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Dans un but prophylaclique d'infection, en particulier des infections à anaérobies, les rétentions placenl aires post abortiun seront traitées d'urgence. Si, quelques heures après l'avortemenl, le placenta est encore adhérent, on en pratiquera le décollement digital aseptique après savonnage et antisepsie du vagin.
Pendant les suites de couches. — Surtout pendant les premiers jours qui suivent l'accouchement, l'accouchée peu! facilement être contaminée: une saine prophylaxie aura pour bul de lui éviter tout conlact septique. Les blouses des personnes qui l'approcheront, les mains qui donneronl les soins, les pansements occlusifs vulvairea qui seront appliqués réaliseront les mêmes conditions de propreté ou d'asepsie que celles requises au cours du travail.
732 J. MOUCIIOTTE. — INFECTION PUERPERALE.
Dans les cas douteux, chez les femmes ayant des écoulements pathologiques, une vaginite granuleuse, des lochies fétides, chez les femmes n'ayant pas reçu de soins avant l'accouchement, ayant subi des explorations suspectes, chezles femmes ayant eu une intervention obstétricale, ou dont la délivrance a été incomplète (rétention des membranes), on fera, après une toilette analogue à celle du travail, deux ou trois injections vaginales antiseptiques par jour. Ces injections préventives d'infection seront faites, suivant les indications, au permanganate (vaginite granuleuse), au sublimé ou au biiodure (intervention, toucher suspect), à l'eau oxygénée ou à l'aniodol (fétidité des lochies, rétention des membranes).
Doit-on faire des injections vaginales antiseptiques préventives d'infection chez des femmes saines, ayant reçu des soins antiseptiques pendant la grossesse et au cours du travail? La crainte de confier à des personnes inexpérimentées ces injections particulièrement dangereuses pendant les premiers jours qui suivent l'accouchement en a fait supprimer l'usage dans la plupart des maternités et dans beaucoup de clientèles particulières. Les résultats ont été favorables. On se contente alors de faire faire deux ou trois toilettes vulvaires antiseptiques par jour. Si l'on peut soi-même donner ces injections vaginales antiseptiques, ou les confier à quelqu'un d'expérimenté, il est préférable d'y avoir recours. « Pour mon compte personnel, disait Tarnier (qui n'ignorait pas les résultats de la suppression des injections dans les suites de couches obtenus par Léopold, Mermann, etc.), je crois sage et prudent de rester fidèle à l'antisepsie sous tous ses modes et de recourir toujours aux injections vaginales antiseptiques pendant les suites de couches. » Ces injections antiseptiques seront faites à raison d'une ou deux par jour, toujours après toilette antiseptique et sous faible pression, afin de ne pas refouler dans r orifice utérin béant V écoulement lochial qui stagne dans le vagin.
Il sera bon, à cause des fusées stercorales liquides qui s'échappent en haut vers la vulve, de ne faire fonctionner l'intestin et de ne donner le premier lavement que vers le quatrième jour après l'accouchement. Une bonne mesure préventive pour empêcher la vulve d'être souillée, même au quatrième jour, consistera à maintenir énergiquement sur elle un gros tampon de coton aseptique pendant toute la durée de la restitution du lavement.
On a proposé, dans le traitement curatif de l'infection puerpérale, l'emploi de sérums spécifiques : sérum antislreplococcique, sérums polyvalents divers. On a aussi employé ces sérums à titre prophylactique. Bien que les résultats en soient encore à l'élude, étant donnée leur innocuité absolue, on doit y recourir dans certaines circonstances déterminées que nous indiquerons.
Nous en aurions fini avec l'exposé des moyens prophylactiques des infections puerpérales si nous ne tenions à dire quelques mots con-
cernant les maternités, où les acccouchées sont rassemblées en nombre plus ou moins grand. Il y aurait là matière à tout un chapitre. Ce chapitre, où doivent être envisagées de multiples questions (disposition des bâtiments; mobilier, literie; transport du linge; stérilisation et désinfection; personnel, etc.) trouve son développement dans Y Hygiène hospitalière (1).
Les mesures prophylactiques en usage à l'égard de chaque femme en particulier restent dans une maternité les mômes que dans la clientèle. Nous les connaissons.
Des mesures spéciales sont imposées par l'agglomération. Toute femme amenée dans une maternilé subira un examen spécial, dans un local spécial, avant l'admission à la salle des accouchements. Si le travail est peu avancé, les membranes intactes, et que le temps disponible permette ullérieurementde faire une désinfection sérieuse des organes génitaux, on donnera un bain, souvent imposé par un grand état de malpropreté. La femme sera revêtue du linge de l'établissement; si sa température est normale et que celte femme ne présente ni écoulement génital suspect, ni lésion suppura tive quelconque, on l'admettra à la salle de travail.
A la salle de travail, plusieurs femmes accouchent en commun, soignées par le même personnel médical et infirmier. La plus légère faute contre l'asepsie peut entraîner des catastrophes. Aussi la discipline doit-elle y être des plus sévère. Il est à désirer que pour tous les accouchements se généralisent l'usage du savon liquide et l'emploi de gants de caoutchouc autoclaves ou soumis à l'ébullition, ces gants étant changés pour le toucher ou les soins de chaque femme en particulier.
A titre prophylactique, le Pr Pinard fait faire une injection sous-cutanée de sérum antistreptococcique de 40 centimètres cubes à toute femme arrivant à la Clinique Baudelocque avec une rupture prématurée des membranes, ou n'ayant reçu aucun soin génital au cours de la grossesse, ou enfin ayant subi une exploration interne avant l'entrée. Les injections ont été faites à la Clinique successivement avec les sérums de Marmorek et de Roux. En outre, ces femmes reçoivent une injection intra-utérine antiseptique prophylacl ique sitôt la délivrance terminée. Les résultais de cette pratique sont consignés dans le tableau VIII, extrait du rapport du Pr Pinard au Congrès de Budapest (août 1909), sur le traitement des infections puerpérales.
Dans une maternilé, toutes les femmes suspectesou infectées seront isolées et soignées par un personnel distinct. Les résultats obtenus par Semmelweiss et Tarnierpar l'isolement, résultats que nous avons relatés au début, nous dispenserons d'insister. Ces résultats n'ont fait que s'améliorer depuis que, dans les maternités nouvelles, les
(1) Voy. L. Martin, Hygiène hospitalière, fasc. VIII du Traité d'hygiène.
J. MOUCHOTTE. - INFECTION PUERPÉRALE,
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