V. - NAVIGATION SUR LES FLEUVES, RIVIÈRES ET CANAUX
Ce genre de navigation ne présente point pour l'hygiéniste le même intérêt que la navigation maritime : les bâtiments employés sont, ou des vapeurs ou des chalands, les premiers affectés au transport de passagers ou de marchandises, les seconds à celui de chargements divers. Il ne saurait être question, tout naturellement, des navires qui, revenant de la haute mer, sont amenés à remonter les fleuves ou les rivières. A la limite de la zone de l'Inscription maritime, ces navires, sauf de rares exceptions, déposent leurs rôles d'équipage et tombent sous la juridiction des ministères de l'Intérieur et des Travaux publics.
A bord des bâtiments fluviaux, les mesures de sécurité sont assurées par les garanties que doivent offrir les patrons de pilotage et les mécaniciens soumis, pour l'obtention de leurs brevets, à des examens spéciaux.
En outre du décret du 31 août 1875, relatif au transport des matières dangereuses et déjà mentionné, un décret en date du 20 janvier 1902, portant règlement général de police pour les voies de navigation intérieure, détermine les conditions à remplir pour naviguer, la vitesse de marche des vapeurs, etc. : mais les seules précautions relatives à l'hygiène que l'on y relève concernent le déchargement des résidus restant au fond des bateaux, résidus qui ne peuvent être déposés sur les berges, ni jetés à l'eau, non plus que les dépôts de boues, immondices, fumiers et produits de vidange; on y relève aussi l'interdiction de faire baigner et abreuver des animaux quelconques dans les canaux et leurs dépendances, en dehors des endroits régulièrement autorisés; il n'y est édicté aucune prescription pour ce qui est du bâtiment lui-même et de son personnel.
De fait, les bateaux à vapeur effectuant des transports de passagers ou de marchandises ne font que de courtes traversées ; l'équipage y est peu nombreux, y séjourne relativement peu de temps, et n'y est pas soumis à des fatigues excessives, les machines étant d'ailleurs réduites et bien aérées. S'il peut se produire des accidents à bord, il ne s'y déclare guère de maladie sérieuse, et dans ce cas un malade serait promptement débarqué en vue des soins à donner. Mais il peut cependant exister des risques de contagion, de tuberculose en particulier, et de ce fait il y aurait des mesures à prendre.
L'attention doit surtout se porter sur ces grands chalands (1), encombrés de marchandises diverses, à bord desquels vivent des mariniers et où sont fréquemment logés les animaux employés pour le halage.
(1) D1' Henry Thierry, Habitations flottantes.
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Le logement du personnel est fort exigu, situé soit au milieu, soit à l'arrière, consistant en une cabine s'ouvrantsur le pont par une porte médiane, quelquefois latérale, cabine aérée par de petites fenêtres, et accidentellement par une ouverture supérieure recouverte par un capot mobile: la cuisine se fait en dehors de la cabine dans un petit compartiment ouvert de toutes parts, garanti latéralement par des vitrages et supérieurement par une petite toiture. Une balustrade disposée autour du couloir qui entoure la cabine prévient les chutes à Peau. Dans la cabine sont disposées les couchettes en nombre variable. Il règne forcément dans ce local restreint une grande promiscuité, favorable à la contamination, lorsqu'une affection transmissible atteint l'un des occupants.
Ces chalands relâchent fréquemment et entretiennent des relations constantes avec les populations des communes traversées; des germes contagieux peuvent ainsi être semés parmi ces populations et amener réclosion d'épidémies : grippe, fièvre typhoïde, diphtérie, coqueluche.
En outre, le tout à la rivière étant en usage à bord de ce genre de bâtiments, il est aisé de se rendre compte des pollutions possibles et •des inconvénients et dangers pouvant résulter de cette façon de procéder lorsqu'il existe à bord un cas de fièvre typhoïde.
Il résulte de ce court exposé qu'une surveillance plus efficace devrait être exercée à l'égard de ces habitations flottantes, peu salubres par elles-mêmes et susceptibles de devenir, le .cas échéant, un danger pour la santé publique.
S'il est malheureusement tout à fait impossible de dresser actuellement un tableau de statistique de la morbidité et de la mortalité des marins affectés à la navigation commerciale sur mer, il est tout aussi impossible d'en établir un pour la navigation des fleuves et des canaux.
Il est, en réalité, bien peu de maladies qui puissent être considérées comme exclusivement spéciales aux marins du commerce: mais, parmi les affections banales d'ordre général auxquelles chacun est exposé et qui n'épargnent point les gens de mer, certaines, en raison de leur plus grande fréquence ou des allures particulières qu'elles affectent chez eux, revêtent un caractère, à proprement parler, professionnel.
Quelques-unes de ces affections sont, jusqu'à un certain point, évitables et subiraient certainement une notable diminution s'il était pris de plus sérieuses précautions hygiéniques; chemin faisant, nous avons fait ressortir toutes les lacunes qu'il reste encore à combler. Une visite médicale trop rarement imposée, non réglementaire
d'ailleurs, et que seule la grande industrie maritime, comprenant mieux ses propres intérêts et pouvant en outre opérer une sélection dans le personnel de ses équipages, fait subir aux marins embarqués, devrait être rendue obligatoire avant rengagement définitif. Comme toute innovation, l'application de cette mesure soulèverait sans doute, au début, d'énergiques réclamations, car elle porterait une certaine atteinte à la facilité des recrutements: mais il y va de l'intérêt général, de la préservation de la santé publique, et cette considération doit primer toutes les autres.
La marine marchande et la marine militaire sont intimement liées; ce sont les mêmes unités qui alimentent l'une et l'autre, de telle sorto que les intérêts de la défense nationale se trouvent, pour ainsi dire, enjeu. Les inscrits maritimes passent successivement des navires deguerre sur les bâtiments du commerce, et la morbidité de l'une de ces deux catégories de la Marine retentit aussi sur l'autre.
Pour les raisons multiples que nous ne croyons pas devoir énumérer et discuter dans cette étude, la tuberculose en particulier est fréquente dans la marine militaire ; les réformes prononcées y sont nombreuses, et les réformés de l'espèce dont la navigation est généralement le seul moyen d'existence, réserve faite des mécaniciens, qui trouvent parfois des débouchés dans l'industrie, demandent à la marine marchande les ressources que leur refuse désormais la marine de l'Etat. Parmi ces tuberculeux, il en est un certain nombre dont l'état général assez satisfaisant ne trahit pas au premier abord la maladie dont ils sont atteints, et qui, porteurs de lésions peu avancées, qui s'aggravent d'ailleurs très rapidement étant données les obligations auxquelles ils sont soumis dans leur nouveau mode d'existence, sont enrôlés sur lés navires du commerce. Là ils apportent et sèment les germes de la contagion d'autant plus facilement que la promiscuité y est plus grande et les mesures prophylactiques moindres. D'autres tuberculeux, plus gravement atteints, incapables de supporter les fatigues de longues campagnes, naviguent au petit cabotage, au bornage, ou se livrent à la petite pêche, jusqu'à ce que leur santé générale trop débile leur interdise tout travail (1 ).
