‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 8 sur 129 · SOUS-MARINS ET SUBMERSIBLES. ÎO · texte numérisé non relu

SOUS-MARINS ET SUBMERSIBLES. ÎO

tante avec les règles de l'hygiène. Si leurs équipages ne souffrent pas des conditions d'habitabilité de ces petits bâtiments, c'est que ceux-ci ne tiennent jamais longtemps la mer, et qu'au mouillage les hommes s'empressent d'évacuer le bord pour passer le plus de temps possible sur le quai auquel la planche les relie, et même, s'ils sont embarqués sur les torpilleurs d'une défense mobile, pour coucher dans des locaux voisins mis à leur disposition.

.Mais dans le cas particulier des contre-torpilleurs qui suivent les mouvements des escadres, la statistique médicale fait suffisamment ressortir l'influence du milieu sur ses habitants, par la comparaison des moyennes de malades relevées sur ces petits navires et sur les cuirassés.

Voici, pour ne citer que la dernière année, les chiffres qui expriment ces résultats en 1904 :

Proportion p. 1 000 des malades

soignés à bord, envoyés à l'hôpital à terre.

Cuirassés 615,79 130,57

Contre-torpilleurs 861,03 269,75

Ces chiffres, dont il ne faut pas s'exagérer l'importance, ont cependant leur valeur, et d'ailleurs l'expérience récente, qu'un groupe de contre-torpilleurs a faite en se rendant de Toulon en Indo-Chine, a prouvé, malgré la multiplicité des relâches et la réduction de la vitesse de route, qu'au cours d'une traversée un peu prolongée ces étroits bâtiments se transformaient rapidement en logements insalubres.

SOUS-MARINS ET SUBMERSIBLES.— Si ancienne que soit l'idée du bateau sous-marin, elle n'a pu recevoir une application pratique qu'avec l'utilisation des moteurs modernes, et le premier type de sous-marin doué d'une certaine valeur militaire date en réalité de 1885. Ce fut le Gymnote, construit sur les plans du directeur des constructions navales Gustave Zédé, dont le nom devait cire donné peu de temps après au second type de navire de cette catégorie.

A partir de ce moment, le mystérieux problème de la navigation sous-marine put être considéré comme résolu.

On sait qu'il consiste à réaliser un bateau susceptible de naviguer à la surface de la mer, de s'enfoncer à volonté à une certaine profondeur, pour se diriger sous l'eau vers un but déterminé (c'est un lance-torpilles), et d'émerger à son gré, en réitérant s'il le faut sa manœuvre.

Les ingénieurs des constructions navales Romazzotti, Laubeuf et Maugas ont à notre époque triomphé d'un problème aussi compliqué, en lui appliquant des solutions élégantes et diverses que nous ne ferons que mentionner, nous bornant à rappeler qu'actuel-

lement les bateaux sous-marins forment deux classes distinctes : les sous-marins proprement dits, et les submersibles.

Les premiers ne naviguent que sous l'eau, ou si près de sa surface que, même émergés, ils restent presque entièrement recouverts par la mer : ce sont le Morse, Y Esturgeon, le Thon, la Bonite, etc., de Romazzotli ; le Lutin, le Gnome, le Farfadet, etc., de Maugas.

Les seconds, d'un tonnage généralement plus élevé, sont pourvus d'appareils moteurs leur permettant de tenir un certain temps la mer, comme de petits torpilleurs, tout en étant disposés de manière à pouvoir, au moment voulu, opérer une plongée et manœuvrer en submersion. Ce sont le Narval, le Triton, Y Espadon, etc., de Laubeuf.

Chacun de ces types de bâtiments, — les seuls que nous construisions en France, — compte des partisans et des adversaires. Mais, quel que soit dans l'avenir le type qui doive prévaloir, à la suite des expériences comparatives auxquelles sont encore soumis ces sortes de navires, une des qualités maîtresses de tout sous-marin, quel qu'il soit, résidera dans la faculté de pouvoir, sans nuire à la santé de l'équipage, naviguer en immersion pendant dix à quinze heures de jour, c'est-à-dire aussi longtemps qu'il le faudra pour exercer une action offensive, essentiellement destinée à échapper à la vue de l'ennemi.

La seule question qui puisse nous intéresser ici se réduit donc à savoir si, dans l'état actuel des choses, l'habitabilité du sous-marin est toujours assurée au cours d'une immersion prolongée.

Ce point du problème de la navigation sous-marine a beaucoup préoccupé les inventeurs, depuis l'époque déjà lointaine où l'amiral Bourgeois et l'ingénieur de la marine Brun conçurent le projet du Plongeur qui ne réussit pas, jusqu'à nos jours, où plusieurs moyens sont prévus pour ménager au sous-marin, pendant sa plus longue plongée, une atmosphère respirable.

En réalité, la difficulté réside beaucoup moins dans le renouvellement de l'oxygène absorbé que dans l'évacuation de l'acide carbonique accumulé et mêlé aux toxines de la respiration.

Sans sortir de la réserve qu'impose encore la discussion de ce sujet, nous pouvons pourtant, laissant de côté les détails explicites, indiquer les trois moyens propres à assurer l'aération d'un sousmarin. Ce sont : 1° l'usage de l'air ou de l'oxygène comprimés dans des réservoirs ; 2° la purification et la régénération de l'air vicié à l'aide d'un procédé chimique ; 3° la remontée à la surface pendant le court espace de temps nécessaire pour recueillir une nouvelle provision d'air.

, Le premier procédé, — celui des réservoirs d'air ou d'oxygène comprimés à plusieurs atmosphères, — qui se présente tout d'abord à l'esprit, n'est pas d'une application facile dans un endroit clos et

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