DU CHATEAU. — MARINE MARCHANDE
rence à d'autres plus valides, mais réputés moins bons pécheurs.
Le sel est embarqué franc de tous droits lorsqu'il est d'origine française, exempt de droits de douane et d'entrée lorsqu'il est d'origine étrangère ; au fur et à mesure, la morue pèchée prend sa place dans le compartiment de la cale où il était déposé au départ.
Les inconvénients et les défectuosités déjà signalés sur les bateaux de pèche de la mer du Nord, relativement au poste de l'équipage, aux cabines occupées par les marins.au défaut d'aération et de ventilation, à la malpropreté, existent au même degré sur ceux de Terre-Neuve et d'Islande : mais ces défectuosités sont encore accrues de ce fait que la campagne de pêche est plus prolongée. Dans le poste, il n'y a même pas toujours un poêle lorsque la cuisine est placée sur le pont, comme cela a lieu sur les goélettes bretonnes, et ce poêle serait indispensable, ne serait-ce que pour assécher quelque peu ce poste lui-même et les cabines qui y ont accès. Dans ces cabines, véritables armoires presque hermétiquement closes dans le but de se préserver du froid, les hommes dorment tout habillés, chaussés de leurs bottes de mer, couchés sur des paillasses qui se putréfient rapidement, et ne disposant souvent que d'une seule couchette pour deux occupants, qui l'utilisent alternativement. Une lampe fumeuse alimentée à l'huile de foie de morue constitue le seul éclairage de ce réduit, où se fait la cuisine quand il n'a point été installé de local spécial à cet effet sur le pont de navire.
Alimentation. — L'alimentation est suffisante comme quantité, mais trop peu variée et d'une monotonie absolue; de plus, les aliments sont mal préparés : les Bretons usent plus largement du lard salé que les Dunkerquois: mais, chez les uns comme chez les autres, ce sont les tètes de morues bouillies qui constituent la base des repas ; avec addition de graisse, on en fait des soupes; les pommes de terre, les fayots, les pois cassés et les haricots secs sont les seuls légumes employés pour varier le régime: les légumes verts en conserve pourraient y être utilement adjoints; l'endaubage, ou conserve de bœuf, commence à être introduit à bord de quelques navires. Les Bretons sont peut-être un peu mieux partagés que les Dunkerquois, les bateaux chasseurs qui viennent, au milieu de la campagne, recueillir les produits de la pèche leur apportant en même temps un nouvel approvisionnement de pommes de terre, de beurre ou de graisse de Normandie; ils usent très volontiers des choux au vinaigre conservés dans du sel, mais non du fromage de Hollande, qui est spécial aux Dunkerquois. — Pour tous, le biscuit remplace au bout de dix jours le pain pris au départ.
Comme boisson, l'eau logée à l'armement dans des barriques en bois, auxquelles tendent peu à peu à se substituer des récipients métalliques, barriques remplies à nouveau dans les relâches, est peu
employée: sur les bateaux dunkerquois, les hommes reçoivent de la bière, et accidentellement du vin donné à titre de récompense: sur les bateaux bretons, du cidre ou du vin à raison de 75 centilitres par jour.
Si faible que puisse être la consommation de l'eau à bord, encore y aurait-il tout avantage à la conserver dans des caisses en tôle cimentées, remplies par une ouverture soigneusement fermée et cadenassée, caisses qui devraient (railleurs être rigoureusement nettoyées à chaque voyage.
Quel que soit le navire, breton ou dunkerquois, l'alcool est largement distribué à bord ; on a pu affirmer qu'en aucun point du monde il n'en est consommé une aussi grande quantité (1), et, en raison des méfaits dont il est responsable, certains se sont demandé s'il ne serait pas préférable de renoncer à protéger, à ce prix, les grandes pèches.
