‹ Traité d'hygiène (volume 4)Chapitre 16 sur 49 · Vue intérieure du puits Jonet · texte numérisé non relu

Vue intérieure du puits Jonet

dispose d'aucun autre moyen, on procédera pendant plusieurs jours à des épuisements successifs, ce qui assurera déjà un bon lavage. Pour la désinfection proprement dite, on emploie souvent du lait de chaux concentré (à 60 ou 80 p. 100); on le laisse dans le puitspendant quelques jours, en venant agiter de temps en temps, puis on pompe. La solution de Laplace, mélange d'acide sulfurique et d'acide pliénique à parties égales, qu'on étend pour avoir dans le puits une solution de 3 à 5 p. 100, est plus énergique encore.

Neisser a conseillé de désinfecter avec la vapeur. On descend dans le puits un tube de vapeur jusqu'aussi près du fond que possible: on amène la masse aux environs de 100J : on maintient cette tempé-

Fiff. 53. —

Dépr

de lu

ession vallée

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Gleise

par un puits dans la nappe souterraine : exemple n. près de Deisenhofen ^d'après Thiem).

rature plusieurs heures, puis on pompe jusqu'à ce que l'eau soit refroidie.

Aération et déferrisation de l'eau d'un puits. - - Dans certains terrains, notamment dans les dunes, l'eau des puits ne contient pas d'oxygène, mais a au contraire une forte teneur en sels ferreux, ce qui a de sérieux inconvénients. Si on ne peut pasprocéder à une véritable opération de déferrisation et de jiltral.ion après pompage, ce qui entraîne bien loin pour la campagne, on pourra essayer la méthode du tonneau filtrant de Dunbar et Orth (Tauchfilter) (fig. 54). Ce tonneau aa, qu'on descend au fond des puits, contienl un double cylindre métallique dd et ce : l'espace e est rempli de sable fin et aux deux extrémités de cailloux, en sorte que l'eau filtre au travers, mais ne peut gagner le cylindre intérieur qu'en passanl par tropplein au-dessus de sa paroi. Le tuyau d'aspiration g plonge au fond

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de ce cylindre, tandis qu'un tuyau d'aération h s'élève au-dessus du niveau de l'eau. L'air vient donc toujours en même temps que l'eau nouvelle remplir le vide fait par l'aspiration, et il se mélange à cette

eau dans l'appareil. L'oxydation fait précipiter les sels de fer sous forme de sels ferriques.

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Fig. 54. — Tonneau filtrant et défer risant do Dunbar.

couche imperméable^- Fig. 55. — Puits Raddi (*).

(*) aa, galerie circulaire; hh, pierres cassées faisant filtre autour de la galerie; iiii, barbacanes pour rentrée de l'eau ; c, bouchon en béton au fond du puits principal /*; dd, couche de sable qui se dépose dans le fond; eee, maçonnerie du fond et des parois des deux: puits; g, puits secondaire accolé au puits /'; hh, échelle de descente; oo, corroi en argile; B, terre argileuse corroyée rapportée au-dessus de la galerie.

Puits filtrants. — On a cherché aussi, dans certains cas, soit pour purifier l'eau, soit pour s'opposer aux entraînements desable, à établir une sorte de filtre que l'eau doit traverser avant d'arriver dans l'inlérieur du puits (comme autour des drainages). Le puits Raddi (fig. 55] rentre dans cette catégorie.

Son fond est surélevé par un massif de maçonnerie au-dessus d'une galerie circulaire aa, qui reçoit l'eau par l'intermédiaire d'une pierrée ; les sables sont donc retenus dans la pierrée ou en tout cas se déposent dans la galerie circulaire. Pour les enlever, on peut accéder à la galerie par un ou deux petits puits accolés au grand (ce sont en somme des cheminées de descente) et munis d'échelle en fer : malheureusement, le niveau de l'eau dans le grand puits laisse toujours noyés ces dépôts, et il conviendrait d'avoir pour le nettoyage un tuyau d'aspiration plongeant jusqu'au radier de la galerie. Pour éviter l'introduction des eaux de surface, la voûte de la galerie est recouverte d'un bon corroi en argile pilonnée.

