‹ Traité d'hygiène (volume 4)Chapitre 19 sur 49 · II. — ALIMENTATION DES VILLAGES ET GROUPES DE VILLAGES · texte numérisé non relu

II. — ALIMENTATION DES VILLAGES ET GROUPES DE VILLAGES

Nous ne reviendrons pas sur l'insalubrité des puits des villages ainsi que des sources qui naissent dans leur intérieur ; il paraît évident désormais que, pour avoir de l'eau salubre, il faut la chercher en dehors des agglomérations humaines. Mais les efforts réunis des habitants du groupe de maisons qui constituent un bourg ou un. illiga permettent d'étendre les recherches dans un rayon plus étendu, de faire des travaux plus importants, d'installer des machines plus puissantes, bref d'aborder une solution qui serait restée inacceptable pour une habitation isolée. Ce sont toutefois les mêmes procédés qui sont à mettre en œuvre : captage de sources, dérivation d'eau de surface (qu'il faut filtrer ou stériliser), drainages, puitsr forages, pour se procurer de l'eau, protection des ouvrages et du périmètre alimentaire pour en assurer la pureté (application de l'article 10 de la loi du 15 février 1902), aqueducs ou travaux pour l'amenée, pompes, béliers, turbines, moulins à vent, machines à vapeur ou électriques pour la relever, etc.

On se reportera donc à ce qui a été dit ci-dessus sur ces sujets ainsi qu'à ce qui en sera dit au fascicule de l'alimentation en eau des villes. Un nouvel élément intervient, lequel prend tout son développement dans ledit fascicule : c'est la distribution intérieure, laquelle comprend le ou les réservoirs de distribution, le réseau des conduites de rues, les appareils d'utilisation du service public et les appareils desservant les maisons particulières.

RÉSER VOIRS DE DIS TRIB UTION. — Peu de villages en France ont un réservoir : c'est évidemment une faute, puisque les fontaines à écoulement continu, qui sont très souvent les seuls moyens de distribution, perdent inutilement pendant la nuit, tout l'apport correspondant à ce temps. Mettre en réserve cet apport, c'est donc doubler le débit disponible, et cela indépendammentdes avantages d'un réservoir pour la régularisation de la pression, les disponibilités contre l'incendie, etc. La capacité du réservoir devra donc, d'après cela, être au moins égale à l'apport des douze heures de nuit : il vaut mieux arriver à la consommation d'une journée entière.

En pays suffisamment accidenté, la position du ou des réservoirs (il est bon d'en avoir deux faisant balance, c'est-à-dire chacun à une extrémité du réseau de distribution) est indiquée par l'altitude et la proximité des points les plus hauts qu'on doit desservir (si l'eau n'arrive pas naturellement à cette hauteur, elle doit y être élevée mécaniquement) : alors on établira généralement les réservoirs dans la terre, ou, si on les pose sur le sol, on les recouvre de terre pour main-

tenir la fraîcheur. La figure 05 montre un réservoir de 200 mètres cubes de ce genre : il est entièrement en béton ordinaire, sauf la couverture et le pilier médian, qui sont en béton armé : l'ouvrage est ainsi très économique et ne dépasse guère 5000 francs. Les réservoirs enterrés se font également en maçonnerie ordinaire, en briques, en béton armé, etc.

Si le pays est plat ou d'altitude inférieure à la cote à atteindre, il

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Fig. 65. — Petit réservoir enterré (200 mètres cubes), pour distribution d'eau

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Coupe longitudinale et plan.

faut recourir à un réservoir aérien, porté sur tour ou pyloné. En Amérique, on fait souvent dans ce but des cuves en bois portées sur des échafaudages également en bois ; en Europe, on recourt aux cuves métalliques sur tours en maçonnerie (fig. 66) ou sur pylônes également en fer, ou aux réservoirs en ciment armé, dont les figures 67 et 68 montrent deux types, Tun de 500 mètres cubes (la Villette, à Paris) etl'autre de 100 mètrescubes(Champagne-sur-Seine). La dépense pour de tels réservoirs et des hauteurs de 30 à 40 mètres varie entre 80 et 120 francs par mètre cube emmagasiné, soit environ le triple du coût d'un réservoir sur le sol.

RÉSEAU DE DISTRIBUTION.— Dans les villages, le réseau de distribution est souvent rudimentaire ; il se borne bien des fois à la

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