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canotage et de gymnastique, — à laquelle se rattache la natation, — l'embarquement du charbon, et renseignement pratique du scaphandre, en raison des précautions hygiéniques particulières qu'exigent les uns et les autres.
CANOTAGE. — Il revient à tout bâtiment, y compris les petits croiseurs, deux séries d'embarcations, en nombre proportionné à l'effectif de l'équipage : Tune, se manœuvrant à la voile et à l'aviron, et composée de chaloupe, canots, baleinières et you-you, est commune à toutes les unités ; l'autre est formée de canots à vapeur plus ou moins puissants et de vedettes, — les canots automobiles n'ont encore fait, sous la forme d'une vedette à pétrole, qu'une timide apparition sur un seul de nos bâtiments, le Duguay-Trouin, — dont les spécimens sont délivrés aux navires, suivant leur importance, ensemble ou séparément.
Le canotage que nous avons en vue ne se rapporte qu'à la manœuvre de la première série, et peut être pratiqué par l'équipage, soit comme un exercice, soit à l'occasion des nombreuses allées et venues que nécessitent constamment les rapports du bord avec la terre (canots des vivres, service des officiers, service des permissionnaires, transport de matériel).
En tant qu'exercice exécuté par un temps propice, le canotage constitue la meilleure des gymnastiques d'assouplissement. Les mouvements rythmés des bras et du tronc pendant la nage à l'aviron développent méthodiquement le système musculaire et contribuent efficacement à la distension de la cage thoracique.
Mais le canotage de jour et de nuit, qui, en toute saison, doit assurer le va-et-vient avec le port de relâche, est un service entraînant de nombreux risques pour la santé des hommes. Exposés aux embruns et aux coups de mer pendant une nage vigoureuse, mal abrités du soleil, souvent surpris par la pluie, obligés parfois de séjourner dans une embarcation après avoir été mouillés, les canotiers ne doivent qu'à une accoutumance pour les intempéries acquise dès leur plus bas âge le privilège de n'être pas plus souvent victimes des corvées qu'ils assument.
Le devoir de l'officier de quart n'en consiste pas moins, si le temps est incertain, à munir toujours les canotiers de leurs cirés, et, si le soleil est ardent, à renouveler aux patrons les recommandations relatives à la mise en place des tentes, ainsi qu'au changement de tenue (reprise de la chemise de laine après la nage à l'aviron, pendant laquelle les hommes doivent la quitter).
Du reste il faut reconnaître qu'aujourd'hui on n'hésite plus à allumer les feux des embarcations à vapeur, et que celles-ci allègent déjà dans une mesure beaucoup plus large qu'autrefois le service des canotiers.
GYMNASTIQUE. — Une circulaire ministérielle du 2 avril 1904
abrège le manuel de gymnastique usité dans la marine, et le remplace par le règlement appliqué aux troupes de la guerre, lequel, aux termes mêmes de celte dépêche, « parmi choix plus rationnel, et une gradation plus logique des mouvements, marque un progrès considérable sur les errements suivis jusque-là ».
Cet arrêté consacre ainsi la substitution de la méthode d'assouplissement à la gymnastique acrobatique des agrès (barre fixe, anneaux, trapèze), qui ne doit plus être admise qu'à titre de sport.
Dans le même ordre d'idées, la circulaire stipule encore qu'il conviendra « de favoriser l'organisation des jeux à terre toutes les fois que les circonstances s'y prêteront; de faire concourir la plus grande partie des équipages à la nage dans les embarcations, et de donner en été le plus de développement possible aux exercices de natation ».
Il faut louer sans réserve cette décision qui évite aux hommes les accidents trop fréquents, tout au moins les efforts musculaires exagérés, auxquels les exposait la gymnastique acrobatique, sans aucun profit pour l'accroissement corporel.
La différence essentielle des provenances interdit tout rapprochement exact, au point de vue de la constitution physique, entre le soldat et le marin arrivant au service. Mais il n'est pas contestable que la même instruction gymnastique convienne excellemment à l'un et à l'autre, quand les exercices qu'elle enseigne tendent à développer le corps en suivant un ordre méthodique basé sur leurs effets physiologiques.
Or, c'est précisément le but visé par l'instruction de la guerre, dont le règlement groupe les exercices en chapitres et en articles, suivant une règle qui proportionne leur intensité à la force, à la constitution, « à l'état d'entraînement de l'exécutant », et les classe de telle sorte que ce dernier ne soit amené que « progressivement et avec précaution » à la pratique de ceux qui réclament le plus d'énergie.
Ce règlement comprend deux parties : une gymnastique de développement et d'assouplissement, et une gymnastique d'application dans laquelle rentre la natation.
