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conduite d'une ou deux rues, sur laquelle se greffent les branchements des fontaines et bornes- fontaines publiques'et ceux de quelques concessions particulières, quand il y en a. Il y a intérêt à faire, quand on le
Fig. G6. — Réservoir aérien en tôle (Dûren).
peut, un circuit complet et à se rapprocher du réseau maillé recommandé pour les villes.
Les tuyaux sont généralement en fonte, quelquefois en grès (moins de 20 mètres cubes de pression) : les branchements se font en plomb.
APPAREILS DU SERVICE PUBLIC. — Souvent, on s'est borné, dans les villages, à alimenter quelques fontaines, qu'on laisse à écoulement continu et où les habitants vont puiser l'eau. Le coulant tombe dans une auge, parfois suivie d'une seconde, dans laquelle les bestiaux viennent boire et où trop souvent aussi on vient laver jle linge. Il faut complètement séparer ces deux opérations et construire
Fig. 67. — Réservoir de l'usine municipale de la Villette. Ciment armé. Capacité 500 mètres cubes sur tour de 24 mètres de hauteur (Chassin et fils, constructeurs).
des lavoirs spéciaux, dont les eaux seront soigneusement évacuées et mises dans l'impossibilité de nuire aux hommes ou aux animaux : il faudrait, dans certains cas, pouvoir les stériliser avant de les laisser rentrer dans les cours d'eau. Ajoutons que les lavoirs doivent comporterau moins deux bacs à alimentation séparée, l'un pour le décrassage et l'autre pour le rinçage.
L'abondance de l'eau est rarement assez grande pour justifier l'écoulement continu des fontaines, surtout L'écoulement de nuit. Aussi a-t-on généralement grand intérêt à installer, partout où il ne
MO
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s'agit que du puisage pour la boisson et les usages domestiques, des bornes-fontaines intermittentes, ne donnant de l'eau que sur demande (quand on presse un bouton à repoussoir). Une telle borne-fontaine, même très achalandée, ne consomme pas plus de 5 mètres cubes par jour, et souvent beaucoup moins, tandis qu'un coulant continu de 10 litres à la minute débite I4m%40, soit trois fois plus.
Fig. 68. — Silhouette du chàteau-d:eau en ciment armé de Champagne-sur-Seine, 33 mètres de hauteur (Chassin et fils, constructeurs".
De même, il fautavoir beaucoup d'eau à sa disposition pour pouvoir donner aux particuliers des concessions à robinet libre. Ce mode d'abonnement très simple engendre' trop souvent le gaspillage et devient de ce fait impossible. Si on ne veut pas adopter le compteur, qui est le mode le plus rationnel, mais qui a l'inconvénient d'être assez délicat et difficile à réparer à la campagne, on conseillera le robinet de jauge.
Tous ces appareils sont les mêmes que pour les distributions urbaines : il en est de même pour les bouches d'arrosage des rues et les bouches d'incendie.
GROUPEMENT DE COMMUNES POUR UNE ALIMENTA- TION D'ENSEMBLE. — Dans certaines régions de vastes plaines ou de hauts plateaux, chaque village aurait à faire isolément une adduction d'eau à grande distance ou à grand relèvement, qui serait véritablement au-dessus de ses forces : l'entreprise cesse au contraire d'être inabordable si plusieurs communes s'entendent pour faire une œuvre d'ensemble.
On peut alors songer aux solutions les plus hardies et les plus grandioses, tout comme pour les grandes cités : on se reportera donc pour cela au fascicule consacré à l'alimentation des villes.
L'eau amenée dans la région à desservir, il est facile de la répartir entre les villages intéressés. Généralement, elle est envoyée par la gravité ou par des machines dans un réservoir principal qui domine toute la région et d'où partent des conduites maîtresses formant si possible entre elles un réseau maillé et allant alimenter des réservoirs secondaires de distribution établis en tête de chaque village. Il est facile de partager les frais de premier établissement et d'entretien annuel entre les communes : d'ordinaire, chacune d'elles a à sa charge exclusive son réservoir propre et son réseau de distribution intérieure, l'action d'ensemble s'appliquant aur este.
