‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 41 sur 129 · PATHOLOGIE NAVALE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE NAVALE

Il n'y a évidemment pas, au sens strict du mot, une pathologie navale spéciale, c'est-à-dire qu'il n'est pas une des* maladies frappant les marins qui ne puisse atteindre de même les habitants de la terre terme, et, comme le disaient très bien Rochard et Bodet,

JAN Eï PLANTE. — MARINE DE GUERRE.

le mal de mer lui-même a ses analogies dans l'impression désagréable que font ressentir à certaines personnes les mouvements de la voiture ou le balancement de l'escarpolette.

Mais il est du plus haut intérêt pour l'hygiéniste de savoir quelle est la fréquence relative des maladies observées chez les marins, d'étudier par la statistique leur morbidité et leur mortalité, de savoir dans quelles conditions ces maladies se sont développées et ont évolué, et d'acquérir la notion de celles qui sont évitables.

Si certaines affections comme le scorbut, le saturnisme, qui ravagèrent autrefois nos équipages, ont aujourd'hui disparu, il est encore de nombreuses infections qui se sont développées, étendues et pourront certainement être combattues aussi efficacement.

Disons tout de suite qu'en dépit des conditions d'existence paradoxale qu'offre à ses habitants un navire de guerre moderne, conditions qui semblent un vrai défi à l'hygiène la plus élémentaire, c'est précisément pendant leurs périodes d'embarquement sur ces navires, tout au moins dans les croisières sur les côtes de France (1), que les marins présentent le meilleur état sanitaire, tandis que le plus grand nombre des malades est fourni par les groupes vivant à terre, bataillon des fusiliers, défenses du littoral, ou vivant sur des bâtiments en contact constant avec la terre, comme les navires-écoles.

Ces différences sont très appréciables par l'examen des tableaux ci-dessous donnant le chiffre des entrées à l'hôpital à terre pendant les deux années 1899 et 1900, les seules pour lesquelles il existe à l'heure actuelle une statistique officielle :

Entrées à l'hôpital à terre par force navale en 1899-1900.

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