Mais, à bord de ces divers types de bâtiments, de tout jeunes gens sont susceptibles d'être contaminés, et l'on se rend ainsi plus aisément compte du chiffre considérable des non-admissions lors de la levée des inscrits, et des réformes qui doivent être prononcées dans le cours de la première année, réformes dues à des tuberculoses, dont la marine militaire ne saurait être déclarée responsable. Ces réformes
(lj Le Congrès de la tuberculose a émis en 1903 le vœu que les marins réformés pour tuberculose ne fussent pas admis à embarquer à bord des bâtiments du commerce. Ainsi formulée, d'une façon absolue, cette proposition nous paraît devoir rencontrer, dans la pratique, de sérieuses difficultés relativement à son. application.
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concernent surtout les départements bretons, et nous avons vu la grande proportion d'inscrits maritimes de ces départements affectés aux grandes pêches de Terre-Neuve et d'Islande. La Bretagne fournissant un appoint considérable au recrutement de la marine de l'État, on est en droit d'affirmer qu'il existe une corrélation des plus étroites entre la tuberculose de la marine militaire et celle de la marine du commerce. Si, avant l'embarquement sur les bâtiments marchands, une visite médicale était partout imposée, bien des risques de contagion disparaîtraient par cela môme ; la marine militaire lutte, par tous les procédés dont elle dispose, procédés qui sont même parfois inhumains en raison des défectuosités de notre législation actuelle non en rapport avec les idées scientifiques et sociales du jour, contre la propagation de la tuberculose : mais la marine marchande, dans la majorité des cas, favorise plutôt son extension et porte ainsi un réel préjudice au recrutement de la marine nationale.
Interdire d'une façon absolue tout embarquement à ceux dont l'embarquement est Tunique gagne-pain est, certes, porter une grave atteinte aux ressources des populations du littoral: mais il existe cependant, dans l'état présent des choses, un danger qui mérite d'être signalé, quelque difficile que puisse être la recherche de la solution du problème à envisager. Ce problème confine du reste lui-même à l'hygiène déplorable des riverains maritimes, chez lesquels, dans la zone indiquée, la tuberculose est fréquente : nous ne saurions l'aborder ici, mais il semble que la petite pêche devrait seule être permise aux tuberculeux; là la promiscuité est moindre, et, si cette petite industrie maritime n'est certes pas favorable à la cure de la maladie chez l'individu lui-même, les risques de contagion sont du moins très amoindris pour les autres, et la prophylaxie maritime en général contre la tuberculose ne pourrait qu'y gagner.
Il n'entre point dans notre programme de passer en revue tout le cadre nosologique : nous ne nous attacherons même pas à décrire les espèces animales et végétales vénéneuses ou venimeuses, non plus que toutes les intoxications alimentaires auxquelles les marins du commerce sont peut-être plus exposés, les symptômes constatés ne donnant lieu dans ces cas à aucune considération particulière ; nous nous bornerons à l'examen des maladies, qui, dans le cadre spécial où nous nous sommes restreints, paraissent donner lieu à des observations susceptibles de présenter un certain intérêt.
FIÈVRE TYPHOÏDE. — L'embarras gastrique simple et la dyspepsie constituent, dans toutes les variétés de la marine marchande, des maladies banales : alimentation défectueuse, mauvaise préparation des aliments, uniformité du régime, abus des alcools dans certaines circonstances, tout concourt à les produire.
La fièvre typhoïde sévit de même à bord de toutes les catégories de bâtiments que nous avons successivement énumérées : les petits
pêcheurs la contractent à terre dans les milieux où ils sont appelés à vivre, mais ne séjournent pas à bord lorsqu'ils tombent malades; les marins embarqués sur les longs-courriers n'en sont pas exempts, non plus que ceux qui se livrent aux grandes pêches soit à bord des navires qui les transportent à Terre-Neuve, soit sur ceux qui composent l'équipage. Il n'est pas possible d'établir une statistique de la morbidité et de la mortalité afférentes à cette maladie ; tout au plus pourrait-on trouver quelques éléments d'appréciation dans les données fournies par les hôpitaux de Terre-Neuve pour ce qui concerne les pêcheurs de haute mer : en 1902, 107 typhoïdiques ont été hospitalisés, occasionnant 21 décès; en 1903, 162 ont donné 20 décès: en 1904, sur 50 typhoïdiques traités, il y a eu un décès, mais ces chiffres sont notablement inférieurs à la réalité des faits ; beaucoup de malades sont conservés à bord, quelques-uns y meurent; d'autres sont soignés sur le navire-hôpital des Œuvres de mer. Aucun docu ment ne permet de se rendre compte des allures présentées par ces fièvres typhoïdes, ni des complications qui surviennent dans le cours de leur évolution ; nous savons seulement que les perforations intestinales ne sont pas chose rare lorsque les malades sont traités à bord des navires, et nous pensons pouvoir incriminer l'alimentation parfois irrationnelle, donnée dans ces cas particuliers par des capitaines, certes animés du meilleur zèle, mais n'ayant pour se guider que leurs instructions médicales, auxquelles ils ne peuvent même pas toujours se soumettre, puisqu'ils ne possèdent pas à bord les éléments suffisants à cet effet, le lait faisant presque complètement défaut.
Les germes originels de la fièvre typhoïde proviennent généralement de feau; mais au départ peut avoir été embarqué un inscrit chez lequel la maladie évolue seulement alors que le navire a pris le large. Si ce malade est passager sur un navire transporteur dont nous avons indiqué l'encombrement, une épidémie éclate à bord, et un certain nombre d'hommes sont susceptibles de lui payer leur tribut, tout isolement étant d'ailleurs impraticable. Si ce malade fait partie d'un équipage à bord d'un navire armé, le même cas- peut se présenter, et le navire est contaminé.
Les mesures prophylactiques découlent naturellement des considérations que nous venons de présenter ; aucun fébricitant ne doit être autorisé à partir avec son navire ; l'entassement doit être évité : l'aération et la ventilation doivent être suffisamment assurées ; un isolement doit être possible. L'eau ne doit être puisée à terre que dans les sources sûres : elle doit être emmagasinée à bord dans des caisses métalliques badigeonnées au lait de ciment et nettoyées à la fin de chaque campagne, fermées au cadenas, la distribution journalière devant d'ailleurs se faire dans des récipients spéciaux utilisés exclusivement dans ce but, ce qui est facile à bord des navires de commerce où l'équipage est peu nombreux. Quand il est alloué à l'équipage de
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l'eau distillée comme boisson, cette eau ne devra jamais être mélangée à l'eau prise à terre; elle devra être amenée aux charniers par un tuyautage qui lui sera propre.
Tout homme atteint de fièvre avec état gastrique doit être autant que possible isolé ; il sera l'objet de mesures spéciales de préservation. Une baille inodore devrait être délivrée à tout navire de commerce pour recueillir les selles, et il devrait être veillé à ce que, le cas échéant, cette baille fût lavée à l'eau bouillante, puis avec une solution désinfectante (chlorure de chaux ou sulfate de fer).
