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Repas — Le réfectoire doit être une pièce claire, gaie, et, de plus, facile à aérer pour que les odeurs de cuisine ne s'y imprègnent pas.
Lestables doivent y être disposées pour la commodité du service et pour la facilité de la surveillance ; elles doivent être facilement lavables. A ce point de vue, les tables de marbre sont très pratiques. On peut disposer les tables en longue série, comme dans le réfectoire du lycée de Caen (fig. 134) installé dans l'ancienne et remarquable Abbaye aux Hommes, ou au contraire grouper les élèves par petites tables, comme au lycée de Bourges (fig. 135).
Fig. 134. — Réfectoire du lycée de Caen (ancienne Abbaye aux Hommes).
Les sièges doivent être de telle hauteur que les enfants soient commodément assis.
La vaisselle sera de forme simple pour que le lavage soit aisé; on évitera les assiettes en faïence de mauvaise qualité qui se craquellent et finissent par acquérir de mauvaises odeurs.
Les couverts seront en métal uni; les timbales en métal son! difficiles à nettoyer.
Le temps n'est pas loin où les couverts appartenant aux élèves étaient après chaque repas soigneusement roulés dans la serviette, sans avoir subi aucun nettoyage: la timbale venait coiffer la serviette remisée jusqu'au prochain repas dans le casier placé sous la table, et ce casier, comme son contenu, n'était jamais lavé. Il faut espérer que le temps de ces errements est définitivement passé.
La répartition des élèves autour des tables se fait habituellement par division: chaque table se trouve ainsi fréquentée par des enfantsd'âge sensiblement égal, ce qui permet de différencier un peu les menus des grands, des moyens et des petits élèves.
MER Y ET GENEVRIER.
HYGIENE SCOLAIRE
La distribution des portions peut être faite par des serveurs ou par un surveillant.
D'autres fois, les parts sont toutes préparées en nombre égal à celui des élèves; chacun d'eux se sertà tour de rôle le premier.
Quelle que soit la façon dont les mets sont distribués, il est nécessaire qu'une surveillance active et intelligente soit exercée sur tous les élèves pour vérifier la façon dont ils se sont servis et dont ils mangent.
Il est de tradition, par exemple, parmi les élèves, de laisser de côté certains aliments de réputation fâcheuse et inexpliquée ; les haricots
Fig. 135. — Réfectoire du lycée de Bourges.
et les lentilles sont habituellement mal famés; les légumes verts cuits sont accusés de n'être que la coupe des pelouses ; le poisson est toujours accusé de manquer de fraîcheur. Par contre, la consommation du pain est souvent excessive et funeste à la digestion.
La durée des repas doit être largement calculée ; il faut en effet que les enfants prennent au collège l'habitude de manger lentement et de bien mastiquer les aliments.
Le petit déjeuner du matin dure habituellement quinze à vingt minutes, cequiestàpeuprèssuffîsant. Pourlesdeuxrepasprincipaux, on accorde habituellement une demi-heure ; cette durée devrait être augmentée d'un quart d'heure.
Les conversations sont maintenant permises pendant les repas;
les élèves se sont habitués à cette liberté, et leur tenue n'encoure aucun reproche de la part des proviseurs.
Le nombre des repas est toujours de quatre; les heures varient un peu suivant les établissements ; le règlement des lycées fixe le déjeuner du matin à sept heures et demie, le diner à midi, le goûter à quatre heures et demie, le souper à huit heures.
Le goûter a habituellement lieu dans les cours pendant une récréation; les élèves passent simplement au réfectoire chercher leur pain; dans quelques établissements ils y sont retenus à cause de la surveillance qu'exige l'eau de boisson.
Il est d'usage, dans la plupart des collèges, d'accorder aux élèves la permission de conserver dans leur casier des friandises pour leur goûler ; ils peuvent aussi s'en procurer à une cantine: ces usages sont peu recommandables, et on doit, avec le Dr Mathieu, en souhaiter la disparition.
Une récréation suit les repas : un quart d'heure après le premier déjeuner, une heure au repas de midi, une demi-heure au goûter. Après le souper, les grands élèves ont une demi-heure ou une heure de récréation ou une étude supplémentaire. Dans d'autres établissements, les élèves se couchent aussitôt après le souper.
Dans les récréations qui suivent les repas, les exercices modérés sont recommandés ; les exercices violents doivent être interdits; en effet, pendant la digestion, tout travail fatigant, qu'il soit physique ou iniellectuel, peut devenir nuisible.
CANTINES SC0Li4/lî£S(l). — L'obligationscolaire impose aux pouvoirs publics des mesures de précaution et d'assistance; les cantines scolaires sont parmi les plus utiles de ces œuvres.
Victor Duruy avait, dès 1868, recommandé de prêterattentionà la nourriture des enfants fréquentant les asiles et de l'améliorer dans la mesure du possible. Vers la même époque, les sœurs de Bon- Secours de Pont-Audemer prirent l'initiative de distribuer des aliments chauds aux élèves des écoles.
A Paris, le Conseil municipal adopta, en 1880, un projet tendant à l'installation de cantines scolaires dans les écoles communales, pour servir un repas de midi aux enfants nécessiteux.
Depuis cette époque, les cantines scolaires se sont multipliées dans nombre de grandes villes ; beaucoup d'écoles de campagne ont suivi ce mouvement, qui ne saurait être trop encouragé.
L'usage de la cantine scolaire rend service à plusieurs catégories d'enfants; aux nécessiteux d'abord, puis à ceux dont les parents travaillant hors de chez eux ne peuvent pas préparer un repas de midi; dans les campagnes, les enfants qui viennent de hameaux
(1) Le D' Butte, médecin inspecteur des écoles de la Ville de Paris, a publié sur cette question un rapport fort complet; nous lui ferons de nombreux emprunts (L'hygiène scolaire, juillet 1910).
souvent éloignés devraient toujours trouver à l'école un repas chaud et réconfortant ; à l'heure actuelle, les petits écoliers apportent dans un panier leur nourriture parfois insuffisante et rarement hygiénique.
Dans ces écoles de campagne, quelques institutrices ou femmes d'instituteurs ont depuis quelques années pris la louable initiative de préparer à midi une soupe chaude; les enfants apportent chacun quelques légumes, un peu de beurre ou du lard en plus de leur pain; des parents plus aisés fournissent une quote-part plus impor-
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