La ration journalière, qui était autrefois de 25 centilitres, a été, depuis 1897, abaissée à 20 centilitres: il serait certainement possible de la réduire encore davantage, car il faut toujours compter avec les rations supplémentaires, fréquentes à bord des navires pêcheurs, et qui sont la preuve manifeste que l'approvisionnement régulier est dépassé.
Les Anglais exigent de leurs équipages une affiliation à une société de tempérance, et, à défaut d'alcool, distribuent des boissons stimulantes: de môme, à bord des bateaux américains, il n'entre pas une goutte d'alcool ; chez nous, il a été constaté que les pèches les plus fructueuses se font à bord des navires où les capitaines ont assez de fermeté pour restreindre le plus possible l'usage de cette pernicieuse boisson, et il y aurait lieu de prendre des mesures énergiques pour faire cesser son déplorable abus.
Bien des armateurs le comprennent et seraient tout disposés à entrer dans cette voie, à accroître les délivrances de café et de thé, mais n'osent le faire, dans la crainte de soulever des récriminations. Ajoutons que l'alcool embarqué marque souvent un degré assez élevé (60° et même 80°) pour éviter un trop grand encombrement, le soin étant laissé aux capitaines de le ramener à 42° avant d'être distribué à l'équipage.
Propreté. — De môme que sur les bateaux de la mer du Nord, la propreté corporelle fait absolument défaut : les hommes chaudement vêtus, munis de vêtements cirés, les quittent rarement et se lavent peu : pendant les séjours dans les baies, il est procédé au lavage du linge, qui se fait très exceptionnellement à bord.
Le navire lui-même est en général mal tenu, malgré les primes à la
(1) Bonain, Recueil des archives de médecine navale, 1904.
300 DUCHATEAU. — MARINE MARCHANDE.
propreté concédées lors des inspections faites par le commandant de la division.
Les poulaines font parfois défaut, et il serait cependant possible d>n installer à bord des bâtiments de tonnage moyen et aussi d'en entretenir la propreté ; actuellement, les hommes sont astreints à s'accroupir sur les bastingages en s'y maintenant accrochés, ce qui n'est pas sans offrir quelque danger de chute à la mer, accident qui est quelquefois arrivé.
Morbidité et mortalité. — Les coffres à médicaments et à pansements sont maintenant mieux entretenus qu'ils ne l'étaient il y a quelques années, et, à cet égard, les rapports des médecins de la division navale signalent de notables progrès. Il y aurait cependant quelques modifications à y apporter : l'acide phénique, laissé à la disposition des capitaines, a été employé parfois à dose trop concentrée, et il en est résulté des gangrènes qui doivent amener à lui substituer un antiseptique moins dangereux à manier. Les vivres de malades ne sont pas non plus suffisamment prévus, en particulier le lait concentré, dont il n'est délivré qu'une seule boite pour toute la durée de la campagne et qui serait cependant une ressource précieuse pour les fébricitanls.
Il n'existe d'ailleurs à bord aucune infirmerie, aucun local d'isolement pour un malade.
Les navires attribués à la pêche en Islande et qui affectent les mêmes types présentent les mêmes défectuosités que ceux de Terre- Neuve.
Nous y retrouvons le même encombrement, le même défaut d'aération du poste, où l'air n'a accès, comme sur ceux de la mer du Nord, que par le panneau de descente, presque complètement occupé par une échelle massive de bois. Là aussi nous avons à constater la même incurie pour les malades. Il ne faudrait pas voir dans cette incurie une preuve d'inhumanité de la part des capitaines: mais, lorsque la pêche est fructueuse, ils se résignent difficilement à abandonner leur poste pour déposer un malade à terre, et ne le font guère que lorsqu'il se manifeste un état épidémique occasionnant de nombreuses invalidités. En Islande, les marins sont du reste privilégiés, vu la présence plus fréquente dans ces parages du navirehôpital des Œuvres de mer et le nombre plus considérable des établissements hospitaliers.