TUBERCULOSE PULMONAIRE (l). — Les diverses maladies des voies respiratoires : laryngite, bronchite, pleurésie, pneumonie, bronchopneumonie, sont souvent constatées dans les équipages des navires de commerce soumis aux refroidissements, aux intempéries et aux changements brusques de température, mais ne méritent pas de nous arrêter, en raison même de la banalité de leurs symptômes, identiques à ceux que Ton observe partout,
La tuberculose pulmonaire, plus intéressante à tous égards, exerce dans la marine marchande des ravages difficiles à évaluer, vu l'absence de renseignements précis, mais se traduisant par le grand nombre de demandes de pensions d'infirmité, d'indemnités ou de secours concernant les malades eux-mêmes ou leurs familles, et dont les dossiers parviennent au ministère de la Marine.
La tuberculose existe sur les bateaux effectuant la petite pêche, sur ceux qui naviguent au bornage ou au petit cabotage, moins fréquemment sur les longs-courriers à voiles ou à vapeur où les marins sont sélectionnés, constamment sur les navires affectés aux grandes pêches. A bord de ces derniers navires, la contagion est peutêtre un peu moins active qu'on ne le supposerait au premier abord, les produits de l'expectoration ne s'y desséchant guère par suite de l'humidité qui règne perpétuellement à bord, et les fauberts humides employés pour le nettoyage des parois et parquets étant eux-mêmes lavés à l'eau de mer et toujours mouillés: mais elle existe néanmoins, ne serait-ce que par la promiscuité des couchettes et des couvertures. Si l'on s'en rapporte au nombre des entrées des inscrits dans les hôpitaux de Terre-Neuve, les tuberculeux semblent plutôt rares dans la flottille, puisqu'on n'y relève en moyenne que 25 à 50 hospitalisés à chaque saison de pêche; mais ces hospitalisés sont seulement les tuberculeux absolument incapables de tout service, et nul ne connaît les chiffres de ceux qui séjournent sur les navires. Pour les motifs que nous avons déjà indiqués, le mal est grand en réalité et digne de fixer l'attention.
(1) Dr Henry Thierry, Navires de commerce et de pêche; Habitations flottantes et tuberculose dans la Marine; Habitations insalubres; Nettoiement des navires, leur désinfection et désinfection des marchandises qu'ils renferment. — Drs Raybaud et Brukeau, Tuberculose dans la marine marchande.
Dans un très intéressant travail où ils font ressortir les dépenses occasionnées à l'armement par les tuberculeux et l'intérêt qu'il y aurait à essayer de les guérir en s'en occupant dés le début de la maladie, les DIS Raybaud et Bruneau ont essayé d'établir un tableau statistique de la tuberculose dans la marine marchande. Ils ont pris pour base l'enregistrement des malades traités à l'hôpital de la Conception à Marseille pendant une période de dix années. Cette statistique ne s'adresse qu'aux bâtiments ayant fréquenté le port de Marseille et y ayant débarqué des malades ; elle ne saurait par suite offrir un intérêt général, mais elle est cependant instructive, puisqu'elle nous apprend que, pendant ce laps de temps, 342 tuberculeux donnant un total de 15600 journées de traitement et ayant occasionné 71 décès ont été admis dans cet hôpital. Sur les 296 cas de tuberculoses médicales, la tuberculose pulmonaire en comprend 287, la proportion maxima des malades existant entre vingt-cinq et trente ans, devenant un peu moindre entre trente et quarante ans, s'abaissant fortement après quarante ans et surtout après cinquante. La contamination accidentelle semble jouer un rôle plus grand dans la production de ces tuberculoses que les prédispositions diathésiques des sujets. Les chauffeurs et mécaniciens sont particulièrement atteints ; puis viennent les agents de service recrutés en dehors des inscrits maritimes, les matelots de pont, les soutiers.
Les tuberculoses externes, ostéites et adénites, sont plutôt l'apanage des novices. La mortalité des tuberculeux traités à l'hôpital de la Conception pendant ces dix années est de 26,95 p. 100.
Il est vraisemblable que si une statistique du même ordre pouvait être dressée pour les navires pécheurs de la mer du Nord, du golfe de Gascogne, d'Islande et de Terre-Neuve, elle indiquerait des chiffres beaucoup plus élevés de morbidité et de mortalité.
Les remèdes à apporter à cet état de choses, faciles à indiquer en théorie, rencontrent, dans la pratique, de très grandes difficultés. Le marin débute jeune dans la navigation ; si elle fortifie et endurcit ceux que leur constitution robuste met mieux à même de résister aux vicissitudes atmosphériques, aux fatigues et à la contagion, elle épuise rapidement les débiles, surtout lorsqu'ils sont porteurs d'une tare héréditaire organique ; à ceux-là il faudrait absolument l'interdire: il faudrait aussi en exclure tous les tuberculeux avérés ou les suspects de tuberculose, c'est-à-dire les prétuberculeux ; il faudrait améliorer les conditions hygiéniques du navire, aération, ventilation, chauffage, logement, alimentation; il faudrait lutter contre l'abus de l'alcool, éviter le surmenage, veillera la propreté corporelle et à celle du navire, de même qu'à son assainissement; il faudrait enfin pouvoir soigner les prétuberculeux et. les tuberculeux dès le début de leur maladie. Mais toutes ces améliorations sont malaisées à réaliser tout d'un coup.
Traité d'hygiène. .X — 22
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On ne pourrait vraiment, sans risquer d'encourir le reproche d'abus de pouvoir, imposer à des armateurs employant accidentellement des inscrits maritimes l'obligation de faire traiter à leurs frais, dans des dispensaires ou des sanatoriums, les tuberculeux qu'ils ont eus à bord de leurs navires et qui n'y ont peut-être pas toujours contracté la maladie, ce traitement devant d'ailleurs être prolongé, onéreux et suivi d'une longue période de repos, pendant laquelle il faudrait encore les assister. Les grandes compagnies de navigation n'admettent pas les malades de l'espèce ; la Caisse de prévoyance alloue des indemnités et des pensions d'infirmité lorsque l'affection résulte manifestement des risques professionnels; elle se montre même très libérale sous ce rapport, et l'État qui contribue à l'alimenter, de même que les armateurs en raison des retenues opérées sur les primes, accorde déjà une assistance très efficace, qui ne peut guère être accrue sans augmenter des charges déjà lourdes ; il semble donc qu'il appartient à l'initiative privée d'intervenir à son tour, et aux syndicats déjà formés de tenter des efforts que les pouvoirs publics ne manqueraient certainement pas d'encourager.
Le mal doit être attaqué dans sa racine. Les races bretonne et normande, sources principales du recrutement de la marine militaire, sont plus que toutes les autres, surtout la première, prédisposées à la tuberculose, qui sévit principalement sur le littoral et beaucoup moins dans l'intérieur des terres. Or c'est aussi sur le littoral que règne l'alcoolisme. Le Breton et le Normand agriculteurs vivant sobrement ne se livrent guère qu'à des excès pour ainsi dire hebdomadaires n'entraînant point l'alcoolisme, tandis que l'inscrit des côtes est adonné à une consommation journalière d'alcool fréquemment frelaté, de qualité très inférieure, qui crée un véritable état morbide. On ne saurait se refuser à établir une corrélation évidente entre cet alcoolisme des côtes et la plus grande fréquence de la tuberculose qui y est constatée. Là est réellement l'origine, là est la cause principale de la déchéance relative (Tune race forte et robuste en elle-même, déchéance qui aboutit trop souvent à la tuberculose; là doit être porté le remède.
