‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 9 sur 158 · DES ECO · texte numérisé non relu

DES ECO

d'Enfant

:s jours de exceptés), à 4 heures

à l'Elève

de l'École de

n'est valable que pour un seul Enfant t être utilisée dans les trois mois.

Fig-. 43. — Bon de la Caisse des Écoles du VIIe arrondissement à Paris.

à des bains-douches, pour les sommes minimes de 15 à 25 centimes ; il est certain que c'est déjà un premier progrès; mais ce que nous devons demander, c'est que chaque école, dans les grandes villes au moins, ait ses bains-douches particuliers, tels qu'ils fonctionnent actuellement à l'école de la rue de l'Arbalète, à lécole du Perreux et aussi dans quelques lycées, où ils donnent toute satisfaction.

Avant d'étudier les conditions indispensables pour réaliser un éclairage suffisant et hygiénique des différents locaux scolaires, nous devons dire quelques mots des moyens que nous pouvons utiliser pour mesurer la valeur de cet éclairage; il faut, avant tout, que la lumière entre en quantité suffisante dans les classes, et un des premiers soucis du médecin scolaire doit être de vérifier l'intensité lumineuse existant à la place de chacun des élèves, surtout de ceux qui occupent les tables les moins favorisées sous ce rapport.

Photométrie scolaire. — La mesure de l'intensité lumineuse se fait à l'aide des différents photomètres ; certains de ces appareils sont trop compliqués pour être d'un usage courant; nous décrirons seulement ceux qui peuvent être utilisés par les médecins n'ayant que des connaissances assez élémentaires de physique.

Les photomètres, quel que soit leur système, sont établis d'après un même principe : la mesure de l'intensité lumineuse se fait par comparaison, et l'unité de mesure qui a servi de base à la plupart des travaux jusqu'ici publiés est le bougie-mètre, c'est-à-dire l'éclairage fourni par une bougie à 1 mètre de distance, sur une surface blanche et mate; en France, la bougie adoptée pour ces expériences -est la bougie de stéarine « Étoile » : en Allemagne, on emploie les bougies de paraffine.

Une réserve s'impose sur l'exactitude de ces mesures d'intensité lumineuse : l'étalon pris comme base de comparaison est assez variable dans son pouvoir éclairant; la flamme de la bougie est peu stable, dans sa hauteur, dans sa couleur, dans sa fixité ; ceci est dû aux variations inévitables de la combustibilité de la mèche.

Une autre cause d'erreur est due aux différences d'acuité visuelle des différents observateurs.

Il en résulte que, pour avoir des résultats comparables entre eux, il faudrait que l'observateur réglât lui-même son photomètre et soit seul à s'en servir : c'est d'ailleurs ce qu'a réalisé le Pr Truc (de Montpellier), dont les travaux sur ce sujet sont des plus intéressants. On devra savoir aussi que les chiffres obtenus ont surtout une valeur comparative; on pourra conclure avec certitude, par exemple, qu'à telle place peu favorisée l'intensité lumineuse est cinq fois ou dix fois moindre qu'à une table placée près d'une fenêtre; mais on ne tiendra pas pour absolus les chiffres exprimés en bougies-mètre.

Les physiciens, gênés par l'insuffisante précision de ces anciennes mesures photométriques, ont recherché un étalon de valeur constante pour graduer leurs appareils ; Dumas et Boussingault avaient déjà défini une unité de mesure, dont la valeur était un peu trop élevée

pour être pratique, en prenant pour terme de comparaison le carcel, c'est-à-dire une lampe Carcel réglée, dans tous ses détails, de manière à brûler exactement 42 grammes d'huile de colza à l'heure. Récemment, une commission internationale a établi une nouvelle unité de mesure photomélrique : cette unité, dit le Pr Gariel, est égale au « pouvoir éclairant d'une surface de platine de 1 centimètre carré de superficie, à la température de solidification; on la désigne sous le nom d'étalon Violle, du nom du physicien français qui Ta étudiée. La comparaison que celui-ci a faite a montré que le carcel vaut 0,48 violle... ; plus souvent on emploie une unité secondaire, qui équivaut à un vingtième de violle, soit 0,05 violle, ce qui revient à 0,104 carcel, soit à peu près un dixième de carcel; c'est pourquoi on la désignait en France du nom de bougie décimale; cette unité étant adoptée maintenant en Angleterre et en Amérique a reçu le nom de bougie internationale.

« En Allemagne, on emploie une unité différente, le heffner, qui est le pouvoir éclairant d'une flamme obtenue en brûlant de l'acétate d'amyle dans des conditions bien déterminées; ce pouvoir éclairant est les 0,9 de celui de la bougie internationale (ou la bougie internationale vaut 1,1 heffner) (1). »

Après avoir déterminé le pouvoir éclairant d'une source lumineuse en violles ou en bougies décimales, il faut exprimer la valeur de l'éclairement produit par cette source : « Les éclairements sont évalués numériquement à l'aide d'une unité spéciale à laquelle on a donné le nom de lux ; c'est l'éclairement produit sur une surface par une source lumineuse d'un pouvoir éclairant égal à une bougie décimale placée à 1 mètre de la surface, la distance étant comptée sur la normale à celle-ci (1). »

La valeur de ces diverses unités de mesure photométrique est indispensable à connaître, pour l'intelligence des travaux publiés sur la question ; pour comparer les résultats fournis par les divers auteurs, il est en effet de toute nécessité d'être d'abord fixé sur les mesures employées par eux. Et, si la plupart des travaux sur l'éclairage scolaire s'expriment actuellement en bougies ou en bougies-mètre, il estfort probable que, dans un avenir prochain, les unités employées ne seront plus guère que la bougie décimale (unité d'éclairage) et le lux (unité d'éclairement).

