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EAU D'ALIMENTATION

Les règlements maritimes imposent exclusivement Peau distillée pour la consommation de l'eau de boisson des équipages, et, en dehors des navires de faible tonnage qui ne peuvent distiller euxmêmes leur eau, cette mesure est appliquée sur tous les navires de guerre et a produit des résultats excellents. Cette question de l'eau potable à bord, qui a été pendant si longtemps un desécueils les plus sérieux des longues traversées, est résolue aujourd'hui dans le sens le plus favorable, et Ton peut dire que c'est un des triomphes de l'hygiène navale.

Le procès de l'eau distillée est gagné depuis longtemps dans les milieux maritimes, et, si le problème n'est pas absolument résolu, c'est que les questions secondaires de conservation et de distribution de l'eau appellent encore des perfectionnements qui ne tarderont pas à être réalisés : ces dernières questions nous arrêteront un peu plus longuement.

Toute autre eau que l'eau distillée étant résolument écartée, nous n'insisterons pas sur les différents procédés de filtration qui peuvent être utilisés pour purifier les eaux recueillies à terre.

Les quelques petites unités faisant usage d'eau des aiguades se servent du filtre Lapeyrère (au permanganate de potasse), qui leur donne toute satisfaction.

Il n'a jamais été proposé dans la marine un moyen pratique de congeler l'eau de mer pour la transformer en eau potable, idée qui revient à Armand Gautier et que Rochard et Bodet considéraient comme très ingénieuse et très avantageuse dans les pays chauds, pour diminuer la température des fonds du navire et fournir aux équipages une eau toujours fraîche, utile à la conservation des forces digestives. Si jamais ce rêve pouvait être réalisé, soit à l'aide d'un appareil utilisant la réfrigération produite par l'air liquide, soit par tout autre procédé, les navires ne devraient, en tout cas, jamais s'approvisionner que d'eau de mer prise au large ; il serait impossible de recueillir l'eau de mer d'un navire au mouillage, eau souillée par ses propres déjections, et par l'apport des impuretés du port, des rivières qui se jettent dans le voisinage, etc.

Ces eaux des ports, très riches en matières organiques, ne seraient nullement purifiées par la congélation, qui n'a aucune action sur les innombrables microbes qui y pullulent.

Les premiers appareils qui ont été utilisés pour la production de l'eau distillée étaient adjoints au fourneau des cuisines, dont ils faisaient partie intégrante, et ont rendu de grands services sur les anciens transports à voiles, en leur assurant une eau de boisson saine, quelle que fût la durée des longues traversées de trois ou quatre mois qu'ils avaient à accomplir sans relâche.

Plus tard on installa sur des navires à vapeur des appareils distillatoires qui empruntaient aux chaudières motrices la vapeur qu'ils devaient transformer en eau potable. Mais cette vapeur toujours chargée de matières grasses communiquait à l'eau un goût empyreumatique qui n'était pas sans danger pour la santé des hommes. Les inconvénients de ces appareils les firent bientôt remplacer par des bouilleurs uniquement adaptés à la production de l'eau de boisson : la vapeur est toujours fournie par la machine du bâtiment, mais elle n'est utilisée que pour réchauffement de l'eau et n'a aucun contact direct avec le réservoir dans lequel se trouve l'eau de mer destinée à être transformée en eau distillée.

Le bouilleur primitivement le plus employé a été le bouilleur Cousin, qui a été remplacé peu à peu par le bouilleur Mouraille, qui n'est qu'un perfectionnement du premier, d'un rendement un peu supérieur.

Le dispositif plus ou moins ingénieux de ces appareils tend à provoquer une évaporation aussi rapide et aussi économique que possible de l'eau de mer, tout en empêchant les entraînements d'eau salée qui viendrait se mélanger à l'eau distillée.

BOUILLEUR MOURAILLE. — Voici comment fonctionnent les appareils Mouraille, les plus employés actuellement dans la marine.

Sans entrer dans une description détaillée, cet appareil se compose d'un vaste cylindre divisé en trois réservoirs superposés :

Dans la partie inférieure se trouve l'eau d'alimentation portée à l'ébullition par une couronne de petits tubes dans lesquels circule la vapeur venue de la chaufferie : l'espace libre à la partie centrale se termine par un vaste entonnoir par où les vapeurs passent dans le second compartiment du cylindre (PI. II).

Celui-ci est fermé par un tronc de cône renversé dont l'orifice inférieur est moins grand que l'ouverture du premier réservoir, et sur les parois duquel les projections d'eau bouillante sont ramenées à la surface de l'eau.

La vapeur passe enfin dans un troisième compartiment plus petit fermé par un diaphragme appliqué à petite distance du couvercle : ce diaphragme est lui-même convexe, à convexité supérieure, de

Planche II. — Bouilleur Mouraille avec réchaufleur d'eau d'alimentation.

Planche III.

Parcours de la

vapeur depuis la sortie caisses à eau.

du bouilleur jusqu'aux

Fonctionnement. — L'eau de mer vaporisée, sortant du bouilleur, peut servir : 1° d'eau de réparation; 2° d'eau d'alimentation et d'usages corporels. Dans le premier cas, elle s'évacue directement au condenseur auxiliaire CA, qui la refoule dans les citernes alimentaires; 2° à sa sortie du bouilleur, cette vapeur s'en va au réfrigérant R, où elle se condense (sur son parcours est placé un aérateur A). Cette eau passe ensuite dans un filtre F à noir animal, où elle se purifie. De là elle se rend dans une caisse où un thirion spécial à eau douce T l'aspire pour la refouler soit aux charniers, soit dans les caisses de la cale à eau.

Tisaité d'hygiène.

BOUILLEUR MOURAÏLLE.

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