RECRUTEMENT
Le contingent annuel nécessaire pour les besoins de la flotte est d'environ 9000 hommes, puisés à quatre sources différentes :
1° L'inscription maritime ;
2° Les engagés volontaires ;
3° Les jeunes gens qui, au moment des opérations du conseil de revision, demandent à servir dans la flotte et sont reconnus aptes à ce service ;
4° Les hommes du contingent auxquels les numéros les moins élevés ont été attribués par le tirage au sort.
En fait, ce dernier mode de recrutement n'a pas été utilisé depuis de longues années.
En principe, le recrutement doit se faire parmi les marins de l'inscription maritime, qui est le mode de conscription propre à la
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marine, et qui a pour but de ne fournir à l'armée de mer que des marins de profession : dans cette institution sont compris tons les Français et naturalisés Français exerçant la pèche ou la navigation à titre professionnel ; c'est le recrutement obligatoire des marins âgés de dix-huit à cinquante ans; néanmoins, l'appel avant vingt ans ne se fait qu'en vertu d'un décret spécial.
Donc, tous les inscrits à l'Age de vingt ans sont soumis à la levée permanente, à l'exception toutefois :
1° Des élèves diplômés de la marine marchande ou des écoles supérieures de commerce, qui sont levés deux fois par an pour suivre les cours spéciaux des bâtiments-écoles ;
2° Les inscrits dispensés (soutiens de famille, dispensés de droit), qui ne sont levés que pour un an.
La durée du service actif exigé des inscrits maritimes est de cinq années; mais ils sont toujours renvoyés dans leurs foyers avant ce terme, et la durée de la présence effective des inscrits sous les drapeaux a varié depuis cinq ans, de quarante-quatre à cinquantequatre mois : elle est actuellement de quarante-six mois (1905).
L'inscription maritime fournit annuellement à elle seule : 1 000 à 1 200 dispensés qui font un an, et de 3 500 à 3 700 hommes qui font une période normale de service.
Le complément du personnel est demandé à rengagement volontaire : engagements à long terme et engagements de cinq ans.
a. Les engagements à long terme, contractés à l'âge de seize ans, lient le jeune homme au service jusqu'à la date de la libération de la classe à laquelle il appartient. Ce recrutement a l'avantage de fournir des hommes instruits pour les spécialités les plus importantes, mais il ne fournit pas un grand nombre de recrues (500 par an), étant exclusivement réservé aux élèves de l'école des mousses, aux apprentis ouvriers mécaniciens de l'école de Lorient, aux apprentis j élèves-mécaniciens admis, après concours, dans une des écoles de mécaniciens de Brest et de Toulon.
6. Les engagements de cinq ans sont largement ouverts, on leur demande 4 000 à 5 000 hommes : ils n'ont jamais fourni le chiffre demandé.
Enfin, outre ces divers modes de recrutement, il faut tenir compte des rengagements qui atteignent un chiffre très élevé, plus de 30 p. 100 pour Jes^engagés volontaires ; les inscrits maritimes fournissent une proportion un peu plus élevée : on en compte en moyenne 50 p. 100 qui, après leur libération, contractent un nouveau lien avec la marine ; d'une manièrejgénérale, la durée des rengagements et des réadmissions est de trois ans ; toutefois le ministre peut les porter. exceptionnellement à cinq ans.
Il n'y a pas, pour la marine, de meilleure source de recrutement que celui-ci : elle y trouve à la fois des marins instruits et entraînés,
déjà formés dans les diverses écoles, et surtout des gradés qui fournissent à l'armée de mer des cadres de sous-officiers d'une valeur tout à fait exceptionnelle.
Il faut encore compter parmi les sources du recrutement maritime Yécole des mousses, établie en rade de Brest sur un vieux vaisseau à deux ponts, la Bretagne. Les candidats sont choisis de préférence parmi les enfants de familles liées à la marine ou à l'armée ; ils reçoivent à bord une instruction primaire et une instruction technique spéciale destinée à en faire l'élite des spécialités : il y a, en effet, actuellement (1904), 1 027 officiers mariniers sortant de l'école des mousses sur un cadre de 7 186 gradés. Les conditions physiques exigées pour l'entrée à l'école des mousses sont excessivement rigoureuses, et 1 entraînement méthodique auquel ils sont astreints en fait de bonne heure des serviteurs instruits et disciplinés ; ils entrent à quatorze ans, et à seize ans doivent contracter un engagement à long terme.
