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Lits à roulis

de l'échanger d'un bâtiment à un autre oud'un hôpital à un bâtiment quelconque : c'est déjà le principe admis pour les rechanges d approvisionnements des coffres Rouvier.

Tout monté, ce lit ne tient pas plus de place qu un cadre-hama, toile ; replié, il peut être conservé sans causer d'encombrement et et, e délivré même aux plus petits bâtiments.

Ce lit a donné les meilleurs résultats à bord des navires hôpitaux des œuvres de mer, pendant de 1res dures campagnes a lerre-

N En dehors de leurs dimensions trop restreintes, qui constituent la critique la plus sévère qu'on puisse leur adresser, il tant en, ou "connaître que nos salles de malades offrent* bord, — hôpitaux latéraux, le désavantage, qui était au moins attenué sur ^les anciens hôpitaux de l'avant, auxquels ne se prêtent plus les bâtiments

actuels, de ne pouvoir être soustraites, quelque précaution qu'on prenne, aux bruits si insupportables pour les malades, que fout naître au-dessus et autour d'elles la circulation de l'équipage et l'activité incessante de certains ouvriers spéciaux (forgerons, charpentiers, boulangers, etc.).

Salle de bains. — Communiquant avec celle des malades sur l'avant de laquelle elle est ordinairement située, cette petite salle possède une baignoire, surmontée d'un appareil à douches et garnie d'un serpentin où circule la vapeur qui échauffe l'eau du bain. Elle loge un coffre à linge salle en tôle zinguée, et une étuve à stérilisation, dont la température intérieure peut être rapidement portée à 120°, et qui est assez grande pour admettre les objets de literie.

Bouteille. — Le water-closet d'hôpital, composé d'un siège et d'un urinoir d'applique, est établi, comme la salle de bains, sur parquet carrelé.

Salle d'isolement. — Une chambre annexée aux locaux d'infirmerie peut servir à isoler certains malades dans des conditions, qui, sans être parfaites, n'en sont pas moins très utiles. Cette chambre admet quatre ou six lits.

En y laissant en place un lit latéral, cette chambre d'isolement peut à la rigueur servir au montage de la table à rabattement destinée aux opérations.

Car, en dehors du Diiguay-Trouin, école d'application des aspirants, que son programme annuel de navigation tient parfois longtemps éloigné d'un établissement hospitalier, aucun de nos bâtiments n'est encore doté d'une petite salle spéciale où un médecin-major puisse avec sécurité entreprendre une intervention chirurgicale urgente. C'est une lacune à notre époque, sinon sur les cuirassés, pour lesquels la proximité d'un hôpital, si relative qu'elle soit occasionnellement, peut être invoquée en faveur de l'absence de ce local, du moins sur nos grands croiseurs qui font campagne, et à plus forte raison sur nos transports-hôpitaux, destinés dans bien des cas à en ressentir l'impérieux besoin.

Une petite cuisine est réservée sur le pont à la préparation des vivres fournis aux malades par l'hôpital.

Nous n'avons envisagé ici que les installations matérielles du service médical en temps de paix. Nous nous réservons, en traitant la question des soins que réclament les blessés sur mer, d'exposer celles qui ont été prévues. pour le jour du combat.

Locaux disciplinaires. — Il n'existe qu'un seul local disciplinaire prévu dans les aménagements intérieurs de nos bâtiments : c'est le cachot. On consacre à cette destination un, rarement plusieurs petits réduits des fonds, généralement situés à l'avant du navire, à proximité du magasin général.

Tels qu'on les rencontre partout, ces réduits justifient, avec une

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exactitude qui pourrait être moins précise, les titres de « cachots » qui leur sont assignés. S'ils sont assez hauts d'étage, ils sont totalement privés de lumière, l'air n'y pénètre que par leurs poil es d'entrée, et l'humidité y élit domicile. Le voisinage immédiat des diverses matières que renferme le magasin général vient par surcroît empester l'air raréfié de ces cachots.

