LES GROUPEMENTS D'ÉCOLIERS
/ - ÉCOLES PRIMAIRES
Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons étudié le bâtiment scolaire, avec son chauffage, sa ventilation, ses salles de classe, ses annexes, son alimentation en eau, son mobilier : nous avons eu particulièrement en vue, dans cette étude, l'aménagement de l'école primaire. Il ne nous reste donc ici qu'à indiquer la façon dont sont distribués les locaux scolaires dans les écoles d'importance diverse, à la campagne et dans les petites et les grandes villes.
Plan d'ensemble des écoles primaires. — Les différents locaux scolaires sont répartis de façon variable suivant l'importance de l'école et suivant son emplacement. Le plan d'ensemble varie encore suivant la contrée et le climat, qui imposent des conditions spéciales aux architectes.
En France, et quoi qu'on ait dit des « palais scolaires », la conception qui a présidé à la construction de presque toutes les écoles modernes est à la fois simple et pratique ; le prix de revient est relativement peu élevé, et les nécessités de l'hygiène sont assez bien observées. Nous ne voulons pas dire qu'il n'y ait pas de progrès à accomplir: si les locaux sont le plus souventbien disposés, suffisamment éclairés, il ne manqueraitcertes pas d'observations à faire sur le mobilier, sur le chauffage et la ventilation, sur l'éclairage artificiel... Il est possible, d'ailleurs, que ces fautes d'hygiène soient en grande partie évitables, même avec les constructions et le matériel existant aujourd'hui, Le corps enseignant, malgré toute sa bonne volonté, n'est pas toujours assez instruit des choses de l'hygiène, et il pourrait sans doute tirer un meilleur parti des locaux et du mobilier scolaires si on lui fournissait les connaissances que nous jugeons indispensables.
Nos écoles de campagne françaises, surtout les plus récentes, sont parfaitement adaptées à leur destination ; les gros efforts fournis par les communes et par l'État ont permis d'élever des constructions scolaires dont peu de pays, en Europe, possèdent l'équi-
ECOLES PRIMAIRES. 6-587
valent. Presque tous nos villages ont des écoles bien construites et bien aménagées : en certains pays étrangers, la publicité faite en faveur de quelques installations somptueuses permet de masquer a médiocrité de la majorité des écoles ; nous ne devons pas méconnaître notre supériorité à ce point de vue.
Dans les grandes villes, nos écoles sont également simples d'architecture et de dispositions; les quelques photographies d'écoles étrangères que nous donnons plus loin montrent que le souci de faire grand et monumental est au contraire très développé dans certains pays. On ne comprend pas très bien quel intérêt il y a à superposer les étages dans des villes comme Stockholm ou Munich, où la population est moins dense et moins nombreuse qu'à Paris, et où la valeur des terrains est moins élevée. L'aspect de l'école est certes plus monumental, mais il est aussi plus massif; les classes, les cours, les préaux, y gagnent-ils en étendue? En tout cas, une telle agglomération d'enfants n'est pas sans inconvénient au point de vue de la prophylaxie des maladies contagieuses, et cette seule raison nous ferait opter pour des écoles moins vastes, moins peuplées, et pour des locaux moins tassés.
Les plans et les élévations d'écoles françaises que nous reproduisons ici sont tirés du récent ouvrage de MM. F. Leray et P. Labeyrie (1) ; nous leur empruntons également la description sommaire de ces constructions, et nous ne pouvons que renvoyer à ce volume très documenté les lecteurs qui souhaiteraient avoir sur l'architecture scolaire des renseignements précis et complets.
Nous avons choisi, parmi les écoles modernes, celles qui nous paraissent particulièrement bien adaptées aux besoins de la population à laquelle elles sont destinées.
Ecole de filles de La Haye-Fouassière (Loire-Inférieure) (fig. 256) (architecte : M. Leray, à Nantes). — Cette école a été construite en 1907 ; elle comprend une classe qui peut recevoir cinquante élèves ; l'emplacement occupe une superficie de 900 mètres.
La cour de récréation sépare la maison de l'institutrice delà salle de classe. La classe est éclairée bilatéralement. Dans le prolongement de la classe se trouve le préau couvert, qui, par la suite, pourrait être transformé en classe si le besoin s'en faisait sentir.