Quant aux mesures prophylactiques à mettre en usage à bord des. navires, il en est peu, en dehors des améliorations d'ordre général* sur lesquelles nous avons insisté à maintes reprises, qui soient réellement applicables. Sur les paquebots qui relâchent souvent, un tuberculeux est vite débarqué, déposé à terre dans un hôpital : un isolement relatif peut être appliqué, des lavages et désinfections, peuvent être opérés; il peut même être veillé à l'emploi des crachoirs hygiéniques. Sur les longs-courriers voiliers effectuant de longs séjours à la mer, n'ayant point de médecin à bord, la chose est déjà plus difficile. Mais comment imposer de semblables mesures sur les navires pêcheurs? Le crachoir n'est pas encore entré dans nos»
mœurs; il commence à peine à être adopté sur les navires de guerre, où une surveillance constante et, malgré tout, trop souvent trompée, est cependant exercée, où en outre il est procédé au nettoyage de cet appareil dans des conditions hygiéniques satisfaisantes. Comment le rendrait-on obligatoire sur les bâtiments dont il s'agit, où les règles les plus élémentaires de l'hygiène sont méconnues, où, pour raison d'encombrement, il n'est môme pas prévu de poulaines? Nul ne s'en servirait !
Il ne faut cependant pas désespérer d'arriver à un résultat. Des progrès sont déjà réalisés relativement à l'habitabilité des navires, il s'en produira encore; l'hygiène de la marine marchande ne date,, pour ainsi dire, que d'hier: elle est aujourd'hui l'objet de l'attention de tous, et il y a beaucoup à espérer de l'avenir. La grande pêche est appelée à subir de profondes modifications, et il est à présumer que le voilier fera place au vapeur. D'un autre côté, l'instruction se répand peu à peu, bien que lentement, sur nos côtes, et sa diffusion amènera, sans aucun doute, des améliorations nécessaires dont l'utilité et le besoin pénétreront peu à peu les masses: les dangers de la tuberculose seront partout mieux connus, et les conférences faites dans les milieux maritimes y aidant, il se produira certainement une évolution inéluctable qui atténuera les funestes effets d'une maladie constituant, dans l'espèce, un véritable danger national.
ALCOOLISME. — Bien que l'alcoolisme ne soit pas exclusif aux marins du commerce, il revêt cependant chez eux, plus peut-être que partout ailleurs, un caractère professionnel. Les petits pêcheurs abusent volontiers de l'alcool, qui est pour eux un stimulant les aidant à lutter contre les refroidissements et les fatigues de la profession et des veilles prolongées. Sur les grands paquebots et les longs-courriers, l'alcool est assez parcimonieusement distribué et l'alcoolisme y est assez rarement constaté; mais, en échange, il doit être considéré comme la plaie des pêcheurs de haute mer.
Si la ration journalière, qui était primitivement de 25 centilitres pour les pêcheurs de Terre-Neuve et d'Islande, à été, malgré bien des protestations, abaissée à 20 centilitres, il ne faudrait pas en conclure qu'il n'en est consommé que cette quantité. Il est délivré, en maintes circonstances, des rations supplémentaires qui témoignent de l'embarquement d'une quantité d'alcool supérieure à celle qui serait réglementairement nécessaire. Les rations des disparus, des hospitalisés et des morts s'ajoutent à l'approvisionnement distribué à l'équipage, et il est convenu qu'à l'arrivée il ne doit plus rester une goutte d'alcool à bord.
Pour se convaincre des méfaits nombreux et de tous genres, sinistres maritimes et autres, imputés aux excès alcooliques qui se commettent dans ces parages, il suffit de parcourir les rapports des commandants de la division navale de Terre-Neuve et d'Islande,
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ceux des médecins de la Marine embarqués sur les navires de cette division ou détachés sur le navire-hôpital des Œuvres de mer. Navrantes sont les réflexions inspirées par la constatation de ce mal, inconnu sur les goélettes américaines et anglaises ! La littérature s'est emparée de ces faits et en a retracé de lamentables et cruels tableaux: elle a fait ressortir que l'alcool est, pour le petit pécheur comme pour le pécheur de haute mer, la base de toute transaction, qu'il prime tout, qu'on le rencontre partout, qu'il est offert dans la petite industrie maritime sous forme de prime ou d'accroissement de salaires, et qu'il est considéré comme la boette du pécheur de Terre- Neuve et d'Islande. Là il fait, pour ainsi dire, partie intégrante de la profession ; tout est prétexte à distribution d'eau-de-vie, et le degré alcoolique de la boisson délivrée n'est même pas toujours exactement connu, puisque, dans le but d'éviter l'encombrement, il est arrivé parfois que le soin fût laissé aux capitaines d'étendre euxmêmes d'eau l'alcool embarqué marquant 80 ou 90°. Non seulement l'alcool est consommé en trop grande abondance, mais il Test même dans des conditions absolument défectueuses, à jeun, par exemple, en pleine nuit lorsque l'équipage est réveillé au moment des passages de l'encornet qui doit servir à boëtter les lignes, ou le matin dès la première heure.
Sans vouloir supprimer absolument à bord des navires pêcheurs l'alcool, qui, à faible dose, additionné à des infusions chaudes, pourrait être utilement donné sous cette forme à des hommes demeurant longtemps immobiles, la ligne à la main, exposés au froid et aux grains de neige ou de pluie glaciale, il est indispensable d'abaisser encore létaux de la ration journalière et de le restreindre à 10 centilitres; il faudrait de plus veiller à ce que cet alcool ne fût jamais pris à jeun ; il serait possible en outre d'augmenter dans une certaine proportion la quantité de vin délivrée et d'encourager l'emploi des infusions de café et de thé, dont les Américains et les Anglais font un si large usage. Exiger comme eux l'affiliation des équipages à une société de tempérance, sociétés qui sont du reste assez rares en France, principalement sur nos côtes bretonnes et normandes, serait sans doute trop demander actuellement ; il serait à craindre qu'en présence d'une semblable obligation le recrutement des équipages se trouvât notablement entravé, voire même absolument tari. Peutêtre, dans l'avenir, serait-il possible d'atteindre ce but, mais il n'y faut guère songer dès maintenant.
Il est difficile de se rendre un compte exact de la gravité du mal dont tous s'accordent à constater les effets. Lorsque, sur les bancs de Terre-Neuve ou en Islande, les marins viennent demander des consultations, la plupart doivent êtredirigés sur l'hôpital pour alcoolisme, car il s'agit généralement d'accidents offrant une certaine gravité, accès de delirium tremens, troubles dyspeptiques très accentués,
complications de cirrhose du foie; mais ces accidents, qui attirent forcément l'attention, se greffent eux-mêmes sur un état chronique qui, sanscette circonstance, serait demeuré inaperçu. Quand on songe que les équipages des navires pêcheurs sont composés d'hommes jeunes, parmi lesquels se trouvent même dos mousses incités à contracter eux-mêmes de funestes habitudes, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a lieu de réagir vigoureusement contre de semblables abus. Il y a tout lieu de croire d'ailleurs que le mousse aura bientôt disparu et sera remplacé, à bord des navires dont nous nous occupons, par un cuisinier qui, en outre de ses fonctions, sera plus spécialement chargé de la propreté du poste de l'équipage.
