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PESTE
PAR
Sous-directeur de l'Ecole d'application du Service de santé des troupes coloniales.
I. — PROGRÈS MODERNES CONCERNANT NOS CONNAISSANCES SUR L'ÉPIDÉMIOLOGIE DE LA PESTE.
Connue depuis les temps bibliques, la peste a erré par le monde durant le cours des siècles, sans qu'aucun effort humain réussît à arrêter sa marche irrégulière et capricieuse. Il faut arriver aux temps modernes pour voir se préciser la connaissance des causes de cette maladie. Leur découverte a eu promptement pour corollaire celle des moyens de défense.
A vrai dire, l'homme avant les découvertes récentes n'a pas partout ignoré la source principale des épidémies. C'est ainsi que les Chinois, dans certaines provinces comme le Quang-Si et le Yun-nan, savaient pertinemment, depuis une haute antiquité, que la peste leur était apportée par les rats domestiques. Le terme dont ils se servaient pour la désigner signifiait littéralement « maladie du rat ». Cette notion étiologique, banale en Extrême-Orient, avait complètement échappé, en Europe, aux populations ainsi qu'aux médecins. Les relations des grandes épidémies historiques mentionnent parfois divers animaux, parmi lesquels le rat, comme susceptibles de mourir de la peste en même temps que les hommes, mais elles semblent n'y attacher aucune importance.
Dans les contrées de l'Asie où les indigènes avaient su reconnaître le rôle du rat, on avait basé sur cette notion un procédé de prophylaxie antipestique des plus sommaire, mais qui donnait quelques bons résultats : il consistait à surveiller, dans chaque iocalité, la mortalité des rats et à évacuer le village dès qu'une mortalité inusitée était signalée parmi ces rongeurs. Les habitants allaient camper à distance, en pleine campagne, et ne réintégraient leurs domiciles qu'au bout de plusieurs semaines ou même de plusieurs mois, alors que tout danger de contagion avait disparu. Les Chinois, dans certaines provinces, n'ignoraient point