Là, comme nous l'avons dit, la pèche se fait à bord à l'aide d'une longue ligne de 100 mètres et plus, additionnée d'un poids lourd, constamment abaissée et élevée pour exciter la voracité du poisson.
Cette manœuvre, des plus pénibles, se continue pendant cinq à six heures de suite, le pêcheur demeurant à peu près immobile et restant exposé à toutes les intempéries, les vêtements recouverts
d'une eau glaciale ; les poignets sont garantis par une sorte de bra celet-manchettc en cuir contre le frottement de la ligne : malgré celle précaution, la filtralion de Peau sous cette manchette amène la production de ces ulcérations avec crevasses décrites par notre collègue Ghastang sous le nom de Fleurs d'Islande et dont une solution d'acide picrique assure la rapide guérison; cette solution parait même avoir une action préventive, et elle est employée à cet effet par beaucoup de pêcheurs.
A Terre-Neuve, la pêche se fait dans lesdoris, embarcations plaies et légères montées par deux hommes qu'y s'y embarquent le soir pour poser les lignes qu'ils vont relever le lendemain. Munis d'une boussole, ces doris emportent trois jours de vivres et de l'eau, soit en barils, soit dans des caisses métalliques dont la forme s'adapte à celle du bateau ; les appareils de pêche sont des lignes de fond dites palangres ou harouelles, comportant chacune 4000 ou 5000 hameçons, signalées par des bouées ou cernées de grappins. A la rentrée à bord, il faut boëtter ces lignes, et nombreux sont les accidents provenant de ces multiples hameçons.
Que ce soit à Terre-Neuve ou en Islande, les pêcheurs salent la morue à bord, l'embarillent et la jettent en vrac dans les cales en vue d'une sécherie ultérieure, qui s'effectue soit sur les grèves ou graves, soit seulement au retour en France. Les Dunkerquois lui font même subir à bord les préparations nécessaires pour qu'elle puisse être immédiatement livrée à la consommation.
La boette dont se servent les pêcheurs est variable : c'est le capelan, l'encornet, ou à défaut le bulot, petit coquillage dont les débris jonchent le pont des navires et dont le maniement occasionne des plaies septiques fréquemment suivies de phlegmons graves. Les Américains, pour parer à ces accidents, ont établi, au voisinage de leurs lieux de pèche, des dépôts de boette conservée dans de la glace, mesure qui devrait être adoptée chez nous. Quelques bateaux récemment construits possèdent du reste déjà une glacière installée dans ce but.
Nous ne saurions, sans entrer dans de trop grands développements, décrire l'existence journalière des pêcheurs, quel que soit l'intérêt qui s'attacherait à cette description faisant mieux ressortir encore l'urgence des modifications nécessaires. Les rapports des médecins de la Marine insérés dans le recueil des Archives de médecine navale ont maintes fois retracé ce tableau, et il suffira de s'y reporter pour être édifié à cet égard.
3°. Hygiène des navires pêcheurs. — Hâtons-nous d'ajouter que, l'attention étant désormais attirée de ce côté, des efforts sont tentés pour remédier à un état de choses dont se préoccupent constamment désormais les pouvoirs publics et le ministère de la Marine en particulier : les armateurs sont aussi entrés dans cette voie.
DLCHATEAU. — MARINE MARCHANDE.
Quelques progrès sont déjà réalisés relativement aux conditions hygiéniques sur les navires plus récents, et Tan dernier a été lancé à Saint-Malo un bâtiment, le lrois-mâlsito///no/ifl?(fig. 30), qui pourrait servir de modèle pour de semblables constructions :
Le poste de l'équipage y est éclairé par une claire-voie et des hublots mobiles servant en même temps à l'aération; dans ce poste, chauffé par un poêle, sont disposés des bancs et une table ; les logements des officiers situés à l'arrière, et, de môme, bien éclairés et aérés, comportent de plus un carré et une antichambre ; sous ces logements sont installés les caisses à eau et le magasin des vivres, ainsi qu'une cambuse journalière indépendante. Des water-closets, au nombre de deux, sont placés sur le pont.
