DE 1894 A
LESriNtssc,
Fig. 182. — Li
Principales localités visitées de 1894- à 1908
par des épidémies se rattachant à celle de
Hong-Kong" de 1894 (Les dates sont celles
de la première .manifestation épidémicpie notable dans chacpie localité .)
de 1894 A 1908.
le danger auquel on s'expose en louchant un rat pesteux mort et brûlaient sur place les cadavres de ces animaux, quand ils les rencontra i en l.
Un consul de IVance en Chine, Rocher, a fait connaître, il y a environ trente ans, l'existence de la peste au Yun-nan et a insisté sur La mortalité des rats qui précède et accompagne les épidémies. Il se bornait d'ailleurs à enregistrer la connexion de l'épizoolie et de l'épidémie sans établir entre elles une relation de cause à effet. Pour Rocher, la mortalité des rats témoignait que la peste était due à des miasmes dégagés par le sol, de telle sorte que les petits animaux vivant dans les égouts ou sous la terre étaient atteints les premiers. Cette opinion, empruntée aux indigènes et aux missionnaires de Chine, a prévalu jusqu'aux expériences par lesquelles Yersin a démontré qu'un microbe était en cause et qu'un même virus faisait périr les rats et les hommes.
Depuis une longue antiquité, les médecins étaient d'accord sur la transmissibilité de la peste ; ils admettaient la nécessité d'une importation pour qu'une épidémie se manifestât dans une localité. Sitôt que le microbe spécifique a été connu, on a généralement supposé qu'il suffisait de sa présence dans le milieu extérieur pour déterminer une épidémie. En ce cas, le problème de la prophylaxie et de l'hygiène devait se réduire à la destruction du bacille de Yersin dans le milieu extérieur. C'est à réaliser cette destruction que se sont appliqués d'abord les hygiénistes partout où la peste s'est propagée à partir de 1894. Le résultat cependant n'a point répondu aux espérances. Bientôt l'on s'est aperçu que la connaissance du microbe ne suffisait pas pour engager avec succès la lutte contre les épidémies; il fallait encore arriver à connaître les procédés par lesquels ce microbe pénétrait dans un organisme, passait d'un individu à un autre, d'une maison à une autre maison, d'une localité à la localité voisine.
Or, si certains points, comme la nécessité de l'importation du virus pour allumer une épidémie, étaient acquis dans l'épidémiologie de la peste, dès qu'on s'efforçait de saisir le détail des faits de la propagation on était dérouté par les contradictions que ces faits semblaient présenter entre eux. Constamment aussi les faits étaient en opposition avec les théories courantes sur la transmission des maladies microbiennes.
La contagion, par exemple, semblait certaine, puisqu'un malade arrivant dans une localité saine contaminait ceux de ses proches qui lui donnaient des soins. Et pourtant, des centaines de malades pouvaient être traités dans les hôpitaux, maniés par les médecins et les infirmiers, sans qu'on observât un seul cas de transmission.
Les germes étaient-ils répandus autour du malade, de façon que