Des ligues anti-alcooliques se sont fondées dans quelques grandes villes: une de ces ligues s'est même instituée à Saint-Pierre: mais il n'en existe pas sur les côtes bretonnes et normandes, où les débits de boissons et cabarets abondent, offrant à bas prix des alcools frelatés. Pendant la période obligatoire de service qu'il accomplit sur les navires de guerre, l'inscrit maritime subit une influence moralisatrice, car l'ivresse répétée et l'alcoolisme sont l'objet de mesures répressives et sont considérés comme un motif de non-réadmission ; mais ce service terminé, et suivant les milieux où il se trouve placé, l'inscrit reprend vite ses anciennes habitudes.
Les armateurs se montrent tout disposés à modifier les anciennes routines ; ils constatent eux-mêmes qu'en dehors de tout sentiment humanitaire il y va de leurs intérêts commerciaux de combattre l'alcoolisme: mais il faudrait les y aider en veillant attentivement à ce qu'il ne soit embarqué, en outre des approvisionnements conformes aux règlements en vigueur, approvisionnements qui devront être d'ailleurs notablement restreints, aucun approvisionnement particulier s'introduisant en fraude : à ce qu'en pays étranger tout achat d'alcool fût interdit de la façon la plus rigoureuse. Des pénalités sont du reste prévues dans les cas de l'espèce, et il suffirait de les appliquer. Une commission d'examen plus indépendante au départ des navires d'une part, et des responsabilités pécuniaires encourues parles capitaines en cas d'infraction d'autre part, permettraientpeutêtre d'arriver à un résultat.
Enfin, il serait désirable que des conférences instituées dans les centres maritimes et continuant l'œuvre déjà entreprise par les instituteurs dans les écoles signalent aux marins, en môme temps que les dangers de la tuberculose, ceux qui résultent de l'abus excessif des boissons spiritueuses et de l'alcoolisme. A tort ou à raison, un grand nombre des pertes des navires et des doris sont imputées à ce fléau de la marine marchande, contre lequel il est urgent de réagir par tous les moyens.
Lorsque nous nous sommes occupé de la tuberculose, nous avons mentionné l'influence de l'alcoolismesurson développement : il pourra
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nous être objecté qu'il n'est point rare de rencontrer sur le littoral, et sur celui des départements bretons en particulier, de vieux loups de mer, imprégnés d'alcool et parvenant cependant à un Age avancé sans devenir tuberculeux ; il semble qu'ils aient contracté, en vivant au grand air qui donne lieu à d'activés combustions, une véritable immunité contre les effets du redoutable poison, qui les aurait même préservés des risques de contagion tuberculeuse auxquels ils ont été fréquemment soumis. Les ouvriers des arsenaux, chez lesquels l'alcoolisme est souvent constaté, mais qui vivent dans un air plus confiné, résistent moins, et beaucoup d'entre eux sont victimes de la tuberculose. Il faut tenir un grand compte en effet des conditions différentes d'existence; l'atmosphère marine particulièrement saine et salubre et la vie au grand air sont favorables aux constitutions robustes, qui, en dépit des fatigues et de l'alcoolisme, résistent mieux à la contagion. Il n'est donc pas exact d'affirmer d'une façon absolue que toujours et dans tous les cas, comme on l'a dit en termes humoristiques, l'alcoolisme fait le lit de la tuberculose, et, de fait, dans l'éclosion de cette maladie entrent bien d'autres éléments.
Mais ce que Ton peut affirmer, c'est que les alcooliques invétérés transmettent à leur descendance une tare héréditaire qui les prédispose à la réceptivité plus grande des germes contagieux. Sur le littoral breton comme en Normandie, il arrive que non seulement le père, mais aussi la mère, présentent des signes manifestes d'alcoolisme chronique ; dans ces régions, plus que partout ailleurs, on rencontre des enfants lymphatiques, strumeux, porteurs d'adénites et d'ostéites, facilement tuberculisables ; chez eux les affections nerveuses sont aussi maintenant plus fréquemment observées qu'autrefois; l'hystérie, les crises épileptiformes ne sont pas chose rare, et la dégénérescence des procréateurs n'est certainement pas indifférente à la genèse de ces accidentspeu constatés dans l'intérieur des terres. Dans le Midi, l'alcoolisme est moins répandu : les populations de cette zone ont le privilège du vin à bon marché, et, pouvant en user, pour ainsi dire, à discrétion, n'en abusent guère; les apéritifs et en particulier l'absinthe y sont plus en honneur. Ces boissons à essences occasionnent des délires aigus, devenant chroniques en cas d'abus prolongés et entraînant môme parfois des maladies mentales incurables; mais ce sont là plutôt des exceptions. Par ailleurs, le Midi est loin de fournir à la marine en général, à la marine militaire en particulier, un contingent égal à celui que lui apportent le nord et l'ouest de la France, et l'alcoolisme qui peut y exister ne constitue pas, par suite, un aussi grand danger pour le recrutement de la flotte. SCORBUT (1). — Grâce aux progrès de l'hygiène générale et aux
(1) Mahé, Dict. encycl. des sciences médicales. — Rey, Dict. de médecine et chirurgie pratiques. — Le Dantec, Précis de pathologie exotique.
MALADIES DES MARINS DU COMMERCE. lO— 343
modifications apportées dans le régime alimentaire, le scorbut, longtemps considéré, même à une époque rapprochée de la nôtre, comme la peste de la mer, a complètement disparu des navires de guerre. Il ne sévit point parmi les petits pêcheurs, ne s'observe même plus sur les navires effectuant le petit cabotage, est inconnu sur les paquebots et grands transports. A bord des voiliers effectuant de longues campagnes, il a été observé une affection dénommée par les uns scorbut, par d'autres béribéri, et au sujet de laquelle il persiste une incertitude que l'insuffisance des documents ne permet guère de dissiper. Sur les navires pécheurs de Terre-Neuve et dislande, le scorbut est endémique, atteignant même parfois des équipages tout entiers: mais il ne règne pas à bord de tous les navires ni à tout moment de la saison de pêche; les équipages bretons y sont plus exposés que ceux de Dunkerque et du Nord, et •chez eux la maladie sévit surtout pendant la seconde période ou à la tin de la campagne.
Cette affection a donné lieu à de nombreux travaux dont le résumé se trouve contenu dans le long article que lui a consacré notre ancien collègue de la Marine, le D1* Mahé. Plus récemment les Dls Chastang et Bonain (1), tous deux aussi médecins de la Marine, l'ont plus spécialement étudiée à Terre-Neuve et en Islande, étant du reste bien placés, en raison des fonctions qu'ils exerçaient sur le navire-hôpital des Œuvres de mer, pour observer les symptômes qu'elle présente chez les pêcheurs de haute mer. Si la mortalité n'est pas très considérable, la morbidité est grande: mais, pour les motifs déjà donnés, il nous est impossible de produire des chiffres précis ; les entrées dans les hôpitaux ne pourraient servir de base à une statistique, car les malades très gravement atteints y sont seuls traités, les autres continuant leurs services à bord; presque chaque année cependant, des navires pêcheurs bretons, au retour en France, sont contraints de relâcher pour déposer à terre des malades, lorsque, le scorbut frappant une notable proportion de l'équipage et affectant des allures graves, il ne reste plus à bord un personnel valide suffisant pour assurer la manœuvre.
