ASSISTANCE DUE A L'INITIATIVE PRIVÉE
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page avec salle de consultations entre la tengue et la cuisine placée sur le pont.
Ce navire, monté par 27 hommes, tout compris, peut recueillir 6 naufragés. Le médecin qui y est affecté et qui, jusqu'en 1902, appartenait au cadre actif des médecins de la marine, est assisté d'un infirmier.
Des hublots et claires-voies assurent l'aération dans des conditions satisfaisantes : une chaudière auxiliaire permet le chauffage à la
Fig. 37. — Le nouveau navire-hôpital de la Société des Œuvres de mer, le Saint- François d'Assise.
vapeur de toutes les parties du bâtiment, l'alimentation des salles de bains, de douches et de lavabos.
D'après les statistiques de la Société, depuis 1897 jusqu'en 1904 inclusivement, les navires des Œuvres de mer ont hospitalisé à bord 561 pécheurs malades, ayant fourni 7544 journées d'hôpital; ils ont donné en mer 2093 consultations, recueilli 211 naufragés, rapatrié 247 marins, effectué 456 distributions de médicaments et délivré 110945 lettres aux divers bâtiments des deux stations visitées.
Les armateurs ont compris l'utilité de l'œuvre poursuivie, puisque, en 1903, ceux de Fécamp ont offert à la Société une somme de 100 francs par navire à titre de subvention, exemple qui a été suivi dans d'autres ports; d'autre part, le 19 juillet 1899, la Société nationale d'encouragement au bien a décerné à la Société des Œuvres de mer une couronne civique.
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Le navire-hôpital peut seul, en effet, remplir un rôle qui ne saurait être attribué à un navire de guerre ; il croise au milieu des navires pêcheurs, les visite, hospitalise les malades graves, les transporte au besoin dans les hôpitaux de terre et les ramène à bord, leur donne
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Fig. 38. — Aménagement du navire-hôpital le Saint-François d'Assise.
A, capitaine. — B, docteur. — C, aumônier. — D, salon. — E, second capitaine.
— F, lieutenant. — G, cabine. — H, salle de bains. — I, domestique. — K, atelier.
— L, chauffeurs. — M, carré des maîtres. — N, 1" mécanicien. — O, 2e mécanicien. — P, pharmacie. — Q, infirmier. — R, magasin. — S, salles de bains (malades).
— T, maître déquipage. — U, cambuse. — V, chambre de veille. — X, cuisine.— Y, chambre de consultations.
des vêtements, recueille les naufragés, rapatrie en rentrant en France les marins qui ne pourraient recevoir à bord de leurs navires les soins que comporte leur état de santé et fournit même au besoin sur les lieux de pêche des officiers pour remplacer momentanément ceux qui sont eux-mêmes hors d'état de faire du service. Son assistance ne se borne pas exclusivement aux marins français, et,
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on 1902, l'Amérique a exprimé publiquement à la Société sa reconnaissance pour les soins donnés par elle à des nationaux.
Sur les côtes de Terre-Neuve et d'Islande, elle a de plus établi des maisons de refuge fréquentées par les pécheurs, qui sont ainsi soustraits aux tentations que leur o firent les cabarets.
Suivant l'exemple donné par les Anglais, elle a organisé dans les centres maritimes des conférences faites primitivement par des médecins de la Marine, continuées actuellement par les médecins civils et dans lesquelles il est traité des soins à donner aux blessés et aux malades, du maniement des coffres à médicaments et à pansements, et des dangers de l'alcoolisme. Ces conférences sont suivies avec intérêt : « Peu à peu, dit le Dr Bonain, l'horizon des connaissances médicales des capitaines s'est élargi, et d'eux-mêmes ils ont réclamé des notions de médecine élémentaire : la consolidation des fractures est devenue pour eux une question de matelotage; jumeler une vergue cassée ou ligoter un membre fracturé, c'est tout comme : . . . la gale commence à être suffisamment connue, les plaies sont, en général, bien soignées et les pansements appliqués d'une façon fort convenable. »
Les lieux de pêche étant appelés à se multiplier, il serait désirable que la Société pût affecter à chacun d'eux un navire spécial et approprié.
