‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 74 sur 158 · SAMEDI · texte numérisé non relu

SAMEDI

itin.

Mise en rang'. —

inspection de

propreté.

Lecture.

Lecture.

Lecture.

Lecture.

Lecture.

Calcul.

Calcul.

Calcul.

Calcul.

Calcul.

Chant.

Récitation.

Morale.

Chant.

Instruction civique.

Récréation.

Récréation.

Récréation.

Récréation.

Récréation.

Cymnast.

Cymnast.

Cymnast.

Cymnast.

Cymnast.

Ecriture.

Ecriture.

Ecriture.

Ecriture.

écriture.

Français.

Français.

Français.

Français.

Français.

Soir.

Récitation.

Leçon de choses.

Couture.

Leçon de choses.

Couture.

Histoire.

Géographie.

Géographie.

Lecture.

Lecture.

Lecture.

Lecture.

Lecture.

Récréation.

Récréation.

Récréation.

Récréation.

Récréation.

Ecriture.

Écriture.

Ecriture.

Écriture.

Ecriture.

Dessin.

Dessin.

Histoire.

Dessin.

Histoire.

Ces tableaux rendent plus manifeste encore l'insuffisance absolue du temps consacré à l'éducation physique dans nos écoles. Si Ton songe que, faute de place dans les cours, les récréations ne peuvent être consacrées à aucun jeu éducatif, et que bien souvent les exercices physiques ont lieu dans des préaux insuffisamment aérés, on comprendra l'urgence absolue qu'il y a à apporter d'importantes modifications à notre enseignement au point de vue de l'éducation physique.

Les résultats obtenus au point de vue intellectuel apportent-ils au moins une compensation au sacrifice à peu près complet de l'éducation physique? Il ne nous appartient pas de juger les résultats pédagogiques obtenus dans les écoles primaires; mais, si nous nous en tenons aux avis formulés par ceux qui ont la charge de cet enseignement, il apparaît avec évidence que le « rendement » intellectuel est loin d'être proportionnel aux efforts demandés. Les enfants sont accablés sous le poids des matières accumulées dans les programmes encombrés; arrivés au certificat d'études, qui est la cause d'un surmenage souvent excessif, il se trouve que les connaissances acquises au prix de tant de peine ne répondent pas aux besoins sociaux de la plupart de ces enfants ou de ces adolescents. Leur formation intellectuelle et leur curiosité d'esprit restent à peu près nulles, et d'autre part ils n'ont par non plus les connaissances pratiques qui faciliteraient leur début dans la vie.

('liez les jeunes gens qui poursuivent leurs études primaires, on

retrouve les mêmes défauts d'éducation : leur personnalité intellectuelleest annihilée par une somme énorme d'acquisitions aussi variées que superficielles; ils atteignent une « omniscience » qui peut en imposer pour un certain degré de culture, mais qui en réalité ne fait que masquer une formation intellectuelle très insuffisante.

Undirecteur d'école normale d'instituteurs de province nous disait récemment qu'avec le mode actuel d'enseignement « on meuble la maison avant qu'elle ne soit bâtie » : cette comparaison marque d'un trait précis les graves défauts de notre pédagogie, dont les méthodes ne savent pas respecter les besoins physiques de l'enfant, non plus que s'inspirer des conditions de son développement psychique.

Enseignement secondaire. — Durée des classes. — Les classes sont de moins longue durée que dans l'enseignement primaire, mais l'attention qu'on y réclame des élèves est plus intense : ils doivent y prendre des notes qu'ils auront à rédiger pendant les études, ou y entendre des explications qui exigent un effort mental assez soutenu.

Les classes du matin et celles de l'après-midi ont une durée de deux heures; chacune de ces classes de deux heures est séparée par un repos de dix à quinze minutes, et le plus souvent il y a changement d'enseignement après cette mi-temps ; chacune des classes n'a donc qu'une heure à peine de durée. Dans les classes inférieures, et dans Certains établissements, la durée de chaque classe est de deux heures et demie réparties en deux leçons et parfois coupées par vingt minutes de récréation.