En France, bien que la loi citée ci dessus (Voy. page 9) du 22 mars 1890 facilite l'organisation des syndicats de communes, nous ne connaissons pas encore de syndicat de ce genre entre villages voisins (plusieurs villes comme Roubaix et Tourcoing, Eu, Mers et le Tréport, etc., se sont associées, et il existe d'autre part des compagnies qui ont entrepris l'alimentation d'un ensemble de localités : telles, en dehors de la Compagnie générale des eaux et de la Compagnie des •eaux de la banlieue de Paris, la Compagnie des eaux de source et de Seine du canton de Boissy-Saint-Léger, la Compagnie des eaux du Vexin, etc.) ; quelques-uns sont en voie de constitution, notamment un syndicat d'une trentaine de villages de l'arrondissement de Briey (plateau calcaire sous lequel on exploite en grand le minerai de fer et dont les eaux souterraines, relevées mécaniquement, devront sans doute être filtrées avant distribution). Mais il existe de nombreuses associations communales de ce genre à l'Etranger, notamment près de nous, en Allemagne et en Belgique.
Comme exemple typique, on doit toujours citer l'important groupe des villages du Rauhe Alb (Wurtemberg), alimentés par les sources de la vallée de TEyb, relevées par des machines dans des réservoirs de distribution (1). Plus récemment, l'administration allemande a aussi groupé, en Alsace-Lorraine, onze communes des environs de Lorquin, les villages du plateau de Gravelotte-Saint-Privat, ceux de la région minière de Fontoy (analogue à la région précitée de
(1) Voy., pour les détails, Fruhling, Wasserversorgung- der Stâdtc, in H&ndbuch des Ingenieurwissen.schafleii.
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Fig. 69. — Alimentation en eau de onze communes du Felsalbgruppe. Plan d'ensemble.
Horizont. =-260,000
Fig. 70 — Alimentation en eau de onze communes du Felsalbgruppe. Profil en long.
l'arrondissement de Briey). Il y a également plusieurs groupements dans le Palatinat et en Bavière. Nous devons à l'obligeance de M. Brenner de pouvoir choisir, parmi plusieurs exemples, celui des onze communes du Felsalbgruppe (fig. 69 et 70), près Pirmasens, alimentées en 1901-1902.
L'ensemble des communes desservies compte 4 873 habitants. L'eau provient d'une belle source de la vallée de Felsalbe, qui est conduite à 950 mètres à l'aval par des tuyaux de grès de 0m,250 dans le puisard d'aspiration des pompes. Celles-ci sont actionnées par deux machines à vapeur de 28 à 36 chevaux, auxquelles s'adjoint une petite turbine actionnée par une chute de 3m,30 du ruisseau (peu important) : une machine à vapeur élève normalement 6',6 par seconde à 217 mètres de hauteur, la turbine élevant 0',64 quand le ruisseau débite 100 litres. Une conduite de refoulement de 0,100 va alimenter directement trois villages situés à gauche, tandis que la conduite principale en tuyaux de 0,125 refoule pour les villages de droite dans le réservoir à deux compartiments de Kettrichhof, qui contient 500 mètres cubes. De ce réservoir part une conduite de distribution qui aboutit, après un grand siphon, au réservoir d'extrémité de Lemberg (80 mètres cubes). Il y a 33 600 mètres de conduites, 131 prises d'eau pour les usages publics et 810 prises pour concessions particulières. La dépense (non compris ces dernières prises) est de 389000 marks.
LÉGISLATION DES DISTRIBUTIONS DE A U COMMUNALES EN FRANCE. — La législation et la jurisprudence relatives à l'alimentation en eau des communes rurales ne diffèrent pas en France de ce qu'elles sont pour les agglomérations plus importantes, autrement dit pour les villes. Les questions soulevées sont les mêmes : acquisition de sources, prises dans les cours d'eau, protection des eaux dérivées en quantité et en qualité, formalités d'expropriation pour acquérir les eaux et le droit de passage pour les aqueducs et conduites, études préliminaires d'un projet, formalités pour obtenir une subvention sur les fonds du Pari mutuel, etc. Tout cela sera exposé en détail par M. Albert Bluzet, dans un fascicule séparé (fascicule XII) auquel nous ne pouvons que renvoyer, nous bornant à résumer ici en quelques lignes cette importante matière.