Les Hollandais ont adopté les statuts de la Société des Œuvres de mer, et, en 1899, la Société hollandaise a armé un navire-hôpital à voiles destiné à croiser dans la mer du Nord.
2° Société centrale de sauvetage des naufragés. — La Société centrale de sauvetage des naufragés, créée et reconnue d'utilité publique en 1865, se charge avec la marine de guerre de l'assistance en cas de sinistres en mer au voisinage des côtes. Elle a établi, partout où elle a pu recruter des équipages, des stations de canots insubmersibles, dont le nombre va toujours croissant et, sur les points déserts de la côte, là où il n'existe qu'un poste de douanes, un phare, un sémaphore, des postes porte-amarres. Cette Société, uniquement alimentée par des dons, legs, souscriptions volontaires, et dont la fondation est due à l'initiative privée a, jusqu'au 1er mai 1903, secouru 1154 navires ou barques et sauvé 13308 personnes. Chaque année, dans sa réunion publique, elle rend hommage au sublime dévoûment et à l'énergie surhumaine qui caractérisent si bien nos populations maritimes.
Lorsqu'un sinistre se produit au large, incendie, naufrage ou autre, le navire trouve parfois un secours apporté par un navire rencontré par hasard. Aucune législation, sauf dans les cas particuliers d'abordage, ne prescrit cette assistance obligatoire, qui fait cependant rarement défaut, étant donnée la solidarité qui unit tous les gens de mer exposés aux mêmes périls, quelle que soit du reste la nationalité à laquelle ils appartiennent.
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3° Maisons du marin. — Nous devons enfin signaler un mode d'assistance aux marins du commerce qui tend à prendre une certaine extension et que l'État encourage d'ailleurs, puisqu'une partie des retenues opérées sur les primes peut lui être attribuée : les maisons du marin fondées dans un certain nombre de grands centres maritimes, à Marseille en 1880, à Dunkerque en 1885, à Bordeaux en 1896, à Nantes en 1897, à la Rochelle en 1898, sont dues à l'initiative privée; elles constituent une œuvre de protection, d'humanité et de morale. Dans ces maisons, le marin débarqué trouve, dans des conditions très appréciables de bon marché, nourriture et logement; il échappe aux tentations et à l'exploitation des garnis, des hôtels meublés et des cabarets, tout en y jouissant d'une grande indépendance. Ces maisons sont en môme temps des bureaux de placement où les capitaines viennent volontiers recruter leurs équipages; le marin y rencontre comme un reflet de la famille : car, pendant le temps qu'il y séjourne, les gens de confiance qui en ont la gérance s'emploient pour aplanir toutes les difficultés relatives aux formalités qui précèdent l'embarquement, s'occupent même de son linge et des achats de vêtements nécessaires suivant la nature de la campagne qu'il doit entreprendre. Ces gérants conservent les fonds déposés par les locataires et qu'ils tiennent à leur entière disposition. Dans les maisons de l'espèce qu'il nous a été donné de visiter, nous avons pu constater qu'à défaut d'un luxe inutile il existe un confort suffisant et une propreté parfaite des locaux : une salle de correspondance et de lecture est attribuée aux pensionnaires et très fréquentée par eux. Bien que, en principe, le marin, lorsqu'il est à terre, n'aime guère à être surveillé et à voir ses actes contrôlés, il se soumet très volontiers à la discipline très paternelle de ces établissements qu'il abandonne bien rarement lorsqu'il y est entré.
Il serait à souhaiter que le nombre de ces maisons du marin se multipliât encore davantage. Une surveillance discrète, même au point de vue médical, pourrait y être exercée, et cette œuvre essentiellement humanitaire deviendrait en même temps une œuvre de prophylaxie contre certaines maladies transmissibles, en particulier la tuberculose et la syphilis, dont elle restreindrait la propagation.
Le marin, quel que soit son âge, conserve toujours une âme d'enfant : il se laisse facilement guider et demeure très sensible aux égards que l'on peut avoir pour lui; ces maisons du marin, maisons de famille, ne peuvent avoir sur son esprit qu'une très heureuse influence.
NAVIGATION -SUR LES FLEUVES, RIVIERES ET CANAUX. tO-331