Quoi qu'il en soit, et malgré l'imperfection et la difficulté d'application des méthodes photométriques, le médecin scolaire doit s'efforcer de connaître la valeur de l'éclairement des locaux scolaires dont il a la surveillance hygiénique ; des recherches suivies ont été entreprises à ce point de vue à l'étranger, et en France, à Montpellier, par le Pr Truc ; à Paris, ces études ont été jusqu'ici trop négligées ;

(1) Pr Gariel, Valeur comparative des divers modes d'éclairage (Soc. fr. d'opht., Congrès de 1910).

il est à espérer que quelques médecins inspecteurs des écoles s'y intéresseront; car, dans peu de villes, la luminosité des jours d'hiver n'est d'aussi faible intensité, et il est certain que peu d'écoles parisiennes disposent d'un éclairage suffisant, tout au moins durant cetle saison où le ciel reste le plus souvent nuageux et l'atmosphère embrumée.

Les photomètres. — Nous donnons d'abord la description du photomètre du PT Truc (fîg. 44 et 45), que sa simplicité rend d'un emploi très facile, et qui pourra couramment être employé pour

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Fis:. 4 i. — Photomètre du Pr Truc

(vu de face).

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Fig. 45. — Photomètre du Pr Truc (vu de profil).

l'étude de l'éclairement scolaire, où nous n'avons pas à rechercher une rigoureuse exactitude. Nous reproduisons la description fournie par le P1' Truc lui-même dans sa brochure sur Y Hygiène oculislique dans les écoles de Montpellier :

«Ce photomètre, adapté aux conditions scolaires courantes, permet un examen rapide et exact à la fois (II. Bertin-Sans).

« Basé sur l'emploi des milieux absorbants, comme les photomètres de MM . Imbert et Cohn, il se compose essentiellementde paragraphes uniformes dont la lisibilité pour un même observateur placé à une distance fixe varie avec l'éclairement du milieu.

« Il est constitué par un cadre mesurant 0m,23 de longueur

sur (K17 de largeur. Dans ce cadre, se trouve le texte choisi répété cinq fois et recouvert successivement par une, deux, trois, quatre et cinq lames de verre fumé, d'égale épaisseur et de teinte identique. Il en résulte que le texte recouvert par une seule lame de verre demandera, pour être lisible, une quantité de lumière beaucoup moins considérable que celui qui est recouvert par plusieurs lames.

« Un petit cordonnet long de (V,33, dont l'extrémité libre doit être maintenue contre l'apophyse orbitaire externe de l'observateur, est fixé sur l'un des côtés de l'appareil et règle la lecture des textes à la distance ordinaire du travail.

« Cet instrument présente toutefois, dans certaines incidences, une réflexion gênante de la lumière sur les lames de verre. Pour l'atténuer, on a déjà songé à remplacer les lames par des feuilles de gélatine. On pourrait d'ailleurs y remédier en laissant le texte à nu et en plaçant le verre progressivement teinté devant les yeux, en lames et sous forme de lunettes graduées. Mais le système actuel, suffisamment exact, paraît plus rapide et partant plus pratique. « Ce photomètre doit être gradué par l'observateur lui-même dans

une chambre obscure, au moyen de la bougie « l'Etoile » prise comme étalon (1).

Le photomètre de Bertin- Sans (de Montpellier) est assez simple et de manipulation facile (fîg. 46) : cet appareil se compose d'un écran, disposé horizontalement et recouvert de papier blanc ;* une tige métallique verticale supporte une seconde tige de direction horizontale; cette dernière, projetant son ombre sur l'écran, sert d'image d'épreuve dans les manipulations photométriques.

Une règle, graduée en centimètres, supporte à l'aide d'une glissière une lanterne munie d'une lampe à pétrole (située en dehors et à droite de la figure), dont les rayons, par un jeu de lentilles et de miroirs, viennent frapper l'écran de haut en bas; l'intensité d'éclairage de l'écran varie suivant la plus ou moins grande distance où est placée la lanterne, et l'ombre

(1) Le Pr Truc fait remarquer, clans une note annexée à son rapport au Congrès de 1910, que 8 bougies de « l'Étoile » équivalent d'ordinaire à 10 bougies-mètre.

