FORMES DE LA PESTE
Forme bubonique. — La forme bubonique est la plus commune. Elle est appelée bubonique parce que le symptôme dominant est l'apparition du bubon dès le début. Il existe des formes sans bubon qui nous intéressent par la façon différente dont le microbe se comporte dans l'organisme.
Forme pneumonique. — La plus importante des formes sans bubons est la forme pneumonique, dans laquelle le microbe arrive d'emblée aux ganglions et aux lymphatiques pulmonaires et détermine une pneumonie lobaire. Une particularité intéressante que présente cette forme au point de vue de la propagation est la présence précoce du microbe dans les crachats du malade.
Forme septicémique. — La forme dite, à tort croyons-nous, « peste septicémique » est assez difficile à définir. Elle comprend tous les cas où la maladie évolue sans bubon apparent ni pneumonie caractérisée. En général, elle affecte une allure très grave dès le début avec des symptômes typhiques et une marche rapide comme dans la forme pneumonique. C'est cette forme que nous avons appelée ailleurs « peste typhoïde ». Il est probable qu'elle comprend, d'une part, des cas de peste intestinale, d'autre part, des cas pneumoniques où les symptômes stéthoscopiques de la pneumonie font défaut.
La majorité des cas où l'on a observé précocement de la septicémie appartenaient à la forme bubonique. C'est dire combien est mal choisi le terme de « septicémie » pour désigner une forme de peste où la septicémie au début n'a pas été démontrée.
Forme intestinale. — On a décrit une forme intestinale de la peste. Cette forme, assez rare, se caractérise par le gonflement des ganglions mésentériques. On est fondé à admettre qu'elle succède d'ordinaire à une infection par la voie gastrique après ingestion du virus. Il est possible que la peste intestinale ne soit pas toujours primitive et constitue parfois une complication d'une des formes précédentes.
Généralisation du microbe dans le système lymphatique etdansle sang*. — Ouellequesoitla formedela maladie, le microbe se multiplie d'abord dans le système lymphatique et, dans les cas mortels, finit toujours par s'y généraliser, si bien qu'à l'autopsie on peut l'isoler d'un ganglion retiré d'une partie quelconque du corps.
La généralisation dans le sang est tardive. Si les recherches récentes ont montré que, par des ensemencements de grandes quantités de sang, on peut obtenir dans quelques cas une culture presque au début de la maladie, il n'en résulte pas moins que c'est