‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 195 sur 224 · INFECTION PUERPÉRALE · texte numérisé non relu

INFECTION PUERPÉRALE

PAR

J. MOUCHOTTE

Ancien chef cb clinique de la Faculté de médecine de Paris.

Quand on parcourt les statistiques d'une maternité d'aujourd'hui où sont rigoureusement mis en œuvre les moyens employés pour prévenir l'infection puerpérale (Tabl. I); quand on se reporte, d'autre part, aux trois premiers quarts du siècle dernier où l'infection puerpérale était une véritable calamité publique (Tabl. II), on est de suite frappé par le contraste brutal entre ces deux époques voisines. Si l'on trouve seulement étrange que la plupart des accoucheurs de la première moitié du xixe siècle n'aient pas tenté d'efforts réels pour déterminer la cause des « épidémies » puerpérales effroyables et chercher à en prévenir le retour, on demeure, par contre, stupéfait en considérant ce qui s'est passé. On ne peut comprendre comment ces hommes, qui vivaient dans l'horreur du spectacle qu'offraient les maternités d'alors, n'aient pas rivalisé d'activité pour mettre immédiatement en pratique des procédés qui, quoique empiriques, donnaient, d'après les communications de leurs novateurs, des résultats prodigieusement remarquables. Plus est : on ne peut s'empêcher d'une grande sévérité de jugement à l'égard de ces accoucheurs qui, obnubilés par leur foi en un « génie épidémique », non seulement ne se firent pas les champions de la méthode nouvelle, mais même apportèrent à son adoption et à sa vulgarisation une résistance d'autant plus préjudiciable qu'elle venait de plus haut. Ces hommes qui voyaient quotidiennement les mères décimées par l'infection ne devaient-ils pas tous devenir, dès 1848, les adeptes enthousiastes de Semmelweiss, qui, bien avant les découvertes de Pasteur, s'employait à faire connaître à ses collègues européens les modalités de la conlagion puerpérale, les moyens de l'éviter, et cela d'une façon si précise, si bien appuyée sur l'observation clinique qu'il devait y être ajouté relativement peu dans la suite !

La Presse médicale ne donnait au mémoire de Wieger (1) sur la

(1) Français de Strasbourg.

10 J. MOUCHOTÏE. — INFECTION PUERPERALE.

Tableau I.

Tableau de la mortalité maternelle à la Clinique Baudelocque

(Service de M. le P1 Pinard) depuis le 1" janvier 1890

jusqu'au 1" janvier 1908.

(In Fonctionnement de ht Clinique Baudelocque, par Lbpage et Mouchoi

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