Fie1. 46. — Photomètre de Bertin-Sans.

portée par la tige horizontale varie également suivant l'éloignement ou e rapprochement de la source lumineuse; on arme facilement à déterminer le point où disparaît l'ombre portée; a ce moment, rintensitè de l'éclairage à étudier et celle de la source lumtneuse employée sont devenues égales. 11 suffit alors de consulter le tableau établi par Bertin-Sans, tableau qui donne la valeur des mtensités d'éclairement correspondant aux diverses distances de la lampe

h Péoron

Voici, d'après Cure (1), la description du photomètre de Weber, utilisé dans toutes ses recherches par Cohn : « Dans un tube horizontal et fixe se trouve une lumière normale, éclairantdes plaques de verre pouvant se mouvoir dans un espace déterminé. Ces plaques comprennent plusieurs plaques de verre dépoli et une plaque de verre rouge, destinée à donner de la lumière monochromatique. A 1 extrémité de ce tube et à sa jonction avec un second tube vertical mobile se trouve un prisme à réflexion totale. A l'une des extrémités des tubes mobiles, on voit une autre série de verres identiques aux plaques de verre du tube fixe ; de l'autre côté, se trouve un diaphragme oculaire où se placera l'œil de l'observateur. Ce dernier aperçoit un champ visuel divisé par le prisme en deux parties égales ; la partie droite reçoit la lumière de la source auxiliaire; la mo.tie gauche es éclairée directement par les rayons venus de l'extérieur. En faisan varier la distance des premières plaques à la source lumineuse, et en augmentant ou diminuant, selon le cas, le nombre des plaques placées dans le tube mobile, on arrive à l'égalité d'intensité dans les deux moitiés du champ visuel. » .

Un simple calcul permet alors d'évaluer l'intensité de 1 éclairage

étudié. , . ,. . o

Ce calcul repose sur la comparaison entre les deux distances obtenues, d'une part, entre la source à comparer ou l'objet éclaire et les plaques de verre du tube mobile, et d'autre part entre les plaques de verre du tube fixe et la lumière normale (d'intensité connue)

Le D'Katz(de Saint-Pétersbourg) a présenté, au Congres de 1910, un photomètre individuel reposant sur un principe tout différent : cet auteur ne cherche plus à déterminer quelle est 1 intensité de l'éclairage ni la valeur de la source lumineuse ; il se propose de rechercher si l'éclairage est suffisant pour chacun des mdmdus qui ont à l'utiliser, en tenant compte d'ailleurs de la nature des occupations de ces individus. Voici, d'après le P'' Truc (2), la description de cet appareil : le D' Katz « détermine la réserve de lumière nécessaire au travail et établit que cette réserve doit être les 24/25 de l'éclairage, c'est-à-dire que l'éclairage de la table do

(I).Cbre, Contribution à la photométrie solaire. Thèse de pharmacie, Montpellier, 1881. . . ,.

(2) P' Tnuo, Hygiène oculaire et inspeclion d.es écoles, Pans, 1911.

travail doit être vingt-cinq fois plus fort que l'éclairage nécessaire pour la simple perception de l'objet du travail.

« Des verres fumés absorbant les 21/25 ou 96 p. 100 de l'éclairage, enclulssés dans une monture, constituent le mesureur de la réserve de lumière, le photomètre individuel (fig. 47). Des caractères d'essais pour la détermination de la suffisance de la réserve de lumière sont annexés à l'appareil.

« Ce sont des lettres de trois dimensions : 1° hauteur 0mm,6 et Omm 7 exigeant 3/4 d'acuité visuelle et correspondant aux plus fins travaux : broderie, gravure ; 2° hauteur de 1 millimètre pour acuité

Fig". 47. — Photomètre individuel de Katz; monture encastrant les verres fumés

(d'après Truc-Chavernac).

visuelle de 1/2 pour travaux manuels de couture, dessin, etc.; 3° hauteur lmm,5 pour acuité visuelle de 1/3 pour lecture, écriture, etc. »

Ce sont ces derniers caractères qui, à travers les verres fumés du photomètre, doivent pouvoir être lus à toutes les places de la classe, par tous les enfants : au point de vue individuel, ce photomètre nous paraît pratique et appelé à rendre des services.

Nous ne décrirons pas ici d'autres photomètres ; nous citerons, parmi ceux qui ont été employés dans les écoles, le photomètre de Landolt, dont le principe repose sur ce fait que l'éclairage d'un point quelconque est proportionnel à la valeur de l'acuité visuelle : le photomètre d'Imbert, qui, comme ceux de Cohn et de Truc, est basé sur l'emploi des milieux absorbants : on trouvera la description de ces appareils dans l'excellente thèse de R. Espinouze (1).

Éclairage naturel ou diurne. — « En principe, il n'y a jamais trop de lumière à l'école ; car, d'une façon générale, l'acuité visuelle augmente ou diminue avec l'intensité lumineuse, c'est-à-dire avec l'intensité de l'éclairage (2). »

La plupart des auteurs sont d'accord pour exiger un minimum de

(1) Espinouze, Essai sur le photomètre scolaire. Thèse de Montpellier, 1912.

(2) Pr Truc, Éclairage naturel ou diurne des écoles {IIIe Conyrès cVhyy. scol., Paris, 1910).

10 lux, dans l'éclairemenl de toutes les parties de la classe ; un bon éclairage doit être de 15 à 20 lux. .

Nous allons étudier les conditions les meilleures pour obtenir un

éclairage naturel satisfaisant.