Le puits De Vineentis est usité en Italie dans les vallées des torrents. On commence par établir si possible sur la couche imperméable un tronçon de mur en maçonnerie formant barrage et, à l'amont de ce mur, un puits demi-circulaire avec barbacanes au bas, ou petits tronçons de galeries drainantes profondes aboutissant dans le fond. A un niveau plus élevé et bien déterminé, on construit une galerie étanche allant vers lavai parallèlement au torrent, les fortes pentes permettant promptement à cette galerie de sortir au jour: cette galerie reçoit un tuyau de fonte qui se recourbe dans une chambre contre la face aval du barrage pour aller plonger au fond ■du puits et qui forme siphon. D'autre part, on établit autour du puits un drainage peu profond, qui recueille les eaux superficielles et les évacue dans la cuvette de la galerie, sans mélange avec celles du puits.

En France, on donne plutôt le nom de puits filtrants à ceux qui, par analogie aux galeries filtrantes, sont établis dans les berges des rivières. Ils donnent souvent de l'eau de la rivière, qui traverse, en se filtrant plus ou moins parfaitement, la tranche de terrains comprise entre eux et la berge ; d'autres fois, la nappe estprincipalement alimentée par l'apport des nappes souterraines des coteaux; enfin il y a parfois aussi mélange de deux provenances, surtout si on pompe intensivement. Si donc on creuse un puits au bord d'un cours d'eau, on devra s'éloigner assez de lui pour que cette fîltration horizontale se fasse convenablement (une vingtaine de mètres paraît un minimum) ; il faudra aussi veiller à ce que les crues n'envahissent pas les puits. On comprendra que nous ne puissions entrer ici dans de plus longs détails, mais on retrouvera le procédé au fascicule qui traite de l'alimentation des villes (1).

Extraction de l'eau des puits : pompes et moteurs. — Le seau est l'instrument courant de puisage: sa capacité ne dépasse pas une dizaine de litres lorsqu'il est manœuvré à la main : avec les puits de quelque profondeur, il y a avantage à recourir à des seilles de grande capacité, montées sur treuil à manivelle : l'une monte pendant que l'autre descend, et le poids mort est équilibré. Nous avons vu l'inconvénient hygiénique des seaux lorsqu'ils peuvent sortir du puits et y redescendre contaminés.

Certaines machines élévatoires simples, qui ne sont que des moteurs renversés (telles que Vécope hollandaise, la roue à bascule, la voue hollandaise, la roue à seaux, les tympans, la vis (VArchimède, etc.), ne s'appliquent pas commodément aux puits.

Les chapelets et surtout les norias sont certainement meilleurs. <"es derniers appareils ont reçu de grands perfectionnements et peuvent parfois remplacer les pompes dans les exploitations agricoles et horticoles, car, s'ils sont bien construits et bien entretenus, leur rendement peut atteindre 50 p. 100. Ringelmann a constaté un

(1) Voy. fascicule XIV du Traité d'hygiène de Brôuardel, Ckantêm'esse et Mosny.

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rendement de 46 p. 100 dans un de ces appareils dont la poulie de commande faisait dix tours à la minute.

Chaîne-Pompe. — La chaîne-pompe est une chaîne solide qui porte une série de disques ou de bouchons en cuir, et plutôt en caoutchouc, qui s'engagent, en remontant, dans un tube en fonte ou en fer. La chaîne sans fin repose sur une poulie supérieure qu'actionne une manivelle, un manège ou un petit moteur. Grâce à une construction et à un ajustage soignés, grâce surtout à l'emploi du caoutchouc, les disques sont arrivés à donner une fermeture presque

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