I. - MALADIES CUTANÉES DES PAYS TEMPÉRÉS
PHTIRIASE.
La phtiriase est la maladie cutanée produite par les poux.
Les poux sont des insectes épizoïques, dérivés, par adaptation parasitaire, des hémiptères, dont ils se rapprochent par la structure de leur rostre et dont ils diffèrent par la disparition des ailes (rynchotes aptères).
Leurs pièces buccales sont disposées pour piquer et sucer; elles sont renfermées dans une gaine coriace, munie de crochets recourbés, le tout formant une trompe protractile. Les pieds sont armés de crampons offrant un article terminal crochu.
Les petits ne subissent pas de métamorphoses, évoluent rapidement et sont capables de reproduire quinze à vingt jours après leur naissance.
La famille des Pédiculidés comprend quatre genres : Pediculus. Phtirius, Pedicinus, Hematopinus. Les espèces qui vivent sur l'homme appartiennent aux deux premières et ont pour caractère commun de présenter un thorax large, peu ou point distinct de l'abdomen et des antennes à cinq articles.
Le genre Pediculus présente un abdomen un peu plus large que le thorax et composé de sept segments. Toutes les pattes sont grimpeuses. Il comprend deux espèces.
Le pou de tête {Pediculus capilis) est long de lmm,5 à 2 millimètres, large de 0mm,6 à 1 millimètre. Sa couleur est livide ou blanc cendré. On distingue une tache noire ovoïde, entourant le stigmate situé au bord externe de chaque segment abdominal. Les œufs ou lentes sont collés aux cheveux près de leur base. Chaque femelle en pond une cinquantaine.
Cet animal, répandu sur toute la surface du globe, vit sur la tête des individus malpropres, il est surtout fréquent chez les enfants des classes pauvres. Il siège de préférence à l'occiput et peut exceptionnellement émigrer dans les sourcils ou la barbe.
PIITIRIASE.
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Par les démangeaisons qu'il produit, il peut être l'origine d'excoriations et d'éruptions impétigineuses.
Le pou du corps (Pediculus vestimenti, corporis, humanus) est un peu plus volumineux (2 à 3 millimètres sur lmm,5) et ne présente pas les taches foncées signalées dans l'espèce précédente. Commun surtout dans le midi et l'est de l'Europe (Russie, Pologne), il se cache surtout dans les plis des vêtements en contact immédiat avec la peau, sur laquelle il ne séjourne que le temps nécessaire pour prendre sa nourriture. La femelle pond ses œufs dans les coutures des vêtements, ce qui rend la prophylaxie facile.
Les démangeaisons sont plus marquées que celles provoquées par le pou de tète et les lésions secondaires plus accentuées. Parmi elles, on doit signaler une pigmentation mélano-dermique à distribu-
Fig. 88. - Pou de la tête (Pediculus capitis) très grossi.
tig. 89. — Pou du pubis {Phtirius inguinalis)r très grossi.
tion spéciale. Pignet lui attribue un rôle dans la propagation du typhus exanthématique.
J Le pou de corps pullule dans toutes les agglomérations de gens I mal tenus (casernes, prisons, etc.). Les vieillards sont particulièrement prédisposés. Chez les malades, cette espèce peut prendre un développement exceptionnel, sans toutefois qu'il s'agisse d'une espèce particulière (Pediculus tabescentium).
Le genre Phtirius, composé d'une seule espèce (Phtirius inguinalis, pubis, morpion), est caractérisé par son abdomen à huit segments et la disposition ambulatoire de la première paire de pattes. Les deux paires postérieures sont volumineuses et munies d'ongles robustes. La longueur est de 2 millimètres environ sur lmm,5 de large. Il a des habitudes sédentaires et séjourne à la base des poils, auxquels il est vigoureusement accroché par ses pattes postérieures.
Plus commun dans la race blanche, et, d'après Bunier, plus répandu dans les classes aisées que dans les classes pauvres, le pou du pubis vit principalement sur toutes les régions poilues de
17G ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.
l'adulte (le cuir chevelu excepté); chez L'enfant, on L'observe parfois aux cils. On le rencontre principalement dans La région pubienne; aussi se propage-t-il principalement par les rapports vénériens. La
contagion peul avoir lieu, mais plus rarement, par Les vêtements, les draps de lit ou les cabinets d'aisances.
Bien que les poux soient suceurs de sang, ils n'ont jamais été incriminés, du moins chez l'homme, comme vecteurs de virus. On ne doit pas perdre néanmoins de vue qu'un insecte voisin, le pou du Martin-pêcheur, de la famille des Léiothinés, sert d'hôte intermédiaire à la filaire particulière à cet animal (Filaria cypseli).