I. Prises d'eau. — C'est maintenant la loi du 8 avril 1898, laquelle a réformé les articles 641, 642 et 643 du Code civil, qui fixe le régime des eaux. Les sources appartiennent aux propriétaires des terrains où elles naissent, ainsi que les eaux souterraines sous ces terrains; le lit des cours d'eau non navigables ni flottables appartient aux riverains, mais les barrages et les dérivations peuvent être autorisés par les préfets ; les cours d'eau navigables ou flottables appartiennent à l'Etat, et les prises d'eau doivent y être autorisées par décret (Voy. circulaires du ministre de l'Agriculture du 26 décembre 1884, du Il juin 1901 et du 20 juin 1904).
Thaité d'hygiène. XIII. — 8
En principe, l'acquisition par une commune d'un droit sur des eaux et sur des terrains appartenant à des particuliers se fait d'après la loi du 3 mai 1841 : toutefois, si la source à acquérir a un débit de moins de 2 litres par seconde et naît sur le territoire de la commune qui veut l'utiliser, la déclaration d'utilité publique peut être faite par arrêté préfectoral, et les indemnités sont réglées d'après l'article 1 6 de la loi du 21 mai 1 836.
Ce cas sera fréquent pour les villages.
II. Protection des eaux. — La loi du 15 février 1902 (art. 10) donne aux communes le moyen d'assurer la protection de leurs eaux.
III. Instruction des projets d'alimentation en eau. — Les circulaires du ministre de l'Intérieur du 23 juillet 1892 et du 10 décembre 1900 fixent les règles à suivre pour cette instruction.
Pour les communes de moins de o 000 habitants, qui nous intéressent spécialement ici, les projets ne sont plus soumis au Comité consultatif d'hygiène publique (sauf en cas d'appel). La commune qui veut faire une adduction d'eau en avertit le préfet, en s'engageant à payer les vacations du géologue et de l'analyste. Le géologue désigné fait un rapport; s'il est favorable, on charge un chimiste et un bactériologue des analyses ; puis, si l'eau est trouvée bonne, la commune fait dresser un projet par un homme de l'art de son choix. Le projet est soumis à la commission sanitaire de l'arrondissement, puis au Conseil départemental d'hygiène, sur l'avis duquel le préfet statue. L'avis de l'ingénieur en chef des ponts et chaussées et du service hydraulique agricole est aussi généralement demandé : le dossier doit être transmis avec cet avis au ministre de l'Agriculture, si la commune demande une subvention.
IV. Demande de subvention sur les fonds du pari mutuel. — Depuis 1903 (loi de finances du 31 mars 1903), des subventions sont accordées aux communes qui créent une adduction d'eau potable et dont le centime a une valeur inférieure à 1 000 francs. Ces subventions peuvent atteindre 41 p. 100 du montant des dépenses; elles sont fixées par une commission au ministère de l'Agriculture.
Les règles à suivre pour les demandes de subvention sont indiquées en détail par la Circulaire du ministre de l'Agriculture du /er octobre 1 904, dont il n'y a qu'à suivre les indications de point en point.
Les habitations rurales proprement dites sont les maisons occupées par les cultivateurs et les ouvriers agricoles. On doit maintenant y comprendre aussi les villas et même les maisons habitées par les travailleurs de la ville, qui vont, pendant la belle saison ou toute l'année, chercher à la campagne l'air et l'espace qui leur sont si parcimonieusement distribués dans les villes.
Ce qui différencie nettement l'habitation campagnarde de celle des villes, c'est d'abord l'influence du prix du terrain sur rétablissement du plan de la maison. En effet, ce prix étant le plus souvent assez minime, les maisons s'étendront de préférence en surface, sinon par raison d'économie, du moins par suite de commodités plus grandes et surtout par routine. Au contraire, dans les agglomérations urbaines, on cherche à contre-balancer le prix très élevé du terrain, en construisant de très hautes maisons. En second lieu, dans les campagnes éloignées des grands centres, les moyens de transport étant difficiles et coûteux, le paysan se trouve dans l'obligation d'utiliser dans la mesure la plus large possible les matériaux qu'il peut se procurer sur place : les bâtisses seront donc faites généralement en matériaux du pays.