La question de l'orientation des classes a déjà été traitée, dans un précédent chapitre, et nous avons montré combien les opinions diileraient; la majorité des auteurs paraissent se rallier à l'orientation vers Test, et nous avons dit les raisons pour lesquelles cette orientation avait le plus d'adeptes ; d'autres auteurs défendent l'orientation sud-est, d'autres l'orientation au nord; ces derniers prétendent obtenir la constance de l'intensité lumineuse et aussi échapper a 1 action des rayons solaires chauffants; les défenseurs de cette orientation ont soulevé de vives discussions au Congrès de Nuremberg : Erismann s'est déclaré partisan convaincu de l'exposition au nord ; il a fourni, à l'appui de sa théorie, les résultats de mensurations pratiquées dans une école à Moscou ; l'intensité lumineuse, mesurée au photomètre, avait donné à huit heures et demie du matin une intensité lumineuse plus grande dans une classe exposée au nordest que dans une classe exposée au sud-ouest; l'auteur en a conclu que l'exposition au nord valait mieux que celle au sud. Il est évident qu'à huit heures et demie du matin une classe exposée a 1 est est mieux éclairée qu'une autre située à l'ouest. Dans les pays lumineux, si on craint trop les rayons caloriques, l'exposition est, se rapprochant du nord-est, peut être préférable ; dans les pays du nord au contraire, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, on se trouve très satisfait de l'exposition à l'est et au sud-est.

Dans les pays du midi, en Grèce par exemple, c'est toujours a 1 est que se fait l'exposition de la classe.

Ventourage de V école doit être l'objet d'observations importantes, spécialement en ce qui concerne les bâtiments élevés dans le voisinage. Nous parlerons tout à l'heure des rapports entre la surlace éclairante (c'est-à-direlasurface vitrée) etla surface du sol, comparées en mètres carrés ; la surface des baies éclairantes peut être suffisante ; mais, s'il existe en face d'elles, et à trop faible distance, un bâtiment élevé, la lumière n'arrivera que très indirectement dans les classes, et le rapport entre la surface vitrée et la surface du sol n'a plus qu'une valeur incertaine.

Le Pr Truc, par ses mensurations, a démontré de la façon la plus nette l'importance de ces obstacles à l'arrivée normale de la lumière; il compare deux écoles de Montpellier : l'une donne comme rapport 1 centimètre carré de vitrage pour 5^,05 de sol; l'autre 5 centimètres carrés de vitrage pour 6 centimètres carrés de sol ; or les résultats photométriques pour les deux classes sont diamétralement opposés aux rapports entre la surface éclairante et la surface du sol; c'est la classe la moins riche en surface vitrée qui s'est trouvée la mieux

éclairée; dans la première de ces classes, en effet, le photomètre a donné un éclairage de 13,35, dans l'autre simplement 5,02, c'est-àdire plus de moitié moins d'intensité lumineuse; et le Pr Truc conclut que c'est évidemment l'obscurité apportée par la présence du bâtiment voisin qui est la cause de l'éclairage insuffisant de cette école, pourvue cependant de très larges baies d'éclairage.

Pour obviera ce grave inconvénient, on admet que le minimum de distance horizontale entre les fenêtres des classes et les bâtiments voisins doit égaler au moins la hauteur de ces bâtiments; d'après

Fig. 48. — Angle spatial, mesuré suivant la méthode de Cohn.

G, classe; F, fenêtre ; B, bâtiment situé en face de l'école ; a, i>, c, angle spatial mesuré en partant de la place de l'élève et en passant par les deux bords supérieur et inférieur de la fenêtre.

Cohn, il faudrait même que cette distance soit égale à deux fois la hauteur de la maison voisine.

C'est une préoccupation de môme ordre qui a fait rechercher aux hygiénistes la mesure de Y angle d'espace, ou angle spatial : Cohn mesure cet angle (fig. 48) en prenant comme sommet la place de l'élève et comme côtés deux lignes, l'une passant par le bord supérieur de la fenêtre, l'autre par le bord inférieur.; cette manière de procéder est critiquable, carie côté inférieur de l'angle ainsi obtenu va rencontrer la maison voisine : il est évident qu'on n'obtient pas ainsi la mesure de l'espace vraiment lumineux. Fôrster a conseillé, et nous croyons sa méthode préférable, de mesurer l'angle d'espace utile au point de vue lumineux, en prenant comme sommet de l'angle

la place occupée par l'élève, comme côté supérieur de l'angle celui qui passe par le bord supérieur de la fenêtre, et comme côté inférieur une ligne allant passer par la partie supérieure de la maison voisine (fig. 49).

De ces recherches il résulte qu'un éclairage suffisant exige une

Fig. 49. — Angle spatial, mesure suivant la méthode de Forster.

a, h, c, angle mesuré en partant de la place de l'élève, en passant par le bord supérieur de la fenêtre et par le faîte des bâtiments situés en face de l'école.

ouverture minima de 5°, à la condition que l'incidence des rayons ne se fasse pas sous un angle inférieur à 25° mesuré sur l'horizontale.

Ln

Fig. 50. — flaumwinkelinesser (mesureur d'angle) de Weber.