NATATION. — Il semblait logique de faire de la natation, pour tout marin quel qu'il soit, un précepte inéluctable. Les exigences de la marine n'étaient cependant pas aussi strictes jusqu'à ces derniers temps, et un certain nombre d'hommes entraient au service, quelquesuns d'entre eux en sortaient sans savoir nager.
L'arrêté ministériel de mai 190*2 a comblé cette lacune, en prescrivant qu'à partir du 1er janvier 1905 « tout marin postulant un brevet de spécialité devra savoir nager suffisamment pour se maintenir une demi-heure sur l'eau », et qu'à partir de la même époque les candidats aux différentes écoles de la marine devront satisfaire
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à la même condition. Cet arrêté prévoit même un coefficient de natation dans les notes d'examen de sortie.
Tant à bord qu'à terre, dans les dépôts des équipages, nul ne peut d'ailleurs être exempté de baignade, sans avoir obtenu une dispense médicale, et toutes les occasions sont saisies avec empressement pour exciter le zèle des nageurs par l'organisation de joutes.
EMBARQUEMENT DU CHARBON. — Dans les arsenaux français, nos bâtiments s'approvisionnent de charbon en briquettes ; à l'étranger, ils profitent des ressources locales de leurs relâches, en réservant toutefois une préférence au charbon expédié de Cardiff, qu'on rencontre sur presque tous les points du globe, et qui arrive en roches.
Ces deux états différents sous lesquels le charbon peut être mis en soutes ont leur répercussion sur l'embarquement de ce combustible, que des hommes échelonnés des chalands aux trous de soutes se passent de mains en mains. Les briquettes facilitent beaucoup ce passage ainsi que l'arrimage de la soute ; les roches d'inégal volume les retardent, et les rendent doutant plus pénibles qu'elles nécessitent toujours le concours de mannes lourdement chargées de poussier.
Dans les deux cas, ces opérations pour la prompte exécution desquelles on stimule l'entrain des hommes, en leur imprimant, à l'instar des Anglais, le caractère d'un sport, relèvent d'une même série de précautions. Des tentes établies au-dessus des chalands serviront d'abri contre le soleil, la pluie ou le vent; les hommes, à défaut de chaussures en bois, doivent s'entourer les pieds de briquettes ou de roches, pour prévenir les plaies contuses si fréquentes résultant de la chute des morceaux de charbon ; des lunettes à escarbilles, si le vent est violent, doivent protéger leurs yeux. Tout embarquement de charbon est suivi d'un lavage sous la douche.
Les bâtiments peuvent être conduits en temps de guerre à renouveler à la mer leur approvisionnement de charbon. Dans cette occurrence, le navire choisit le moment propice pour accoster un bateau charbonnier, et à l'aide d'un appareil Temperley (sorte de grue soulevant des grappes de 5 à 10 sacs de charbon) reçoit le combustible sur le pont supérieur, d'où, par un panneau spécialement aménagé à cet effet, il parvient à un entrepont, et de là aux trous de soutes.
Les Anglais et les Américains, pour éviter des pertes de temps, prennent à la remorque le charbonnier,, et, au moyen d'une aussière en fil d'acier formant une glissière très inclinée étendue du mât de l'avant du remorqué au mat de l'arrière du remorqueur, organisent un transbordement de charbon en sacs.
Avec ces procédés on peut, dans des circonstances favorables, prendre en livraison 40 à 50 tonnes de charbon par heure.
SCAPHANDRE. — L'appareil plongeur en usage dans la marine
.est le scaphandre Rouquayrol-Denayrouse. C'est un vêtement en toile caoutchoutée très résistante, surmonté d'un casque, formant au plongeur une enveloppe complète, dans laquelle au moyen d une pompe on refoule constamment de l'air, qui ressort d'une manière continue par une soupape chargée d'un ressort, et placée au sommet du casque. Un manomètre fixé sur le réservoir où puise la pompe à air permet de régler l'arrivée de l'air à l'intérieur de l'enveloppe, en maintenant une pression aussi voisine que possible de celle du milieu dans lequel se trouve le plongeur.
Celui-ci, très chaudement vêtu à l'intérieur de l'appareil, doit être doué d'une excellente constitution physique, exempt de toute affection cardiaque et de prédisposition aux congestions. On n'admet plus à l'école du scaphandre que des candidats ayant moins de trente-trois ans.
Les marins pourvus du brevet de scaphandrier doivent être examinés et auscultés au moins une fois tous les trois mois par le .médecin-major du bâtiment, dépôt ou service auxquels ils sont affectés. (Arrêté ministériel du 22 mai 1902.)
Le plongeur étant à jeun, la descente comme la montée doivent toujours s'opérer lentement. Lorsque la plongée dépasse 20 mètres, — à moins d'une nécessité absolue, un scaphandrier ne descend jamais au delà de 30 ou 40 mètres, — l'ascension verticale et la décompression du vêtement par ouverture du casque commandent une lenteur proportionnée au temps passé sous l'eau.