‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 30 sur 129 · ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ALIMENTATION

La question de l'alimentation des marins se présente de façon très différente, suivant que l'on considère les hommes attachés à des services à terre, défenses fixes, défenses mobiles, dépôts des équipages, navires en réserve, ou bien les matelots embarqués sur des navires armés, susceptibles de faire des traversées plus ou moins longues ; encore faut-il distinguer parmi ceux-ci les navires qui composent les escadres du Nord et de la Méditerranée, et les navires de croisière appelés à séjourner dans des pays chauds.

Tandis que pour les navires du premier groupe l'alimentation ne présente pas plus de difficultés que pour tous les hommes de troupe casernes dans les diverses garnisons du territoire, elle se complique singulièrement quand il s'agit de fournir une nourriture saine et réparatrice à un nombreux équipage, composé d'hommes jeunes, faisant un service parfois des plus pénibles, dans de longues traversées à peine coupées de courtes relâches; de plus, il y aurait lieu de rechercher quelles modifications doivent être apportées à l'alimentation pendant les séjours en pays chauds, où les besoins de l'organisme sont différents, et où notre équilibre physiologique ne peut être maintenu que par une nourriture appropriée aux transformations

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de nos organes. Enfin il faut songer qu'en cas de guerre les escadres d'Europe peuvent se trouver elles-mêmes, pendant de longues périodes, privées de tontes facilités de ravitaillement et forcées de vivre uniquement avec les ressources de la ration réglementaire. C'est en nous plaçant à ce dernier point de vue que nous l'étudierons plus spécialement.

Cette ration a été profondément modifiée depuis peu de temps, non seulement dans son mode de distribution, — question administrative qui ne nous intéresse que secondairement, — mais encore dans la composition même de ses éléments.

Tandis que l'alimentation des marins était en grande partie végétarienne, puisque ces hommes n'avaient de viande qu'au dîner seulement, cinq jours par semaine, et jamais au souper, composé exclusivement de soupe et de légumes, ils ont aujourd'hui de la viande à chaque repas, deux fois par jour; la proportion des éléments azotés et hydrocarbonés est restée sensiblement la même, correspondant aux 20 grammes d'azote et aux 310 grammes de carbone que l'on croit généralement être nécessaires pour compenser les pertes d'un homme adulte, de constitution moyenne, soumis à un travail normal.

Il y avait autrefois deux types de ration : une ration de journalier et une ration de campagne, destinée aux navires naviguant au loin.

A partir du mois de novembre 1897, il ne fut plus prévu qu'une seule espèce de ration pour tous les marins, quelle que soit leur situation, quel que soit le pays où ils séjournent; de plus, une importante modification porta sur la composition de cette ration, qui comprend chaque jour soit 400 grammes de viande de bœuf ou 300 grammes de mouton ou de porc frais, soit 250 grammes de conserves de viande ou 300 grammes de porc salé, assurant ainsi à tous les repas, tous les jours, une ration de viande, tandis que la ration adoptée jusqu'à cette époque ne comprenait que cinq repas de viande sur quatorze dîners et soupers.

De plus, des allocations journalières sont accordées pour les légumes et les assaisonnements, et les vivres viande ainsi que les légumes secs peuvent être remplacés par des indemnités représentatives, à taux fixe.

Ce système permet de donner aux équipages une nourriture variée, sans introduire sur les bâtiments le régime complet de l'ordinaire difficile à appliquer sur les navires armés. Nous allons voir quels sont les éléments de cette ration, quelle est leur origine, leur valeur nutritive, leur mode de préparation, leur conservation.

Quel que soit son grade, tout marin embarqué sur un navire de guerre a droit à une ration composée comme l'indique le tableau ci-contre :

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