Cette goélette a été pourvue de voiles latines, plus faciles à manœuvrer, sans exposer les hommes à monter dans la mâture.
Les détails dans lesquels nous sommes
Fig. 30. — Trois-mâts terreneuvien Raymond.
A, poste d'équipage avec claire-voie {a).— B, cambuse entré en nous occupant des bâtiments de journalière. — C, carré. — Ci, antichambre. — C2, C3, C-, C5, chambres des principaux de l'équipage. — C6, soute à biscuits. — C7, soute à lignes. — C8, soute à voiles.
— D, DH D,, D3, cabines des matelots. Le poste de l'équipage estaéré pardes hublots.
Un appareil irigorifique pour conservation de la boette a été installé à bord. La soute à vivres est située au-dessous du carré. Les pièces à eau sontà l'arrière, sous les chambres, sur la dunette, et à bâbord sont installés les waterclosets.
la mer du Nord nous permettront d'être brefs dans l'indication des améliorations à apporter à l'hygiène des goélettes de Terre- Neuve et d'Islande. Nous ne reviendrons pas sur les mesures déjà mentionnées relativement à l'éclairage et à l'aération des postes et des cabines, et au défectueux mode de couchage des marins, ni sur l'utilité de l'adoption du kapok pour remplacer la laine ou le varech dans ces couchettes : mais nous insisterons particulièrement sur la nécessité absolue de pourvoir chaque homme d'une couchette spéciale et personnelle et sur le soin qui devrait être apporté au départ pour s'assurer du contenu des caissons à vêtements emportés par les marins, vêtements qui doivent être adaptés à la nature de la campagne.
Aux bottes pesantes de nos marins, les Américains ont substitué des bottes plus légères et tout aussi imperméables en caoutchouc, et cet exemple devrait être suivi, les risques se trouvant dans une certaine mesure amoindris en cas de chute à la mer.
Nous insisterons aussi sur la propreté indispensable à bord de ces navires et qui est partout trop négligée. Les primes accordées depuis 1896 et dont létaux varie de 100 à 200 francs avec prime spéciale de 500 francs accordée au capitaine dont le navire l'emporte sensiblement sur tous les autres, sont certainement un stimulant, mais non suffisant. Il semblerait possible cependant d'arriver à un résultat obtenu déjà parles Américains, dont les navires de pèche sont de véritables yachts. A proprement parler, nul n'est chargédela propreté sur nos bâtiments. En théorie, ce soin concerne le mousse, déjà chargé de la cuisine, pour la préparation de laquelle il est du reste fort inexpérimenté.
Abstraction faite du côté moral de la question et du danger de placer un tout jeune enfant au contact constant d'hommes rudes, trop adonnés aux boissons spiri tueuses, et susceptible lui-même de contracter de fâcheuses habitudes, côté moral envisagé par un grand nombre de commandants et de médecins de la Marine affectés à la division navale de Terre-Neuve et d'Islande, il y aurait intérêt à remplacer ce mousse par un cuisinier attitré, qui serait en même temps chargé de la propreté, et c'est ce qu'ont fait depuis longtemps les Américains et les Anglais.
Mais encore faudrait-il que l'entretien de cette propreté fût facilité par un nettoyage et même une désinfection complète du navire au désarmement, par l'emploi de peintures lavables, préférables encore au lait de chaux, par les soins apportés au préalable pour assurer l'étanchéité des parquets sur lesquels serait répandue de la sciure de bois permettant d'enlever plus aisément les détritus, qui sans cette précaution restent adhérents à ces parquets, le linoléum qui s'use très rapidement ne pouvant être recommandé sans occasionner de grandes dépenses.
