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Réservoir de la fontaine Oreffice

nation par les gobelets. Il peut y avoir à l'école des syphilis acquises et virulentes ; le fait de se servir d'un gobelet unique, ou de deux ou trois gobelets pour une agglomération d'enfants, peut avoir des inconvénients et même des dangers. Il est difficile d'obtenir de l'enfant qu'il lave son gobelet, et c'est pourquoi il serait désirable que l'on fournisse des gobelets individuels.

Dans les cantines scolaires, et pour les mêmes raisons, chaque enfant recevra un verre ou une timbale.

Pour éviter cet usage de récipient commun dans les cours de récréation, on a imaginé un certain nombre d'appareils grâce auxquels les enfants peuvent s'abreuver sans se servir de gobelets, en recueillant directement dans la bouche un petit jet d'eau, sans qu'il leur soit possible de porter les lèvres sur le bec d'où sort le jet. Nous reproduisons ici, d'après le Pr Badaloni, la fontaine de l'ingénieur italien G. Oreffice (fig. 34): elle comprend une petite vasque

en ciment (V), au centre de laquelle jaillit le jet d'eau (J) dont la direction est un peu inclinée ; le bec (B) d'où sort le jet est inférieur au niveau de l'eau dans la vasque, et il est protégé par une sorte de couvercle (C) que sa forme empêche de prendre entre les lèvres. Un réservoir (fig. 35) (R) est nécessaire dans cette installation, pour que la pression, et par conséquent la hauteur du jet, soient toujours égales.

L'eau de lavage. — Lavabos. — Il faut établir dans les écoles des lavabos, garnis de cuvettes en grès ou en fonte émaillée ; ils seront installés dans le préau couvert plutôt qu'au dehors; il devra y avoir une cuvette, ou tout au moins un robinet donnant un débit d'eau suffisant, pour chaque dizaine d'enfants; il faudrait qu'à l'entrée et à la sortie del'école les enfants puissent se laveries mains; c'est là une mesure d'hygiène fort utile, mais malheureusement bien laissée de côté; quelques directeurs ou directrices d'écoles établissent à ce point de vue une surveillance sévère; nous devons les encourager dans ce sens et essayer de démontrer aux autres combien est importante cette question du lavage des mains; la plupart des maladies contagieuses se propagent par le contact, et il est évident que, si les enfants avaient des mains bien et souvent nettoyées, on éviterait beaucoup de contagions.

Bains. — Une installation de bains, permettant le lavage du corps, est également fort utile dans les écoles, et il est à souhaiter que ces installations se multiplient; il n'est pas besoin d'insister ici sur la nécessité et l'urgence de la toilette du corps au point de vue de la santé, de l'hygiène générale, et même au point de vue moral ; il faut tenir compte de ce fait que l'éducation populaire est le plus souvent très rudimentaire sous ce rapport; et nous devons espérer que les habitudes de propreté prises à l'école seront conservées et même répandues après la période de scolarité.

Les bains peuvent être donnés en baignoire, en piscines, ou sous forme de bains-douches.

A quel système donner la préférence? Les bains en baignoire ont l'inconvénient de dépenser beaucoup d'eau, d'être coûteux comme chauffage etcomme installation et, pour toutes ces raisons, ilsnesont guère employés.

Les bains de piscine ont l'inconvénient de n'être pas individuels et, quand on metungrand nombre d'enfants dans une même piscine, la propreté de l'eau devient très vite douteuse. Nous avons vu dans une école neuve, à Munich, une piscine qui était un véritable défi à l'hygiène : l'installation comportait des bassins très peu profonds, de 50à60centimètres environ; danschacundeces bassins, quinze enfants se lavaient ensemble ; cette promiscuité est absolument contraire à ce que nous devons demander. Cette même école possédait, d'ailleurs, des bains-douches très bien installés, mais leur nombre était insuf-

Fig. 36. — Petite piscine complétant une installation de bains-douches

(d'après Hering).

Fig. 37. — Piscine en plein air du lycée Michelet (Vanves).

fisant et forceétaitderecourirauxbainsde piscine dontnous parlions.

Une combinaison heureuse est celle qui permet de donner d abord aux enfants une douche et de la faire suivre d'une immersion en piscine. La photographie ici reproduite, d'après Henng (ng. *>}, montre une installation où il peut être procédé de cette sorte ; nous ajouterons que le procédé paraît compliqué et dispendieux.

L'intérêt de la piscine nous paraît plutôt résider dans 1 usage qu'on en peut faire comme école de natation; pour convenir a ce but il faut qu'elle ait des dimensions suffisantes ; les piscines couvertes et chauffées permettent de poursuivre l'entraînement

p,g 38 Piscine couverte (d'après Hering).

en toute saison (fig. 38); les piscines installées en plein air (fig. 37), comme celle qui existe au lycée Michelet de Vanves (Seine), ne sont utilisables que l'été, mais à ce moment elles sont très avantageuses, car elles permettent d'effectuer en plein air un exercice des plus salutaires.

Devons-nous ajouter que toutes ces piscines devront être alimentées en eau pure, et très souvent renouvelée? L'eau courante constituerait un idéal.