De longues discussions ont été engagées au sujet de la valeur du travail fourni pendant les classes d'une ou de deux heures. En faveur des classes de deux heures, on peut observer que, pour un travail présentant quelques difficultés, exigeant un certain temps de mise en train, une durée d'une heure est à peine suffisante. Le rendement n'atteint, en effet, son maximum qu'après les deux ou trois premiers quarts d'heure de travail.

En faveur de la classe d'une heure, on fait remarquer que cette courte durée entraîne moins de fatigue intellectuelle; on escompte aussi le besoin de changement inhérente l'esprit de l'enfant, et l'on espère qu'en appliquant son esprit à des sujets différents on excite davantage l'intérêt.

En somme, cette discussion relative à la durée de la classe dune ou de deux heures se superpose au problème que nous avons exposé plus haut et dans lequel on envisageait, dans le travail intellectuel, la part qu'il faut faire à l'entraînement (favorisant le travail) et la part qu'il faut faire à la fatigue (entravant le travail).

Répartition des matières enseignées suivant leur nature et suivant l'heure de la journée. — Les diverses expériences de psychologie expérimentale que nous avons rapportées dans un

Traité d'hygiène. VI. — 25

précédent chapitre nous ont montré que la fatigue intellectuelle variait suivant la nature du travail imposé et aussi suivant les heures de la journée auxquelles ce travail était accompli. Il était donc logique de chercher à répartir les matières enseignées en tenant compte de ces deux facteurs.

L. Wagner a pu classer par ordre de difficultés les différentes matières des programmes ; il admet que les mathématiques exigent le plus gros effort d'attention, et il leur attribue le coefficient 100; les autres matières sont classées par lui dans l'ordre suivant, avec des chiffres correspondant au degré de fatigue produit:

Mathématiques 100

Latin-grec 97

Gymnastique , 90

Histoire et géographie 80

Dessin 77

En s'inspirantde ces chiffres, on placera dans les premières heures de la matinée renseignement des matières qui produisent le plus de fatigue; à cette heure, l'enfant, qui jouira de son maximum d'attention, sera plus apte à profiter de cet enseignement.

On est ainsi amené à réunir dans la matinée l'étude des matières les plus difficiles ; certains auteurs ont proposé de prolonger les classes du matin pour que les enfants n'aient plus à s'occuper, durant l'après-midi, que de sujets d'études faciles, ou encore mieux d'arts d'agrément, de travaux manuels ou d'exercices physiques.

Ces classes du matin ont été adoptées dans de nombreux pays étrangers ; on a accumulé, pendant les premières heures de la journée, jusqu'à six classes consécutives ; en Norvège, parexemple, les enfants assistent, entre huit heures et demie et quatorze heures, à six classes différentes de quarante-cinq minutes chacune.

En France, les classes du matin ont reçu un accueil peu chaleureux aussi bien de la part des membres du corps enseignant (au moins dans renseignement secondaire) que de la part des parents; ces derniers ne savent à quoi employer le temps des après-midi qu'on laisse libre aux élèves externes ; et, de leur côté, on ne trouve pas, pour les internes, avec notre organisation actuelle, un emploi du temps suffisamment varié pour occuper les après-midi privés de classe.

Cependant, dans quelques écoles privées, installées à la campagne et établies d'après le système anglais, les heures de classe ont été groupées autant que possible dans la matinée, et les après-midi ont été réservés aux arts d'agrément ou aux exercices physiques.

Emploi du temps. — Actuellement, le travail est réparti dans les établissements d'enseignement secondaire suivant un programme dont nous donnons ci-dessous un exemple. Cet emploi du temps est celui d"un lycée de Paris, pour les jeunes internes de huit à douze ans :

6 h. 1/2 : Lever.

7 h. à 7 h. 1/2: Étude.