Nous insisterons encore sur la nécessité de pendrilles en dehors des postes pour les vêtements cirés et sur le remplacement des caissons, si en honneur chez nos matelots, par des sacs qui seraient logés dans des casiers ajourés, comme cela a lieu sur les navires de guerre. Nous réclamerons énergiquement en outre une chambre d'isolement où un malade pourrait jouir du repos qui lui est nécessaire.
Le régime alimentaire trop peu varié serait susceptible de modifications : les commandants et médecins de la division navale s'en sont vivement préoccupés et ont même dressé un tableau type de ration journalière que nous croyons utile de reproduire et qui mérite d'être pris en sérieuse considération (Yoy. p. 304).
DUCHATEAU.
MARINE MARCHANDE
Tableau-type de ration journalière par homme officiellement proposé.
Porc salé
ou Conserve de bœuf
ou Viande fraîche
0ks;i.50 0^8,150 0kS,150
oi<e,80O
0kS,50G
0'it,50
0lit,50
0'il,09
Supplémei
\ boîte par homme ' pour toute la campagne. (
G œufs par homme j pour toute la campagne.,
Sur les lieux de pêche, le repas du soir se composerait de têtes de morue et de tous poissons sous (orme de soupe avec addition de graisse.
Dans les traversées : de soupe à la graisse avec légumes et 1/2 ration de lard ou conserve de bœuf (endaubage).
L'endaubage ne doit être mis dans la chaudière que lorsque tas pommes de terre et les fayots sont cuits; il ne doit pas y séjourner plus de dix minutes.
Les choux frais ou conservés dans le sel doivent être très cuits.
Les légumes secs alterneront une ou deux fois par semaine avec les pommes de terre.
Les fayots devront être trempés une dizaine d'heures dans l'eau avant la cuisson ; les pois secs, une ou deux heures.
3 centil. au déjeuner dans le café ;
3 centil. au dîner dans le café ;
3 centil. au souper.
En pêche, 3 autres centilitres dans
infusion chaude de thé.
Lait et œufs doivent être conservés pour les malades.
(pendant les séjours sur rade et les deux premiers jours après le départ).
Biscuit
ou
(le plus souvent possible).
Pommes de terre
ou Légumes frais
ou Choux en fûts
ou ,
Légumes secs (fayots, pois1
secs) |
ou Riz
Graisse de Normandie ou
Vin
Eau-de-vie. S ^n pêche.
1 En traversée.
Thé (sur les lieux de pèche).
Œufs
(conservés dans du sel).
Enfin l'alcool doit être plus parcimonieusement distribué; s'il y eût quelques inconvénients à le supprimer d'une façon complète, la dose n'en devrait guère dépasser 10 centilitres par jour, toute surveillance étant exercée pour prévenir les fraudes au moment du départ et s'opposer aux approvisionnements particuliers pendant la durée de la campagne.
Les goélettes saint-pierraises, achetées pour la plupart aux Américains, sont en général plus propres que les goélettes métropolitaines. En raison sans doute des habitudes américaines qui se reflètent à bord, il y est fait un usage plus répandu et plus abondant des boissons chaudes.
Sur la côte de Terre-Neuve, au French shore, existaient des instal-
lations, en bois, dits chauffauds, pour la préparation et la sécherie de la morue. Les graviers venus de France, considérés comme embarqués, y vivaient à terre dans des conditions un peu analogues aux marins de nos côtes bretonnes, mais certainement meilleures que celles des marins embarqués, les travaux étant moins pénibles et l'alimentation meilleure et variée par des vivres frais. Un officier de santé était chargé du service médical des baies. En vertu de récents traités, ces chauffauds sont appelés à disparaître, et nous ne les signalons ici que pour mémoire, quelques-uns existant encore actuellement. 4° Soins médicaux. — En outre des soins qu'ils reçoivent à bord,
Nord
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Lavoir Cuisine /
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"Elévation de la Façade Nord
Fig. 31. — Hôpital français de la Société duakerquoise de Reykiavick.
où, pour les raisons que nous avons indiquées, ils restent souvent trop longtemps maintenus dans une situation précaire, les marins pêcheurs malades ou blessés sont secourus par les navires des stations navales, par le navire hôpital des Œuvres de mer et peuvent être hospitalisés.