Quant à Yécole des Pupilles de la marine, c'est un établissement de bienfaisance, installé à Brest, où Ton élève les orphelins des marins de l'Etat ou du commerce : ils y reçoivent surtout une instruction professionnelle en vue d'assurer leur avenir dans la vie civile, s'ils renoncent à entrer au service de la flotte.
Dès l'âge de sept ans, ils peuvent être admis ; à quatorze ans, ils sont rendus à leur famille ou versés à l'école des mousses.
CONDITIONS D'ADMISSION. — APTITUDES PHYSIQUES. — Tout homme qui se présente pour être admis dans la marine comme engagé volontaire, de même que tout inscrit levé d'office ou sur sa demande, doit rallier le dépôt de son arrondissement maritime, où les médecins ont à constater son aptitude au service de la flotte.
II n'y a pas dans la marine de conseil de revision.
La visite des engagés volontaires et des inscrits qui demandent à devancer l'appel se fait avec une grande sévérité ; les jeunes gens qui ne présentent pas une validité absolue sont repousses : il n'y a pas lieu de tenir compte, dans une statistique, de la proportion de ces ajournés qui, à l'âge de la conscription, seront forcément repris par leur recrutement.
Pour les inscrits maritimes levés d'office, ceux qui sont, après leur incorporation, reconnus absolument impropres au service, sont visités et contre-visités par une commission de réforme qui les renvoie dans leurs foyers et les classe en deux catégories : 1° ceux qui ne pourraient, en cas de rappel sous les drapeaux, être utilisés dans aucun service de la marine; 2° ceux qui pourraient, dans le même cas, être utilisés dans un service à terre.
Il n'y a pas de service auxiliaire et on ne prononce pas de réforme temporaire dans la marine.
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La proportion dos inscrits maritimes reconnus inaptes au service de la flotte est donc donnée par le chiffre des réformes prononcées à l'arrivée au corps : pour Tannée 1900, sur 4 583 inscrits appelés il y a eu 552 réformes, soit plus de 11 p. 100, proportion supérieure à celle des conscrits déclarés impropres au service dans la France entière (8, '2 p. 100), mais proportion qui se rapproche du chiffre des conscrits réformés dans les départements bretons, 12,6 p. 100 en 1901 !
Pour être accepté comme matelot quand on est inscrit, il n'y a pas de condition de taille ni de périmètre thoracique : la vision doit être égale à trois cinquièmes pour un œil et deux cinquièmes pour l'autre œil au moins ; une instruction très détaillée (avril 1891) sert de guide aux médecins de la marine dans l'appréciation des infirmités ou maladies qui rendent impropre au service de la flotte.
Les conditions requises pour rengagement ou pour l'admission dans les diverses spécialités sont beaucoup plus sévères, surtout en ce qui concerne la vision, qui, dans la plupart des cas, doit égaler l'unité; le minimum de taille est de lm,54. Nous donnons ci-contre le tableau des aptitudes requises pour les spécialités de la marine (p. 78-79).
Les hommes sont soumis en outre à un examen sévère au point de vue du sens chromatique : par l'épreuve dite de confusion, on leur fait choisir, au milieu de nombreux écheveaux de laine, les échantillons de même nuance ; par des épreuves de jour et de nuit, on s'assure qu'ils ne sont pas daltoniens et distinguent nettement le vert du rouge. Il appartient aux médecins des divers groupes de s'assurer par des examens répétés que les hommes, entrés dans la marine avec une vue normale, ne deviennent pas daltoniens : on observe parfois des dyschromatopsies passagères et curables chez des torpilleurs exposés à la lumière des projecteurs.
Les deux sources principales du recrutement fournissent chacune à la marine un nombre d'hommes aujourd'hui sensiblement égal, alors qu'il y a à peine dix ans les matelots de la flotte provenaient pour les deux tiers au moins de l'inscription maritime.
La valeur hygiénique des hommes composant ces deux groupes varie beaucoup en raison de la diversité de leurs lieux d'origine.
Sans entrer dans des considérations hors de propos sur les avantages et les inconvénients de l'inscription maritime, on peut dire que cette institution, admirablement adaptée aux besoins de la marine à voiles, n'offre plus aujourd'hui la môme supériorité.
Au fur et à mesure que l'ancienne marine a disparu, son personnel a subi peu à peu de profondes transformations : les gabiers et matelots de la manœuvre ont fait place aux mécaniciens, torpilleurs, électriciens que l'inscription maritime ne peut fournir qu'en très petit nombre : ces dernières spécialités exigent une instruction primaire et une éducation technique que l'on ne peut trouver chez
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Etre exempts de toute infirmité, même légère, si elle est susceptible de s'aggraver (varices, pointe de hernie).