Tous s'accordent aujourd'hui pour attribuer au scorbut une étiologie complexe, chacun des éléments considérés successivement jadis comme une cause déterminante ne jouant en réalité qu'un rôle accessoire: l'absence de végétaux frais et de fruits succulents ne suffit pas pour produire la maladie, non plus que l'abus des salaisons : la théorie muriatique si longtemps en honneur a fait son temps et n'est pas plus soutenable que celle du défaut de sels de potasse dans l'alimentation ; le lime juice, quoi qu'on en ait dit, ne suffit pas toujours pour prévenir et guérir le scorbut, et il faut
(1) Chastang et Bonain, Archives de médecine navale, années 1902 et 1904.
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chercher ailleurs que dans une cause univoque les raisons des épidémies de scorbut constatées à chaque campagne de pêche, plus encore sur les navires banquiers de Terre-Neuve que sur ceux d'Islande, sur une certaine catégorie de navires et à une époque déterminée.
Les équipages bretons et les dunkerquois sont soumis aux mêmes conditions d'existence : sur ces deux catégories de navires, l'hygiène générale est tout aussi défectueuse, le froid et l'humidité agissent de la même façon, les hommes y sont tout aussi surmenés, consomment tout autant d'alcool : les veilles sont, chez les uns comme chez les autres, aussi prolongées, les influences morales dépressives identiques. Si donc les équipages bretons sont plus constamment et plus régulièrement atteints, il faut en chercher laraison dans certains détails particuliers, qu'il paraît utile défaire ressortir. Il semblerait même au premier abord que les Bretons devraient être plus épargnés; ils font en effet, plus que les Flamands, un usage presque constant de la pomme de terre, qui a toujours été regardée comme un excellent antiscorbutique, et reçoivent même, au cours de la campagne, un renouvellement d'approvisionnement que leur apportent leurs bâtiments chasseurs ; ils boivent du cidre, auquel on a attribué d'utiles propriétés en pareil cas, tandis que les Flamands boivent plutôt de la bière; mais ils consomment aussi, et pendant toute la durée de la période de pêche, du lard salé qui est conservé longtemps à bord. Tandis que les Flamands utilisent, pour leur alimentation, les petites morues, ne conservant pour la vente que les belles morues mises en barils, les Bretons, travaillant à la pièce, mettent en cale toute morue pêchée et dont ils ne conservent que la tête servant à la confection de la soupe; la proportion de vivres frais est donc moins grande ; de plus, dans la ration des Dunkerquois entrent le riz, les légumes secs et le fromage, qui ne font point partie de celle des Bretons.
Les salaisons ne sauraient être incriminées en elles-mêmes, non plus que les conserves de bœuf, qui ont été tout récemment encore mises en cause : A bord du Fram, lors de l'expédition de Nansen au pôle Nord, aucun cas de scorbut n'a été signalé, bien que l'équipage ait dû recourir à l'usage des conserves alimentaires : mais hâtons-nous d'ajouter que le professeur (Tomps de Christiania) avait veillé lui-même à la préparation de ces conserves. Il a été remarqué que, en maintes circonslances, les navires à bord desquels régnait le scorbut appartenaient au même armateur; on se trouve par suite autorisé à faire entrer en ligne de compte la mauvaise préparation des conserves délivrées au départ. En admettant même que la préparation soit parfaite, des altérations peuvent survenir de ce fait que les conserves séjournent longtemps à bord : que, les barils de lard salé étant ouverts, celard n'est pas toujours recouvert par la saumure
et reste ainsi exposé au contaci de l'air. Ces altérations sont susceptibles d'apporter dans le tube digestif des éléments d'intoxication ou d'infection microbienne. Elles se produisent d'ailleurs plutôt vers la fin de la campagne, alors que la température est plus élevée, et Ton s'explique ainsi les symptômes plus graves observés à ce moment chez des hommes plus fatigués et dont les organes digestifs ne fonctionnent plus d'une façon normale.
De nombreuses tentatives ont été faites pour rechercher le bacille spécifique du scorbut ; elles n'ont jusqu'ici amené aucun résultat probant, et l'origine infectieuse de la maladie ne saurait par suite être admise actuellement ; il semble qu'il s'agit plutôt d'une intoxication alimentaire survenant dans des conditions spéciales de misère physiologique, qui se rencontrent surtout sur les navires pécheurs, et que cette intoxication soit imputable à la mauvaise conservation des produits alimentaires et, en particulier, des viandes et des poissons. Le scorbut n'a point été signalé dans la flottille de pèche de la mer du Nord, non plus que dans celle du golfe de Gascogne : le séjour des marins à la mer y est moins prolongé: il y est peu fait usage de conserves : mais on l'a vu à terre à ia suite de la consommation de sardines salées avariées : la lassitude, les douleurs musculaires, les hémorragies et l'insomnie notées dans ce cas, de même que les altérations des gencives, ne peuvent laisser prise à aucun doute.
Après quelquesmois passés sur les bancs, presque tous les pécheurs sont atteints de gingivite ulcéreuse : mais cette gingivite n'est pas toujours en rapport avec le scorbut, qui présente du reste bien rarement les symptômes classiques partout signalés que nous croyons inutile d'énumérer à nouveau et dont il n'est point dans notre intention de discuter la valeur au point de vue du diagnostic. En dehors du malaise général et des troubles dyspeptiques, tout se borne parfois à des piquetés hémorragiques, et les altérations des gencives font même assez souvent défaut. On ne saurait accepter sans quelque réserve le diagnostic de scorbut porté dans certains cas, où des manifestations purpuriques avec phlyetènes remplies de sérosité sanguinolente et œdèmes ont seules été observées; ces états sont en rapport avec une altération profonde du sang pouvant fort bien provenir d'une autre cause que de la dyscrasie scorbutique, mais pouvant aussi coexister avec elle.
Si l'intoxication alimentaire nous paraît devoir être prise en sérieuse considération dans l'étiologie du scorbut, encore faut-il que cette intoxication soit favorisée par d'autres facteurs. C'est surtout dans les années pluvieuses, froides, à coups de vents répétés, que la maladie a été observée, frappant jusqu'à vingt-sept hommes sur trente à bord de navires où l'équipage avait été surmené ; il faut à cette intoxication un substratum de misère physiologique! don, le rôle est pour ainsi dire prépondérant.