Weber a imaginé un appareil qui permet de mesurer rapidement l'angle d'espace et aussi de vérifier l'incidence sous laquelle pénètrent 1rs rayons lumineux. Cet appareil (fig. 50) (Iîaumwinkelmesser) corn-

prend : une planchette A, maintenue horizontale à l'aide d'un niveau d'eau et de deux vis de niveau, une autre planchette mobile P, un arc gradué B, un porte-lentille T, avec une lentille Ln de 114 millimètres de foyer: cette lentille projette une image réduite et renversée des objets éloignés sur un papier quadrillé fixé sur la planchette mobile; chaque carré des quadrillages mesure 5 millimètres de côté. L'appareil étant disposé à la place dont on veut étudier l'éclairage et étant orienté vers la fenêtre, on voit celle-ci se projeter sur le quadrillage, avec l'espace de ciel visible de la place étudiée : cette réduction de l'espace céleste, projetée sur le papier, est facilement dessinée, et l'on compte le nombre de petits carrés compris dans les limites de ce contour : il faut que l'espace céleste couvre au moins 50 petits carrés, ce qui répondrait, môme dans les jours obscurs ou brumeux, à un éclairage de 18 bougies-mètre : c'est en effet d'après cette unité que l'appareil est établi.

D'autre part, l'inclinaison qu'il a fallu donner au porte-lentille pour projeter l'espace céleste sur l'écran donne la mesure de l'angle d'incidence des rayons lumineux au niveau du point étudié.

L'angle d'espace, mesuré comme nous venons de le dire, donne en somme l'étendue de ciel visible de chaque place de la classe, cette étendue se trouvant mesurée par les plus ou moins grandes ouvertures de l'angle.

Javal a donné une formule beaucoup plus simple, plus facile à appliquer dans la pratique, et présentant une valeur égale à celle obtenue par le calcul de l'angle spatial : « Un œil placé au niveau de la table, à la place la moins favorisée, doit pouvoir voir directement le ciel dans une étendue verticale de 0m,30 au moins, comptée à partir du bord supérieur des fenêtres. » Cette formule a été adoptée par le règlement français. Nous devons ajouter que l'architecte, dans l'établissement de ses plans, ne doit pas seulement tenir compte de la hauteur des maisons existantes, mais prévoir la hauteur qu'elles pourraient atteindre si les propriétaires les surélevaient jusqu'à la hauteur tolérée par les règlements.

Signalons encore les contradictions qui existent dans les règlements français à ce sujet, et les fautes de construction qui en ont résulté dans beaucoup de nos écoles de Paris; Courtois et Dinet, dans leur remarquable rapport au Congrès de Londres de 1907, ont bien indiqué l'insuffisance de notre règlement, et ils ont illustré leur démonstration d'une épure que nous leur empruntons (fig. 51) : le règlement en vigueur indique en effet que « la distance de la face u des faces d'éclairage aux constructions voisines ne doit jamais être inférieure à 5 mètres (1) ».

(1) Ce chiffre de cinq métrés est celui que donne le règlement de 1882; le règle-

Cette distance est tout à fait insuffisante et ne permet pas de satis-

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faire à la demande formulée par Javal et par la Commission scolaire

ment de 1887, qui est le dernier en date, indique une distance de huit mètres : malgré cette correction, les observations de MM. Courtois et Dinet restent parfaitement justifiées, comme le démontre d'ailleurs leur épure ici reproduite.

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de 1882, et que nous avons citée plus haut, c'est-à-dire que de la place la moins favorisée de la classe on puisse apercevoir la voûte céleste sur une étendue de 0m,30 comptée à partir du bord supérieur de la fenêtre.

« En ce qui concerne le cas particulier de la ville de Paris, disent Courtois et Dinet, Javal avait recherché quelle devrait être la largeur de la rue en bordure de laquelle est construite une école pour que, dans une classe située au rez-de-chaussée de cette école et ayant les dimensions réglementaires de 6 mètres de large et de 4 mètres de haut, la place la plus éloignée des fenêtres pût recevoir directement la lumière du ciel, dans le cas d'éclairage unilatéral, bien entendu, Pour que cette condition puisse être remplie, Javal avait constaté qu'il fallait que la rue ait une largeur supérieure à 24 mètres. Lorsque les classes ne se trouveraient qu'au premier étage, la largeur devrait encore être supérieure à I4m,20.

« Dans ses calculs et dans la construction de son épure, Javal avait tenu compte du décret du 27 juillet 1859, qui réglait la hauteur des maisons de Paris suivant la largeur des rues en bordure desquelles elles étaient construites. Mais, depuis, divers règlements se sont succédé, dont le dernier en date est du 13 août 1902; utilisons ses données pour refaire le calcul de Javal : les maisons de Paris ne doivent pas dépasser un contour ou gabarit formé par une ligne verticale surmontée d'un arc de cercle prolongé lui-même par sa tangente à 45°. La hauteur de la verticale et le rayon de l'arc de cercle varient avec la largeur de la rue. Soit donc une classe de 6 mètres de profondeur et de 4 mètres de hauteur. Supposons-la construite à rez-de-chaussée en bordure de la rue. En donnant à cette rue des largeurs de 12 mètres, 16 mètres et 20 mètres, nous obtenons, pour chacune, un gabarit correspondant.

« En traçant la ligne AB joignant le point le plus éloigné de la classe au linteau de la fenêtre, et en prolongeant cette ligne jusqu'à la rencontre du tracé des façades, nous constatons que, pour ces trois largeurs de rues, et par conséquent pour toutes celles intermédiaires, la vue du ciel sera masquée parles maisons; il en sera de même pour les classes établies au premier étage (ligne CD) et même pour celles du deuxième étage (ligne EF) (fig. 51).