Le bâtiment destiné au logement de l'institutrice est situé en bordure de la route; il se compose du rez-de-chaussée, d'une cuisine, salle à manger et de trois pièces à feu, dont une au premier étage.
En prévision de la construction d'une classe, le logement de l'adjointe pourra être installé au premier étage. Contigus au logement, se trouvent situés un bûcher et un cellier.
Derrière la classe, il y a un jardin potager pour la directrice.
(1) F. Leray et P. Labeyrie, Guide pratique pour la construction des écoles, *2° édition, Paris, Librairie de la Construction moderne, édit.
La dépense, non compris l'acquisition du terrain, s'est élevée à la somme de 18000 francs, soit environ 310 francs par élève.
Façade principale de la maison d'habitation
Fig. 256. — École de La Haye-Fouassière (Loire-Inférieure) (d'après Leray et
Labeyrie).
École d'Itancourt (fig. 257) (architecte : M. Berlin, à Chambéry). — L'école d'Itancourt, pouvant recevoir quarante-huit élèves, a été construite en 1907.
La classe, éclairée bilatéralement, a 7m,70 sur 8 mètres. Le logement occupe une surface de 62 mètres carrés.
Il se compose, aurez-de-chaussée, d'une cuisine et d'une salle à manger, et à l'étage de deux chambres à coucher; il a comme dépendances une buanderie, un bûcher, une cave et enfin un grenier au-dessus de la classe.
ÉCOLES PRIMAIRES
Façade
Plan général
Coupe sur la classe
pian du 1" étags
Fig. 257. — École d'Itancourt (Aisne) (d après Leray et Labeyrie.)
Ecole de Dury (fig. 258 et 259) (architecte : M. Berlin, à Chambéry) — L'école de Dury, pouvant recevoir cinquante-neuf élèves, a été construite en 1906. Le même bâtiment, à la fois simple et élégant, abrite la mairie et l'école ; c'est un arrangement que l'on retrouve dans de nombreuses communes.
La classe, éclairée bilatéralement, a 7* 50 sur 8 mètres.
Le logement occupe une surface de 105 mètres carrés. Il se compose, au rez-de-chaussée, de quatre pièces et au premier étage de deux mansardes, une buanderie, un bûcher, une cave et un grenier.
La construction est tout en briques du pays ; la couverture est en ardoise, et les dépendances sont couvertes en tuiles.
La dépense, non compris le terrain, a été de 28000 francs, soit
530 francs par élève.
Groupe scolaire de Bellegardc (Loiret) (fig. 260, 261, 262 et 263) (architecte : M. Guillermonet, à Orléans). — Le groupe scolaire de Bellegarde, d'une superficie totale de 3100 mètres, se compose d'une école de garçons et d'une école de filles, avec
MERY ET GENÉVRIER
HYGIENE SCOLAIRE
1 il
Maine ■V III'1 ™W
tc=.^h
î ..fc. . .
et
Fig. 258. — École et mairie de Dury (Aisne); plan (d'après Leray et Labeyrie)
Façade
Fig. 259. — École et mairie de Dury (Aisne) ; façade (d'après Leray et Labeyrie).
ECOLES PRIMAIRES
classe maternelle. Chaque école comprend une cour spacieuse avec son préau couvert et ses water-closets. Le bâtiment d'habitation pour l'instituteur et l'institutrice et pour
Pian généi'ul
Jet garçons
Fig. 260. — Groupe scolaire de Bellegarde (Loiret) ; plan d'ensemble (d'après
Leray et Labeyrie).
l'adjoint et l'adjointe est complètement indépendant des bâtiments scolaires proprement dits ; il se trouve en façade sur la rue et est
Colipa sjr la cour
M • r TT T '
Fig. 261. — Groupe scolaire de Bellegarde (Loiret ; coupe de l'ensemble des bâtiments (d'après Leray et Labeyrie).
séparé par les cours des salles de classe. Cette disposition présente le grand avantage de mettre la population scolaire à l'abri des
maladies épidémiques pouvant survenir dans les familles du personnel enseignant.
Le grand bâtiment des classes s'étend sur une surface de 500 mètres. Trois parties bien distinctes sont réservées auxgarçons, aux filles et à l'école maternelle, avec leurs vestiaires particuliers.
Pavillon central — Fcçade poaUr:eura
Façade latérale