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CACHEXIE HYDRÉMIQUE. - Compliquant le scorbut avec ses lésions gingivales el ses piquetés hémorragiques, il existe en effet chez les pécheurs de haute mer une cachexie hydrémique observée surtout à la fin de la saison de pèche et caractérisée par des œdèmes quelquefois monstrueux. Cette cachexie hydrémique se montre fréquemment seule, rappelant à tous égards le béribéri, dénomination sous laquelle elle a été maintes fois désignée. Elle n'a jamais été notée dans les premiers mois de la campagne. Elle n'est point spéciale du reste aux pécheurs de haute mer, car des observations en ont été recueillies sur des longs-courriers allemands et norvégiens, voire même, en 1902, sur un navire de cette catégorie appartenant à une grande compagnie de navigation de nationalité française. Dans tous les cas, l'altération des vivres a pu être imputée comme facteur essentiel dans la production de la maladie. Sur le dernier navire auquel nous avons fait allusion, eurent lieu trois décès, dont deux survinrent très rapidement en vingt-six et cinquantehuit heures, avec des œdèmes considérables; par suite de circonstances particulières, les approvisionnements alimentaires étant avariés, l'équipage, après une traversée déjà longue, ne reçut qu'une alimentation notoirement insuffisante, composée presque uniquement de salaisons, la graisse faisant complètement défaut, Ce fut aux environs de l'Equateur, où le navire dut séjourner pendant trois semaines, étant pris parles calmes, que se manifestèrent les premiers cas d'une affection se traduisant par des œdèmes débutant par les membres inférieurs, gagnant rapidement le thorax, maladie qui occasionna trois décès par syncope ou asphyxie et atteignit tout le personnel du navire. A l'arrivée en Angleterre, où les malades déposés à l'hôpital guérirent rapidement, le médecin traitant porta le diagnostic de béribéri.
Van Leent a observé en Australie une cachexie du même ordre •chez des pécheurs de perles et Ta considérée comme une affection mixte tenant du scorbut et du béribéri. La commission nommée par le Gouvernement norvégien pour étudier les cas constatés à bord des longs courriers attribue la maladie soit à une mauvaise alimentation végétale, soit à la consommation de mauvaises conserves de viande. Il ne nous parait pas que cette cachexie hydrémique puisse être considérée comme un véritable béribéri (1), affection qui sévitplûtôt dans la zone intertropicale entre le35° de latitude Nord et le 35° de latitude Sud, frappant plus particulièrement les races colorées, bien qu'elle puisse aussi atteindre la race blanche, mais cependant plus exceptionnellement, et ayant un foyer d'origine bien déterminé, d'où par migrations elle a étendu son domaine. Si les derniers travaux relatifs
(1) Rochari), Dict. de médecine et chirurgie pratiques de Jaccoud. — Leroy de Mertcourt, Dict. encycl. des sciences médicales de Dechambre. — Le Datstec, loc. cit. — Vivian Danger-Field, Béribéri, 1905.
au béribéri sont confirmés, il semblerait même que le bacille spécifique de celle maladie, décrit par, le Dr Vivian Dangerfield, ne résiste guère aux basses températures et, dans ces conditions, on s'expliquerait mal le béribéri des voiliers et des pêcheurs de Terre-Neuve. Les œdèmes dont il est question paraissent être plutôt la conséquence des causes multiples et complexes entraînant un appauvrissement du sang, une destruction des globules, une altération du système4 nerveux, et l'amoindrissement des moyens de défense de l'organisme contre les auto-infections qui résultent elles mêmes de fatigues prolongées cl d'alimentation défectueuse. Ils sont la caractéristique d'un état de misère physiologique, d'une hémato-neurotoxie, comme l'a indiqué notre collègue le Dr Bonain (1) : la saturation de l'organisme par le sel pourrait ne pas être étrangère à leur production. Ces états guérissent d'ailleurs assez promptement par le régime et le repos, ce qui n'est pas le cas du vrai béribéri.
INTOXICATIONS ALIMENTAIRES. — Au nombre des intoxications alimentaires auxquelles sont plus spécialement exposés les marins du commerce, nous croyons devoir citer les cas exceptionnels d'empoisonnement notés après l'ingestion de morue fraîche : la cause intime de cette intoxication ne ressort pas du reste des observations relatées qui ne permettent pas d'affirmer si elle doit être attribuée à la chair môme du poisson devenant vénéneuse dans des conditions particulières ou aux substances toxiques ayant pu être ingérées par lui.
La morue rouge, dont la coloration est due mibeggiatoa rosea perniciosa, n'est point toxique par elle-même et peut, après lavage, être consommée sans danger ; il nous suffit donc de la signaler, les marins n'étant pas d'ailleurs les seuls exposés aux risques que certains lui ont autrefois imputés, et qui proviennent uniquement des parasites auxquels est précisément due cette coloration rouge.
Parmi les maladies internes observées chez les marins du commerce, nous pouvons signaler la grande fréquence du rhumatisme musculaire et du rhumatisme articulaire avec complication d'endocardite, des congestions et hémorragies cérébrales, ces dernières attribuables dans la majorité des cas à une artériosclérose d'origine alcoolique ; les maladies du rein paraissent relativement rares, de même (pie celles des centres nerveux.
MALADIES DE LA PEAU. — La gale est, parmi les maladies delà peau, celle que l'on trouve notée le plus souvent dans les statistiques des hôpitaux de Saint-Pierre et d'Islande: mais il est une autre affection vésico-pustuleuse, connue et décrite par Chastang sous le nom de fleurs d'Islande, qui parait spéciale aux pêcheurs de haute mer ; cette affection siège aux poignets, débute par des vésicules
(1) Bonain, Archives de médecine navale, 190 ï.
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auxquelles succèdent des phlyctènes pleines de pus : elle reconnaît comme origine le frottement des manchettes en cuir protégeant mal les poignets, celui de la ligne et le contact incessant de l'eau salée, souillée elle-même par des détritus divers. Une solution d'acide picrique en applications guérit et même prévient cette éruption.
MALADIES SYPHILITIQUES ET VÉNÉRIENNES. — Aucun document ne nous permet de fournir des indications relativement au nombre des maladies syphilitiques ou vénériennes observées chez les marins du commerce. Ces affections ne figurent point dans les statistiques des hôpitaux de Terre-Neuve et d'Islande. Il semblerait donc qu'elles constituent plutôt une rareté: car, si elles s'accompagnaient d'accidents offrant une certaine gravité, les malades n'auraient pu être conservés à bord. 11 y aurait lieu cependant d'attirer l'attention sur ce point spécial en raison des contaminations possibles, le charnier à suçoirs étant encore en usage à bord de beaucoup de navires.
MALADIES CHIRURGICALES. — Fractures et luxations. — Sur les navires de commerce comme sur les navires de guerre, les accidents sont fréquents; fractures et luxations se rencontrent partout sans donner lieu à des considérations particulières. Nous devons cependant signaler que, à bord des navires dépourvus de médecin, les luxations restent souvent non réduites, les fractures vicieusement consolidées, et il en résulte des impotences fonctionnelles mettant prématurément les intéressés dans L'impossibilité absolue de continuer la navigation; il en est de même de certaines affections des yeux, qui, faute de soins appropriés, acquièrent une gravité exceptionnelle ne paraissant pas toujours en rapport avec la cause qui les a provoquées.