« Ainsi donc, si l'on considère comme légitime la demande de la Commission d'hygiène scolaire de 1882, nous voyons qu'à Paris aucune classe, à éclairage unilatéral, d'une école située en bordure de la rue ne reçoit une lumière suffisante. En conséquence, il y a lieu de demander que, dans cette ville et en général dans toutes les villes possédant des constructions à plusieurs étages, lesbâtiments scolaires soient construits suffisamment en retrait de l'alignement de la rue pour ménager une arrivée suffisante de la lumière, ou qu'ils soient établis devant les places, carrefours, squares et autres espaces libres.

« Lorsque cela sera impossible, on évitera de placer des classes au rez-de-chaussée, et on s'efforcera de disposer les baies d'éclairage principal du côté des cours intérieures, lorsque celles-ci seront suffisamment vastes. Enfin on fera arriver le maximum de lumière grâce à l'éclairage bilatéral. » (Courtois et Dinet).

Tout ce que nous venons de dire relativement à la distance des constructions voisines et à leur hauteur doit naturellement s'appliquer aux bâtiments mêmes de l'école; pour ceux-ci, la disposition du plan et le nombre d'étages doivent être calculés de telle sorte que la lumière arrive facilement dans les classes prenant jour dans les cours.

Notons encore que les bâtiments larges et bas enlèvent quelquefois plus de lumière que les monuments étroits et élevés; une église avec un clocher sera, par exemple, moins gênante pour une école qu'un bâtiment plus bas qui obscurcirait sa façade dans toute sa longueur.

Les arbres plantés dans les cours d'école, ou dans les avenues sur lesquelles les fenêtres des classes prennent jour, peuvent aussi être un obstacle à la pénétration de la lumière, particulièrement en été; mais, d'autre part, pendant la saison chaude, le feuillage tempère la chaleur qui régnerait dans les classes exposées au sud ou à l'ouest ; il faut donc prendre un moyen terme entre ces avantages et ces inconvénients et avoir soin de planter les arbres à une distance suffisante des fenêtres, ou de les élaguer de façon à ce qu'ils ne constituent pas un obstacle à la pénétration de la lumière.

Fenêtres. — Dimensions et orientation. — De la dimension et de la situation des fenêtres dépend l'intensité de l'éclairage : Cohn disait qu'il ne peut jamais y avoir trop de lumière; et Javal demandait que, même par un temps couvert, l'enfant puisse travailler à l'endroit le plus mal éclairé de la classe.

En principe, la surface des fenêtres ne saurait donc être trop considérable; elle doit toujours être calculée d'après la superficie du sol de la classe. Les chiffres donnés par les auteurs sont d'ailleurs fort variables; Cohn réclame un minimum de 1 mètre carré de fenêtre pour 5 mètres carrés de sol ; pour Truc et Chavernac (lac. cit.), « on obtiendra un bon éclairement lorsque le vitrage et le sol seront dans le rapport de 1 à 3, ou mieux encore de 1 à 2, de 1 à 1,5 ». Ces derniers auteurs rappellent que « l'école prussienne, exposée à Paris en 1868, possédait environ un demi-pied carré de fenêtre pour un pied carré de parquet. L'école américaine en avait davantage : autant de surface de vitrage que de sol. L'école suédoise (Exposition de Vienne, 1873) réalisait la proposition de Cohn. L'école Ferrand (Exposition de Paris, 1878) ressemblait à ce point de vue à l'école américaine. Enfin l'école Franklin, à Washington, reçoit un éclairement plus intense, car l'aire des ouvertures dépasse la superficie du sol ».

Traité d'hygikne. VI. — 0

Nous croyons que le rapport de 1 à 3 est suffisant dans la plupart des cas.

On a également calculé rétendue de la surface vitrée d'après le nombre des élèves; il faudrait 1368 à 2 052 centimètres carrés de vitrage par élève; nous attribuons peu de valeur à ces chiffres, car le fait de mettre moins d'élèves dans une école mal éclairée n'augmentera pas la quantité delumière reçue par chacun d'eux: comme le fait remarquer Baginsky, ce n'est pas le petit nombre d'élèves qui rend l'école plus claire.

Plus important est le rapport entre la hauteur de la fenêtre et la largeur de la classe; ce rapport variera suivant que l'éclairage sera bilatéral ou unilatéral; mais, dans tous les cas, les dimensions respectives des fenêtres et du sol doivent être calculées de façon qu'aucune partie de la classe ne reste dans l'ombre; l'éclairage bilatéral, dont nous reparlerons plus loin, présente l'avantage de fournir un éclairage plus également réparti; avec l'éclairage unilatéral, très souvent adopté aujourd'hui, le problème est plus difficile à résoudre : Javal n'admettait d'éclairage unilatéral qu'à la condition de donner aux fenêtres une hauteur égale à la largeur de la classe; un tel dispositif est à peu près irréalisable. Le règlement français indique que « la hauteur de la classe devra être égale aux deux tiers environ de sa largeur » : il stipule aussi que, « en cas d'éclairage unilatéral, le linteau des fenêtres sera placé au moins à une hauteur égale aux deux tiers de la largeur de la classe » (Voy. plus loin fig. 53, 54 et 55).