Signalons encore l'original système de Cari Hanssons, où les

enfants sont immergés dans des sortes de cuves d'une contenance de 90 à 100 litres d'eau; un tube de cuivre est fixé sur tout le pourtour de la cuve, et il est muni d'un grand nombre d'orifices qui projettent horizontalement, vers l'enfant, de minces filets d'eau, qui servent au savonnage et au lavage avant le bain proprement dit. La figure cidessous (fig. 39) nous dispense de plus longs détails sur cette installation très perfectionnée, mais peu pratique à cause de son prix de revient.

Pour les soins de propreté et au point de vue économique, le bain individuel est de beaucoup préférable, et le moyen le plus pratique de le réaliser, c'est le bain-douche; il faut en général 10 à

Fig. 39. — Bains en cuves (système de Cari Hanssons).

20 litres d'eau par enfant et par bain : en Allemagne, on a calculé que le prix de chaque bain ne dépassait pas un pfennig, et en Suisse un centime; en France, le prix de revient du bain-douche est plus élevé; il revient à 10 centimes, aussi bien dans nos écoles que dans les œuvres de bains-douches à bon marché : il est probable que ces prix de revient ne sont pas calculés sur les mêmes bases.

Autant que possible, les bains-douches ne devrontpasêtreinstallés dans les sous-sols à cause de l'humidité persistante et de la difficulté d'aération; mais, comme les enfants n'y séjournent que fort peu de temps chaque semaine, il ne faut pas être trop exigeant à ce point de vue et savoir se plier aux exigences des locaux où la place est souvent mesurée.

L'installation comportera un certain nombre de cabines, alignées le long des murs de la salle, ou adossées les unes aux autres (fig. 40) ;

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le chiffre de dix ou douze cabines pour une école de trois cents enfants paraît suffisant, à condition que les bains soient donnés en plusieurs séances.

Les parois des cabines sont souvent en tôle ; on en construit également en ciment armé (fig. 41), où les angles peuvent être arrondis, et qu'il n'est pas besoin de recouvrir de peinture, toujours coûteuse à entretenir.

Chaque cabine est divisée en deux compartiments (fig. 41 et 42) ; dans le premier, l'enfant se déshabille ; un tabouret, un portemanteau, une tablette constituent le mobilier ; la porte d'entrée n'a pas de loquetcau intérieur, et elle est percée d'un judas qui permet au maître de surveiller l'enfant.

Le second compartiment n'est séparé du premier que par une demi-cloison, qui suffit à protéger le siège et les vêtements des éclaboussures de la douche. Le sol est excavé en cuvette, dont les pentes aboutissent toutes à la bonde de vidange : cette dernière, dans les installations modernes, ne peut être ouverte que de l'extérieur par la personne qui surveille les bains ; il en est de même pour les robi- 1, chauffe-bain ; 2, cabine d'aspersion ; nets qui distribuent l'eau froide 3' cabine de déshabillage, et l'eau chaude, et auxquels les

enfants ne peuvent pas toucher : c'est le maître qui règle la quantité d'eau à verser et aussi sa température. Il n'y a pas habituellement de mélangeur : l'eau froide et l'eau chaude sont projetées en même temps, et de façon convergente, pardeux pommes d'arrosoir, et c'est en réglant le débit de chacune de ces deux pommes qu'on obtient la température voulue.

Pour qu'une installation de bains-douches rende tous les services que l'on doit attendre, il importe que l'administration des bains soit étendue au plus grand nombre d'écoliers possible et qu'il n'en résulte pour eux aucun inconvénient de santé, en particulier par refroidissement.

A l'école du Perreux, dont l'installation et le fonctionnement des bains-douches nous ont paru très satisfaisants, la directrice prévient les familles, au début de l'année, par une note copiée par les élèves ;

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iO. — Bains-douches de l'école du Perreux (Seine).

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elle indique le fonctionnement et le but des bains, insistant plutôt sur leur rôle hygiénique et « fortifiant » que sur leur utilité au point de vue de la propreté : cette note est rapportée signée par les enfants, qui, sauf de très rares exceptions, sont autorisés à recevoir la douche.

Pour les petites classes, la douche est facultative; au Perreux, cependant, la directrice a pris l'initiative de laver les jeunes enfants de propreté douteuse, en leur fournissant le savon et les serviettes nécessaires, et en ayant soin d'éviter les réflexions capables de blesser les familles.

Les parents qui expriment des craintes sontinvités à assister à une séance, et ils sont le plus souvent convertis.

On demande généralement aux parents de munir les enfants de savon et d'une serviette : il leur est également recommandé de profiter des bains pour renouveler le linge de corps de l'enfant..

Ces bains sont donnés de façon à troubler le moins possible l'horaire des classes ; on choisit de préférence les jours où ont lieu les leçons de travaux manuels, couture ou dessin. Un bain par semaine est suffisant ; le samedi paraît un jour de choix.

Les enfants sont appelés par séries de nombre égal à celui des cabines ; une série commence à se déshabiller pendant que l'autre est dans les cabines; il faut recommander aux enfants de bien suspendre leurs vêtements, pour éviter les éclaboussures de la douche ; on leur recommande aussi de garder, jetée sur les épaules, leur serviette ou leur chemise, en attendant le signal de début de la douche : ceci pour les enfants les plus prompts à se déshabiller et qui pourraient se refroidir. On leur a également répété la manière dont

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