Crevasses. — Panaris. — Phlegmons. — Plus que toutes les autres catégories de marins, les pêcheurs sont sujets aux crevasses aux mains, aux panaris et aux phlegmons qui en sont la conséquence fréquente. Ces panaris consécutifs à des piqûres produites par les hameçons, par les arêtes de poissons, par des fils de fer, sont plus fréquents chez les pêcheurs qui se servent de lignes que chez ceux qui se servent plutôt do filets, comme cela a lieu dans la mer du Nord : les pêcheurs de thon du golfe de Gascogne qui boëttent leurs lignes avec de la paille de maïs en sont moins souvent atteints que ceux de Terre-Neuve et d'Islande, qui emploient à cet effet des poissons parfois avariés ou des bulots : le pouvoir pyogène de certains microbes de putréfaction des poissons suffit pour produire des suppurations locales : le hareng parait, à cet égard, particulièrement suspect. Ces panaris mal traités sont fréquemment suivis d'ostéites entraînant la perte de phalanges, de phlegmons étendus atteignant les gaines tendineuses et occasionnant des impotences fonctionnelles importantes. Ils s'observent exception-
nellement chez les pêcheurs de sardines, cette pèche se faisant au filet et la sardine n'étant pas munie de piquants : la sardine rouge donne naissance à des panaris spéciaux, dont le pus présente une coloration rose due à un microbe chromogène rosé, qui, inoculé chez un lapin, a provoqué un phlegmon où il a été retrouvé sans trace d'aucun autre microbe (1). Ces accidents ont été observés chez des soudeurs de boîtes à sardines dans une usine où se trouvaient accidentellement des sardines rouges.
Gelures. — Nous ne dirons qu'un mot des gelures dv* extrémités survenues chez des marins recueillis en mer après avoir séjourné quelques jours dans des doris, gelures qui ont dû être suivies d'amputation.
Hernie. — La hernie est fréquemment constatée dans la marine marchande et souvent insuffisamment traitée, à bord des navires où il n'est point embarqué de médecin imposant le port d'un bandage approprié, de là des complications qui pourraient être évitées.
SUBMERSION. — Les morts par submersion, en dehors même de celles qui résultent delà perte des navires, sont assez fréquentes sur les bancs de Terre-Neuve et d'Islande; ces accidents seraient peutêtre plus rares si les appareils de sauvetage étaient plus répandus à bord et si aux lourdes bottes étaient substituées des chaussures plus légères. Il faudrait de plus que les marins fussent en général plus au courant des premiers secours à donner aux noyés, bien que les instructions médicales puissent, jusqu'à un certain point, leur servir de guide.
CONSIDÉRATIONS SUR L'UTILITÉ D'UNE STATISTIQUE MÉDICALE. — Nous avons, à diverses reprises, insisté, dans le cours de cette étude, sur l'impossibilité absolue de produire des statistiques de morbidité et de mortalité concernant les inscrits maritimes naviguant sur les navires de la marine marchande. Il est de même impossible d'indiquer la proportionnalité des invalidités relatives aux spécialités, d'ailleurs moins nombreuses sur les navires de commerce que sur les navires de guerre, des inscrits embarqués. Il semble que les mécaniciens et chauffeurs soient plus particulièrement éprouvés, à en juger par les documents qui parviennent au ministère de la Marine, mais aucun chiffre ne peut être cité à l'appui de cette assertion. Sur les grands paquebots, et sur les bâtiments comportant un personnel dépassant 100 unités, les médecins sanitaires maritimes doivent tenir des registres qui, centralisés, pourraient fournir d'utiles indications; mais c'est précisément à bord de ces navires que la morbidité est, en général, la plus faible.
Sur les bâtiments dépourvus de médecins, — et ce sont les plus nombreux, — et ceux à bord desquels l'existence est la plus pénible
(1) Du Bois Saint-Sevrin, Archives de médecine navale, 1895.
350 DUCHATEAU. — MARIXE MARCHANDE.
et l'hygiène laplus défectueuse, les capitaines ne peuvent fournir que de vagues renseignements sur les maladies observées. Les diagnostics portés, quand il en est fait mention, ne doivent être acceptés que sous les plus grandes réserves : une bronchite est aisément confondue avec une pleurésie, une bronchopneumonie, voire même avec une tuberculose, un embarras gastrique avec une fièvre typhoïde; une appendicite de môme qu'une affection rénale ou cardiaque peuvent rester méconnues, et il n'est pas jusqu'aux lésions chirurgicales qui ne puissent donner lieu à des erreurs.
Il serait intéressant cependant de pouvoir suivre davantage ces inscrits. Dans leur propre intérêt comme dans celui des armateurs, il serait utile qu'au débarquement, quel que fût d'ailleurs le motif de ce débarquement, chacun d'eux fût examiné au point de vue de son état général de santé, que les malades ou convalescents fussent surveillés et traités, s'il y a lieu, avant d'être admis à contracter un nouvel embarquement. Actuellement on ne peut se rendre un compte exact des déchets, et l'industrie maritime est peut-être la seule pour laquelle il existe une semblable lacune.
Peut-être serait-il possible de réunir dans les quartiers et arrondissements maritimes les documents qui font actuellement défaut et d'arriver à évaluer, comme cela existe partout, le bilan de la morbidité et de la mortalité de la marine marchande.
Dans les ports militaires des médecins de la Marine, dans les différents quartiers des médecins civils délégués par le ministère de la Marine pourraient être affectés aux visites médicales des inscrits; TÉtat étendrait de la sorte son œuvre de protection sur un personnel qu'il conserve à sa disposition pendant une longue période, dont il ne peut se désintéresser, dont il s'occupe déjà très activement, et auquel il témoigne sa sollicitude, comme nous l'avons fait ressortir, en veillant à sauvegarder partout ses intérêts et en lui assurant, dans des circonstances déterminées, une assistance efficace et précieuse.
HYGIÈNE NAVALE
MARINE DE GUERRE
par «Tan et Planté 5
— ■ Les navires 5
Progrès de la construction 8
Mode de cuirassement 8
Structure des différents types de navires. Distribution intérieure de
chacun d'eux 10
Cuirassés d'escadre 10
Description de Ylêna, 14. — Cuirassés en construction, 20.
Croiseurs 20
Croiseurs protégés 21
Croiseurs cuirassés 25
Torpilleurs, contre-torpilleurs ; avisos et croiseurs- torpilleurs . 31
Torpilleurs 31
Contre-torpilleurs 32
Sous-marins et submersibles 35
Habitabilité du navire 38
Espace et cube d'air 39
Ventilation 41
Ventilation naturelle, 42. — Ventilation artificielle, 43. — Application de la ventilation, 46.
Thermométrie. — Hygrométrie 53
Thermornétrie, 54. — Hygrométrie, 55.
Chauffage 56
Chauffage à la vapeur, 56.
Eclairage 60
Entrelien du navire 61
Lavage des ponts, 61. — Fourbissage, 61. — Peintures, 62. — Crachoirs, 63.
Vidanges 63
Service des eaux à bord 64
Grand drain, 64. — Collecteur d'assèchement, 65. — Petit drain, 66. — Collecteur d'incendie, 66.
Bouteilles et poulaines 66
Bouteilles, 66. — Poulaines, 66.
Annexes et dépendances 69
Infirmerie 69
Pharmacie et salle de pansements 69
Salle de visite, 70. — Salle des malades, 70. — Salle de bains, 72. — Bouteille, 72. — Salle d'isolement, 72.
Locaux disciplinaires 72
Bruits et trépidations 73