‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 14 sur 224 · PC · texte numérisé non relu

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Fig. 35. — Culture dans du bouillon additionné de 05r,70 p. 100 d'acide borique après six jours.

Fig. 36. — Culture âgée de quelques semaines dans du bouillon additionné de 0&r,10 p. 100 de créosote.

Fig. 30 à 36. — Formes diverses que prend le bacille du pus bleu dans les cultures auxquelles on ajoute des antiseptiques (d'après Guignard et Charrin).

émeraude. La culture sur pomme de terre est brune. L'odeur est d'abord aromatique, puis ammoniacale.

Gessard a admirablement analysé les conditions de sécrétion des divers pigments, jaune, vert fluorescent, bleu; ses travaux sont un modèle de précision scientifique, et leur portée philosophique est considérable.

Le bacille pyocyanique sécrète des diastases énergiques; il liquéfie la gélatine, peptonise le lait, le sérum, puis les transforme en sels ammoniacaux; certains échantillons forment des oxydases (tyrosi-

s', ACHALME. — MICROBES COMMENSAUX.

Base Radais, Gessard . <>u ;i dans ces dernier- i «-m ps utilisé avec succès les ferments solubles sécrétés par le bacille pyocyanique; Emmerich a constaté que les cultures un peu âgées renfermaient une

su I .-lance susceptible de digérer la plupart des microbes. Cette diastase bactériologique extraite des cultures âgées de trois semaines, filtrées sur bougie Berkefeld et concentrées dans le vide au dixième de leur volume, a été employée par Emmerich, Mûhsam, Schlippe contre la diphtérie et par Jehle pour la désinfection de la muqueuse nasale contaminée par le méningocoque ou le Micrococcus catarrhalis.

Aérobie de prédilection, le Bacillus pyocyaneus végète entre 15 et 43° ; sa vitalité est considérable, bien qu'il ne produise pas de spores.

Sa virulence est variable suivant les échantillons, mais assez fixe pour chacun. La souris, le cobaye, le rat sont tués rapidement par rinoculation sous-cutanée. Le lapin a servi surtout aux recherches de Charrin, qui a bien décrit les résultats de rinoculation sous-cutanée, intrapéritonéale, intraveineuse, et a bien distingué entre les lésions d'infection dues au microbe lui-même et les lésions d'intoxication dues aux multiples toxines qu'il sécrète.

Le bacille pyocyanique est très répandu dans le milieu extérieur. On le trouve dans les poussières, le sol. Il contamine fréquemment l'eau de boisson, principalement dans les pays chauds (Tunisie) (Besson, Remlinger). Il vit fréquemment en commensal chez l'homme et les animaux sur la peau, dans la bouche et le canal digestif. On le trouve fréquemment à la surface des cuirs verts, et il semble jouer un rôle dans certaines altérations des peaux ainsi que dans le tannage, principalement le chamoisage (Piedallu). Ce fait a une importance hygiénique : car les ouvriers qui manipulent les peaux ainsi infectées sont particulièrement prédisposés aux infections par ce microorganisme.

Le bacille pyocyanique est l'agent pathogène de la suppuration bleue. Mais il peut donner naissance à certaines infections intestinales graves chez les nourrissons, ou compliquer gravement des affections à localisation intestinale, dysenterie (Calmette, Gérôme, Lartigan, Brau), dothiénentérie (Oléinikow, Vincent). On le rencontre seul ou associé dans un grand nombre d'inflammations profondes (otites, péricardites, méningites, broncho-pneumonies). Il peut même produire de véritables septicémies (Neumann, OEttinger, Karlinski, etc.).

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