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PIEDRA

La Piedra est une maladie des cheveux, caractérisée par la formation de petites nodosités dures {Piedra, petite pierre), de couleur plus claire que celle du cheveu, disséminées irrégulièrement le long de la tige du poil, qui devient lanugineux et frisé, mais dont la racine reste intacte.

AGENT PATHOGÈNE. — En traitant les nodosités par l'éther,

Fig. 116. — Cheveu de Piedra grossi (d'après Juhel Renoy).

puis par la potasse, on constate qu'elles engainent le cheveu sans l'altérer sensiblement. Elles sont composées de cellules globuleuses de 12 à 15 p. de diamètre, c'est-à-dire de dimensions doubles de celles

Fig. 117.— Nodosité de Piedra (d'après Juhel Renoy).

du Trichophyton. La réfringence en est considérable. Elles semblent unies par un ciment verdatre, auquel sont incorporés de nombreux bâtonnets semblables à des bactéries, et forment une sorte de

A.CHALME.

MALADIES SPÉCIFIQUES

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mosaïque par suite de la pression réciproque qu'e) les l'ail paraître polyédriques.

Les Trichosporum se cultivent fa cilemenl sur les différents milieux (agar, pomme de terre, bouillon, etc. el fournissenl sans peine des cultures pures, dont les caractères ont l'ail distinguer un certain nombre d'espèces.

La Piedra de Colombie est due au Trichosporum giganteum (Behrend), dont Desenne puis Juhel Renoy ont écrit une bonne description, et qui donne naissance sur les milieux solides à des colonies jaunâtres, vermiformes, se recouvrant d'une poussière blanche. Dans la Piedranosl ras, on a isolé trois espèces, dont deux semblent très \ oignes: le T. ovoïdes Behrend et le T. ovalis (Unna) forment sur les milieux solides des colonies jaunâtres radiées. La troisième, T. Beigeli, a été observée à Londres, à Breslau et à Nancy et se caractérise par la couleur blanche, l'abondance et l'apparence en circonvolutions de ses cultures sur milieux solides.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — La Piedra est absolument particulière à certains districts de la Colombie et y est extrêmement commune. Magalhaes l'a signalée à Rio-de-Janeiro.

CONDITIONS INDIVIDUELLES. — La majorité des habitants des districts à Piedra en sont atteints sans distinction d'Age, de sexe ni de race. On incrimine comme cause de la maladie l'usage d'une huile mucilagineuse dont les Colombiens se servent pour la toilette. Unna a décrit des cas de Piedra nos tras, et Vuillemin a proposé de réunir la Piedra colombienne et la Piedra nostras sous le nom de . trichosporie.

DERMATOMYCOSES EXOTIQUES.

Fig. 118. — Culture de Trichosporum (d'après Juhel Renov).

Nous serons bref sur quelques maladies cutanées exotiques relativement rares et dont Tétiologie est encore insuffisamment connue.

Achromie parasitaire. — C'est une dermatomycose décrite par Jeanselme et se présentant sous forme de placards àchromiques apparaissant pendant la saison des pluies et disparaissant pendant la saison sèche.

Elle est due à un champignon qui rappelle le Microsporon fur fur.

Les filaments mycéliens extrêmement abondants sont courts, sinueux et ressemblent à des brindilles de bois mort: on observe néanmoins quelques filaments massues en fuseau. "Les spores sont rondes, groupées sans ordre par rapport au mycélium ; elles semblent

« PEMPHIGUS CONTAGIOSUS. » IV— 203

conjuguées deux à deux, l'une très petite, l'autre volumineuse, l'ensemble offrant l'aspect d'une gourde ou d'un ballon et sa nacelle.

Celle affection semble particulière à l'Indo-Chine et au sud de la Chine. Jeanselme l'a observée en Annam, au Tonkin, soit dans le delta, soi! sur le haut fleuve Rouge, jusque dans le Yun-nan et même aux frontières de Birmanie.

La maladie est principalement estivale; elle frappe les deux sexes à Ions les âges. Elle est certainement contagieuse et sévit tout particulièrement sur les agglomérations, casernes, prisons et écoles indigènes.

Khi-Huen. — Jeanselme a également observé dans le Laos et en Annam une affection cutanée caractérisée par une kératose diffuse de la paume des mains et de la piaule i\v^ pieds. Cette affection contagieuse, et surtout familiale, semble due à une mycose; mais Jeanselme n'a pas fait d'examen microscopique. Son opinion est corroborée par Nieuwenhuis, qui, dans une affection observée à Java, a constaté qu'elle guérissait parfaitement sous l'influence des agents parasiticides.

GRANULOME ULCÉREUX DES ORGANES GÉNITAUX.

On a décrit sous ce nom une ulcération granuleuse et suintante, qui s'étend lentement à la périphérie en se cicatrisant au centre et finit par envahir toute la région génitale.

AGENT PATHOGÈNE. — Si le granulome ulcéreux des organes génitaux est une affection spécifique, ce qui ne semble pas encore prouvé, l'agent pathogène qui le provoque est encore inconnu. Le Dantec, qui a inoculé un fragment de granulome à un cobaye et a vu celui-ci devenir tuberculeux, a une tendance à ne voir là qu'une forme de lupus. Jeanselme fait toutefois observer que l'examen histologique ne semble pas en faveur de cette hypothèse.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. - - Les premiers cas ont été observés à la Guyane anglaise ; mais la fréquence semble plus grande dans certaines parties de TOcéanie et principalement aux îles Fidji, aux Nouvelles-Hébrides, aux Salomon, dans le nord du Continent australien et en Nouvelle-Guinée. Manson Ta rencontré dans le sud de la Chine.

CONDITIONS INDIVIDUELLES. — Le granulome ulcéreux ne s'observe pas avant la puberté ; c'est une maladie de la période sexuelle active. Plus fréquente chez la femme que chez l'homme, l'affection paraît transmissible par le coït et auto-inoculable.

« PEMPHIGUS CONTAGIOSUS ».

Caractérisée par une éruption aiguë de larges vésicules qui surgissent sur la peau saine et ne provoquent aucune réaction de voisi-

204 ACHALME. MALADIES SPÉCIFIQUES.

nage, cette affection es! endémique dans le sud de la Chine el la presqu'île de Malacca. On l'observe également dans l'Inde, l'Australie, le Japon el en Amérique centrale. Elle est très contagieuse ei sr\ii particulièrement dans les écoles, où elle frappe spécialement les enfants de race blanche. L'Européen adulte n'y esl pas réfractaire, mais l'indigène adulte est rarement atteint. Le Pemphigus contagiosus esl très réinoculable et, pendant la saison chaude et humide, peut se reproduire indéfiniment parle grattage.

L'agent pathogène, d'après Manson, est un diploeoque que Ton trouve dans l'épiderme et les bulles. L'affection se rapprocherait bactériologiquement de l'impétigo, avec lequel on a voulu la confondre, mais dont elle est nettement distincte, d'après Jeanselme.

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