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contenues dans 1 litre d'eau, et que le litre d'eau doit contenir 0«r,011 de carbonate de chaux pour précipiter Osr,l de savon (1).
Le carbonate de calcium a également la propriété de faire virer la teinture de bois de campêche du jaune au violet.
Les eaux séléniteuses ne doivent pas contenir plus de 0^,13 par litre de sulfate de calcium; le dosage se faitpar addition dune solution titrée de chlorure de baryum.
La recherche du chlorure de sodium est beaucoup moins importante, ce sel n'existant jamais en quantité bien considérable dans les eaux de boisson : sa recherche se fait à laide dune solution de nitrate d'argent, qui forme, en présence du chlorure de sodium, un précipité blanc caséeux.
La recherche des matières organiques présente un intérêt considérable ; on fera d'abord un examen microscopique, qui pourra déceler la présence de débris animaux ou végétaux ; on aura recours également à l'analyse chimique.
Comme la proportion des matières organiques est le plus souvent minime (5 milligrammes par litre, dans les cas moyens), les expériences doivent être faites avec beaucoup de précision. Quand les matières organiques sont très abondantes, on peut pratiquer l'incinération du résidu sec laissé par l'évaporation d'une assez grande quantité d'eau: la différence de poids du résidu, avant et après l'incinération, renseigne de façon approximative sur les matières organiques brûlées. Mais, pour avoir des résultats précis, on aura recours au dosage à l'aide de solutions de permanganate de potasse en milieu acide ou alcalin : ces solutions titrées se décolorent du fait que le permanganate a la propriété de se décomposer en abandonnant son oxygène au profit de la matière organique.
La présence des matières organiques se traduit également par la présence d'azotates et d'azotites dans l'eau ; on admet que l'analyse, pratiquée avec les réactifs de Trommsdorff ou de Griess, ne doit pas déceler plus de 5 dixièmes de milligramme d'azotates et d'azotites par litre d'eau : une dose supérieure est un indice certain de la présence de matières organiques.
La présencede Yammoniaque est également importante à constater, car elle indique qu'il s'agit d'eaux impures, probablement souillées par des matières organiques, en particulier par l'urine. Le réactif de Nessler est utilisé pour cette analyse. Un centimètre cube de ce réactif est ajouté à 50 centimètres cubes de l'eau à analyser, qui a été d'abord alcalinisée avec quelques gouttes de potasse ; il se produit immédiatement, en présence des traces d'ammoniaque, un précipité brun orangé.
(1) Pour l'étude détaillée de ces dosages, nous ne pouvons que renvoyer à l'article très complet de MM. Ogier et Bonjean, dans le tome II de ce Traité.
La recherche des sels calcaires, des chlorures, de l'ammoniaque, est relativement aisée; mais, le plus souvent, il faudra envoyer les eaux douteuses à un laboratoire spécialement outillé. Dans certains cas, un simple examen microscopique permettra de reconnaître des débris de fibres végétales ou animales, ou l'existence de parasites : la propagation par les eaux des vers intestinaux est très intéressante en effet, et elle constitue tout un chapitre de l'examen des eaux. Dans ces cas, il y a souvent contamination des puits par des infiltrations superficielles, dont on doit se défendre par les dispositifs indiqués plus haut.
Vexamen bactériologique, souvent indispensable, est des plus délicat, et il ne peut être pratiqué que dans des laboratoires spéciaux; l'eau ne doit pas contenir plus d'un nombre déterminé de microbes, et il faut de plus connaître les différentes espèces de germes, parfois pathogènes, qui constituent cette flore. Nous citerons seulement le colibacille, dont un petit nombre ne suffit pas à faire condamner une eau ; le bacille d'Eberth, le bacille du choléra, le bacille du charbon. Cet examen est imposé par la loi, mais on ne le fait pas toujours ; il est évident que théoriquement l'analyse de tout puits servant à une agglomération scolaire ou militaire devrait être faite; dans combien d'écoles de campagne l'eau des puits n'at-elle jamais étéanalysée ? Les progrès de l'hygiène exigeraient cependant l'observation de ces règlements.
Si l'examen bactériologique ne peut pas être pratiqué sur place, non plus que l'analyse chimique complète, on peut cependant demander au médecin de faire un prélèvement de Feau à analyser : cette manœuvre est elle-même assez délicate, et elle exige un matériel spécial, qui sera envoyé du laboratoire.
Le prélèvement des échantillons d'eau exige d'abord quelques précautions générales : il ne faut pas que, depuis plusieurs jours au moins, l'eau à analyser n'ait été souillée par apport de détritus, par lavage ou par abreuvage d'animaux ; il faut également, s'il s'agit d'un puits récemment foré ou maçonné, ou s'il s'agit de conduites neuves, faire écouler une quantité considérable d'eau avant le prélèvement, de façon à ne pas recueillir des éléments provenant de matériaux non encore usagés. On ne recueillera pas non plus la couche d'eau superficielle, ni la couche profonde, l'une pouvant porter des poussières ou des débris de toutes sortes et l'autre pouvant être chargée de dépôts limoneux ou de vase.