En Belgique, on donne aux classes une hauteur de 4m,50 pour 7 mètres de largeur, ce qui établit à peu près les mêmes proportions que dans les écoles françaises : il est bien entendu que ces derniers chiffres donnent la hauteur des plafonds et non pas celle des fenêtres; mais le linteau de celles-ci étant de petite dimension et le vitrage commençant à 20 centimètres au-dessous du plafond, nous pouvons confondre, jusqu'à un certain point, les deux dimensions; vous verrons, d'autre part, que la lumière venant de la partie supérieure des fenêtres est celle dont nous devons tenir le plus grand compte.

En effet, Trélat et d'autres auteurs français ont beaucoup insisté sur ce point : les rayons qui pénètrent par la partie supérieure des fenêtres sont les meilleurs rayons éclairants; au contraire, les rayons qui arrivent à peu près suivant l'horizontale ou ceux qui arrivent de bas en haut sont plutôt des rayons nuisibles, car, en frappant le sol ou les tables sous une incidence très oblique, ils donnent lieu à des réflexions de lumière fort gênantes; les rayons qui arrivent horizontalement, juste à la hauteur de l'enfant, peuvent projeter des ombres également gênantes.

Pour éviter ces rayons horizontaux ou obliques de bas en haut, il faut toujours que le bord inférieur de la fenêtre soit un peu plus haut

que le niveau de la table sur laquelle écrit l'enfant: en pratique, l'appui de la fenêtre sera à 1»,20 ou à lm,50 au-dessus du plancher.

Le règlement français a tenu compte des données que nous venons d'exposer, en fixant la distance qui doit séparer les fenêtres du plafond et du plancher : « L'intervalle entre les parties hautes de la fenêtre et le niveau des plafonds sera d'environ 0m,20. — Les appuis seront taillés en glacis sur les deux faces et élevés de lm,20 au-dessus du sol. »

Telles sont les principales indications dont on devra tenir compte dans l'établissement des baies d'éclairage; les dispositions intéressant la fenêtre ellemême ont moins d'importance. Le règlement français recommande que « les châssis des fenêtres soient, dans le sens de la hauteur, divisés en deux parties. La partie inférieure dont la hauteur sera égale aux trois cinquièmes delà hauteur totale, s'ouvrira à battants. La partie supérieure formera des panneaux mobiles, s'ouvrant à l'intérieur (fîg. 52).

On trouvera au chapitre Ventilation, plusieurs figures empruntées aux « documents administratifs » du ministère de l'Instruction publique et à l'ouvrage de Narjoux (fig. 65 et suiv.) : ces figures nous dispensent d'insister sur les différents modèles de fenêtres susceptibles d'être adoptéspourles salles de classes, et qui d'ailleurs peuvent varier à l'infini. On veillera seulement à ce que les fenêtres soient munies de panneaux mobiles, permettant l'aération

sans que l'ouverture de la fenêtre entière soit nécessaire, et on évitera de donner trop d'épaisseur aux croisillons de bois, pour ne pas diminuer la surface vitrée. Nous avons vu, à l'exposition du dernier Congrès d'hygiène scolaire de Paris (1910), un modèle de fenêtres, construit en Suède, où les croisillons métalliques étaient extrêmement réduits et où la surface éclairante était très considérable.

Signalons les tendances actuelles de nombreux architectes, surtout en Allemagne et dans les pays Scandinaves, qui augmentent la dimension transversale des fenêtres, tout en diminuant leur hauteur : ces baies très larges et peu élevées sont placées aussi près que possible du plafond; elles utilisent surtout les rayons venant d'en haut; l'éclairage qu'elles fournissent peut être très suffisant et avoir une certaine valeur au point de vue de l'hygiène : mais elles donnent un aspect froid et triste aux classes.

Fig. 52. — Fenêtre à battants et à panneaux.

84 MÈRY ET GENEVRIER. - - HYGIENE SCOLAIRE.

Les doubles fenêtres sont défectueuses au point de vue de l'éclairage : leur emploi reste limité aux pays du nord, où elles constituent un moyen de défense indispensable contre le froid extérieur.

Les carreaux doivent être blancs et unis; les verres striés, ou étoiles, donnent un scintillement désagréable: quand il sera nécessaire de rendre les carreaux opaques, pour empêcher les élèves d'être distraits par la vue de l'extérieur, on aura recours au simple verre dépoli, bien qu'il ait l'inconvénient de diminuer notablement l'éclairage.

Les stores ou rideaux, qu'on sera obligé d'utiliser à certaines heures de la journée dans les expositions à l'est, au sud, ou à l'ouest, absorbent toujours une grande quantité de lumière; on les choisira d'étoffe assez mince et de teinte claire; Cohn recommande le schirting, qui n'absorberait que 50 p. 100 de lumière rouge et 25 p. 100 de lumière verte ; on évitera les rayures, qui enlèvent encore de la lumière et qui contribuent à donner des « faux jours». On a recommandé d'avoir des stores qui se manœuvrent de bas en haut, et non pas de haut en bas, de façon à pouvoir ménager une surface d'éclairement à la partie supérieure de la fenêtre, par où pénètrent les rayons les plus favorables.