Si, dans les villes, le besoin de confort entraîne la construction de maisons plus hygiéniques, il semble qu'à la campagne la vie au grand air pendant toute la journée suffise à purifier l'individu et à le rendre invulnérable. Aussi les maisons sont-elles presque toujours insalubres. Il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir les comptes rendus des différents congrès d'hygiène.
« Il est vrai, comme le disait Denis au congrès d'hygiène (1903), que l'hygiène coûte cher. Elle est subordonnée inflexiblement aux conditions économiques du travailleur : sa cherté est relative assurément, mais elle peut être relativement assez chère pour qu'elle n'atteigne pas pour lui et les siens la norme fixée par la science. L'hygiène exige un cube d'air défini, des conditions de logement normales; mais le taux des loyers mis en rapport avec le salaire marque la limite que les conditions économiques tracent à l'application de l'hygiène. »
ÉTAT ACTUEL DES HABITATIONS A LA CAMPAGNE. — Fermes. — Il serait difficile de se rendre compte de l'état hygiénique de l'habitation rurale en France, si nous ne pouvions, d'un côté, consulter les comptes rendus de l'enquête proposée par M. de Foville (1), ainsi que quelques études de géographie régionale, de géographie humaine, et d'un autre côté rapporter les doléances des médecins déplorant en bien des endroits les conditions d'insalubrité des maisons. Nous pouvons, grâce aux travaux que nous venons de citer, esquisser les traits caractéristiques de certaines régions.
Flandre. — Dans l'Extrême-Nord, en Flandre (*2), Yhofstède représente le type de la ferme flamande (fig. 71). Elle comprend généralement trois bâtiments, entourant de trois côtés une cour carrée, occupée en grande partie par le trou à fumier. Au centre, l'habita-
(1) De Foville, Enquête sur les conditions de l'habitation en France, E. Leroux, édit.. Pari*, 1894-1899.
(2; R. Blanchard, Étude géographique de la plaine flamande, Dunkerque, 1906.
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lion, généralement orientée vers le sud ou l'est. C'est une petite construction assez basse et allongée, contenant de chaque côté d'un couloir, d'une part deux salles qui se suivent, de l'autre une pièce isolée. Des deux premières, l'une est la maison, l'autre la voûle. La maison est la salle commune où l'on fait la cuisine, où l'on mange, où l'on se tient d'ordinaire. La voûte, surélevée au-dessus delà cave, est le salon réservé pour les repas de kermesse, de noce, d'enter-
Fig. 71. — Hofstède flamande.
(Cliché Royer, de Nancy).
rement. La troisième pièce est une chambre à coucher; mais il est rare que les deux premières ne contiennent pas également chacune un lit. Enfin le toit bas qui descend par-derrière jusqu'à 1 ou 2 mètres du sol, abrite souvent des salles basses, parfois des appentis, où l'on établit une relaverie, des chambres à coucher, et aussi la petite pièce où l'on l'ait le beurre. L'ensemble est simple, propre, les murs tapissés ou peints à l'huile, les meubles cirés, le poêle brillant, les fleurs aux fenêtres garnies de rideaux et flanquées de volets verts et blancs. D'autres fleurs forment le plus souvent une platebande devant l'habitation, qu'une grille et un trottoir de briques séparent de l'exploitation. De chaque côté de l'habitation, s'alignent les bâtiments d'exploitation. D'une part, les écuries et étables ; ce sont des bâtiments à plafond bas, chargé de paille en hiver ; une demi-obscurité y règne ; l'augmentation de l'élevage y rend l'espace insuffisant, surtout dans l'Est, où les bêtes restent en stabulation toute l'année. Un trottoir de briques permet de circuler le long du
bâtiment. De l'autre coté, c'est la grange et, à l'extrémité, la charretterie. Une haie vive ou une clôture en bois enferme tout l'ensemble : mais les trois bâtiments restent toujours séparés, ce qui diminue les dangers d'incendie. Les grandes fermes ont quatre corps de logis au lieu de trois et enferment complètement la cour; les petites en ont deux seulement, orientés normalement l'un à l'autre : l'habitation d'une part, les dépendances de l'autre, mais toujours les diverses constructions sont isolées.
Partout la pierre est absente : dans l'Est, la brique domine: dans l'Ouest, le torchis reste fréquent, surtout pour les étables et les
(Cliché Demangeon).