Pour prélever de l'eau canalisée, il suffit de flamber le robinet, de laisser écouler une certaine quantité d'eau, puis d'en remplir quelques flacons de 150 grammes environ, préalablement stérilisés, puis bouchés à l'émeri : le goulot et le bouchon sont flambés avant et après le remplissage.
Le prélèvement de l'eau d'un puits ou d'une rivière est plus
délicat : on immerge à 50 centimètres de profondeur environ un ballon ou un tube stérilisé, dont rorifice est assez finement effilé : on a fait un vide relatif dans ces récipients, par simple ébullition d'une petite quantité d'eau ; puis on les abouchés à la lampe et stérilisés, après les avoir enveloppés d un papier qui lesprotégera, jusqu'au moment de leur immersion, de tout contact extérieur. Au moment du prélèvement, on débarrasse, à l'aide d'une pince stérilisée, le ballon de son enveloppe de papier ; on le place dans un support métallique, lesté de plomb et suspendu par un fil de laiton maintenu au contact du goulot par un anneau également métallique : tout cet ensemble est flambé à la lampe. Quand le ballon a atteint la profondeur voulue, on laisse glisser le long du fil de laiton un « messager » de cuivre, qui lui aussi a été flambé, et qui va, dans sa chute, aller briser l'effilure du ballon : celui-ci se remplit alors; il est retiré et bouché à la lampe.
On peut plus simplement, quand on n'a besoin que d'une petite quantité d'eau (analyse bactériologique et non chimique), se servir d'un tube effilé à ses deux extrémités et qui a été chauffé au rouge sombre avant d'avoir été bouché à la lampe; on réalise de la sorte un vide partiel. Le tube ainsi préparé est plongé verticalement dans
l'eau ; l'extrémité immergée est brisée à l'aide d'une longue pince ; l'eau occupe le vide partiel, et il suffit de retirer doucement le tube et de le boucher à la lampe.
Nous reproduisons enfin un appareil (fïg. 30) imaginé par S. Ogier : « Il se compose d'un flacon carré de 1 litre (F) maintenu verticalement dans une armature métallique et lesté par une lame de plomb. Ce flacon est bouché avec un bouchon de liège percé d'un trou dans lequel voyage un gros tube terminé par une ampoule A. L'appareil étant descendu à la profondeur voulue, on fait descendre, sur la cordelette P qui le maintient, un « messager M »
qui brise l'ampoule et laisse rentrer l'eau. Au besoin, cet appareil peut être stérilisé à l'autoclave à 1 15°. »
Il est souvent préférable de pratiquer les ensemencements sur place. Les laboratoires ont pour cela des boîtes toutes préparées; l'eau est recueillie avec des pipettes stérilisées et immédiatement mélangée à la gélatine liquéfiée par la chaleur et dont la température ne
Fig. 30. — Appareil pour le prélèvement des eaux à diverses profondeurs.
dépasse plus 37° au moment de l'ensemencement. La proportion d'eau doit être d'un cinquième de centimètre cube à 5 centimètres
cubes pour 150 centimètres cubes de gélatine, suivant sa richesse supposée en éléments microbiens. La gélatine est ensuite répartie dans des boîtes de Pétri, où elle se solidifie.
La caisse contenant tout le matériel nécessaire à ces prélèvements ou à ces ensemencements est ensuite expédiée au laboratoire.
UTILISATION DE L'EAU A L'ÉCOLE. —L'eau d alimenta tion. — Nous devons maintenant étudier dans quelles conditions l'eau que l'analyse a déclarée potable doit être donnée comme boisson aux enfants des écoles. Nous nous occuperons ensuite de l'eau de lavage.
Nousn'avons pas à nous occuper ici de l'épuration ou de la filtration des eaux, telles qu'elles doivent être pratiquées par les services municipaux, avant la pénétration dans les bassins de distribution; cette question n'est pas du domaine scolaire ; la ville fournit une eau à l'école, nous ne pouvons pas la modifier; nous ignorons souvent à Paris s'il n'a pas été fait un mélange des eaux dites « de source » avec les eaux des bassins filtrants d'Ivry ou de la Marne, d'où la nécessité de n'accepter que sous réserves les eaux distribuées par les services publics et de prendre, à l'égard de ces eaux de provenance douteuse, toutes les précautions édictées par l'hygiène.
