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MORVE

agar glycérine. Mais les cultures les plus caractéristiques sont celles obtenues sur pomme de terre. La surface ensemencée, recouverte d'abord d'une couche jaunâtre translucide, prend ensuite nue couleur ambrée uniforme vers le sixième ou huitième jour ; la culture forme une masse opaque, rongea Ire, entourée d'une zone bleu verdâtre devenant noirâtre peu à peu.

L'aspect est à peu près analogue sur lait gélose. Sur sérum, il se produit dans la culture de petits cristaux de nature indéterminée qui lui donnent un aspect blanc por celai nique.

Le bacille de la morve est peu résistant : il ne supporte pas la chaleur et est tué par une température de 55 à 60°. Il ne résiste pas non plus à la dessiccation et se conserve mieux dans une atmosphère humide que dans l'air sec. Straus et Dubarry ont montré qu'il pouvait vivre cinquante jours dans l'eau de rivière.

Il est assez sensible aux antiseptiques, suivant les recherches de Lœffler, Galtier, Cadéac et Mallet. Ces derniers auteurs ont néanmoins noté que la solution de sulfate de cuivre à 2 p. 100 ne tuait le bacille de la morve qu'au bout de dix jours. Il ne faut donc pas trop se fier à l'usage de ce désinfectant, bien qu'il soit recommandé par les ordonnances de police, et lui substituer le sublimé, l'acide sulfureux, etc., qui se sont montrés plus efficaces.

Certains alcaloïdes animaux exercent une grande action sur le bacille de la morve. La neurine, la cadavérine à faible dose, exercent une influence nocive tant sur sa vitalité que sur sa virulence.

Cette dernière propriété est en effet des plus fragile. Elle disparaît spontanément dans les cultures par le vieillissement ou le repiquage. Elle se conserve néanmoins mieux en culture anaérobie qu'au contact de l'air.

La virulence est au contraire augmentée par l'inoculation à certains animaux, tels que le spermophile (Gamaleia), l'homme (Bulloch et Twort).

On sait peu de chose sur les ferments solubles sécrétés par le bacille de la morve. Son action sur les hydrates de carbone n'a pas été étudiée; en ce qui concerne les substances albuminoïdes, on sait qu'il ne liquéfie pas la gélatine ni ne peptonise le lait, qu'il coagule. Il sécrète donc peut-être une présure, mais pas de trypsine.

En 1891, Kalning, qui paya de sa vie ses études sur le bacille morveux, montra que l'extrait glycérine du protoplasma microbien donne une substance analogue à la tuberculine et qui porte le nom de maléine. Presqu'en même temps Preusse et Pearson arrivèrent au même résultat. Les animaux neufs, inoculés avec cette substance, ne présentent aucune réaction. Chez les animaux morveux, au contraire, on observe des accidents locaux, ainsi qu'une élévation thermique de 2 à 3°.

L'âne, le mulet, le cheval sont les plus importants parmi les animaux capables de contracter la morve, tant au point de vue de la fréquence que des dangers de contagion qu'ils constituent pour l'homme

Les ovidés (mouton, chèvre) s'infectent aussi avec assez de facilité Le porc est rarement atteint . ; les bovidés sont complètement réfraclaires.

Le chat ainsi que les grands félidés sont très sensibles au bacille morveux, qui ne provoque au contraire chez le chien qu'une lésion locale chancriforme, bien décrite par Hertwig et Gallier, pouvant

Fig. 86. — Bacilles de la morve. D'une culture sur pomme de terre glycérim'e et légèrement calcinée, âgée de six jours (1 000/1).

servir, par ses caractères, à la détermination de la spécificité du bacille.

Parmi les rongeurs sensibles, il faut placer au premier rang le cobaye. Par inoculation sous la peau, on observe en général une lésion locale suivie de généralisation. Mais Straus a montré que Ton pouvait, pour le diagnostic du bacille morveux, utiliser la localisation constante de l'affection sur les testicules du cobaye, après l'inoculation dans le péritoine. En deux ou trois jours apparaît une vagïnalite spécifique absolument pathognomonique. Liénaux, dans des recherches récentes met, néanmoins un peu en doute la constance du « signe de Straus ».

Le lapin est moins sensible que le cobaye. Le mulot et la souris des champs contractent facilement la maladie, alors que les souris blanches et les rats se montrent presque constamment réfractaires.

Expérimentalement, la voie de pénétration peut se faire par la

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