Ces conditions anti-hygiéniques rendent d'ailleurs leur utilisation tellement exceptionnelle qu'on n'y a jamais recours qu'en cas de force majeure, et il nous est arrivé, pendant des périodes d'embarquement dont chaque durée atteint deux ans, de ne pas voir s'ouvrir une seule l'ois la porte d'un cachot devant un homme rebelle à toute autre sanction.

La prison effective est subie dans trois ou quatre coursives de l'entrepont principal transformées en cellules très habitables, au moyen de portes s'ouvrant sur l'entrepont et de la fermeture extérieure des sabords percés de hublots qui commandent ces coursives.

Quant à la prison nominale, aux polices doubles et simples, qui, avec la consigne, toutes accompagnées de peloton, constituent l'échelle descendante des punitions susceptibles d'être infligées à bord, elles entraînent la privation du hamac, et c'est sur l'espace libre d'un entrepont que les hommes punis sont réunis la nuit, enveloppés l'été dans une, l'hiver dans deux couvertures. Une toile les préserve du contact direct du linoléum.

Toute personne détenue en prison est conduite sur le pont deux fois par jour, pendant une heure chaque fois, le matin au moment du service de propreté, et le soir après le branle-bas (arrêté ministériel du 22 mai 1902).

BRUITS ET TRÉPIDATIONS. — A l'époque où Fonssagrives détaillait, dans le style élégant et imagé qui lui est propre, les bruits si divers qu'on perçoit à bord, il ne prévoyait pas les puissants moyens d'accélération et de renforcement que ces bruits, de plus en plus multipliés, allaient rencontrer sur nos navires en fer.

Il est difficile, en effet, d'imaginer un ensemble de conditions plus propices à la formation et à la propagation des sons que l'intérieur d'un navire moderne, où, au milieu de la circulation tumultueuse de l'équipage, tous les exercices et toutes les manœuvres se joignent aux bruits qui montent de l'usine immergée, et spécialement à ceux ininterrompus des ventilateurs, pour retentir nuit et jour dans les caisses que forme le cloisonnement des entreponts.

Mais il faut avouer qu'on acquiert assez vite pour eux tous une accoutumance, qui ne va cependant pas jusqu'au respect absolu du sommeil. On comprend que nous constations à cet égard les susceptibilités individuelles les plus variables et les plus inattendues. C'est ainsi qu'actuellement des officiers, dont les logements sont

voisins du poste de la télégraphie sans fil, et pour lesquels la mise en marche d'un treuil électrique, le ronflement d'un grand ventilateur, ou l'éclat d'une sonnerie de clairon passent inaperçus, sont toujours réveillés en sursaut par le crépitement, singulièrement perçant à la vérité, des étincelles d'émission.

Quoi qu'il en soit, tous ces bruits sont assurément gênants, mais aucun d'eux, — en dehors des bruits de l'artillerie, dont nous signalerons les atteintes auditives à l'article de la pathologie spéciale — n'est offensant.

Nous n'oserions attribuer la même innocuité aux vibrations qu'accentuent certaines allures du navire. C'est surtout dans la classe des moyens croiseurs, et principalement dans celle des torpilleurs et contre-torpilleurs, que les trépidations dues à la vitesse se font énergiquement sentir.

Les secousses exagérément répercutées dans les locaux de l'arrière, où se mêlent les chocs provenant de la rotation des hélices et les ébranlements imprimés à la masse du navire, sont souvent telles qu'elles rendent impraticables les obligations de la vie usuelle, et qu'elles annihilent en particulier toute possibilité de repos dans une couchette.

On devine dès lors, lorsqu'elles se prolongent, l'épuisement qu'elles peuvent rapidement provoquer, et, bien que nous ne possédions aucune observation clinique établissant une relation entre cette cause et un retentissement neuro-pathologique, il ne nous paraît pas illogique, jusqu'à plus ample informé, de soupçonner, dans une certaine mesure, le rôle étiologique de ces trépidations.

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