‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 198 sur 224 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

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Semmelweiss attribue bientôt cette différence dans les résultats sanitaires des deux divisions obstétricales à la contagion déterminée dans la première division parles médecins qui pratiquaient les autopsies; et il incrimine dune façon plus générale le doigt explorateur, le toucher vaginal . L'année suivante, en 1847, il impose aux médecins la désinfection des mains. Et peu à peu lamortalitédescendde 12,24 p. 100 à 3,04 p. 100. Puis il fait plus. 11 isole les malades atteintes. En 1848, la mortalité par infection puerpérale, dans la première division, n'était plus que de 1,27 p. 100, chiffre qu'elle n'atteindra en France que de 1881 à 1889!

Skoda fit voter par l'assemblée des professeurs de Vienne la nomination d'une commission d'études chargée de vérifier ces résultats. Mais le P1 Klein empêcha cette commission de fonclionner(l). Etfaute de contrôle officiel, puis de vulgarisation de cette découverte de Semmelweiss, les accouchées continuèrent à être décimées en tous lieux par l'infection puerpérale. En France, en 1856, Tarnier, interne à la Maternité, voyait succomber 132 femmes sur 2237 accouchées ! 1 femme morte sur 19 accouchées, presque G p. 100!

Tarnier vit mourir jusqu'à 5 femmes par jour. « Je voyais, dit-il, des femmes entrer à l'hôpital bien portantes, pleines de vie et, vingtquatre ou quarante-huit heures après, j'assistais à leur agonie! C'était un spectacle épouvantable. » Tarnier interrogea alors ses maîtres delà Maternité, P. Dubois, Danyau, Delpech. Leur réponse fataliste, — « cela a toujours été ainsi, cela sera toujours (2) », — le révolta. Et il résolut, ignorant — et pour cause — la méthode de Semmelweiss de découvrir Tétiologie des « épidémies » de fièvre puerpérale et de trouver les moyens d'y porter remède.

Tout d'abord il s'assura que « la mortalité était 17 fois plus consi-

(1) V. Hergott, Histoire de l'obstétricie, L. III. p. 258, 259. • (2) Tarnier, De l'asepsie et de l'antisepsie en obstétrique, p. 11.

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