TORPILLEURS, CONTRE-TORPILLEURS, AVISOS. ÎO
tuyau d'évacuation, dont la vidange s'opérait malaisément à l'aide d'une pompe latérale puisant à la mer. Ce système défectueux a été remplacé sur les derniers types par de simples poulaines à la turque, dont un robinet qu'on manœuvre facilement permet d'assurer la propreté complète.
Sur l'axe longitudinal du pont se rencontrent avec les deux cuisines, les cheminées, les descentes aux compartiments intérieurs, et les deux tubes lance-torpilles aériens. Quelques petites manches d'aération et les tambours de ventilation des chaufferies de machines émergent latéralement. Trois canons de 47 sont disposés de chaque bord, un canon de 05 sert de pièce de chasse.
A l'avant des cheminées, une sorte de perchoir, d'où l'officier de quart dirige le bâtiment, est bâti au-dessus du petit blockhaus abritant le servo-moteur.
L'extrême avant incliné en dos d'âne est occupé par les ancres et les chaînes.
L'intérieur d'un contre-torpilleur est subdivisé par sept cloisons étanches en huit compartiments, d'inégales dimensions, qui, de l'avant à l'arrière, s'échelonnent dans l'ordre suivant :
1° Petit compartiment vide dit d'abordage;
2° Le poste d'équipage ;
3° La chaufferie avant ;
4° La chambre des deux machines ;
5° La chaufferie arrière;
6° Le logement de l'état-major et du commandant;
7° Le poste des maîtres ;
8° La cambuse.
Les soutes à munitions forment le plancher du poste d'équipage et du carré; les soutes à charbon entourent les chaufferies, empiétant sur l'avant du carré.
Les doubles fonds sont parcourus par un gros drain qui aspire dans tous les compartiments. L'assèchement terminal s'opère à l'aide de seaux et de fauberts.
Le poste d'équipage, qui absorbe le tiers antérieur du bâtiment, est bien exigu pour les 54 hommes qu'il loge. Il est réduit de chaque côté par des casiers à sacs, au-dessus desquels pendant le jour sont arrimés les hamacs, que l'étroitesse du poste oblige à disposer la nuit sur deux plans. Une double rangée de sept petits hublots rectangulaires, deux manches en tôle dont les pavillons doivent être remplacés lorsqu'on navigue par des champignons, et le panneau d'accès encombré par le servo-moteur, lui procurent presque toujours au mouillage une suffisante arrivée d'air frais. Mais, à la mer, quand toutes ces ouvertures sont closes par précaution, l'air du poste se confine vite, et le tuyau terminé en bec de flûte qu'on a disposé sous les barrots du plafond et branché sur le conduit d'aéra-
Traitiî d'hygiène. X. — 3
lion d'une chaufferie, est impuissant à purifier l'atmosphère. Il arrive alors qu'un certain nombre d'hommes désertent ce milieu pour aller chercher un refuge dans la chaufferie inoccupée ou sur le pont, et il paraît bien difficile de remédier à cet inconvénient, tant que le fonctionnement de ces étroits navires exigera un minimum de 50 hommes.
La ventilation des machines et des chaufferies, qui se fait par aspiration, a été très perfectionnée sur les types récents, où la température est descendue des 68° qu'elle a pu atteindre accidentellement sur Y Arbalète et YEpieu, aux 48° qu'elle marque maintenant sur la Francisque et le Mousqueton. Le tirage forcé, auquel on est souvent obligé d'avoir recours, expose même les chauffeurs à de violents courants d'air, contre lesquels ils doivent se prémunir.
Le carré, éclairé par une claire-voie, est entouré par deux petites chambres d'officier, aérées chacune par deux hublots et une porte. Le logement du commandant, qui comporte une chambre et une salle à manger, placé derrière lui, en est séparé, d'un côté par une chambre réservée au second, de l'autre par la bouteille des officiers et deux tout petits offices. Si exigus qu'ils soient, ces logements, ingénieusement disposés, sont acceptables au mouillage.
Le compartiment qui suit est réservé à sept officiers mariniers : un premier maître mécanicien qui possède une cabine ménagée à tribord, et six seconds maîtres qui couchent dans des hamacs. Sur certains types, deux d'entre eux occupent des couchettes.
Ce poste, qui est muni d'un lavabo à rabattement, est ventilé par six hublots, deux petites manches, et le panneau d'accès que termine une échelle verticale. Il est presque inhabitable à la mer, non seulement par suite de la fermeture de ses ouvertures aératoires, mais à cause des trépidations qu'on y ressent.
L'extrême arrière, transformé en cambuse, éclairée seulement par des hublots fixes et le trou qui lui sert d'accès sur le pont, est un séjour fort pénible pour le magasinier, et bien peu propice à la conservation des vivres.
Ces contre-torpilleurs s'approvisionnent d'eau douce pour une durée de quatre à cinq jours avant le départ, en faisant le plein de deux caisses situées dans le poste d'équipage. Toutefois les derniers types sont pourvus de bouilleurs avec réfrigérants ; tous possèdent un filtre Lapeyrère.
Aucun isolant, en dehors des toiles dont ils s'enveloppent, ne les défend l'été contre la chaleur solaire, et l'hiver, c'est à l'aide de petits poêles à charbon, qui ne sont pas sans dangers, qu'on combat l'humidité et le froid dans les différents postes de couchage.
De cet exposé se dégage la conclusion que les contre-torpilleurs, et à plus forte raison les torpilleurs, dont ils ne sont qu'un modèle amplifié, constituent des habitations nautiques en opposition cons-