7 h. 1/2 à 7 h. 3/4 : Petit déjeuner.

7 h. 3/4 à 8 h. 1/2 : Récréation,

8 h. 1/2 à 9 h. 1/2 : Classe.

9 h. 1/2 à 9 h. 40: Récréation.

9 h. 40 à 10 h. 55: Classe.

11 h. à 11 h. 1/2 : Déjeuner.

11 à 11 h. 1/2: Récréation.

12 h. 1/2 à 13 h. 1/2: Étude.

13 1/2 à 14 h. : Récréation.

14 h. à 15 h. : Classe.

15 h. à 15 h. 20 : Récréation.

15 h. 20 à 16 h. 25 : Classe.

16 h. 1/2 à 17 h. 1/2 (en été) : Goûter et récréation (pendant l'hiver, la récréation finit à 17 h.).

17 h. 1/2 à 19 h. 1/2 (en été) ; de 17 h. à 16 h. 1/2 (en hiver) : Étude.

19 1/2 à '20 h. : Dîner.

20 h. : Quelques minutes dans la cour, puis coucher.

L'horaire est le même pour tous les jours de la semaine, sauf le jeudi, le samedi, et le dimanche.

Le samedi, la récréation de 7 h. 3/4 à 8 h. 30 est remplacée par la gymnastique.

Le jeudi, gymnastique de 8 h. 1/4 a 9 h. 1/2, et douches de 9 h. 1/2 à 10 h. 1/2. Promenade de 12 h. 1/2 à 16 h. 1/2.

Le dimanche, pour les internes qui ne sortent pas dans leur famille, il y a étude le matin de 7 h. 1/2 à 11 h. 1/2, avec une récréation de 8 h. 40 à 9 h. Promenade l'après-midi de 12 h. 1/2 à 16 h. 1/2.

La distribution des heures de classes nous paraît satisfaisante. Mais il est à peine besoin de faire remarquer la complète insuffisance du temps consacré à la gymnastique et aux exercices physiques.

Aussi les critiques adressées aux méthodes en usage dans l'enseignement primaire peuvent être répétées à propos de renseignement secondaire : la négligence où est tenue la culture physique et l'encombrement vraiment excessif des programmes aboutissent à un résultat diamétralement opposée celui que se propose l'éducateur ; la formation intellectuelle souffre de cette accumulation de matières enseignées, et, à l'exception de quelques esprits solidement équilibrés, on remarque chez la plupart des jeunes gens une insuffisance absolue des qualités personnelles et de la maturité d'esprit, auxquelles devrait aboutir renseignement secondaire.

Les programmes de 1902 sont sans doute en grande partie responsables de ce fâcheux état de choses; il ne nous appartient par d'y insister davantage. Mais nous devons signaler que les fautes commises contre l'hygiène physique et intellectuelle des écoliers ne sont pas sans influer de façon appréciable sur le « rendement » de leurs études.

Récréations. ( — Pendant les courtes pauses qui séparent deux classes consécutives l'une de l'autre, les enfants devront être obligés d'exécuter quelques mouvements et plus particulièrement quelques

exercices de gymnastique respiratoire ; l'intensité de ces exercices serait réglée suivant la saison. Il est important, en effet, que pendant cette courte pause les enfants ne s'échauffenTpas trop durant l'été et ne se refroidissent pas pendant l'hiver.

Dans les récréations de plus longue durée, les jeux doivent être obligatoires. L'inactivité, les conversations entre élèves, seront défendues. Les jeux doivent présenter autant que possible un caractère éducatif. Ils doivent être surveillés, et il est désirable que les maîtres y prennent une part active et quil les dirigent; des terrains assez vastes devraient être aménagés à proximité de tous les collèges ou lycées. Nous nous sommes étendus sur ce sujet au chapitre des exercices physiques.