Fig. 72. — Petite ferme près de Doullens.
granges. Les couvertures en chaume sont encore très nombreuses, presque toujours terminées par une rangée de quatre ou cinq tuiles formant auvent qui protège le trottoir de briques.
Picardie. — La censé wallonne, comme la ferme picarde, diffère complètement delà ferme flamande en ce qu'elle est complètement close.
Dans la ferme picarde (fig. 72) (1), l'habitation se soude complètement aux autres bâtiments, formant ainsi un quadrilatère entourant la cour. Sur la rue, une grande porte cochère s'ouvre au milieu de la grange et donne accès à la maison, c'est la seule ouverture au dehors, et cette disposition contribue à donner aux villages une allure silencieuse et morne. La cour, souvent petite, suffit à peine au fumier
(I) A. Demangeon, La plaine picarde, A. Colin, édit., Paris, 1905.
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qu'on est obligé de traverser pour se rendre à la maison. Celle-ci, située en face de la grange, est composée d'un simple rez-de-chaussée comprenant la maison, qui sert de cuisine et de salle à manger et à tous les usages, sauf de chambre à coucher, et de deux ou trois chambres à coucher. La maison sert aussi de passage même aux animaux pour aller de la cour dans le jardin. Sous les chambres se trouvent la cave et la laiterie. De chaque coté de la cour, l'écurie, Fétable, la porcherie et le poulailler. Les greniers à grains se trouvent au-dessus de la maison, ceux pour le fourrage au-dessus des écuries.
Le torchis, encore très fréquent, semble tendre à disparaître et à être remplacé parla brique. Dans certaines parties de la Picardie, on emploie aussi des calcaires grossiers durs qui permettent à l'habitation de s'élever, d'être plus vaste et mieux aérée. Les toits de chaume s'effacent devant l'ardoise et la panne.
Ardennes. — Dans la vallée de la Meuse (1), les maisons sont bâties le long des routes sans souci de l'orientation; elles sont le plus souvent agglomérées et même resserrées les unes contre les autres, de façon à profiter des murs mitoyens et très rarement isolées. L'habitation (fig. 73), la grange et le logement des animaux forment un seul bâtiment. Le logis se compose d'une chambre prenant jour sur la rue, suivie de la cuisine, de laquelle on passe dans une autre chambre éclairée par une fenêtre donnant sur le jardin. La cuisine n'est éclairée le plus souvent que par des cloisons vitrées qui la séparent des chambres ou par une flamande, sorte de cage vitrée à la partie supérieure, fixée à la toiture et aboutissant en s'évasant dans l'appartement à éclairer. Ces trois pièces, encombrées de meubles, peu éclairées, sont le plus souvent basses et peu aérées; dans chacune se trouvent un, deux ou trois lits, celui de la cuisine dans un alcôve fermé par des rideaux. Sur le côté du logis, souvent séparé par un couloir, se trouve la grange et, derrière, l'écurie, dans laquelle sont entassés pêle-mêle les chevaux, bœufs, vaches, porcs, volailles et quelquefois les moutons. Derrière la maison, se trouve le jardin : devant, une cour la sépare de la rue et reçoit le fumier.
Les maisons sont bâties de moellons et pierres de taille avec charpente en bois et couverture de tuiles. Dans les vieilles maisons, le sol est constitué uniquement de terre battue : dans les autres, il est recouvert de grandes pierres plates de toutes dimensions.
Champagne. — La ferme champenoise (2) est en général entourée de haies vives qui la séparent des maisons voisines. Bien que le type le plus fréquent encore maintenant soit construit de charpentes garnies de
(1) Hemonet, Jacquemin, Gannot, Hilaire, Barrois, Ta vent, in De Foville, loc. cit.
(2) E. Chantriot, La Champagne, Nancy, Berger-Levrault, 1905. — R. Stourm, in De Fo ville, loc. cit.
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torchis et revêtues de planches ou blanchies à la chaux, les nouvelles constructions sont en briques. Les couvertures de chaume, descendant en appentis presque jusqu'au niveau du sol, du côté opposé à Tentrée, tendent à disparaître pour être remplacées par les tuiles ou les ardoises. L'ensemble des constructions anciennes est toujours
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