On ne doit avoir qu'une confiance relative dans les divers | filtres qu'on peut installer dans les écoles, sauf cependant dans les filtres à bougie de porcelaine, et à condition qu'ils soient entretenus de façon très soigneuse. Mais ces filtres ne peuvent pas être établis dans les campagnes à cause de l'absence de pression. On ne doit pas accorder beaucoup de confiance aux filtres d'amiante ni aux filtres de cellulose; ce sont des filtres qui, sous une autre forme que les filtres Ghamberland, n'assurent une filtration sérieuse qu'à la condition d'être très surveillés et très souvent renouvelés; tous ces filtres s'encrassent, et, à un certain moment, loin d'être une arme de protection contre les impuretés, ils deviennent un milieu de pullulation microbienne.
Dans les villes, où la pression ne manque pas, on peut donc, sous réserves d'un entretien très scrupuleux, employer les filtres Ghamberland, ou encore les filtres de Berkefeld.
Les filtres en grès, ou les petits filtres à charbon, nous paraissent condamnables parce qu'ils sont complètement insuffisants et ne peuvent que donner une fausse sécurité.
En somme, nous ne croyons pas qu'il existe à ce jour de filtre « domestique » pratique et efficace, susceptible d'être installé dans les écoles.
Les procédés d'épuration par les agents chimiques sont d'une utilisation assez délicate, et nous ne les croyons pas pratiques dans les
écoles : nous citerons la stérilisation par l'eau oxygénée, par le permanganate de potasse, par le ferrochlore ; ce dernier procédé permet de traiter de grandes quantités d'eau, et il a pu être utilisé pour la stérilisation en grand des eaux de rivière destinées à l'alimentation urbaine : les eaux du Gers, consommées à Lectoure, sont ainsi traitées.
Le procédé le plus simple, dans tous les cas où l'eau est suspecte, consiste à ne la donner aux enfants qu'après ébullilion et aération consécutive; il est préférable encore de remplacer l'eau bouillie pure par des infusions ; il est toujours facile de donner comme boisson aux enfants du thé léger ou du tilleul. Ce sont ces boissons que l'on devra recommander dans les cantines scolaires ; on sait, d'ailleurs,
que dans les pays chauds, c'est avec le thé et les infusions chaudes qu'on arrive à éviter les contaminations par l'eau. Il n'y a pas autantde dangerévidemment dans nos pays ; mais, lorsqu'il y aura des raisons de suspecter l'eau, le premier soin du médecin d'école sera d'exiger son ébullition.
Nous signalerons les excellents résultats fournis par l'appareil Lepage (fig. 31), qui, sous un volume restreint, assure une stérilisation parfaite de l'eau par la chaleur, avec aération consécutive : mais cet appareil ne fonctionne guère qu'au gaz, ce qui restreint son emploi, et il est assez coûteux.
La stérilisation de l'eau par les rayons ultra-violets est entrée depuis peu dans la pratique; ces rayons ont une très grande puissance bactéricide ; on utilise ceux qui sont émis par l'arc électrique au mercure, dont les radiations chimiques sont particulièrement riches. Nos figures (32 et 33) représentent un appareil récemment construit ; les analyses de l'eau, après passage dans ce filtre, indiquent une parfaite stérilisation, et les résultats sont des plus satisfaisants. Cet appareil, construit par la Société Lacarrière, et dû au Dr Nogier, se compose d'un cylindre en bronze nickelé dans lequel on introduit la lampe montée sur porte-lampe dont le support ferme le cylindre stérilisateur. Sur ce tableau, se trouvent également
Fis
— Appareil Lepage pour la stérilisation de l'eau.
le coupe-circuit et l'interrupteur de commande de la lampe.
Fig. 32. — Vue générale d'un stérilisateur Nogier-Triquet, débitant
800 litres à l'heure.
L'eau arrive par une tubulure soudée sur la canalisation, passe
Y[pr. 33. — Vue d'une lampe à vapeur de mercure montée sur son support.
par un robinet automatique fermant l'eau en cas d'arrêt du courant
électrique, traverse l'appareil et sort par une tubulure vissée sur la partie supérieure du cylindre.
La mise en marche est des plus simples. Il suffit en effet d ouvrir le robinet d'arrivée d'eau et de basculer la manette de commande de la lampe, l'allumage de cette dernière entraînant l'admission de l'eau par suite du fonctionnement du robinet automatique.
En dehors de l'eau donnée au moment des repas et en particulier à la cantine scolaire, il est d'usage de placer dans les cours de 1 école une fontaine d'eau de source. La consommation de cette eau demande à être surveillée; il faut aussi s'occuper des récipients dans lesquels les enfants boiront. Autant que possible, il faudrait un récipient individuel; il ne seraitpas difficile, en effet, de trouver dans les annales pathologiques d'hygiène scolaire des exemples de contami-
Remplissage .
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Fig. 34. — Fontaine de l'ingénieur G. Oref- Fig. fice (d'après Badaloni).
Trop plein
Conduit dujet