Signalons de nouveau, ici, l'influence néfaste qu'ont sur la pratique des jeux scolaires les règlements français qui rendent responsables les maîtres des accidents survenant au cours des récréations ; pour éviter toute responsabilité, la plupart des jeux restent interdits dans les écoles; en admettant que les maîtres aient à ce point de vue une responsabilité, on devrait organiser un système d'assurances qui libérerait le corps enseignant et qui aurait une influence heureuse sur le développement des exercices physiques à l'école.

Congés et vacances. — En France, les élèves des écoles primaires ont congé le jeudi et le dimanche : il est désirable qu'une partie de ces journées soit consacrée à des exercices ou à des promenades en commun. Dans les grandes villes, les enfants sont trop souvent, pendant ces deux journées, abandonnés à eux-mêmes, et ces jours de repos, qui devraient être consacrés à la culture physique, ne sont, bien souvent, que l'occasion de flâneries malsaines, aussi bien au point de vue physique qu'au point de vue moral.

La fin de chaque trimestre est marquée par des vacances qui durent une huitaine de jours au 1er janvier, douze ou quinze jours à Pâques, et deux mois pour les grandes vacances.

Ces vacances reviennent à des dates fixées par un usage plus que séculaire, et il est peu probable que nous puissions faire une modification de leurs dates. Remarquons, toutefois, que leur durée tend continuellement à augmenter.

Les vacances du Jour de l'An et de Pâques viennent heureusement couper des trimestres assez laborieux.

Les grandes vacances sont plus nécessaires encore. Elles arrivent à un moment de l'année où la chaleur rend, le plus souvent, le travail assez fatigant; de plus, elles suivent la période de surmenage qui accompagne la préparation des compositions de fin d'année et surtout des examens.

Les dates fixant le début et la fin des grandes vacances ont étéT ces dernières années, l'objet de nombreuses discussions que nous ne rapporterons pas ici: on peut seulement se demander s'il est

logique que du nord au sud de la France les congés soient fixés à une date unique, alors qu'il y a des différences de climat assez appréciables et des habitudes spéciales à chacune des contrées de notre pays.

Pour ce qui est de renseignement secondaire, le début des vacances à une date unique était, jusqu'à ces dernières années, légitimé par la distribution des prix du Concours général ; la suppression de cette solennité permettrait, maintenant, de fixer des vacances un peu variables suivant les différentes contrées.

Sur Futilité des grandes vacances, nous seront brefs ; il suffit de se reporter aux résultats indiqués parles mensurations et les pesées pratiquées chez les enfants avant et après les vacances ; et ceci s'applique aussi bien aux élèves des lycées qui, avec leurs familles, vont en villégiature, qu'aux enfants des écoles primaires, qui peuvent profiter des colonies scolaires de vacances.

A titre de comparaison, nous citerons les dates adoptées par quelques pays étrangers dans la répartition de leurs vacances, d'après le rapport présenté par M. Bougier au Congrès d'hygiène scolaire de 1905.

En Russie, on prescrit des vacances au moment des plus grands froids; dans certaines villes de Suisse, au contraire, dès que le thermomètre atteint + 25°, on suspend les cours de l'après-midi.

En Grèce, une grande liberté est laissée aux chefs d'établissements pour répartir à leur gré les vacances : elles sont actuellement fort prolongées, du 20 décembre au 15 janvier pour Noël ; du 10 avril au Ier mai pour Pâques; du 1er août au 15 septembre pour les grandes vacances.

En Autriche, les vacances durent du 15 juillet au 15 septembre : les vacances de Noël et de Pâques sont comparables aux nôtres, mais, en plus, les écoliers ont repos à l'occasion d'un nombre considérable de fêtes religieuses ou civiles.

En Allemagne, enfin, les vacances varient quelque peu suivant les États ; en général, les grandes vacances finissent au plus tard le 13 août, et un nouveau congé est accordé entre le 25 septembre et le 22 octobre.

Les différentes dates que nous venons de rappeler montrent que chaque pays a réglé les vacances de ses écoliers suivant ses conditions de climat ou suivant ses habitudes sociales.

Page 1