfants normaux et des anormaux.

Sans doute, il est difficile d'établir une loi de croissance staturale s'appliquant à tous les enfants de tous les âges et de tous les milieux.

D'abord, avec l'âge, la croissance subit une marche d'activité décroissante. Buffon, bien avant Quételet, avait noté que « le fœtus dans le sein de sa mère croît toujours de plus en plus jusqu'au moment de la naissance ; l'enfant, au contraire, croît toujours de moins en moins jusqu'à l'âge de la puberté, auquel il croît pour ainsi dire tout à coup et arrive en fort peu de temps à la hauteur qu'il doit avoir pour toujours ».

D'autre part, l'influence du milieu social n'est pas discutable. En 1829, Villermé écrivait déjà : « La taille des hommes est d'autant plus haute et leur croissance s'achève d'autant plus vite que, toutes choses égales d'ailleurs, le pays est plus riche, l'aisance plus générale, les logements, les vêtements et la nourriture sont meilleurs, que les peines, les fatigues, les privations éprouvées dans l'enfance et la jeunesse sont moins grandes. » Plus récemment G. Carlier a confirmé que le bien-être influe directement sur la croissance. Et Niceforo a montré qu'à Lausanne, dans les écoles, la taille, le poids et le périmètre thoracique des enfants pauvres étaient inférieurs à ceux des enfants aisés.

Bien plus, dans un rapport qui concerne les écoles publiques de Glascow (1905-1906), le bureau d'éducation d'Ecosse a montré que, « pour des enfants du même âge, le poids et la taille s'élèvent proportionnellement au nombre des pièces du logement des parents ».

Les saisons mêmes ne sont pas indifférentes. Buffon avait déjà noté que la taille croissait plus rapidement pendant les mois chauds que pendant les mois froids.

Enfin, selon les races, le barème de la croissance staturale peut varier dans une certaine mesure : c'est ainsi que le tableau de Quételet, partout reproduit, est un peu au-dessus de la moyenne des races latines, de la race française en particulier. Quételet opérait en Belgique, où la taille est un peu plus élevée que dans les pays latins.

A cause de ces difficultés d'établir une loi qui résume l'évolution

de la croissance staturale chez l'enfant, nous nous placerons surtout à un point de vue pratique. Nous nous en tiendrons aux mesures les plus utiles à connaître : celles de la taille, de la grande envergure, du périmètre thoracique et de la circonférence céphalique. Avec la taille, le poids donne la valeur de la croissance. Enfin le rapport du poids à la taille est d'un renseignement utile dans l'étude du développement de l'écolier.

Dans cette étude, nous avons fait de nombreux emprunts à l'article si documenté de R. Gruchet (1) ainsi qu'aux travaux originaux de P. Godin (2), d'Anthony (3) et de L. Mayet (4).

Taille. — On se sert habituellement, pour cette mensuration, de la toise verticale à pédale couramment employée. Comme le fait remarquer Cruchet, dans les statistiques publiées, rares sont celles où les mêmes enfants ont été mesurés d'âge en âge ; on a pris le plus souvent des enfants différents mesurés à chaque âge. La première méthode est plus exacte, la deuxième plus facile. Néanmoins les résultats des deux méthodes sont sensiblement les mêmes. Voici le tableau de Variot et Ghaumet établi sur 4 400 mensurations recueillies dans la population scolaire parisienne :

Garçons. Filles.

Ages. Tai le.

2 à 3 ans 82,7

Les mensurations obtenues en Allemagne sont à peu près superposables à celles pratiquées chez les enfants parisiens ; les chiffres publiés par Carstadt ont l'avantage de donner la taille chaque demiannée, ainsi que l'accroissement moyen pendant le même espace de six mois :

(1) R. Cruchet, Moyenne et grande enfance. Puberté (in Pratique des maladies des enfants, t. I, Paris, 1909).

(2) Dr Paul Godin, Recherches anthropométriques sur les différentes parties du corps, Paris, 1903.

Les proportions du corps pendant la croissance, Paris, 1911.

(3) R. Anthony, Anthropologie physique (in Hygiène individuelle, fasc. III du Traité d'hygiène, 1906).

(4) L. Mayet (de Lyon), Le développement physique de l'enfant (Journ. mérl. français, 15 sept. 1912).

roissement.

Accroissement.

Table de croissance de Carstadt (1) (d'après la mensuration de 4 274 garçons).

AGE

NOMBRE

des

mensurations.

TAILLE

en centimètres.

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