1° Islande. — L'Islande offre sous ce rapport des ressources plus nombreuses que Terre-Neuve. Nous y trouvons en effet (1) :
(1) F allier, Archives de médecine navale, mars 1903. Traité d'hygiène.
DUCHATEAU.
MARINE MARCHANDE
1° A Reykiavick deux hôpitaux : l'un, dit des Sœurs de Saint-Joseph de Chambéry, comportant 40 lits et pouvant en contenir 50 avec salle d'opérations suffisamment bien aménagée et, en outre, deux grandes salles à galeries vitrées exposées au midi et plus spécialement destinées au traitement des tuberculeux; l'autre, nouvel hôpital français de
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Fig. 32. — Nouvel hôpital français de la Société dunkerquoise de Reykiavick.
la Société dunkerquoise, dont les plans ci-joints indiqueront les dispositions (fig. 31 et 32);
2° A Faskrudsfjord, un hôpital tenu parles Sœurs de Saint- Joseph de Chambéry, mais souvent inaccessible, vu la persistance des glaces au printemps sur la côte orientale d'Islande, et un hôpital français élevé par la Société dunkerquoise et comprenant 20 lits, protégé des vents froids du nord, pourvu d'eau en abondance, très accessible à l'aide d'un wharf et situé dans un fjord très fréquenté par les pêcheurs.
A Faskrudsfjord, la Société des Œuvres de mer a fondé un établissement assez vaste pour loger au besoin pendant quelques jours tout
un équipage naufragé et dans lequel les marins trouvent un refuge avec salles de jeux, de correspondance et journaux (fig. 33);
3Ù Toujours sur la côte est, à Seydisfjord, un hôpital islandais, situé au fond d'un fjord étroit et, pou rcette raison, peu fréquenté, malgré son aménagement assez confortable (fig. 34) :
4° Sur la côte nord, les hôpitaux islandais de Vopnafjord et d'Akureyri, peu utilisés:
5° Sur la côte ouest, celui d'Isafjord, rappelant, avec des dimensions plus restreintes, celui de Seydisfjord, et enfin celui de
Fig. 33. — Maison des marins à Faskrudsfjord (Société des GE ivres de mer).
Patricksfjord, ouvert depuis 1902 et qui ne comporte que 16 lits (fig. 35 et 36).
Sur la côte sud, il n'existe aucun hôpital, et tous les rapports des médecins de la division navale s'accordent à considérer comme très utile la création d'un hôpital aux îles Westmann, autour desquelles s'effectue jusqu'en mai la première période de la pêche : un malade grave ne peut, sur cette côte, être soigné que chez l'habitant.
2° Terre-Neuve. — A Terre-Neuve, les marins sont traités soit à l'hôpital militaire dirigé autrefois par les médecins de la Marine et maintenant par les médecins coloniaux, soit dans une clinique privée. Seuls ces deux hôpitaux dressent une statistique qui ne peut malheureusement pas donner une idée de la morbidité et de la mortalité des pêcheurs de Terre-Neuve, un grand nombre de malades étant conservés à bord, et les inscrits dont il s'agit ne pouvant guère être
Echelle
Cuisine
l0ff«2
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Plan du Be2-de-Chaussée
Sud
Salle
de J lils
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de 3 lits
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Vestibule
Matelas et Couvertures
Plan
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Salle
de 3 lits
Séchoir
et
Désinfection
Salle de
4 Jits
Nord Fig. 34. — Hôpital de Seydisfjord,
Plan du Grenier
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Plan Rez- de -Chaussée
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Fig. 35. — Hôpital de Patricksfjord.