Éclairages unilatéral, bilatéral, multilatéral. — Il nous reste à étudier une question très importante : celle de la situation que doit occuper la surface éclairante par rapport à l'écolier.

"L'éclairage unilatéral peut être antérieur, postérieur, latéral droit ou gauche.

Le plus mauvais éclairage est celui dans lequel la lumière arrive de face : les élèves ne voient le professeur et le tableau qu'à contrejour, et si l'éclairage est tant soit peu intense, ils sont absolument aveuglés.

Dans l'éclairage se faisant derrière les élèves, c'est le maître qui doit faire des efforts fatigants pour les apercevoir; d'autre part, surtout si les rayons se rapprochent de l'horizontale, l'ombre des enfants se projette de façon fort gênante sur la table et sur les cahiers.

Dans certains cas, ces inconvénients de l'éclairage postérieur peuvent être moindres si on a soin de ne le donner que par la partie supérieure du mur correspondant; les ombres projetées seront alors moins grandes, et cet éclairage sera moins gênant également pour le maître. En tout cas, cet éclairage postérieur, tout en étant préférable à l'éclairage antérieur, ne manque pas d'inconvénients; on l'a parfois combiné à certaines formes d'éclairage latéral, dont nous aurons à parler plus loin.

Avant d'arriver à l'éclairage latéral, nous devons dire quelques mots de X éclairage par le faîte; c'est peut-être celui qui donnerait la lumière la plus constante, mais il est une source de difficultés diverses : difficultés au point de vue de l'aération, difficultés pour

le nettoyage des toitures vitrées et surtout coût élevé de l'installation et de Fentre tien. Pour éviter la pénétration des rayons solaires, on a préconisé les toitures en dents de scie, avec les pentes lumineuses dirigées vers le nord ; c'est le dispositif adopté dans de nombreux ateliers. Pour nos écoles, l'éclairage par le faîte doit être absolument laissé de côté : « l'éclairage par un plafond vitré est interdit » par le règlement français. Dans certains cas cependant, il a été utilisé pour éclairer des salles de travail manuel, placées dans des pavillons isolés, ou à l'étage supérieur de l'école.

U éclairage unilatéral droit a de gros inconvénients; il a, entre autres, celui de porter sur le cahier l'ombre de la main et du porteplume, et de gêner beaucoup pour récriture ou pour le dessin; pour éviter cette ombre portée, l'enfant prend des attitudes vicieuses : c'est avec raison que l'éclairage unilatéral droit est condamné par tous les auteurs.

lu' éclairage unilatéral gauche paraît réunir, au moins en France, la majorité des suffrages ; la lumière arrive ainsi de façon à ce que l'enfant puisse écrire et dessiner sans être gêné par l'ombre portée.

Le principal inconvénient de l'éclairage unilatéral dépend surtout de l'orientation que nous avons assignée à la salle de classe, dont les fenêtres doivent être tournées vers l'est ou le nord-est; avec cette orientation, nous réalisons l'éclairage le plus constant et le plus régulier, mais non pas le plus intense; et quand il s'agit d'une classe de grandes dimensions, de grande largeur surtout, il arrive que les tables les plus éloignées des fenêtres ne jouissent que d'un éclairage très restreint : nous avons déjà signalé cet inconvénient en étudiant les rapports qui doivent exister entre la surface du sol et les surfaces vitrées.

L'éclairage unilatéral, avec les orientations nord ou nord-est, a encore l'inconvénient de priver la classe de l'action bienfaisante des rayons solaires, en dehors de la présence des élèves bien entendu; la présence d'ouvertures sur un seul des côtés de la classe rend aussi l'aération et la ventilation plus difficiles ; nous verrons, dans le chapitre réservé à ce sujet, comment on obvie à cet inconvénient, en perçant, dans le mur opposé aux fenêtres, des baies de moindres dimensions qui peuvent être aveuglées par des rideaux épais, ou par des volets, pendant la durée des classes ; ces mêmes baies peuvent permettre l'insolation de la classe et la ventilation pendant les récréations ou les jours de congé.

En somme, malgré ces inconvénients et à la condition qu'il vienne de gauche, l'éclairage unilatéral est justement apprécié à cause de sa régularité ; il est surtout recommandable pour les classes peu spacieuses. Dans les classes très nombreuses et très étendues, les places les plus éloignées des fenêtres peuvent être éclairées de façon à peine

suffisante : c'est ce qui a légitime pour beaucoup d'auteurs l'adoption de l'éclairage bilatéral ou multilatéral.

Les « documents administratifs » français résument fort bien ce

que nous venons de dire relativement à l'éclairage unilatéral, et nous croyons utile de reproduire ici le texte et les figures de ces documents :

« L'éclairage unilatéral (fig.53)seraadopté toutes les fois que les conditions suivantes pourront être réunies :

« 1° Possibilité de disposer d'unjour suffisant ; « 2° Proportion convenable entre la hauteur des fenêtres et la largeur de la classe (la hauteur sous plafond sera au moins de 4 mètres). Si l'éclairage est unilatéral, cette hauteur devra être au moins égale aux deux tiers de la largeur de la classe augmentée de l'épaisseur du mur dans lequel les fenêtres sont percées (%• 54) ;

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